Saturday, 13 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 153]

   Les profits du commerce qui dirigent toutes les spéculations des capitalistes, sont toujours proportionnés à l’état actuel des capitaux en circulation, et à celui des besoins des consommateurs; mais les lois par lesquelles on a prétendu les régler, ne peuvent jamais être proportionnées à un état à venir et variable; lors donc que le Gouvernement confirmerait et rendrait immuable la distribution des capitaux entre divers commerces, telle qu’elle subsiste aujourd’hui, cette distribution aurait beau être la meilleure possible, il n’en ferait pas moins une haute imprudence d’assurer sa durée, dès que les circonstances qui seules la rendent bonne peuvent changer.

[Translation]

   The profits of commerce which regulate all speculations of capitalists are always in proportion to the present state of capitals in circulation, and to that of the needs of consumers. But the laws which have been intended to regulate the profits cannot change with a future and variable state. Therefore, in a case where the government would affirm and fix the distribution of capitals among various trades as it is today, however good this distribution might have been, it would be extremely imprudent to guarantee its duration, as soon as circumstances which alone make it good can change.

Friday, 12 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 152-153]

   L’équilibre entre les profits de tous les commerces règle le profit moyen, or nous avons vu que celui-là seul formait une partie du revenu national, et n’était une perte pour personne, tandis que celui qui s’élevait au-dessus, causait une perte au consommateur, et que celui qui restait au-dessous en occasionnait une au producteur; que dans le premier cas, la dépense était augmentée, dans le second, la recette diminuée, que dans l’un et l’autre, la nation éprouvait une perte. La liberté du commerce sur laquelle est fondé cet équilibre, assure donc tout ensemble à la nation, que les arts qui lui importent le plus seront exercés, et qu’ils le seront de la manière le plus profitable pour elle.

[Translation]

   The equilibrium between the profits of all trades regulates the average profit, and yet we have seen that the average profit alone forms a part of the national revenue, and is not a loss for any individual, while a profit above the average causes a loss to the consumer, and a profit below the average causes a loss to the producer; that in the first case expenses are increased, in the second case proceeds are diminished, and that in both the cases the nation sustains a loss. The freedom of trade upon which this equilibrium is founded, therefore, assures the nation as a whole that the arts of the most importance to her will be shown, and that in the most profitable way.

Thursday, 11 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 152]

   Le capitaliste qui ne consulte que son propre intérêt, travaille donc toujours pour celui de la nation, soit qu’il quitte un art de luxe pour un art nécessaire, ou qu’il abandonne un art nécessaire pour un art de luxe; dans l’un et l’autre cas, il obéit à la volonté nationale, qui se manifeste par la hausse ou la baisse des profits mercantiles.

[Translation]

   The capitalist who consults his own interest alone, therefore, always works for that of the nation, whether he quits a trade of luxuries for necessaries, or necessaries for luxuries. In both the cases, he obeys to the national preference, which is shown in height or lowness of mercantile profits.

Wednesday, 10 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 150-152]

   Cette tendance des capitaux à rechercher les plus grands profits, assure au consommateur, non-seulement que les arts qui lui sont le plus éminemment nécessaires, mais encore que tous les autres, seront exercés avec une activité proportionnée aux capitaux nationaux et à ses besoins. En effet, le plus important de tous est celui qui procure à l’homme sa nourriture; et si tous les capitaux d’une nation ne suffisaient que tout juste à produire ce qui lui est nécessaire pour la nourrir; comme ce besoin est le plus impérieux de tous, l’art qui lui correspond deviendrait si fort le plus profitable, qu’il attirerait à soi sans exception tous les capitaux nationaux; mais dès que ces capitaux peuvent suffire à procure au Peuple quelque chose au delà de sa nourriture, d’autres besoins se font entendre; l’art du laboureur est saturé de capitaux, les autres ne le sont pas; ce sont donc les autres qui offrent de plus grands profits, et chacun d’eux réclame une portion du capital national proportionnée à son indépendance. Jusqu’à ce qu’il l’ait obtenue, il offre des profits plus considérables que les arts qui le rivalisent, et enchérit sur eux.

