Monday, 11 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 178]

   Si nous jetons à présent un regard sur les divers emplois du capital immatériel, nous comprendrons mieux quels effets il a dît produire. Nous verrons premièrement que les emprunts du Gouvernement, quoiqu’ils fassent naître un signe fictif de richesse, une créance hypothéquée sur le travail à venir des hommes, ne sont point un avantage, mais une perte; car ce travail n’en existera ni plus ni moins, parce que le Gouvernement a promis à un tiers qu’il en partageroit [partagerait] les fruits; et quant à la cause qui auroit [aurait] mis ce travail en mouvement, la richesse mobiliaire [mobilière] qui a été fournie au trésor public et qui a fondé la dette, elle n’existe plus.

[Translation]

   Now if we take a look at the diverse employments of the intangible capital, we understand better what effects it should have produced. First of all, we see that the debt of the government is not an advantage but a loss even though it may give birth to a fictitious sign of wealth (a bill of credit drawn in pledge of future labour of humans). For this labour will not exist in all the more or the less amount, because the government has promised to a third party that he might participate in distribution of the produce of the labour. As for the cause which would have put this labour at work, the movable wealth which has been provided to the public treasure and which have founded the debt no longer exists.

Sunday, 10 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 177-78]

   Le crédit, d’après ce que nous venons de dire, n’a donc point réellement une puissance créatrice; il ne fait que donner à celui qui le possède la disposition d’une portion richesse déjà existante et déjà employée sans doute à maintenir un travail productif; la richesse immatérielle ne fait point non plus partie du capital national, quoiqu’elle fasse partie de celui des particuliers, parce qu’elle est toujours accompagnée d’une quantité négative existant entre les mains de quelque détenteur de richesse mobiliare [mobilière], quantité négative qui la compense et la détruit.

[Translation]

   Credit, according to what I have just said, does not therefore really have a creative power. It only put at creditors’ disposition a portion of the wealth which already exists and is already employed probably to maintain productive labour. Nor does the intangible wealth comprise of any part of the national wealth, even though it may comprise a part of those of individuals, because it is always accompanied by a negative quantity which exists in the hands of one or another holder of the movable wealth, a negative quantity which counterbalances and offsets it.

Saturday, 9 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 176-77]

   Si des capitaux n’avoient [avaient] jamais été prêtés que pour maintenir un travail productif, il existeroit [existerait] une somme de marchandises égale à celle du capital immatériel, qui n’appartiendroit [appartiendrait] pas à ses détenteurs ou qui entre leurs mains seroit [serait] hypothéquée aux prêteurs; mais lorsque des emprunts ont été faits dans tout autre but, comme la richesse mobiliaire [mobilière] qui a donné naissance aux créances a été dissipée sans reproduction, il n’existe point, pour représenter les dettes du Gouvernement, par exemple, une masse correspondante de richesses sans propriétaires, mais seulement une masse suffisante pour en payer les intérêts. Les vrais propriétaires de la partie du revenu national que prélèvent les impôts, ne sont point ni ceux qui produisent et qui payent, ni le Gouvernement qui reçoit le montant des contributions, mais les créanciers de l’État auquel il est dû. Il y a cependant toujours comme l’on voit une relation nécessaire entre la valeur négative de la richesse mobiliaire [mobilière], d’une part, et de l’autre, la richesse positive des propriétaires du capital immatériel qui ont hypothèque sur elle.

[Translation]

   If no capital had ever been lent except for maintenance of productive labour, there would be an equal amount of commodities to that of the intangible capital, which would not belong to its holders, or which would be mortgaged in their hands to the lenders. But, when some loans have been made for any other purpose, as the movable wealth which has given birth to bills of credit has been dissipated without reproduction, there does not exist a corresponding mass of the wealth without owners (for example, in order to represent the debts of the government), but only a mass sufficient to pay the interests. The true owners of the part of the national revenue which derives from taxation are not those who make a production and a payment, or the government who receives the sum total of taxes, but the creditors of the state to which it is due. However, there is always, as you see, a necessary relation between the negative value of the movable wealth, on one hand, and the positive wealth of the owners of the intangible capital which is issued in pledge of it, on the other hand.

