Thursday, 24 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 332]

   Il ne faut point confondre l’intérêt momentané et particulier d’un consommateur, avec son intérêt constant et général: quoiqu’il puisse trouver son compte à profiter par fois d’une heureuse rencontre, il sait fort bien qu’il n’est point intéressé à faire vendre habituellement les marchandises dont il a besoin, au-dessous de leur prix intrinsèque, car il sent fort bien aussi que si les marchands et les artisans étaient forcés de travailler à perte, ils cesseraient bientôt de travailler, et qu’alors le besoin urgent qu’il éprouverait de leurs productions, le forcerait à leur restituer avec usure le profit illégitime qu’il aurait fait sur eux.

[Translation]

   You must not confuse the temporary and particular interest of the consumer with his constant and general one. Although he can find his pocketbook sometimes profiting from a lucky find, yet he understands well that it is not in his interest to usually purchase needed commodities below their intrinsic price, because he also understands well that if merchants and artisans were forced to labour at a loss they would soon cease to labour, and that in this case the urgent needs for their produce he would feel would force him to give them illegitimate profit with usury, a profit which he would have gained from them.

Wednesday, 23 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 331-32]

   Quel est-il cet intérêt? La réponse est aussi simple que courte, il est le même que celui du consommateur. Il est étrange que cette réponse n’ait pas été trouvée depuis long-temps. En effet, la nation n’est point composée exclusivement d’artisans, ni de propriétaires de terres, ni de marchands, mais elle ne compte pas un individu qui ne soit un consommateur: on ne conçoit pas qu’on ait pu croire successivement que l’intérêt national était celui tantôt de l’une, tantôt de l’autre des trois premières classes, et qu’on n’ait pas voulu voir qu’il devait nécessairement être celui, non pas d’une classe, mais de l’universalité des citoyens, de cette classe qui les comprend toutes. La seule chose qui puisse excuser cet aveugleraient, c’est qu’on a pu se faire une fausse idée de l’intérêt du consommateur, on a pu croire qu’il n’en avait d’autre que celui d’acheter bon marché, et qu’il s’estimerait heureux, si un marchand lui cédait ses denrées à moitié prix de ce qu’elles lui coûtent.

[Translation]

   What is this interest? The answer is as simple as short; it is the same as that of consumers. It is odd that this answer has been lost sight of for a long time. Indeed, the nation is not exclusively composed of artisans, of landlords, or of merchants, but it includes no individuals but consumers. It is impossible to imagine that people could believe that the national interest is sometimes that of one, sometimes that of another, of the first three classes, and that they would not see that it must necessarily be not that of one class but that of the citizens as a whole, namely of that class inclusive of all of them. The only thing which can account for this ignorance is that they have been allowed to entertain a false idea about the interest of consumers, that is to say, to believe that consumers have no other interest than to purchase at a low price and that they would be thought to be happy if a merchant provided them with staples at half as low a price as the foods cost them.

Tuesday, 22 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 330-31]

   Il ne faut pas s’étonner si la manie réglementaire a eu presque toujours des effets si ridicules et si déplorables en même temps: on a fait des lois sur le commerce, avant de savoir ce qui convenait au commerce, on a altéré les prix de presque toutes les marchandises qui se mettaient en vente, avant de réfléchir sur l’intérêt qu’avait la nation dans l’altération de ces prix.

[Translation]

   It should not be surprising if the mania for regulation has almost always had some effects at once so ridiculous and so deplorable. Some laws have almost always been enacted before knowing what is good for commerce, and the prices of almost all commodities for sale have been changed before reflecting upon the national interest in the change of these prices.

Monday, 21 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 330]

« Quand je vois un Gouvernement de l’Europe», disait à l’auteur un membre distingué d’une Législature Américaine, «annoncer par quelque proclamation, ou par le préambule de quelque édit, qu’il veut protéger le commerce, réveiller l’industrie et animer les manufactures, je tremble pour les sujets de ce Gouvernement: ma crainte s’est presque toujours réalisée, et vos chefs en croyant vous protéger, ont presque toujours attenté à la liberté publique, et dissipé la fortune nationale ».

[Translation]

“When I see a government of Europe,” a distinguished member of an American congress said to the author, “announce, by some proclamation or by the preamble of some edict, that it wants to protect commerce, to excite industry, and to animate manufactures, I fear for the subjects of this government. My fear has almost always been realised, and your leaders has almost always been infringing upon the public liberty and wasting the national fortune, believing that they protect you.”

Sunday, 20 September 2009

Book 2, chapter 2, foootnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 320-21]

