Friday, 10 September 2010

Book 3, chapter 5, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 279]

(2) L’autorité Souveraine en confirmant le monopole des corps de métiers, et en sanctionnant ou réformant leurs statuts, à fait tourner en général à l’avantage du fisc les conditions onéreuses imposées aux récipiendaires. Les Edits de Henri III. de 1582 et 1597 sur les maîtrises, introduisaient, sous prétexte de donner des lois au commerce, une taxe générale sur ses agents et ceux de l’industrie: de même, l’édit du mois d’Avril de 1777, en rétablissant les jurandes supprimées un an auparavant par Mr. Turgot, en faisait un moyen de pourvoir aux besoins du fisc. Cet impôt se rapprochait fort de celui sur les patentes que nous avons déjà examiné ailleurs. Ce qui fait l’objet de ce chapitre, ce n’est point la manière de lever une taxe sur le commerce, mais l’institution à laquelle cette taxe était liée, et qu’on a représenté comme avantageuse à la communauté.

[Translation]

(2) The sovereign authority, by confirming monopoly by guilds and sanctioning or reforming their statues, turned troublesome conditions imposed upon would-be masters to the advantage of the treasury generally. The edicts of Henry III in 1581 and 1597 concerning mastership introduced a general tax upon agents of trade and industry on the pretext of giving laws to trade. Likewise, the edict of April, 1777, by restoring jurandes abolished one year before by Mr. Turgot, made use of them to meet the needs of the treasury. This tax was much like a patent tax, which we have examined above. What is the object of this chapter is not the way to levy a tax upon commerce but the institution to which this tax was related, and which has been touted as advantageous to the community.

Thursday, 9 September 2010

Book 3, chapter 5, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 275-276]

(1) L’établissement de corps de métiers, et d’associations de marchands, paraît aussi ancien que le commerce lui-même. Il existait à Rome des collèges d’orfèvres, de boulangers, de bateliers, et quelques autres encore; cependant, remarque Gaius, ad Edictum Provincial. Les lois, les Senatus-Consultes, et les constitutions des Princes, s’opposent à la multiplication de ces maîtrises, et de ces collèges. Pandectes. Liv. III. Tit. IV. Loi I. Neque Societas. Il avait été pourvu encore dés le temps de la loi des XII Tables, à ce que leurs réglements ne fussent réputés valides, et ne liassent les membres des corporations les uns envers les autres, qu’autant qu’ils seraient conformes aux lois générales de l’Etat. Les Décemvirs avaient emprunté cette décision d’une loi de Solon, Pand. Liv. XLVII. Tit. XXII. loi 4.. Sodales sunt qui. Enfin les lois Anglaises avaient été plus loin encore, elles pourvoyaient à ce qu’aucun règlement d’une corporation mercantile ne pût nuire au profit commun du Peuple, c’est-à-dire, ne pût créer un monopole. Stat. 19. Henri VII. chap. 7. Mais Wooddeson nous apprend que cette loi antérieure à la fatale adoption du système mercantile, est oubliée et méprisée aujourd’hui. Wooddeson. system. view. Lect. XVIII. Tom. I p. 495.

[Translation]

(1) The establishment of trade associations and chambers of commerce seems to be as old as commerce itself. There used to be in Rome some unions of goldsmiths, bakers, boatmen, and some other professions. However, Gaius notes in his Ad Edictum Provinciale. Laws, senatorial orders, and constitutions of kings are opposed to the multiplication of these masters and unions (Pandect, book 3, title 4, law 1, Neque Societas). It had been provided as early as the time of the Law of the Twelve Tables, that only when consistent with general laws of the state should their regulations be regarded as valid and govern mutual actions among members of associations. The decemviri had borrowed this decision from a law of Solon (Pandect, book 17, title 22, law 4, Sodales sunt qui). Finally, the English laws had gone so much further as to provide that no regulation within a mercantile association could be to the detriment of the common benefit of the people, or could create a monopoly (statute 19 of Henry VII, chapter 7). But Wooddeson teaches us that that law, prior to the fatal adoption of the mercantile system, is forgotten and disregarded today (Wooddeson, A systematical view of the laws of England, lecture 18, volume 1, p. 495).

