Tuesday, 28 December 2010

Book 3, chapter 8, paragraph 23

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 411-413]

   Il faut espérer que le moment n’est pas éloigné, où la France donnera aux autres nations, l’exemple d’affranchir tout ensemble leur commerce et le sien; où elle les appellera sans scrupule dans ses ports, et où elle ne demandera d’autre faveur aux nations voisines ou rivales, que celle de ne pas se refuser à leur propre avantage, en lui fermant les leurs. La Suisse est jusqu’à ce jour la seule nation un peu considérable, qui ait adopté constamment pour règle de conduite, cette politique philanthrope. Jamais il n’a existé de tarif des douanes dans les bureaux des divers États de la Suisse; jamais on n’a cherché à y protéger l’industrie nationale, par l’exclusion de l’industrie étrangère, et aux dépens dés consommateurs. Toutes les portes de l’État sont ouvertes, et si l’on y perçoit des droits, ce sont des péages pour la réparation des chemins, et non point des douanes. On n’y a jamais fondé aucune manufacture qui ne pût soutenir la plus libre concurrence, mais aussi toutes celles que la Suisse possède sont prospérantes, et ne contribuent pas moins à l’avantage du consommateur, qu’à celui du fabricant. Les capitaux de la Suisse ont suivi la direction naturelle que nous avons indiquée dans le premier livre. Ils ont avant toute chose alimenté l’agriculture, et l’ont portée au plus haut point de perfection peut-être, où elle soit arrivée dans aucun pays du monde. Il faut se rappeler quel rude climat habitent les Helvétiens, et combien d’obstacles ils rencontrent, dans la rigueur des frimas, et dans l’âpreté du sol. Ils n’ont point pu, comme dans les belles plaines de la Lombardie, ou les heureuses collines de la Toscane, faire succéder une récolte à une autre; mais ils ont toujours se connaître ce qui était le plus propre à leur terre, ils ne lui ont demandé, que cela, et ils l’ont obtenu avec un degré de perfection qu’aucun autre peuple n’a su atteindre. Plus de la moitié de la Suisse ne peut produire que de l’herbe, mais nulle part on n’a mieux entendu l’art de faire produire en abondance à la terre de la bonne herbe, de conserver aux foins toute leur saveur et toute leur vertu, d’élever de beau bétail, et de tirer un grand parti de son laitage. Quelques collines d’un sol stérile d’ailleurs, se sont trouvées propres à la vigne, on les en a couvertes, et il n’existe pas dans l’Univers de plus beau vignoble, dont la culture soit mieux entendue, dont le produit soit plus prodigieux, et rembourse plus régulièrement les frais exorbitants qu’on ne regrette point de faire pour son exploitation, que celui des bords du lac Léman, et surtout de la Vaux. Peu de terres sont propres au blé; on n’a point cherché à en faire produire à celles qui s’y refusent, mais toutes les fois qu’on leur en demande, on leur prodigue tant de soins, qu’on est assuré d’obtenir d’elles d’abondantes récoltes.

[Translation]

   We must hope that it will not be long before France provides other nations with the example of freeing both their and her trade altogether. Then, she will unhesitatingly attract other nations to her ports, and will demand no other favour from neighbouring and rival nations than not to refuse their own advantage by closing their ports to her. Switzerland is thus far the only nation, with a little large magnitude, who has adopted this philanthropic policy constantly as rule of conduct. There is no tariff of customs in the offices of various states of Switzerland; they do not seek to protect the national industry by excluding foreign industry or at the cost of consumers. All ports of the state are open, and, if taxes are collected there at all, they are not customs duties but tolls for maintenance of loads. No manufacture has been founded unless it can withstand the freest competition, but also those extant in Switzerland are all prosperous, and contribute no less to the advantage of consumers than to that of manufacturers. The capitals of Switzerland have followed the natural direction that we have indicated in the first book. In the first place, they have supplied agriculture, and have brought it to the highest degree of improvement, probably, that any country has ever seen in her agriculture. It is to be remembered that the Swiss live in so harsh climate, and that they face so many obstacles in the rough winter and harsh land. They were not allowed, as in the beautiful plains of Lombardy or the blessed hills of Tuscany, to gather one harvest after another. However, they were able to recognise what was the most adequate for their land; they demanded nothing but that from their land, and improved its cultivation to the highest degree where any other nation ever reached. More than a half of the Swiss territory can provide nothing but pasture, but nowhere can we see more extension of the art of making land fertile in good pasture, of conserving all their taste and virtue in the hay, and of raising good livestock and obtaining a large amount of milk. Moreover, several hillsides of sterile soil have turned out appropriate for grapes, and, in fact, they have been converted into vineyards. The world knows no better land of grapes, where cultivation is more extensive and where the produce is larger and repays more regularly the extraordinary transport costs generously expended upon their exportation, than that on the lakesides of Leman and, above all, in Vaud. Little land is appropriate for corn; people have not endeavoured to grow corn on inappropriate soils, but, whenever they demand corn from land, they exercise so extreme care as to obtain an abundant harvest from there.

