Monday, 27 April 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 161-63]

   On comprend facilement qu’on a pu considérer comme de même nature toute richesse renfermée dans un portefeuille, et qui paroissoit [paraissait] n’avoir de matériel que les papiers qui servent de titre pour la réclamer; il est cependant fort important de distinguer en deux classes ces papiers qui peuvent constituer la propriété d’un capitaliste. Les uns comme les assignats, les billets de la caisse d’escompte, ceux de la banqué d’Angleterre, et en général tous ceux qu’on comprend sous le nom de papier-monnoie [monnaie], sont ou payables à volonté en numéraire par celui qui les a émis, ou recevables en payement de tous les marchés au lieu d’argent, par tous ceux qui dépendent de l’État: comme ils ne portent point d’intérêt, chaque détenteur est empressé de s’en défaire, au moins tout autant qu’il le seroit [serait] d’employer du numéraire chômant dans son coffre-fort. Les autres, comme les créances portant hypothèque, les billets de dépôt, et les comptes courais des négocian[t]s, même les lettres de change, quoiqu’ils puissent être négociés volontairement de part et d’autre, ne sont point transmissibles en payement, aussi sont-ils le plus souvent conservés par le même propriétaire jusqu’à leur remboursement. Leur possession est toujours fructueuse, ils portent intérêt, ou ils donnent droit à un dividende et lors même que cet intérêt ne pare point exister, comme dans les lettres de change, leur porteur en a toujours acquis la propriété moyennant une bonification proportionnée au délai auquel il doit se soumettre, et qui est connue sous le nom d’escompte. Ces deux classes de titres ou de billets sont d’une nature absolument distincte; les premiers font partie de la valeur totale du numéraire dont ils représentent une fraction, les seconds représentent au contraire une fraction de la valeur de la richesse mobiliaire [mobilière] dont ils font partie. C’est principalement pour les avoir confondus, que l’on a élevé plusieurs systèmes faux, contradictoire, ou dangereux, sur la nature de cette richesse immatérielle qui déroutoit [déroutait] tous les spéculateurs.

[Translation]

   It is easy to understand that it was possible to consider as of the same nature every kind of wealth that was contained in a portfolio, and that seemed to consist only of paper which serves for the right to claim for it. It is extremely important, however, to divide into two sorts those paper notes which can constitute the property of a capitalist. One sort is payable on demand in specie by those who have issued it, or receivable in payment in every deal instead of money by all those dependent upon the state. This sort includes assignats, bills of discount houses, notes of the Bank of England, and, in general, all meant by the name of paper money. As this sort of paper note does not bear interest, every holder is as eager to hand it over, at least as he would be to employ idle specie in his safe. The other sort, even though it can be negotiated voluntarily from one party to another, is not transferable in payment, and, therefore, is in the most cases kept in the hand of one person until its redemption. This sort includes mortgage securities, certificates of deposit, current accounts of merchants, and even bills of exchange. Their possession is always profitable, for they bear interest or represent a right to a dividend. Even when this interest may not seem to exist as in the case of bills of exchange, their bearer has always gained from the negative spread in proportion to the length of term which he must accept and which is known in the name of discount. These two sorts of titles or bills are of completely distinct nature; the former comprises a part of the total value of money (a fraction of which they represent), and the latter, on the contrary, represents a fraction of the value of the movable wealth (a part of which they comprise). It is principally because of their confusion that some false, contradictory, or dangerous systems were erected concerning the nature of that intangible wealth which puzzled all the speculators.

Sunday, 26 April 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 160-61]

   Quand nous avons parlé de la richesse mobiliaire [mobilière] et circulante, nous avons déjà vu pour quel motif et sous quelles conditions ceux qui en étoient [étaient] propriétaires, et qui ne vouloient [voulaient] pas prendre sur eux le soin de la faire circuler, la prêtoient [prêtaient] à des gens plus actifs qui leur en payoient [payaient] les intérêts. C’est sous un autre point de vue que nous devons considérer de nouveau cette classe de capitalistes, afin de la diviser en deux ordres, dont les intérêts sont absolument distincts; de réfuter les systèmes pernicieux qui sont nés de l’obscurité dont elle s’enveloppe; d’expliquer la nature de la proportion qui s’établit nécessairement, d’une part entre le papier-monnoie [monnaie] et la quantité de numéraire requise pour la circulation, de l’autre entré les créances et la richesse matérielle d’une nation; enfin de calculer l’effet qu’auroit [aurait] sur la prospérité nationale, l’anéantissement d’une partie considérable du capital immatériel, occasionné par la banqueroute du Gouvernement.