Wednesday, 8 September 2010

Book 3, chapter 5, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 297-298]

   Lorsque l’on se rappelle le compte effrayant de la dilapidation de la fortune publique, et que l’on voit après ses désastres, qu’il reste encore à la France tant de fabriques en activité, et une si grande masse de travail productif mise en mouvement, loin d’accuser les lois qui ont en partie affranchi le commerce, l’on doit convenir avec reconnaissance, que c’est à cet affranchissement partiel, à la liberté de la circulation intérieure, à l’abolition des apprentissages et des maîtrises, que nous devons le degré de prospérité dont nous jouissons encore, et qui est fort supérieur à celui que le calcul nous aurait pu faire espérer. Car telle est la force de l’industrie nationale, qu’elle réagit contre les calamités qui l’atteignent, et que pourvu qu’on n’enchaîne pas son énergie, elle répare bientôt les maux que l’impéritie, les désastres ou la tyrannie des Gouvernements ont occasionnés aux nations.

[Translation]

   If we are reminded of the terrifying explanation of the waste of the public fortune, and see that even after its disasters there are so many manufactories in activity, and so much productive labour in motion, far from accusing the laws which have partially liberated commerce, we should accept with gratitude that to this partial liberation, the freedom of home circulation, and the abolition of apprenticeship and mastership we owe the degree of prosperity which we still enjoy and which is still higher than calculation could have allowed us to expect. This is because the national industry is so resilient that it may resist calamities damaging it, and that, with its energy unchained, it may soon make up for the evils done by incompetence, mismanagement, and tyranny of governments.

Tuesday, 7 September 2010

Book 3, chapter 5, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 297]

   Il est fort douteux que lors même qu’on aurait conservé dans toute leur vigueur les statuts réglementaires des corps de métiers, on eût pu empêcher toutes les manufactures de s’abâtardir, après que les assignats, le maximum, et les réquisitions, les avaient ruinées. Ce que l’impérieuse nécessité commande, toute la puissance du Législateur ne l’empêché pas. Mais l’on aurait détourné une partie du capital mercantile, pour soutenir au delà dés besoins actuels de la nation, quelques-unes de ses manufactures de luxe, saris parvenir à leur conserver tout leur éclat, l’on aurait retardé leur chute; et l’on aurait en même temps augmenté les dépenses nationales, diminué les revenus, et retardé le moment où de nouvelles économies permettront à la nation de ramener ses ateliers à tout le lustre qu’ils avaient au temps de sa richesse.

[Translation]

   It is extremely doubtful whether it would be possible to keep all manufactures from declining after the assignats, the maximum, and the requisitions had damaged them, with all the regulatory statutes of trade associations in enforcement. With all the power of the legislator, we cannot elude what unavoidable necessity commands. Still we would have diverted a part of mercantile capital if we had aimed to support some luxurious manufactures beyond the actual needs of the nation, and would have delayed their collapse, not to say kept their glory. At the same time, we would have run up the national expenditure, earned smaller revenue, and put off seeing the nation animating her workshops to the degree to which they had prospered when she was rich, by means of new economies.

Monday, 6 September 2010

Book 3, chapter 5, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 296-297]

   Comme l’abolition de toutes les maîtrises a signalé l’époque à laquelle a commencé le déclin de toutes les manufactures françaises, on a pris occasion de cette coïncidence d’événements, pour accuser de leur ruine la seule loi qui contribuât à les soutenir, tandis que toutes les causes de ruine semblaient conjurées contr’elles. Après l’épouvantable dilapidation des capitaux français, ceux qui demeuraient employés dans les manufactures, ne pouvant plus suffire à les maintenir, il fallut bien, pour satisfaire aux besoins des consommateurs auxquels on interdisait l’usage des marchandises étrangères, sacrifier la perfection du travail à la quantité, et s’efforcer de produire beaucoup, plutôt que de bien produire. Toutes nos manufactures nationales se sont abâtardies depuis la révolution, il est vrai; mais elles ont consulté en cela l’intérêt national, altéré comme il l’était par le régime prohibitif des douanes: car puisque nous nous étions rendus pauvres, il fallait bien faire en sorte que le peu qui nous restait pût nous suffire.