Monday, 27 December 2010

Book 3, chapter 8, paragraph 22

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 408-411]

   Les entrepreneurs de plusieurs manufactures se plaignirent amèrement, de ce qu’en ouvrant l’entrée de la France aux produits de l’Angleterre, on faisait tomber les profits qu’ils ne devaient qu’au monopole. Tous ceux des ateliers dont l’existence était artificielle, qui travaillaient chèrement, et dont le prix intrinsèque était plus élevé que le prix relatif libre, furent en effet ou fermés, ou du moins ralentis. Quoique ces ateliers ne fussent pas nombreux, et que leurs produits ne fussent que très peu de chose, comparés au produit total de l’industrie Française, leurs clameurs se firent entendre d’un bout de l’Empire à l’autre. Si l’on avait comparé l’industrie en souffrance, avec celle dont on avait augmenté la prospérité, on aurait trouvé que les fabricants qui réclamaient, ne produisaient pas dans l’année pour quinze millions de marchandises; tandis que la France produit, année commune, par le calcul le plus modéré, au moins pour trois cent millions de vin (6); et que cette production était bien autant favorisée, que la première était découragée. Au reste, nous avons examiné dans le Chapitre second de ce livre les réclamations de ces fabricants, et nous avons fait voir, que loin qu’il fallût s’étudier à leur conserver l’avantage que leur donnait notre tarif des douanes, cet avantage était une perte pour toute la nation, et qu’il fallait le détruire, non-seulement si par là on pouvait obtenir une faveur pour une industrie infiniment plus étendue; mais encore, lors même qu’on n’obtiendrait point de retour, et seulement en considération du mal qu’il occasionne à nos consommateurs, dont l’intérêt, ainsi que nous l’avons démontré, est le même que celui de la nation.

[Translation]

   Entrepreneurs of several manufactures complained bitterly that the permission of the English produce to enter into France reduced their profits that they owed to the monopoly alone. All the workshops whose existence was artificial, whose cost was high, and whose intrinsic price was higher than the free relative price, were, in fact, closed or, at least, sluggish. Although these workshops were not large in number, and their produce was only small, in comparison to the total produce of the French industry, yet their complaints extended from one end of the Empire to the other. If we had compared the declining industry with the increasingly prospering industry, we would have found that the complaining manufacturers did not produce fifteen million of commodities in the year, while France produces at least three hundred million of wine in the average year according to the most moderate calculation (6). Moreover, we would have found that the production of manufactures was as much favoured as the production of wine was discouraged. In addition, we have examined in the second chapter of this book the complaints of these manufacturers, and have shown that it is not necessary at all to endeavour to maintain for them the advantage accorded by mean of our tariff of customs, that this advantage is a loss for the entire nation, and that it is necessary to abolish it, not only if we could thereby promote by far more extensive industry, but also even if we would obtain no return, and if we would only consider the loss it makes consumers to incur. The consumers’ interest, as we have shown, is the same as that of the nation.