(2) Herrenschwand en traitant de la fluctuation des prix, n’a point profité, comme il aurait pu le faire, des lumières de tous ses devanciers. Il considère la valeur d’une quantité d’or ou d’argent, dont le poids et le titre sont déterminés, comme inaltérable, et nécessairement égale à une quantité immuable de travail. (Écon. polit. et mor. Tom. II. p. 80 et 101.) Ainsi donc si l’on découvrait, comme on le fit il y a trois siècles, des mines quatre fois plus abondantes que celles que l’on connait aujourd’hui, et d’où l’extraction de l’or coûtât par conséquent quatre fois moins de travail; le produit de celui d’une journée de ces mineurs, commanderait le travail de quatre jours de tous les autres hommes, ce qui est directement contraire au système même d’Herrenschwand sur l’égalité des échanges. Une autre supposition peut encore mieux faire sentir combien il est inconséquent de supposer cette fixité au prix de l’or. Il n’est nullement impossible que l’on découvre le secret dès alchimistes aujourd’hui qu’on ne le cherche plus; c’est-à-dire, que l’on s’assure que tous les métaux ne sont que les modifications d’un seul élément, et que la chimie apprenne à les imiter. Cette science produirait une moindre merveille en convertissant du fer en or, que celle qu’elle a fait en produisant de l’eau par la combustion du gaz hydrogène; ou en démontrant que le diamant et le charbon sont composés des mêmes principes. Y a-t-il quelqu’un cependant qui puisse croire que dans ce cas le prix de l’or resterait toujours le même, et qu’il ne se proportiannerait pas bientôt au travail dont il serait le fruit? Il n’y a pour les effets aucune différence entre la découverte de ce secret dangereux, et celle d’une mine d’or fort abondante. Aussi vouloir que les Gouvernements fassent désormais du poids et du titre de l’or un étalon inaltérable, qui serve dans tous les temps à reconnaître le prix réel des choses, et à régler l’économie nationale (Tom. II. p. 153. et 302.) c’est s’attache comme à un ancre au roseau arraché que la vague emporte, c’est nous rappeler ces matelots, qui, forcés par la tempête de jeter à la nier les marchandises qui formaient leur cargaison, pour alléger le navire, jugèrent convenable de laisser un signe à l’endroit où ils les abandonnaient, pour pouvoir les repêcher dans un temps plus calme, et firent dans ce but une entaille au vaisseau qui les portait, afin de reconnaître sur le pont la place précise d’ou ils les avaient jetées à la mer.

[Translation]

Dealing with the fluctuation of prices, Herrenschwand has not benefited from insights of all his precursors as he could have. He considers the value of a quantity of gold or silver, whose weight and fineness are determined, as invariable and necessarily equal to a fixed quantity of labour (De l’économie politique et morale de l’espèce humaine, vol. 2., pp. 80 & 101). Therefore, if new mines, which would be four times as abundant as those known today and where the extraction of gold would consequently cost a quarter as much labour, were discovered as three centuries ago, the produce of one day of labour by these miners would command four days of labour by any one else. This conclusion is directly contrary even to the system of Herrenschwand regarding equality of exchanges. Another supposition can lead to a much better understanding of how absurd it is to suppose this invariability of the price of gold. It is not impossible at all that you reproduce the secret of alchemists today, without looking for it any longer; namely that you are sure that all metals are only variants of a single element, and that chemistry teach you how to imitate alchemists. This science would produce a smaller wonder by converting iron into gold, than it has produced by making water from combustion of hydrogen gas or by demonstrating that diamond and carbon are composed of the same elements. However, can anyone believe that in this case the price of gold would always remain the same and would soon be out of proportion to the labour expended upon it? There is no difference in effect between the reproduction of that dangerous secret and the discovery of an extremely abundant mine of gold. Therefore, if you propose that the governments should now make a weight and a fineness of gold the invariable standard, which always serves to recognise the real price of things and to regulate the national economy (vol. 2, pp. 153 & 302), the proposal is only anchored to an uprooted reed washed by waves. This is to remind us of those sailors, who, forced by a storm to throw their cargo of commodities, to make their ship lighter, thought it a good idea to leave a sign in the place where they abandoned it, so that they could retrieve it in the more calm time, and, for that purpose, notched the ship carrying it, in order to recognise on the deck the precise place where they had thrown it to the sea.

Saturday, 19 September 2009

Book 2, chapter 2, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 307]

A Greek citation from Homer's Iliad
.

[Translation]

I cannot read Greek.

Friday, 18 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 25

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 328-29]

   Ce n’est pas seulement en nous comparant avec les Indes que nous pouvons trouver une grande différence entre le prix réel, et le prix numérique; l’or et l’argent renchérissent en s’éloignant de leur source, et il y a à peine deux pays où leur valeur soit la même. Ces différences pour les négociants sont une recherche oiseuse; il leur importe peu de savoir si la marchandise est plus chère, ou si c’est l’argent qui est moins cher dans un pays que dans un autre: dès qu’ils trouvent dans les prix numériques une différence suffisante pour compenser les ports et leur assurer leur profit, ils font passer les marchandises dans les pays où ils peuvent les échanger contre le plus d’argent, et augmentent ainsi pour les consommateurs les moyens de les obtenir; ils deminuent leur prix relatif, ils épargnent à la société la dépense d’une partie de son revenu, en vendant meilleur marché, tandis qu’ils lui en procurent d’autre part un nouveau dans le profit qu’ils font eux-mêmes. C’est ainsi que tous les hommes tendent sans cesse, en recherchant leur intérêt propre, à servir l’intérêt national.

[Translation]

   Not only by comparing us to India can we find a wide difference between the real price and the numismatic price. Gold and silver appreciate at a long distance from their source, and there are hardly two countries where their value is the same. Research into these differences is of no use for merchants; it hardly matters for them to know whether the commodity is more dear, or money is less dear, in a country than in another. As soon as they find in the numismatic price a sufficient difference to compensate for the surcharges and to assure them of profit, they send the commodities to the countries where they can exchange them for the most money, and increase also the means for consumers to obtain them. They lower their relative price; and they save the society the expenditure of a part of its revenue on one hand, by selling at a lower price, while they procure the society a new portion of revenue in the form of profit they themselves gain, on the other hand. Thus all the human beings tend to incessantly serve the national interest by pursuing their own interest.