Thursday, 29 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 43

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 200-201]

   Si le monopole des douanes était devenu nécessaire pour maintenir quelqu’une des manufactures d’un Département qui ne craignit autrefois pour aucune la concurrence des étrangers, étant traité comme étranger lui-même, il faudrait en conclure qu’elles auraient bien dénaturé son antique industrie. Il ne paraît pas cependant que cela soit arrivé, elles y sont à charge au consommateur, sans procurer aucun avantage au commerçant.

[Translation]

   If the monopoly due to customs duties had been required for maintenance of any of manufactories in a department which used to be not in fear of competition of foreign ones though it was treated as foreign itself, we should conclude from this that they would have spoiled its former industry. However, it does not seem that this will take place, and they are burdensome on the consumer, without giving any advantage to tradesmen.

Wednesday, 28 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 42

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 200]

   BAS-RHIN. L’Alsace avait avant la révolution le bonheur inappréciable d’être placée en dehors de la ligne des douanes Françaises; délivrée de la PROTECTION que leur législation accorde à l’industrie, et qui tourne toujours à sa ruine, l’Alsace s’était placée au premier rang parmi les provinces riches, manufacturières et commerçantes. Elle a beaucoup souffert par le reculement des douanes, qui a détruit entr’autres le transit et l’entrepôt de Strasbourg; les manufactures ont prodigieusement diminué d’activité, et l’intérêt de l’argent est le double de ce qu’il était autrefois, ce qui indique un grand décroissement des capitaux mercantiles. Cependant dans le Département du Bas-Rhin, qui ne contient que la moitié de l’Alsace, on compte encore 6974 fabriques de tout genre, 30,000 ouvriers qui y travaillent, et l’on évalue à vingt millions les capitaux qui les alimentent (25).

[Translation]

   BAS-RHIN. Before the revolution Alsace had the invaluable luck to be placed beyond the reach of French customs duties. Freed from the protection which is accorded by the legislation of customs duties to industry and which always turns out to ruin industry, Alsace had ranked the first among the rich, manufacturing, and commercial provinces. It has suffered much from the move of the customs, which has destroyed, above all, the business of transit and warehousing in Strasbourg. Manufactures have astonishingly waned in activity, and the moneyed interest is twice as high as it used to be, a rise which suggests a great shrinkage of mercantile capitals. Still, the department of Bas-Rhin, which accounts for only a half of Alsace, has 6974 workshops of any sort, and 30,000 labourers who work there, and the capitals provided for them are evaluated at 20 million (25).

Tuesday, 27 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 41

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 198-199]

   TARN. Le Département du Tarn est un de ceux où les fabriques de laine prospèrent le plus; on tire de Castres, d’Albi, de Mazamet, etc. des draps, des molletons, des flanelles, des cadis, qui sont distingués par leur bonne qualité, et dont la consommation ne se borne pas à l’intérieur, mais s’étend jusque dans le Levant, où ils soutiennent avec avantage la concurrence des Anglais: aucune des manufactures du Département, qui sont outre les laines, des tanneries, papèteries, fabriques de bonnèterie, et de bougies, n’est de nature à être le moins du monde favorisée par la douane (24).

[Translation]

   TARN. The department of Tarn is one of those where woollen mills are the most prosperous. Castres, Albi, Mazamet, and others produce woollen cloth, melton, flannel, and caddis, which are distinguished by their good quality and whose consumption is not only confined within the country but also extends to Levant, where they compete advantageously with the English counterparts. No manufacture in this department, which contains tan houses, paper mills, knitting mills and candle-making houses in addition to woollen mills, have to be given any preferential treatment by the customs (24) .

Monday, 26 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 40

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 198-199]

   DEUX-SEVRES. Le Département des Deux Sèvres est un de ceux où l’on peut regretter que tous les capitaux aient pris leur direction vers les manufactures, et qu’il en soit resté si peu pour animer l’agriculture: celle-ci est encore bien retardée, et pendant le cours entier d’un siècle, n’a fait que des progrès fort lents, tandis que ce Département compte au moins neuf ou dix communes manufacturières, quoiqu’il n’y en ait aucune de riche ou de grande. Il a été si cruellement ravagé lors de la guerre de la Vendée, que ses capitaux mercantiles sont presque tous dissipés, et ses ateliers fermés ou détruits. Les manufactures d’étoffes de laine, de bonnèterie, et de chamoiserie, de Niort, Parthenay, Saint-Maixent, Secondigny, Thouars, etc. ne se relèveront certainement pas à l’aide des douanes, qui ne leur procurent aucune espèce de bénéfice. On pourrait plutôt attendre leur rétablissement de la liberté du commerce, qui versera sans doute de nouveaux capitaux dans ce pays malheureux. La beauté des laines qu’il produit, et le bas prix de la main-d’œuvre, fixeront sur lui les regards de ceux qui cherchent à employer leurs fonds d’une manière lucrative (23).