Friday, 8 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 175-76]

   Les emprunts faits pour maintenir un travail productif n’appauvrissent pas la nation, et ne l’enrichissent pas non plus; c’est une partie de la richesse mobiliaire [mobilière] qui change de régisseur sans changer de propriétaire, ni changer non plus de destination, car tout capitaliste n’emploie son capital qu’à maintenir un travail productif, sous peine de le perdre. Mais les emprunts faits pour maintenir un travail improductif, soit par un dissipateur qui hypothèque ses immeubles pour gage, soit par le Gouvernement qui hypothèque les revenus de la nation, sont autant de pertes pour l’État. Les fonds qui jusqu’à ce jour avoient [avaient] été destinés uniquement à mettre en meuvement des ouvriers utiles, sont consommés sans retour; et quoique le prêteur ait en mains un gage égal à la valeur des marchandises qui ont été consommées; quoiqu’il prélève sûr le produit annuel une part égale à l’intérêt de ses fonds, cette somme n’en est pas moins perdue pour l’État; car l’emprunteur a aliéné d’abord la somme qu’il a reçue en dépôt, et ensuite celle avec laquelle il paye le prêteur: il y en a deux de déboursées, et cependant il n’en existe plus qu’une.

[Translation]

   The loans made in order to maintain productive labour do not impoverish the nation, nor do they enrich it. It is a part of the movable wealth which changes managers without changing owners or any purpose, because every capitalist only employs his capital in order to maintain productive labour, lest he should sustain a loss. But the loans made in order to maintain unproductive labour, either by a dissipater who mortgages his immovables or by the government which mortgages the revenue of the nation, are also losses for the state. The money which up to that day had been devoted to employment of useful labourers is consumed with no return. Even though the lender may hold a mortgage equal in value to the commodities which have been consumed, even though he may extract a part equal to the interest of his money from the annual produce, this amount is nonetheless lost for the state. This is because the borrower has alienated at first the amount which was deposited with him, and later the amount he pays to the lender. He makes two payments, and yet there is no more than one payment.

Thursday, 7 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 174-75]

   Tout capital immatériel est né de la livraison d’une portion de richesse matérielle, et généralement mobiliaire [mobilière] (4). Le numéraire a été le plus souvent le signe de cette livraison, mais elle n’a vraiment été accomplie que lorsque l’emprunteur a employé l’argent relu à acheter les objets de consommation dont il vouloit [voulait] faire usage. Aucun homme n’a jamais emprunté pour garder le numéraire dans son coffre-fort. Les marchandises contre lesquelles il l’échange sont la propriété du prêteur; celles qu’il produira en faisant consommer ces premières, sont son hypothèque. La masse des marchandises livrées et consommées en conséquence des ces marchés, est égale à la masse des créances; et comme il n’y a point de double emploi, les détenteurs du mobilier effectif ne sont point propriétaires de cette partie du revenu national et mobilier, qui est égale aux intérêts dûs à tous les porteurs de créances: il y a d’une part une quantité négative égale à la quantité positive qui se trouve de l’autre.

[Translation]

   Every piece of intangible capital has derived from the delivery of a portion of tangible and generally movable wealth (4). Specie has been most often the sign of this delivery, but the delivery is really accomplished only when the borrower has used the received money to purchase the objects of consumption of which he wanted to make use. No one has ever made a loan in order to keep specie in his safe. The commodities for which the borrower exchanges it are the property of the lender. The commodities the former will produce by making the previously purchased commodities consumed are the security of the latter. The sum of commodities delivered and consumed in consequence of these deals is equal to the sum of bills of credit. When there is no double employment, the holders of actual movables were not owners of this part of the national and movable revenue, which is equal to the interests due to all the bearer of bills of credit. There is a negative quantity on one hand, equal to the positive quantity which is found on the other hand.

Wednesday, 6 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraphs 14-15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 173-74]

   Les créances portant intérêt, tant par obligation que par simple billet, sur le trésor public, les compagnies de commerce, ou les particuliers, sont d’une toute autre nature que le papier-monnoie [monnaie]; on est aussi empressé à les garder qu’à se défaire de l’autre; quoiqu’on les échange quelquefois ou entre elles ou avec des marchandises, elles ne forment cependant point partie de la circulation, aussi retardent-elles moins le numéraire en le remplaçant qu’elles n’accélèrent sa marche en multipliant les valeurs à échanger.
   Le numéraire dans les prêts tout comme dans les achats, n’est que le signe de la transmission d’une valeur plus réelle, d’une richesse plus utile; c’est cette valeur qui est l’origine du capital immatériel, et sur laquelle il est hypothéqué. La richesse mobiliaire [mobilière] est la possession du fruit du travail accumulé de l’homme, qui peut toujours s’échanger contre un nouveau travail exigible; la richesse immatérielle n’est plus que ce droit d’exiger un nouveau travail, détaché du fruit du travail précédent déjà donné en échange.