[Translation]

   In the discussion on the movable and circulating wealth, we have already seen for what purpose and on what conditions owners lend their capital to more practical men who pay them the interest of it, if they do not want to take the trouble to keep it circulating for themselves. It is from another point of view that we should reconsider this category of capitalists, to divide it into two sorts, whose interests are completely distinct; to refute pernicious systems which derive from obscurity concerning the category; to expound the nature of the proportion which is necessarily established between paper money and the quantity of specie requisite for the circulation on one hand, and between credit and the tangible wealth of a nation on the other hand; finally to calculate that effect upon the national prosperity which the disappearance of a considerable part of intangible capital brought about by the bankruptcy of the government would have.

Saturday, 25 April 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 159-60]

   L’existence du capital immatériel a contribué probablement plus que toute chose à confondre les idées sur la nature des capitaux qui constituent la richesse mobiliaire [mobilière]. L’on a pu observer qu’il y avoit [avait] une classe de riches, désignés plus particulièrement par le nom de capitalistes, dont la richesse ne consistoit [consistait] point en propriétés foncières, non plus qu’en meubles, en marchandises, ou en objets propres à la consommation: qu’elle étoit [était] même absolument invisible et immatérielle, à moins qu’on ne voulût considérer comme la constituant, les titres au moyen desquels ils en jouissoient [jouissaient] ou les papiers contenus dans leur portefeuille.

[Translation]

   The existence of intangible capital has contributed, probably more than any other, to confusion of ideas upon the nature of capital which constitutes the movable wealth. You have seen that there is a class of the rich, designated more particularly as capitalists, whose wealth consists neither in landed property, nor in movables, in commodities, or in objects adequate to consumption: that theirs is even completely invisible and intangible unless the titles by means of which they enjoy consumption, or the bills contained in their portfolio, is regarded as constituent of theirs.

Friday, 24 April 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 158-59]

(1) Lorsque j’ai avancé dans le chapitre précédent, que les espèces métalliques ne donnoient [donnaient] aucun revenu à leurs propriétaires, et qu’elles formoient [formaient] une partie absolument stérile de la richesse nationale, il est probable que plusieurs lecteurs auront objecté, que quoique les espèces d’or et d’argent gardées dans un coffre-fort, ne s’y accrussent, ni ne s’y multipliassent point, cependant, puisqu’elles donnoient [donnaient] un revenu lorsqu’on venoit [venait] à les prêter, on ne pouvoit [pouvait] leur appliquer l’épithète de stériles: Mais ils doivent remarquer que le propriétaire des espèces, c’est leur détenteur, pour lequel elles ne s’accroissent ni ne se multiplient jamais; celui qui les a prêtées a échangé sa propriété contre celle d’une créance, ou d’une portion du capital immatériel; celui-ci dont nous allons nous occuper à présent, n’est pas stérile; il donne bien une rente, mais ainsi que nous l’avons annoncé ailleurs, cette rente n’est qu’un droit en participation au revenu du capital matériel.

[Translation]

(1) When I argued in the previous chapter that metallic coins provide no revenue to their owners, and that they form a completely sterile part of the national wealth, some readers probably objected that, even though gold and silver coins kept in a safe do not increase or grow, you cannot call them with the adjective sterile because they afford a revenue if lent [at interest]. But the readers must note that for an owner of coins they do not increase or grow, as long as he holds them. If he has lent them, he has exchanged them for a bill of credit, or a piece of intangible capital. This, a theme with which I will deal from now on, is not sterile. It procures him a rent, but, as we have shown elsewhere, this rent is only a right to participation in distribution of the revenue of tangible capital.

Thursday, 23 April 2009

Book 1, chapter 5, footnote 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 157]

(8) La prohibition vient d’être retirée.

[Translation]

(8) The prohibition has of late been repealed.

