Saturday, 27 November 2010

Book 3, chapter 7, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 339]

(2) Ceci ne peut s’appliquer aux Colonies des Antilles, où le travail étant fait par des esclaves, il ne reste point d’énergie dans les hommes libres: aussi leur prospérité n’a-t-elle jamais été complète; on n’y a vu ni accroissement de population, ni déploiement d’industrie; leur richesse ne tient qu’à l’emploi d’un capital Européen sur les campagnes désertes du pays du monde le plus fertile: c’est toujours cependant comme l’on voit, l’union des avantages d’une vieille et d’une nouvelle nation.

[Translation]

(2) This cannot apply to the colonies of the Antilles, where slaves perform labour, and free men have no energy. Therefore, their prosperity has not been realised. No growth of population or display of industry has been seen. Their wealth relies exclusively upon employment of a European capital on the wilderness in the most fertile county in the world. However, this is always the union of the advantages of an old nation and a young nation, as is seen.

Friday, 26 November 2010

Book 3, chapter 7, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 334]

(1) Le commerce avec les Isles du Golfe du Mexique a toujours présente, soit à la France soit à l’Angleterre, une balance très défavorable; celui avec les colonies Continentales, a toujours présenté au contraire une balance très favorable, conformément aux notions des mercantiles; c’est-à-dire, une grande supériorité de valeur dans les envois sur les retours. Voyez la note 1. Liv. 1. Ch. VII.

[Translation]

(1) France and England respectively have always recorded an unfavourable balance of trade with the islands of the Gulf of Mexico. They have, on the contrary, recorded a favourable balance of trade with the continental colonies, a fact which is in consistence with mercantile notions. That means a large surplus in value of outward cargos over return cargos. See note 1, book 1, chapter 7.

Thursday, 25 November 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 44

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 376-377]

   La nation qui pourrait le plus gagner à affranchir le commerce de ses colonies, c’est l’Espagnole. Si elle substituait des droits d’entrée modérés, à la prohibition qu’elle s’efforce de maintenir, elle retirerait de ses États du Nouveau Monde un revenu si considérable, qu’il suffirait seul pour rendre toute sa vigueur à ce Gouvernement dès long-temps épuisé. Mais l’Espagne a prodigieusement de chemin à faire, avant d’avoir réglé son économie politique sur les principes de la raison.

[Translation]

   No other nation could gain more by opening her trade with her colonies to other nations than the Spaniards. If they placed moderate import taxes instead of the prohibition they are trying to maintain, they would expect enormous revenue from their states in the New World. This revenue alone would be sufficient to restore that government so long exhausted to its former vigour. However, Spain has a surprisingly long way to go before she comes to govern her political economy according to the principles of reason.

Wednesday, 24 November 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 43

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 375-376]

   Comme les mêmes causes d’inexactitude et d’erreur, doivent avoir influé sur l’un et l’autre calcul; comme tout au moins celui du produit des douanes, doit être fondé sur des faits positifs; cette comparaison, sans nous donner la mesure du commerce de l’Espagne, nous donne une approximation de l’influence qu’a eu sur sa prospérité la liberté qu’on lui a accordée, quelque circonscrite qu’elle soit. L’accroissement que lui donnerait une entière liberté de commerce, serait encore bien plus considérable, non-seulement en raison du peu d’activité de la marine Espagnole, et du peu de capitaux dont dispose cette nation, mais plus encore, en raison du caractère de lenteur et de nonchalance, que le Gouvernement et la religion lui ont imprimé, dans les colonies comme dans la métropole, et qui ne peut être détruit que par son mélange avec d’autres nations, ou par l’activité des commerçants aventuriers, qui parcourraient ces vastes contrées, pour découvrir les trésors qu’elles recèlent, et appeler leurs habitons, par l’offre de jouissances et de richesses, à les exploiter pour le exploiter pour le service de l’Univers. Le génie des Anglais et des Hollandais, porté au Pérou et au Mexique, ferait plus pour ces deux contrées, que les capitaux mercantiles de ces deux Peuples opulents.

[Translation]

   Since the same causes of incorrectness and error must have influence both of the calculations, since at least the calculation of the produce of customs duties must be grounded upon positive facts, this comparison does not give us the measure of the Spanish trade but an approximation of the effect that the freedom accorded to her trade has exerted upon her prosperity, however limited the freedom mamy be. The boost of her trade due to completely free trade would be all the more, not only for lack of activity in the Spanish navy, and of capital at her disposal, but also for the character of slowness and nonchalance which her government and her religion have implanted in the colonies as well as the home country, and which can be extinguished only by her contacts with other nations, or by the activity of adventurous merchants, who would struggle through these vast countries to discover treasures hold there, and to call on their habitants, by offering enjoyments and riches, to exploit them at the service of the Universe. The genius of the English and Dutch nations, brought to Peru and Mexico, would do more for these two countries than mercantile capitals of these two opulent peoples.