[Translation]

   Bills of credit bearing interest, in form of bonds as well as simple bills, on the public treasure, commercial companies, or individuals, are of different nature from paper money. People are as eager to keep the former as to dispose of the latter. Although the former are sometimes exchanged for one another or for commodities, they do not form part of the circulation, and therefore they do not so much delay specie by replacing it, as accelerate its velocity by multiplying things of value to exchange.
   Specie on loan as well as on sale is only the sign of the transfer of something more real of value, namely a more useful piece of the wealth. It is this thing of value which is the origin of intangible capital, and by pledge of which it is secured. The movable wealth is possession of the fruitage of accumulated labour of mankind, which can always be exchanged for due new labour. The intangible wealth is no more than this right to new labour, distinct from the fruitage of the past labour already offered in exchange.

Tuesday, 5 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 170-73]

   Reprenons donc notre distinction entre le papier-monnoie [monnaie], et le capital immatériel (3): Le papier-monnoie [monnaie] qui comprend les billets de banque dont la circulation est libre, aussi bien que ceux dont elle est forcée, est désavantageux à garder en portefeuille, aussi bien que l’argent à garder en caisse; car un capital qui fructifieroit [fructifierait] si on le prêtoit [prêtait], ou si on l’employoit [employait] au commerce, reste stérile aussi long-tem[p]s qu’on le laisse chômer. Aussi les détenteurs de billets s’empressent-ils de les faire circuler aussi rapidement qu’ils le peuvent, sous peine de perdre l’intérêt de leur capital. Ces papiers passent donc de main en main pour faciliter les échanges, en sens contraire soit de la marchandise, soit du vrai capital immatériel. Il n’y a aucune raison pour que lé mouvement du papier-monnoie [monnaie] soit plus lent que celui de l’argent, il en doit résulter les mêmes effets que de l’introduction d’une nouvelle masse d’espèces métalliques: le papier-monnoie [monnaie] plus l’ancien numéraire n’aura pas plus de valeur que ce numéraire seul n’en avoit [avait] avant l’émission, puisqu’entre eux deux ils sont égaux à l’aliquote inconnue de la richesse mobiliaire [mobilière], qui d’après la vitesse donnée suffit pour la représenter toute entière; il devient donc d’une nécessité absolue d’exporter les espèces d’or et d’argent, celles de papier n’ayant point de valeur au dehors de l’État où elles sont créées. Si l’on continue à multiplier le papier lorsque tout le numéraire est sorti, il faut qu’il baisse de valeur, et quand il aura commencé à baisser, il se tiendra au-dessous plutôt qu’au-dessus de celle qu’il a réellement, et qui égale l’aliquote inconnue de la valeur mobiliaire [mobilière] qui suffit à sa circulation. Lorsqu’on voit un Gouvernement porter l’ignorance ou l’immoralité, jusqu’à mettre en circulation 45,581,411,618 francs en assignats, dans un pays qui ne pouvoit [pouvait] guère supporter une circulation de plus d’un milliard, on ne s’étonne plus de voir tomber ces assignats à 7 s. 9 d. les cent francs.

[Translation]

   Now let us return to our distinction between paper money and intangible capital (3). It is as disadvantageous to keep paper money in portfolio, inclusive of bank notes whose circulation is free as well as those whose circulation is forced, as to keep specie in safe. This is because a capital which would function if you lent it, or if you employed it to commerce, remains sterile as long as you leave it unemployed. Thus holders of bills are eager to make it circulate as rapidly as they can, lest they should lose the interest of their capital. These bills therefore pass from hand to hand to facilitate exchanges, in the contrary direction either to commodities or to true intangible capitals. There is no reason for which the flow of paper money is slower than that of specie, and it should result in the same effects as the introduction of a new mass of metallic coins. Paper money plus old specie will not have any more value than specie alone had before the issue of paper money, because they two are altogether equal to the unknown [endogenous] fraction of the movable wealth, which given the velocity is sufficient to represent the fraction as a whole. It should therefore be completely necessary to export gold and silver coins since paper money has no value outside the country which issues it. If you continue to multiply paper money when all specie is gone, paper money should fall in value, and, when it has begun to fall, it will remain below rather than above that which it has really and which is equal to that unknown [endogenous] fraction of the movable wealth which is sufficient to its circulation. As you know a government ignorant enough or immoral enough to put assignats of 45,581,411,618 francs in circulation, in a country which could hardly support more than a billion of circulation, it is no longer surprising that these assignats of 100 francs should have fallen to 7s. 9d.