Sunday, 16 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 60

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 215]

   Tandis que le système actuel des douanes nuit aux manufactures les plus importantes du Léman, il n’en est pas une seule qui en dérive le moindre avantage.

[Translation]

   While the present system of customs duties does much harm to the most important manufactures in Léman, none of them derives the least advantage from it.

Saturday, 15 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 59

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 214]

   En effet ces douanes soumettent à des droits dont les moindres montent à dix pour cent, 1.° les matières premières que les manufacturiers Genevois tirent de l’étranger, comme les toiles de coton à imprimer, les drogues de teinture, etc.; 2.° les outils nécessaires à leur travail, tels que les limes anglaises dont ils ne peuvent se passer; 3.° les ouvrages dégrossis qu’ils finissent, tels que les rouages de répétition, et les cadratures qu’ils tirent de Suisse, et que l’on ne travaille point en France. D’autre part les ouvrages d’horlogerie doivent payer à la douane un droit de sortie, qui tout léger qu’il est, fait tort au commerce d’exportation (41).

[Translation]

   In fact, these customs duties, whose minimum amounts to ten per cent, is levied upon the following: first of all, raw materials that Genevan manufacturers bring from abroad, such as cotton cloth to be imprinted, dyeing drugs, and so on: secondly, tools necessary for their work, such as English files with which they cannot dispense: thirdly, components on which they work, such as repeaters and cadratures brought from Switzerland, not produced in France. On the other hand, finished watches must pay an export duty, which, however light, makes the most difference to the export trade (41).

Friday, 14 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 58

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 213-214]

   LÉMAN. Toutes les manufactures du Département du Léman sont nées de capitaux Genevois, toutes sont situées sur l’ancien territoire de cette petite République, à la réserve de quelques tanneries dans les deux communes de Chênes et de Carouge, fiés rapprochées de Genève; et de quelques horlogers établis dans la petite ville de Cluse qui n’ont de commerce qu’avec Genève. Cette dernière ville, dont la prospérité a été très brillante avant sa réunion, et qui malgré ses pertes est encore une des plus commerçantes de France, regardait au temps de son indépendance, comme un des principes fondamentaux de sa politique, le maintien de la liberté absolue du négoce. C’est par elle qu’elle a pu soutenir ses manufactures, quoique le salaire des ouvriers fût au taux le plus élevé. Loin que les Genevois redoutassent alors la concurrence des Anglais, ils expédiaient chaque année beaucoup de montres et de bijouterie en Angleterre. Loin que les douanes protègent aujourd’hui leurs manufactures, elles excitent leurs réclamations, et le plus ardent de leurs désirs est de voir leur ville changée en port franc, et placée de nouveau en dehors de la ligne des douanes.

[Translation]

   LÉMAN. All the manufactories in the department of Léman have something to do with Genevan capitals, and are situated within the former territory of this small Republic, except for some tan houses in the two communes of Chêne-Bougeries and Carouge, very near to Geneva, and some watch-making houses established in the small city of Chuses, which trades only with Geneva. This last city, whose prosperity was very brilliant before its annexation, and which despite its losses is still one of the most commercial cities in France, regarded the maintenance of absolute freedom of international trade as one of the fundamental principles of its policy at the time of its independence. By this means, this city was able to maintain its manufactures, though wages of labourers were on the highest level. Then far from fear of competition with the English counterparts, the Genevan manufactures exported many watches and accessories to England every year. Today, far from protecting their manufactures, customs duties provokes their complaints, and the most ardent of their desires is to see their city changed into a sort of free port and placed again beyond the reach of the customs duties.

Thursday, 13 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 57

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 212-213]

   Dans les arrondissements de Corbeil et d’Etampes, il y a quelques manufactures de toiles peintes et de bonnèterie, mais la statistique de ce Département ne nous donnant aucun détail sur leurs produits ou sur leurs débouchés, on ne peut rien conclure à leur égard.

[Translation]

   In the arrondissments of Corbeil-Essonnes and Étampes, there are some manufactories of painted linen or cotton cloth and stockinet, but no statistic of this department gives us detailed information upon their productions or markets, and so we can come to no conclusion in this respect.