Sunday, 26 December 2010

Book 3, chapter 8, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 405-408]

   La France peut produire une quantité prodigieuse de vin au delà de sa consommation; elle en produit souvent au delà de ce que le commerce en peut placer, au point de faire baisser le prix relatif de cette denrée au-dessous de son prix intrinsèque, et c’est ce qui a fréquemment réduit à la misère les vignerons et les propriétaires de vignobles; mais si la vaste et riche contrée qui avoisine la France, et qui pourrait avec tant d’avantage profiter de ses vins, lui était ouverte, leur prix relatif se soutiendrait toujours, et la culture de la vigne, qui est celle de toutes où le produit brut est le plus considérable, proportionnellement à l’étendue du terrain, celle qui met en mouvement le plus de main d’œuvre, qui fait vivre la population la plus nombreuse, serait encouragée, parce qu’elle rendrait un profit net au moins égal à celui d’aucune autre culture; tous les coteaux qui ne sont aujourd’hui couverts que de broussailles, pourraient être convertis en vignobles, et peuplés d’habitations; une plus grande demande de blé pour nourrir tant de vignerons, encouragerait aussi la culture de cette denrée, et les landes ni les jachères ne feraient plus honte à notre système d’agriculture. La population de la France s’accroitrait, mais ce ne serait qu’en raison de l’accroissement de son revenu, et par conséquent d’une manière qui ne pourrait être à charge. Telles sont les espérances que l’on pourrait fonder sur l’affranchissement de notre commerce avec l’Angleterre, comme aussi sur l’augmentation de notre exportation de vins en Amérique, jusqu’à ce que ce vaste continent soit assez peuplé, pour que le prix excessif de la main d’œuvre, n’y empêche pas la culture de la vigne: tel était le bénéfice que nous pouvions recueillir du traité de commerce de 1786. Mais les Gouvernements ont toujours donné moins d’attention aux réclamations des paysans et des propriétaires de terre, qu’à celles des marchands; soit parce que les premiers n’étant point animés par un esprit de corps, se forment plus difficilement une idée de leurs propres intérêts, soit parce qu’ils mettent moins de chaleur à les poursuivre, et se distinguent par un plus grand désintéressement, dont ils donnent tous les jours des preuves, en sacrifiant leur propre avantage à ce qu’ils croient être celui du commerce.

[Translation]

   France can produce a remarkable quantity of wine, beyond her own consumption; she often produces more wine than commerce can deal with, so that the relative price of this drink is lower than its intrinsic price. This depression in price has frequently reduced grape growers and landlords of vineyards to misery. However, if the vast and rich country which is a neighbouring one of France, and which could profit as much advantage from her wine, were open to France, its relative price would always be maintained. The cultivation of grapes, which yields the largest gross produce of all in proportion to the extent of land, employs the largest amount of labour, and lets the largest number of population subsist, would be encouraged, for it would bear a net profit at least as much as any other cultivation. All the hillsides that are today covered only with bushes could be converted into vineyards, and crowded with people. A larger demand for corn to feed many grape farmers would also encourage the cultivation of this crop, and the wilderness or the weald would no longer bring shame on our agricultural system. The population of France would grow, but this growth would be only at the rate of that of her revenue, and, consequently, in a way which could not be troublesome. Such are the hopes that people could put on liberation of our trade with England, as well as on increase of our exportation of wine into America, until that vast continent is populous enough for the excessive price of labour not to obstruct the cultivation of grapes. Such was the benefit that we were able to grain from the treaty of commerce in 1786. However, the governments have always paid less attention to claims of peasants and landlords than those of merchants. This may be either because it is more difficult for the former to have an idea of their own interests for lack of inclination towards alliance, or because they are less eager to pursue the interests, and are distinguished by more indifference. Every day, they prove their indifference by sacrificing their own advantage for what they believe is that of commerce.

Saturday, 25 December 2010

Book 3, chapter 8, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 404-405]

   M.r Pitt en exposant les avantages comparés du traité de commerce, pour l’Angleterre et pour la France, s’était étudié à relever les premiers, à diminuer les derniers; il ne voyait d’un côté que huit millions de consommateurs, et de l’autre vingt-quatre millions. Dans le fait, la France obtenait un marché tout aussi avantageux que la Grande-Bretagne; outre que l’on ne voit pas trop pourquoi il ne faisait entrer dans son calcul que l’Angleterre seule, d’entre les trois Royaumes unis, le marché ouvert à la France était bien plus riche que celui qu’elle offrait. Les consommateurs riches ont des besoins beaucoup plus étendus que les consommateurs pauvres, et font des achats beaucoup plus considérables. De plus, tous les sujets de la Grande-Bretagne dans l’un et l’autre hémisphère, devenaient indirectement les consommateurs de la France; car tous les produits de notre industrie peuvent convenir à l’Inde ou aux Colonies Anglaises, auraient été achetés peur elles par les Anglais, dès l’instant qu’ils n’auraient plus été accablés de droits.

