Thursday, 3 December 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 24

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 56-57]

   Voilà quels sont les inconvénients des impôts sur la consommation lorsqu’ils sont mal établis; ils peuvent alors coûter huit ou dix fois plus à la nation, qu’ils ne rendent au fisc; mais leurs vices ne sont point nécessairement inhérents à leur nature; car en taxant la marchandise le plus près possible du consommateur, on ne le force à rembourser qu’une seule avance d’argent; en se rappelant de ne jamais si fort élever l’impôt, qu’il y ait plus de profit à payer le contrebandier que la douane, on réduit la fraude presque à néant; enfin en ne faisant jamais de la douane un monopole, qui favorise les marchands nationaux aux dépens des étrangers, on n’occasionne le déplacement d’aucun capital, ni l’élévation d’aucun profit mercantile. Il n’en reste pas moins vrai, que ces impôts-là demandent un plus grand nombre d’employés à leur perception qu’aucun autre, proportionnellement aux sommes qui entrent au trésor national; mais cet inconvénient, quelque grave qu’il soit, ne suffit pas pour compenser les grands avantages qui leur sont attachés.

[Translation]

   These are the inconveniences of taxes upon consumption when the taxes are improperly established. Then, they can cost the nation eight or ten times as much as they gives to the treasury. But their vices are not necessarily inherent in their nature. This is, first of all, because, if you levy upon the commodity which comes as directly as possible from the producer to the consumer, you will force him to make an advance of money only once; secondly, because, if you remember not to raise the tax so extremely that there is more profit to pay to smugglers than to customs, you will reduce the injustice almost to zero; finally, because, if you establish other taxes besides customs, which favour the home merchant at the cost of the foreigner one, you will not cause the transfer of any capital or the rise of any mercantile profit. It is none the less true that those taxes demand a larger number of officials for their collection than any other, in comparison to the sum which enters into the national treasury, but this inconvenience, however serious, is not sufficient for extinguishing the large advantages which are attached to them.

Wednesday, 2 December 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 23

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 55-56]

   Tout capital, si l’impôt ne le détournait pas, serait employé à donner de l’activité à l’industrie, et par conséquent augmenterait la valeur réelle de ses produits, ou leur degré d’utilité, comparée à l’utilité des choses que l’on donne en échange; tout capital produirait donc un profit national qui ne serait une perte pour personne; tandis qu’un accroissement de profit qui n’est pas légitimé par un accroissement d’activité dans l’industrie, est une perte réelle pour le consommateur. Il se trouve donc que la nation ne fait qu’un seul profit, et qu’elle en perd deux; elle perd en effet, celui que le capital aurait fait naturellement, dans un emploi où il aurait accru les pouvoirs de l’industrie, et celui que le consommateur rembourse sans équivalent au marchand, au contrebandier, au fabricant, qui ont retiré leurs fonds de leur ornière naturelle, pour les employer sur une route où ils n’augmentent pas le degré d’utilité de leurs marchandises, comparées avec celles qu’on leur donne en échange. Le profit étant donc comme un, et la perte comme deux, la nation perd pour solde une somme égale à l’augmentation du profit mercantile occasionnée par le déplacement des capitaux.

[Translation]

   Any capital, if the tax did not divert it, would be so employed as to give some activity to industry, and would consequently increase the real value of its produce, or its degree of utility, in comparison with the things offered in exchange. Therefore, any capital would produce a national profit which is no loss for any one, while an increase of profit which is not accompanied by an increase of activity in industry is a real loss for the consumer. In the latter case, it turns out that the nation gains only one profit, while she sustains two losses; she loses, indeed, that which the capital would have naturally procured in employment where it would have increased the powers of industry, and that which the consumer pays, with no equivalent, to the merchant, smuggler, and manufacturer, who have withdrawn their capital from its natural course, to employ it where it does not increase the degree of utility of their commodities, in comparison with those which they are given in exchange. Therefore, the profit is as one, and the loss as two, and so, on balance, the nation loses a sum equal to the increase of mercantile profit caused by the transfer of capitals.