Book 1, chapter 5, footnote 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 155-56]

(7) En réfléchissant sur la perte que devoit [devait] occasionner la transmutation des piastres en écus, on reste presque convaincu qu’elle n’étoit [était] supportée que par l’Espagne, et qu’elle étoit [était] à peu près inévitable. Les piastres n’avoient [avaient] cours en France que pour deux ou trois pour cent de moins que leur valeur intrinsèque; c’étoit [était] donc cette marchandise espagnole dont le marché étoit [était] surchargé, et qui se vendoit [vendait] toujours au-dessous de son prix. L’acheteur le plus libéral, c’étoit [était] l’Hôtel des monnoies [monnaies], qui, au lieu de faire perdre deux ou trois pour cent, ne faisoit [faisait] perdre qu’un et un quart. Mais d’où vient que l’acheteur allemand, hollandois [hollandais], italien, n’offroit [offrait] pas plus encore que l’Hôtel des monnoies [monnaies], puisque l’empreinte des écus ne valoit [valait] pas mieux pour lui que celle des piastres, et qu’il ne considéroit [considérait] que le poids et la finesse? C’est probablement, parce que la différence totale entre les deux valeurs idéales, ne s’effaçoit [effaçait] que graduellement, et n’étoit [était] absolument anéantie que quand les espèces étoient [étaient] portées à une Monnoie [Monnaie] étrangère. En effet, quoique les piastres eussent plus de valeur comparativement aux écus à Genève, à Francfort, à Bâle, et dans les autres villes rapprochées de la frontière, qu’en France, cependant à égalité de poids et de finesse, les écus y valoient [valaient] plus que les piastres; parce que les premiers pouvoient [pouvaient] être renvoyés en France comme ailleurs, et gardoient [gardaient] dans l’étranger, ainsi qu’un papier-monnoie [monnaie], une partie de leur valeur de convention, tandis que les secondes n’en avoient [avaient] aucune, mais éprouvoient [éprouvaient] au contraire une défaveur de convention si on les renvoyoit [renvoyait] en France. Il n’existoit [existait] donc une différence totale d’un et un quart entre les poids comparés aux valeurs, que quand on transportoit [transportait] ces diverses espèces de Perpignan à Vienne: or cette différence ne suffisoit [suffisait] qu’à peine à couvrir les frais de port, l’assurance, et l’avance d’argent, et il ne restoit [restait] point de bénéfice pour exciter les spéculations des marchands.

[Translation]

(7) A reflection upon the loss which the conversion from piastres to ecus should accompany leads almost to the conviction that the loss was only suffered by Spain and that it was almost inevitable. Piastres were accepted in France only for 2 or 3% less than intrinsic value. Therefore, they were, as it were, those Spanish commodities whose market was glutted, and which were for sale always below the price. The Mint was the most liberal purchaser, who only imposed a loss of 1.25% instead of 2 or 3%. But why did not a purchaser in Germany, Holland, or Italian offer still more than the Mint, because the inscription of ecus was of no more value for him than that of piastres, and because he only considered weight and fineness? This is probably because the total difference between the two ideal values was reduced only gradually, and completely disappeared only when the coins were carried to a foreign mint. Indeed, although the piastres might be of more value in comparison to ecus in Geneva, Frankfurt, Basel, and the other cities near the border, than in France, ecus were of more value than piasters there, if both were equal in weight and fineness there. It was because the former could be carried to France and elsewhere, and would keep a part of their value of convention in foreign countries like paper-money, while the latter did not have such value, but on the contrary suffered avoidance of convention if carried back to France. Only when these two sorts of coins were transported from Perpignan to Vienna was there a total difference of 1.25% between weights compared to values. Nonetheless, this difference was barely sufficient for the cost of transport, insurance, and pecuniary advance, and there was no benefit to excite the speculation of merchants.

Wednesday, 22 April 2009

Book 1, chapter 5, footnote 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 152]

(6) Cette somme est la moyenne sur la fabrication de quinze années, depuis et y compris 1761, jusques à la fin de 1777. En prenant une moyenne sur un plus long espace de tem[p]s, et depuis 1726 à la révolution, l on n’a pour l’année commune que 400,000 marcs d’argent, et 17500 marcs d’or, ce qui réduit la fabrication à 34 millions et demi environ par année. (Garnier, nove XXXII.) La grande activité de la Monnoie [Monnaie] dans l’espace de tem[p]s indiqué par Mr. Necker tenoit [tenait] donc probablement à quelque cause accidentelle, et peut-être à l’adoption de quelque faux système d’économie politique par les Ministres d’alors.

[Translation]

(6) This amount is the average of the productions of 15 years, since 1761 inclusive until the end of 1777. By taking an average for a longer period, namely since 1726 until the revolution, we have for a normal year only 400,000 silver marc coin, and 17500 gold marc coins, a calculation which shows the production to be about 34.5 million a year (Garnier, note 32). Therefore, the important activity of the Mint during the period referred to by Mr. Necker was related probably with some accidental cause and perhaps with the adoption of some false system of political economy by the ministers of the day.