Sunday, 11 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 6-7]

   Supposons à présent que le Gouvernement décrète un impôt foncier, proportionné soit à la rente, soit au produit brut; peu importe que le payeur immédiat soit le fermier ou le propriétaire, ce sera toujours le dernier qui le payera réellement. En effet, que cet impôt soit payé par les propriétaires; il n’aura diminué ni leur nombre qui est invariable, ni leur besoin qui est absolu, il n’aura point augmenté d’autre part le nombre et les besoins des fermiers, car l’impôt n’a pas rendu la terre plus fertile, ni accru sa propriété virtuelle de produire lorsqu’elle sera convenablement appelée au travail, en sorte que les propriétaires ne peuvent pas obtenir des fermiers la moindre augmentation du prix de leur ferme, après qu’on les aura surchargés d’un impôt, à moins que cet impôt ne fût si onéreux qu’il leur enlevât la rente nette des terres, et les exposât même à y perdre, en sorte qu’il leur fit préférer de laisser leurs propriétés en friche, ou même de les abandonner, plutôt que de le payer; car dans ce cas, les productions de la campagne diminuant en quantité, augmenteraient de prix, et la terre sans devenir plus fertile, deviendrait plus profitable pour les fermiers. Le prix nécessaire des productions de la terre, plus l’accident, étant supérieur au prix relatif, celui ci augmenterait de toute cette différence, et l’excédant de l’impôt sur la rente foncière, serait payé par le consommateur.

[Translation]

   Let us suppose, for the time being, that the government should introduce a sort of land tax, be it in proportion to the rent or to the gross produce. It does not matter whether the immediate taxpayer is the farmer or the landlord, for the real taxpayer will always be the latter. Indeed, let us suppose that this tax should be paid by landlords. This tax will not have diminished their number which is invariable or their need which is constant. On the other hand, it will not have increased the number and needs of farmers, because the tax has not made the land more fertile or increased its potential to produce when it is properly called into labour, so that landlords cannot obtain the least rise of the price of their farm from farmers, after they has been overcharged with a tax. But this would be not the case if this tax were so costly that it may deprive the landlord of the net land rent, and expose them even to loss there, that it may make him to prefer to leave his property uncultivated or even to abandon it rather than to pay the tax. The reason is that in this case the produce of land, diminishing in quantity, would increase in price, and the land would be more profitable for the farmer without becoming more fertile. The necessary price of the produce of the earth, plus the incident, would be superior to the relative price, the relative price would be higher by all this difference, and the excess of the tax over land rent would be paid by the consumer.

Saturday, 10 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 4-6]

   Le propriétaire de terres exerce, ainsi que nous l’avons vu, une espèce de monopole contre ses concitoyens; la rétribution qu’il exige de celui à qui il afferme sa terre, n’est point proportionnée à un travail qu’il ait fait ou qu’il ait à faire, mais uniquement au besoin qu’on a de lui. Dans la lutte qui s’établit entre le propriétaire et le fermier, et dont le résultat doit déterminer l’évaluation des rentes foncières, le besoin d’affermer des propriétaires est absolu et leur nombre est limité; tandis que du côté des fermiers, le besoin de prendre une ferme n’est point absolu, et que le nombre de ceux qui peuvent le faire est illimité; car tous les citoyens peuvent se présenter pour entrer en marché, s’ils croient y trouver quelque avantage (1). Les propriétaires profitent donc de ce que le nombre des demandeurs est supérieur au leur, pour élever leur rente, mais les fermiers qui sont libres, et dont le besoin n’est que relatif, ne se déterminent à se charger d’un fonds de terre, que lorsqu’ils y trouvent un avantage; plus cet avantage décroît, plus leur nombre diminue, et plus leurs prétentions augmentent; tandis que les propriétaires dont le nombre et les besoins restent invariablement les mêmes, ne peuvent régler leurs prétentions que sur les offres des demandeurs.

[Translation]

   The landlord, as we have seen, exercises a sort of monopoly against his fellow-citizens. The remuneration he expects from those to whom he lends his estate is not in proportion to any labour he has performed or has to perform, but exclusively to the needs generally felt for the estate. In the process of haggling which takes place between landlords and farmers, and which is to lead to determination of the evaluation of land rent, landlords are constant in need for lease and limited in number. On the other hand, farmers are not constant in need for lease or limited in number, because all the citizens can express to their intentions to enter into the market if they believe that they find some advantage there (1). Landlords benefit, therefore, from the situation that demanders are larger in number, to jack their rent up, but farmers, who are free and whose needs are only relative, are not determined to get in charge of a plot of land until they find an advantage there. The less this advantage is, the smaller their number is and the stronger their claims are, while landlords, whose number and need remain invariably the same, can only adapt their claims to offers of the demanders.

Friday, 9 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 3-4]

   En général, lorsque le prix intrinsèque augmente, les producteurs, pour déterminer une augmentation égale du prix relatif, sont libres de diminuer leur propre nombre, en employant partie de leurs capitaux et de leur travail à alimenter une autre industrie. La menace seule de le faire, suffit pour augmenter leurs forces, et élever le prix relatif, en rétablissant l’équilibre; mais nous nous occuperons dans ce chapitre d’un cas particulier, dans lequel les producteurs ne peuvent abandonner l’industrie qui leur est propre, et doivent par conséquent recevoir toujours la loi.