[Translation]

   When he presented the comparative advantages for both England and France, Mr Pitt devoted himself to overestimating those for the former and underestimating those for the latter. He saw only eight million consumers on the one side, and as many as twenty-four million on the other side. In fact, France obtained exactly as advantageous a market as does Great Britain. It is not clear at all why he took into account only England of the three united kingdoms, and, moreover, the market open to France was much richer that that offered by France. Rich consumers have much more extensive needs than poor consumers, and make much enormous purchases. Furthermore, all the subjects of Great Britain in both hemispheres became indirect consumers of France. This is because all the produce of our industry, which is of service to India or the English colonies, would soon have been bought for them by the English, if it had no longer been for too heavy taxes.

Friday, 24 December 2010

Book 3, chapter 8, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 402-404]

   Le traité de commerce signé le 26 Sept 1786 était en effet, quelques réclamations qu’il ait excitées, avantageux pour les deux nations; et il l’était pour les producteurs de chacune, comme le remarque M.r Pitt, (qui, ainsi que les autres politiques, compte ici pour rien l’intérêt des consommateurs) en raison de l’étendue du marché qu’il offrait à l’une chez l’autre; c’est-à-dire, en raison de la population et de la richesse de la nation avec laquelle elle contractait. Le principe général de ce traité, était d’admettre mutuellement l’importation et l’exportation des marchandises de l’un et de l’autre pays, moyennant une contribution modique, et proportionnée à leur valeur, qu’elles paieraient à leur entrée (5). Les Français avaient eu la condescendance de consentir à ce que les Anglais; pour maintenir le traité de Methuen, ne fissent payer aux vins de Portugal, que les deux tiers des droits d’entrée qu’ils leur faisaient payer à eux-mêmes; ce qui n’était pas juste, mais ne leur devenait défavorable, qu’autant que ces droite étaient fort élevés.

[Translation]

   The treaty of commerce signed on 26 September, 1786, whatever complaints it might provoke, was in fact advantageous to the two nations. And it was so to producers of each country, as Mr Pitt notes (who slights the interest of consumers here as well as in other policies), in proportion to the extent of the market offered by it to one nation in the other’s country; that is to say, in proportion to the population and the wealth of the nation with whom she contracted. The general principle of this treaty was for both the countries to allow each other to import and export commodities, on the condition of a tax slight and proportional to their value to be levied upon their entry (5). The French had been generous to consent that the English, in order to maintain the treaty of Methuen, subjected the Portuguese wine to only two thirds of the import tax levied upon the French wine. This was not just but was only unfavourable to them when these taxes were much raised.

Thursday, 23 December 2010

Book 3, chapter 8, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 399-401]

   Je ne puis me refuser à extraire à cette occasion, le discours par lequel M.r Pitt défendit en Parlement le 12 Février 1787, le traité de commerce qu’il venait de conclure avec la France: ce discours est également curieux par sa bonne logique, et par la comparaison qu’on en peut faire avec la conduite subséquente de ce Ministre, alors tout fraîchement entré dans l’administration. «Il n’est point vrai, disait-il, qu’une nation doive être l’ennemie naturelle et inaltérable d’une autre, cette inimitié n’est point confirmée par l’expérience des nations ou l’histoire des hommes; c’est calomnier la constitution des sociétés politiques, et supposer l’existence d’une malignité infernale dans le caractère humain. Les Français dans la plupart de nos guerres avec eux, ont été il est vrai, les agresseurs, mais leur franchise dans la négociation actuelle, mérite de notre part une égale confiance. Il serait ridicule d’espérer que les Français consentissent à nous céder des avantages, sans obtenir de compensation; aussi le traité conclu avec eux, leur sera-t-il sans doute avantageux, mais il le sera plus encore à nous-mêmes. La France obtient pour ses vins et pour ses autres productions, l’entrée d’un riche et vaste marché; nous obtenons pour nos manufactures le même avantage, mais dans un degré bien supérieur. La France acquiert huit millions de consommateurs, nous en acquérons vingt-quatre millions; il faut profiter du moment où les deux nations sont disposées à former des relations si avantageuses. La France doit aux bienfaits de la Providence, le meilleur sol, le plus beau climat, les plus riches productions; elle possède plus qu’aucune autre contrée, dans ses fertiles vignobles et ses abondantes moissons, tout ce qui peut rendre la vie heureuse. L’Angleterre d’autre part, moins favorisée par la nature, doit à son heureuse liberté, à sa constitution, à l’égalité de ses loir, et à la sûreté qu’elles procurent, de s’être élevée au plus haut degré de grandeur commerciale, et de s’être mise en état de fournir à la France, les commodités de la vie, en échange des précieuses productions de son sol (4).»