Tuesday, 23 November 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 42

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 373-374]

   Ce n’est pas que le changement introduit, en 1778 dans le régime des colonies Espagnoles, ne leur ait été extrêmement favorable, et n’ait fort accru leur prospérité, dans le court espace de temps qui s’est écoulé depuis lors jusqu’à la guerre maritime. Autant que l’on peut prêter de foi à ces registres fastueux des importations et exportations, et à ces relevés de bureaux, que l’on donne comme des faits irrécusables, la différence entre l’année 1773, et l’année 1788, est comme suit (9).

Exportation de l’Espagne en Amérique en 1778. Argt. de France. L. 19,000,000.
Idem. en 178876,000,000
Retours de l’Amérique en Espagne en 177818,000,000
Idem. en 1788 (10)201,000,000
Droits à l’entrée et à la sortie en 17782,000,000
Idem. en 178815,000,000

[Translation]

   The change introduced in 1778 in the regime of the Spanish colonies was not extremely favourable to them, nor did it promote their prosperity in the short space of time which passed since then until the maritime war. As far as we can have trust in those seemingly swollen records of imports and exports, and in those official statements, as indisputable facts, the difference between the year 1778 and 1788 is as follows (9).

Exports from Spain to America in 1778 (in terms of French currency)L. 19,000,000
Idem. in 178876,000,000
Returns from America to Spain in 177818,000,000
Idem. in 1788 (10)201,000,000
Import and export taxes in 17782,000,000
Idem. in 178815,000,000

Monday, 22 November 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 41

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 372-373]

   Il résulte de cette disproportion entre les besoins du commerce, et son état actuel, que toutes les marchandises de l’Amérique destinées pour l’Europe; l’or, l’argent, les perles, le cacao; l’indigo, la cochenille, etc. sont infiniment au-dessous de leur prix dans les établissements Espagnols; que toutes celles de l’Europe, dont les consommateurs Américains ont besoin, se vendent beaucoup plus qu’elles ne valent; et que des vaisseaux interlopes, qui font le commerce de contrebande entre les nations de l’Europe et les colons Espagnols, font un bénéfice de cent et deux-cents pour cent. Il est vrai que leur métier est rendu dangereux par la vigilance des Gardes-côtes, ou dispendieux par la nécessité de les corrompre, ainsi que les Gouverneurs des Porte de mer; mais en toute occasion, c’est toujours le consommateur qui paye l’assurance de la contrebande; aussi la nation qui s’attribue un monopole, accorde-t-elle par cette imprudence, des bénéfices encore plus considérables aux marchands des nations rivales, qu’elle n’en réserve aux siens propres.

[Translation]

   As a result from this disproportion between the needs of trade and its current state, all American commodities for Europe, such as gold, silver, pearl, cocoa, indigo, cochineals, and others, are infinitely below their price in the Spanish settlements; all those the European commodities demanded by American consumers are for sale at a still higher price than it is worth; and the interloping vessels which did an illegal trade between European nations and Spanish colonies gain 100 or 200 per cent of profits. It is true that their trade is rendered risky due to the vigilance of coastguard ships, and expensive due to the necessity to bribe them as well as that the governors of seaports. But on each occasion it is always the consumer that pays the guarantee of smuggling. Thus, the nation who establishes a monopoly gives up still more profits to merchants of rival nations by this imprudence, than she reserves for her own merchants.

Sunday, 21 November 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 40

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 371-372]

   Ce n’est qu’en 1778 que la liberté du commerce fut accordée aux colonies continentales de l’Espagne. Porto-Rico commença à en jouir dès 1765, et les autres possessions Espagnoles à différentes époques, toutes postérieures à celle-là. Cette liberté n’est autre chose que la suppression des entraves, mises dès le temps de Philippe second, sur le commerce entre la métropole et ses colonies; la communication de ces dernières avec tous les autres États, n’en est pas moins sévèrement interdite; le pourvoyeur du marché le plus riche et le plus vaste de l’Univers, n’en est pas moins le peuple le plus dépourvu de capitaux, de manufactures, et d’activité de l’Europe; en sorte qu’il est de toute impossibilité que son commerce soit aucunement proportionné, à l’étendue des États qu’il devrait vivifier.

[Translation]

   Only in 1778 was free trade accorded to the continental colonies of Spain. Puerto Rico started to enjoy it as early as 1765, and other possessions did at different times after that. This freedom is nothing but the abolition of the restraints placed in the time of Philippe II upon trade between the home country and her colonies. The communication of these colonies with all other states is nonetheless severely prohibited. The provider of the richest and vastest market in the Universe is nonetheless the people who are the shortest in capital, manufactures, and activity in Europe. As a consequence, it is not possible at all that her trade will be in proportion to the extent of the states that it would be obliged to animate.