[Translation]

   DEUX-SÈVRES. The department of Deux-Sèvres is one of those where it can be regretted that all the capitals have rushed in the direction towards manufactures, and that there is so little capital left for animation of agriculture. The agriculture there is still undeveloped, and has only made very slow progress in the entire course of one century, while this department contains at least nine or ten manufacturing communes, though none of them is rich or large. It was so cruelly ravaged during the war of Vendée, that mercantile capitals are almost all lost and workshops are closed or destroyed there. The woollen mills, knitting mills, and tan houses in Niort, Parthenay, Saint-Maixent, Secondigny, Thouars, and others will not revive even with the aid of customs duties, which does not give them any sort of benefit. Their revival could be expected rather from free trade, which will undoubtedly attract new capital to this miserable country. The beauty of wool produced there and the low price of labour force will draw the attention of those who seek to employ their means in a lucrative way (23).

Sunday, 25 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 39

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 197-198]

   HAUTES ALPES. Le Département des Hautes-Alpes n’a absolument aucune manufacture, les paysans ne sont habillés que des étoffes grossières qu’ils fabriquent dans l’intérieur de chaque ménage. On a essayé d’élever à Briançon deux ou trois petites fabriques de toiles et mouchoirs, qui n’ont pu s’y soutenir; comme ailleurs, on s’y plaint du manque de capitaux, et l’on ne pourra remédier aux maux que ce besoin cause, que lorsqu’en modifiant ou supprimant les douanes, on aura ouvert une entrée aux capitaux étrangers qui pourraient vivifier l’industrie nationale (22).

[Translation]

   HAUTES ALPES. The department of Hautes Alpes have no manufacture at all, and husbandmen are only clothed in coarse cloth of their own making at their own home. Establishment of two or three small manufactories of cloth and handkerchief at Briançon has been attempted, none of which have managed to survive there, with as many complaints of lack of capital there as anywhere else. The evils caused by this lack will remain unremedied unless modification or abolishment of customs has allowed the inflow of foreign capitals which could animate the national industry (22).

Saturday, 24 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 38

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 196-197]

   DRÔME. La principale fabrique de la Drôme est celle des draperies grossières, connues sous le nom de ratines, demi-ratines, sergettes, et draps; quoiqu’elle soit plus particulièrement destinée à la consommation intérieure, comme on exporte par Genève des ratines de Vienne en Suisse et en Piémont, et comme elles y soutiennent la concurrence de celles d’Allemagne, cette manufacture n’a rien à craindre de la rivalité des étrangers. Elle a beaucoup souffert de la diminution des capitaux mercantiles. Le Préfet, ancien administrateur des douanes, et qui a été à portée d’apprécier le système sur lequel elles sont fondées, ne demande pour ranimer ces manufactures que liberté et protection (21).

[Translation]

   DRÔME. The principal manufactory in Drôme is that of coarse cloth, known in the name of ratiné, demi-ratiné, serge, and raxa. Although it is more particularly destined for consumption at home, since ratiné of Vienna is exported to Switzerland and Piedmont via Geneva and can compete with that from Germany there, this manufactory have no reason to fear rivalry with foreign one. It has suffered from the diminution of mercantile capitals. The prefect, who was once the administrator of the customs and was inclined to appreciate the system upon which customs duties are founded, only demands freedom and protection to animate these manufactories (21).

Friday, 23 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 37

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 196]

   HAUTE-SAÔNE. Le Département de la Haute-Saône est un des moins commerçants de la République. Son exportation se réduit à deux objets, des fontes, fers, et fer-blancs, pour la valeur de cinq millions, et des blés dont partie n’y passe qu’en transit pour celle de trois millions. Les fers qui sont fort beaux, et qui peuvent soutenir la concurrence de ceux de Suède et d’Allemagne, n’ont aucun besoin sans doute de l’assistance de la Douane. Il faut donc ajouter ce Département à la liste de ceux qui la payent, sans qu’un seul de ses habitants en retire le moindre avantage (20).

[Translation]

   HAUTE-SAÔNE. The department of Haute-Saône is one of the least commercial in the Republic. Its exportation is confined to two objects, one of which is cast iron, steels, and tin plates, for five million of value, and the other of which is wheat, a part of which passes only for transit, for three million of value. The steels, which are very beautiful and which can compete with those from Sweden and Germany, have no need, undoubtedly, for any help of customs duties. We must, therefore, put this department on the list of those who pay them, with no habitants there reaping the slightest advantage from them (20).