[Translation]

    I cannot help quoting on this occasion the speech that Mr Pitt gave in Parliament on 12 February, 1787, to justify the treaty of commerce just concluded by him with France. This speech is interesting both in its good logic and in its possible comparison to the subsequent conduct of this minister, who had just entered into the administration. He said: “It is not true that a nation must be a natural and consistent enemy of another, and this enmity is not confirmed by experiences of nations or human history. This is a slander against the constitution of political society, and is a supposition of the existence of infernal malignancy in the human nature. Admittedly, The French people have been invasive in most of our wars against them, but their honesty in the current negotiation deserves an equal confidence on our side. It would be ridiculous to hope that the French will consent to give up advantages to us without compensation. As a result, the treaty concluded with them will undoubtedly be advantageous to them, but, at the same time, more so to us. France has been allowed to bring her wine and other produce into a rich and extensive market; we have gained the advantage of the same kind but of much higher degree, for our manufactures. France acquires eight million consumers, and we acquire twenty-four million. Now that the two nations are inclined to form such advantageous relations, we must grab this chance. To the benevolence of Providence France owes the better soils, milder climate, and richer produce; she possesses all that can make it possible to live a happy life, enjoying more fertile vineyards and more abundant harvests than any other country. England, on the other hand, less favoured by nature, owes her highest commercial prosperity and her capacity to provide France with everyday conveniences in exchange for the precious produce of France, to her happy freedom, constitution, equality under laws, and security given by laws.” (4)

Wednesday, 22 December 2010

Book 3, chapter 8, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 396-399]

   Lorsque deux Peuples en contractant un traité de commerce, conviennent d’abolir les entraves, qui gênent leur communication, sans profit pour le fisc, ils font à tout prendre un bénéfice égal, encore que l’un des deux achète beaucoup plus de l’autre qu’il ne lui vend. Dans ce cas, le bénéfice du premier sera surtout à l’avantage du consommateur, et en diminution de dépenses, et le bénéfice du second sera principalement à l’avantage du producteur, et en augmentation de revenu (3): mais à ne considérer que l’extension donnée au marché du vendeur, tout traité de commerce dont la liberté est la base, est encore constamment avantageux aux producteurs des deux nations qui contractent parce qu’il n’arrive jamais qu’une nation achète d’une autre uniquement à crédit ou en numéraire, et sans lui vendre quelque chose en retour. Quant aux producteurs cependant, ceux-là y trouvent le plus grand avantage, qui appartiennent à la nation la plus petite et la plus pauvre des deux, parce que le marché qui leur est ouvert, est d’autant plus avantageux, qu’il est plus vaste et plus riche.

[Translation]

   When two nations contracting a treaty of commerce consent to abolish the restraints upon their communication without profit for the treasury, they end up having an equal benefit, though one of them purchases much more from the other than the one sells to the other. In this case, the benefit of the first nation will, above all, go to consumers in the form of diminution of expenses, and that of the second will principally go to producers in the form of increase of revenue (3). However, considering nothing but the extension given to the market for the seller, every commercial treaty based on freedom is also constantly advantageous to producers of both the nations in contract, because it is improbable that a nation buys from another, exclusively on credit or in specie, and without selling the latter anything in return. As for producers, however, the former find the larger advantage there, which belongs to the smaller and poorer nation of the two, because the market open to them is all the more advantageous in that it is more extensive and richer.