Wednesday, 12 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 56

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 212]

   SEINE ET OISE. Le Département de Seine et Oise contient les brillantes manufactures d’armes de Versailles, d’horlogerie automatique de la même ville, et de porcelaine de Sèvres; chacune de ces trois, est plutôt un objet de luxe national, un monument de la perfection à laquelle les arts peuvent être portés en France, qu’une entreprise commerciale. Il est probable que le Gouvernement les a soutenues et les soutient encore par des sacrifices pécuniaires. Elles ne peuvent dériver aucun avantage de la douane, soit parce qu’une partie de leurs produits est destinée à l’exportation, soit parce qu’il n’existe réellement dans l’étranger aucune manufacture qui se trouvant sur la même ligne, puisse rivaliser avec celles-là (40).

[Translation]

   SEINE-ET-OISE. The department of Seine-et-Oise has prosperous manufactures of arms in Versailles, of automatic watches in the same city, and of porcelain in Sèvres. Each of these three is an object of national luxury, a monument of the perfection to which arts can be brought in France, rather than a commercial enterprise. It is probable that the government has supported, and still supports, them, by pecuniary sacrifices. They can derive no advantage from custom duties, either because a part of their productions is destined for exportation, or because there is really no manufacture abroad which can compete with them under the same condition (40).

Tuesday, 11 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 55

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 211]

   LOZÈRE. Le Département de la Lozère n’a d’autres manufactures que celles de serges et petites draperies de Mende, Marvejols, et lieux environnants. Leur débit s’étend non-seulement dans toute la République, mais, en Italie, en Allemagne, et en Espagne. La douane ne peut donc protéger en aucune manière l’industrie de ce Département, qui dans un marché libre soutient la concurrence des fabricants étrangers, et ne la redoute pas (39).

[Translation]

   LOZÈRE. The department of Lozère has no other manufacture than those of serge and small woollen cloth in Mende, Marvejols and neighbouring places. The market extends not only all over France but also to Italy, Germany, and Spain. Therefore, the customs can by no means protect the industry of this department, which in a free market manages to compete with foreign manufacturers and has no fear of the competition (39).

Monday, 10 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 54

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 210-211]

   Les montagnes du Beaujolais, et la petite ville de Tarare, ont des fabriques de toile de coton et d’indienne qui rivalisent celles de la Suisse, et qui trouvent leurs débouchés en France en Italie, et dans les colonies (37). Tarare avant 1789 fabriquait aussi sur 600 métiers 10000 pièces de mousseline, d’une qualité supérieure à celles de la Suisse; mais les cotons filés de Suisse ayant été à cette époque surchargés de droits, puis prohibés, pour encourager les filatures françaises, les fabriques de mousseline en ont beaucoup souffert, et les filatures ne paraissent pas y avoir infiniment gagné (38). Les cotons filés en France sont sans nerf ni force, et cependant d’un prix trois fois supérieur à celui des cotons de Suisse et d’Angleterre. On n’emploie donc que de ces derniers qu’on fait entrer en fraude, ce qui renchérit singulièrement les mousselines; aussi le Préfet propose-t-il formellement de permettre l’introduction de ces cotons, du moins depuis le N°. 50 en sus. C’est là un exemple entre mille de l’inefficacité des prohibitions pour créer une industrie nouvelle. Les manufactures de papier peint, de verre, et de vitriol, du même Département paraissent tout à fait étrangères au système des douanes.

[Translation]

   The Beaujolais Mountains and the small city of Tarare have some cotton mills and India print mills which rival those in Switzerland, and which find markets in France, Italy and colonies (37). Before 1789, using 600 looms, Tarare produced 1000 pieces of muslin of superior quality to that from Switzerland. But, since the cotton yarn spun from Switzerland was taxed in this year, and prohibited later, in order to encourage French spinners, the muslin mills have suffered much from that, and the spinners do not seem to have gained so much from that (38). The cotton yarn spun from France is not strong or durable, and yet three times as high in price as that from Switzerland or England. Therefore, people cannot help importing this illegally and using it, a use which makes the muslin singularly expensive. Thus, the prefect formally proposes permitting importation of this cotton yarn, at least from No 50 count. This is one of innumerable examples of inefficacy of prohibitions intended to create a new industry. The manufactures of paint paper, plate glass, and alum in the same department seem to have nothing to do with system of customs duties.