Tuesday, 1 December 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 22

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 54-55]

   L’on a souvent objecté que ces trois dépenses du consommateur ne sont point perdues pour la nation, puisque tout ce qui sort de la bourse du premier, au delà de ce que perçoit le fisc, entre dans celles du marchand, du contrebandier, et du fabricant; mais c’est qu’on méconnaît le principe que j’ai cherché à établir dès le commencement de cet ouvrage, savoir que le profit ordinaire ou moyen du commerce, qui fait partie du prix intrinsèque le plus bas possible, n’est une perte pour personne: c’est une participation au superflu du travail productif, à la mieux value d’un ouvrage fait, sur ce qu’il en a coûté pour le faire; il résulte de ce que le capital accumulé augmente réellement les pouvoirs productifs du travail. Tout capital qui est employé, soit directement à augmenter ces pouvoirs productifs, soit indirectement à remplacer ceux qui les augmentent, peut être payé de son activité sur cette augmentation, sans qu’il y ait de perte pour personne; mais au contraire, avec profit pour le consommateur, lequel obtient meilleur marché la marchandise, moyennant cette activité des capitaux quoique payée, qu’il ne l’aurait obtenue s’ils étaient restés dans l’inertie.

[Translation]

   People have often objected that these three payments by the consumer are not lost for the nation, because all that comes from the wallet of the consumer, beyond what the treasury collects, enters into those of the merchant, smuggler, and manufacturer. However, they misunderstand the principle I tried to establish just at the beginning of this work, namely that the ordinary or average profit of commerce, which forms a part of the lowest intrinsic price possible, is no loss for any one. It is a participation in the surplus of productive labour, that is to say, in the surplus of the value of performed labour over that which it has cost to create it. This leads to the result that the accumulated capital really increases the productive powers of labour. Any capital which is employed, directly to increase these productive powers or indirectly to replace those capitals which increase them, can be paid for its activity upon this increase, with causing no loss to any one, but, on the contrary, some profit to the consumer. He obtains the commodity at a lower price for this activity of capitals dispite his payment for it, than he would have obtained it if they have remained inactive.

Monday, 30 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 53-54]

   Il se trouve donc que l’impôt sur la consommation peut être prélevé par trois classes de personnes outre le fisc; savoir: le marchand qui en fait l’avance aux frontières, le contrebandier, et le fabricant national qui profite de l’exclusion des étrangers.

[Translation]

   Therefore, it turns out that the tax upon consumption can be acquired by three classes of people besides the treasury; that is, the tradesman who makes an advance upon the borders, the smuggler, and the manufacturer at home who profits from the exclusion of foreigners.

Sunday, 29 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 53]

   La nation éprouve encore un autre inconvénient de cette contrainte à laquelle son industrie a été soumise, c’est que ses manufactures se dégradent; neuf millions doivent désormais leur suffire pour produire les mêmes choses qu’elles produisaient auparavant avec dix; comme il faut cependant que malgré la diminution du capital, le consommateur trouve tout ce qui lui est nécessaire, les fabricants le servent désormais en qualité inférieure, et pour travailler meilleur marché, ils travaillent plus mal.

[Translation]

   The nation also suffers another inconvenience from this constraint to which her industry have been subject, with the result that her manufactures decline. Nine million francs should ever since be sufficient for them to produce what they used to produce with ten million; but, notwithstanding the diminution of capital, the consumer must find all that is necessary for him, and, from then on, the manufacturers serve him in lower quality and work less hard for a lower price.