[Translation]

   Since the abolition of all masterships signalled the epoch when all manufactures in France began declining, people took this coincidence of events to accuse a law alone of their decline. This law might contribute to their maintenance, while all the causes of their decline would seem to combine to be against them. After that terrifying waste of French capitals, those capitals left still in manufactures could no longer be sufficient for their maintenance, and it was necessary to sacrifice improvement in work for quantity and to try to produce much rather than to produce well, in order to satisfy the needs of consumers who have no resort to foreign goods. It is true that all our national manufactures declined since the revolution, but in this decline they consulted the national interest transformed by the pro¬hibitive system of customs. This is because we were reduced to poverty, and had to live on what little was left for us in such a way that it might be sufficient for us.

Sunday, 5 September 2010

Book 3, chapter 5, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 295-296]

   On peut faire le même raisonnement à l’égard de certaines professions, auxquelles il convient d’attacher le sceau de la confiance nationale, parce que ceux qui ont recours à leur assistance ne pourraient que difficilement connaître si ceux qui les exercent méritent la confiance des particuliers. C’est ainsi qu’il est bien, que l’autorité Souveraine donne une certaine garantie de l’honnêteté des notaires, de celle des orfèvres, et peut-être de celle des agents de change; tout comme de l’habileté des médecins, chirurgiens, et apothicaires. Lors même que de semblables règlements assureraient à ceux qui exercent ces professions, les moyens de se faire payer un prix de monopole, il vaudrait mieux se soumettre à cet inconvénients que de sacrifier la sûreté générale, car celle-ci est plus importante encore que la richesse de la nation.

[Translation]

   We can follow the same reasoning with respect to certain professions, to which it is adequate to attach the hallmark of national confidence, because those who have resort to their assistance could not understand with ease if those who engaged in them merit the confidence of individuals. Therefore, it is good for the sovereign authority to produce a certain guarantee of the honesty of notaries public, goldsmiths, and, probably, stockbrokers, as well as medical, surgical, and apothecial qualifications. Even though similar regulations assure those engaged in these professions of the means to have a monopoly price paid, it would be more worthy to content oneself with this inconvenience than to sacrifice the general security, because this is still more important than the national wealth.

Saturday, 4 September 2010

Book 3, chapter 5, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 294-295]

   Il y a cependant quelques exceptions à faire à cette règle, quant à ceux des métiers qui n’intéressent pas seulement celui qui les paye, mais encore la sûreté publique; par exemple, le Souverain peut fort bien mettre obstacle à ce que l’on bâtisse d’une manière légère et peu solide, encore que le propriétaire du sol consentît à élever une maison qui ne fût point faite de manière à pouvoir durer, parce que nul citoyen ne peut acheter le droit de mettre en danger la vie d’autrui, en exposant la sienne au même risque. Les règlements commerciaux qui ont pour but de maintenir la sûreté publique, et de pourvoir à ce que ceux des ouvrages qui pourraient la compromettre soient bien exécutés, ne sont donc point contraires à la liberté du commerce.

[Translation]

   However, there are some exceptions to make to this rule, for those trades which bear not only upon their payers but also upon the public security. The sovereign may, for example, severely prohibit constructing light and fragile buildings even though the landlord consents to build a house which will not be so durable, because no citizen can buy the right to expose the life of others to danger, exposing his life to the same danger. The commercial regulations which aim to maintain the public security and to provide that the works which could endanger it shall be well managed, therefore, are not contrary to freedom of trade.