[Translation]

   This tendency of capitals to seek the highest profits assures the consumer, that not only the arts which are the most eminently necessary to him, but also all the others, will be shown with the vigour which is in proportion to the national capitals and to his needs. In fact, the most important art of all is that which procures man his provisions; and if all of capitals of a nation were only just sufficient to produce what is necessary for her subsistence, since this need is the most imperious of all, the art corresponding to it would become by so far the most profitable that it would attract all the capitals to itself without exception. But no sooner can these capitals be sufficient to provide the nation above her subsistence than she comes to feel the needs for others. The art of the husbandman is full of capitals, and the others are not so. The latter, therefore, offer higher profits, and each of them claims for a portion of the national capital in proportion to its independence. Until it has obtained a due portion of capital, it offers higher profits, and is more expensive than the arts in competition with it.

Tuesday, 9 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 150]

   Plus les besoins des consommateurs sont pressants, plus ainsi que nous l’avons vu, ils augmentent le prix relatif qu’ils consentent à payer; aussi la branche de commerce qui est la plus utile à la nation, si elle n’est pas suffisamment fournie de capitaux, offre-t-elle des profits plus considérables qu’aucune autre; car la plus utile est toujours celle où les besoins des consommateurs sont les plus impérieux, et où par conséquent le prix relatif peut s’élever davantage. Mais pourvu que le passage des capitaux d’un commerce à un autre soit libre, et que rien n’arrête l’industrie dé ceux qui les possèdent et veulent les employer, comme chaque capitaliste cherche toujours pour soi les profits les plus grands, l’industrie qui donnerait les plus grands de tous si on la privait de capitaux, sera toujours la première servie. La liberté du commerce assure donc au consommateur que les arts dont il a besoin seront ceux qu’on exercera avec le plus d’activité.

[Translation]

   The more urgent the needs of consumers are, as we have seen, the higher relative price they consent to pay for them. Thus, the branch of trade which is the most useful to the nation, if it is not sufficiently provided with capitals, offers higher profits than any other. This is because the most useful is always the branch of trade where the needs of consumers are the most imperious and where, as a consequence, the relative price can be higher. But, provided that the transfer of capitals from one branch of trade to another is free, and that nothing bring to a halt the industry of those who possess them and like to employ them, since every capitalist always seeks the highest profits for himself, the industry which would give the highest profits of all for lack of capitals will always be provided with capital in the first place. The freedom of trade, therefore, assures the consumer that the arts that he needs will be shown with the most vigour.

Monday, 8 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 149-150]

   Cet intérêt exige impérieusement que la passage des capitaux d’une industrie à une autre soit le plus libre qu’il est possible, et que rien n’obstrue leur circulation.

[Translation]

   This interest imperiously demands that the transfer of capitals from one branch of industry to another should be the freest possible, and that nothing should obstruct their circulation.

Sunday, 7 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 149]

   La science de l’économie politique est si difficile, elle est encore aujourd’hui si peu répandue, tandis toutes les autres ont fait des progrès rapides, qu’il ne faut pas s’étonner si au milieu des ténèbres du moyen âge elle était absolument ignorée; mais le jour viendra bientôt sans doute, où la France profitera du progrès des lumières, et se rappellera en réformant sa législation commerciale, que l’intérêt du consommateur est toujours le premier intérêt de la nation.

[Translation]

   The science of political economy is so difficult and so unknown still today, while all the others have made rapid progress, that it should not be surprising that, in the middle of the darkness of the middle age, it was completely ignored. But the time will come soon without doubt when France will benefit from the progress of the insights, and will be reminded, in reforming her commercial legislation, that the interest of the consumer is always the premier interest of the nation.