Saturday, 28 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 52-53]

   La marchandise étrangère qui a été exclue du marché national par un impôt, se vendait à meilleur compte que la marchandise nationale, de toute la différence entre son prix intrinsèque, et le prix relatif de cette dernière, lequel est limité par le prix accidentel auquel reviendrait la marchandise étrangère introduite en fraude. Le consommateur national ne la payait donc qu’un million, tandis qu’il la paye aujourd’hui à ses compatriotes 1,111,111 francs. Le consommateur national fait donc double perte; d’une part il abandonne un million de bénéfice aux marchands, sur la partie de son approvisionnement sur laquelle avant l’impôt, il ne leur abandonnait que 900,000 francs; et c’est pour sa nation une perte absolue, que rien ne compense; d’autre part il perd 111,111 francs sur la marchandise qu’on le force désormais à acheter de ses compatriotes, et non plus des étrangers; cette dernière perte est compensée pour sa nation, par un bénéfice égal que font les marchands, de plus qu’auparavant; mais quoique le bilan général n’en soit pas altéré, la loi n’en commet pas moins une grande injustice, en dépouillant tous les citoyens, pour en enrichir quelques-uns.

[Translation]

   The foreign commodity which was excluded from the home market by a tax was for sale at a lower price than the home-made commodity, just by the difference between the former’s intrinsic price and the latter’s relative price, which is limited by the incidental price to which the illegally imported commodity would gravitate. Therefore, the consumer at home paid only one million for it, while today he pays 1,111,111 francs to his fellow-countrymen for it. The home consumer, therefore, sustains a double loss. On one hand, he abandons one million of benefit to the merchants for that part of his provisions for which he abandoned 900,000 francs to them before the tax; and this is an absolute loss for this nation, with no compensation. On the other hand, he losses 111,111 francs upon the commodity which he is, after the tax, forced to purchase from his fellow-countrymen, no longer from foreigners. For the nation, the second loss is compensated for by an equal benefit gained by the merchants, more so than before. But, although the general balance is not changed due to it, the law nonetheless commits a large injustice, impoverishing all the citizens to enrich the minority of them.

Friday, 27 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 51-52]

   Supposons une petite nation, dont le fonds capital ne soit que de dix millions de francs, et qui ait comme les grandes la prétention d’assurer le monopole de son propre marché à ses propres fabricants; que le taux commun du profit soit chez elle de dix pour cent, ce qui produira un million à répartir entre tous ses commerçants; que par la prohibition des importations d’étoffes, elle fasse établir dans son sein une manufacture qui n’y existait pas auparavant, et dont le fonds capital soit d’un million: il n’en restera plus que neuf pour faire face à tous les autres besoins des consommateurs; cependant leur nombre ni leurs besoins n’auront pas diminué; les propriétaires des neuf millions auront donc contre eux précisément les mêmes forces qu’ils avaient avec dix, et leur profit mercantile devra comme auparavant s’élever à un million par année; la manufacture nouvelle devra désormais gagner dans la même proportion que les anciennes, autrement elle ne conserverait pas les capitaux qu’elle a attirés à elle; son profit sera donc de 111,111 livres, et ce sera précisément de cette somme que le profit mercantile se sera accru dans la nation.

[Translation]

   Let us suppose a small nation whose capital stock is only ten million francs and who, like large nations, is given protection to assure her manufacturers of monopoly of her home market. Moreover, let us suppose that the common rate of profit should be 10 percent in the country, a rate which will produce one million francs to divide among all her tradesmen and manufacturers; that the prohibition of importation of cloth should enable her to establish a manufactory in the country which did not exist there before and whose capital stock is one million. There will remain only nine million francs to meet the other needs of consumers. However, their number or needs will not have diminished. The owners of nine million francs will, therefore, have precisely as strong powers against the consumers as they had with ten million, and their mercantile profit will amount to one million per year as before. The new manufactory will ever since gain at the same rate as the old ones; otherwise it would not keep the capitals it attracted to itself. Its profits will, therefore, be 111,111 livres, and it is precisely by this sum that the mercantile profit will have risen in the country.