[Translation]

   In general, when the intrinsic price rises, producers, in order to raise the relative price proportionally, are free to diminish their own number, by employing part of their capital and labour in another branch of industry. Only making a bluff to do so is sufficient to increase their powers and to raise the relative price, establishing the equilibrium. Be as that may be, we will in this chapter devote ourselves to a particular case, where producers cannot abandon the industry which is suitable for them, and consequently should always be given law.

Thursday, 8 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 3]

   On peut conclure de cette maxime, que nous serons appelés à établir et à mieux développer dans le chapitre suivant, que lorsque le prix intrinsèque d’une marchandise est augmenté par un impôt et ses conséquences, que nous avons comprises sous le nom d’accident, ce seront ou les acheteurs, ou les vendeurs, qui devront payer l’accident, selon que les uns ou les autres ne pourront à cause de lui diminuer rien, ni de leurs besoins ni de leur nombre. Car, tandis que les forces de ceux-là sont diminuées, celles de leur partie adverse restent précisément les mêmes.

[Translation]

    It can be concluded from this maxim that we will have to establish and explain better in the following chapter, that, when the intrinsic price of a commodity rises due to a tax and its effects we have included in the name incident, either purchasers or sellers will have to pay for the incident, depending upon which party will be unable to diminish their needs or number for the incident. This is because, while the powers of one party are diminished, the powers of the other remain exactly the same.

Wednesday, 7 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 1-3]

Une des premières tâches imposées au législateur, c’est sans doute celle de pourvoir aux finances nationales, et d’assurer au Gouvernement des revenus; il ne peut le faire qu’en établissant des impôts, sorte qu’il est souvent appelé malgré lui à altérer les prix par des règlements de finances, et à le faire au désavantage du consommateur: il est important du moins qu’il connaisse la conséquence de chacune de ses opérations, et l’influence de chaque espèce de contributions sur le revenu de la nation. Cette connaissance est d’un intérêt général pour un peuple libre; elle est liée aux questions que nous venons de traiter et n’en est presque que le développement. Nous consacrerons en conséquence ce chapitre-ci et les trois suivants, à rechercher quelle est l’influence de l’impôt sur les prix. Nous profiterons pour cela des lumières d’un écrivain, (Mr Canard) dont nous nous préparons cependant à combattre l’opinion. Il a apporté dans ses Principes d’économie politique, un esprit de méthode très avantageux pour tous ceux qui marchent sur ses traces; c’est lui qui le premier a soumis à une formule algébrique la manière dont s’établit le prix relatif de toute propriété qui passe d’une main à une autre, et c’est à lui que nous devons l’avantage de pouvoir nous en former une idée nette en reconnaissant qu’il se fixe entre l’acheteur et le vendeur, après une lutte dans laquelle les forces de l’acheteur sont le nombre et le besoin des vendeurs, et les forces du vendeur, sont le nombre et le besoin des acheteurs; ou encore, dans laquelle les forces de chaque partie contractante sont en raison inverse de ses besoins et de son nombre.

[Translation]

One of the first tasks imposed on the legislator is undoubtedly to arrange for the national finance and to assure the government of the revenue. Only by establishing taxes can he do so, so that he is often forced against his will to change prices with regulations of finance and to do so to the disadvantage of the consumer. It is nonetheless important for him to understand the consequence of each of his operations and the influence of each sort of taxes upon the revenue of the nation. This understanding is in the general interest of a free nation, since it concerns the questions with which we have dealt, and is little more than the development of the questions. As a consequence, we will devote this and three following chapters to the inquiry into what is the influence of taxation upon prices. For this purpose we will make an advantage of the insights of a writer (Mr Canard), whose opinion we will nonetheless be ready to refute. He filled his Principes d’économie politique with a spirit of method advantageous to all those who follow in his footsteps. He is the first to apply an algebraic formulation to the way in which the relative prices of all goods passing from hand to hand are regulated, and it is to him that we owe the advantage which enables us to form a clear idea of it: the recognition that the price is determined between sellers and purchasers, after a process of haggling where the powers of the former are the number and the needs of the latter, and the powers of the latter are the number and the needs of the former; or, as comes to the same things, where the powers of each party in contract are in inverse relation of its own needs and number.

Tuesday, 6 October 2009

Postscriptum, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 342-43]

Définitions des mots scientifiques employés dans cet ouvrage.
Quoique je me sois étudié à restreindre le nombre des mots inusités que j’ai été forcé d’employer; quoique toutes les fois que j’en ai admis quelqu’un, j’aie cherché à en fixer le sens avec précision; comme la langue de l’économie politique n’est point encore arrêtée, comme la signification qu’on attache aux mots qui reviennent le plus souvent dans le discours, dépend du système que l’on a adopté; comme enfin le lecteur quoiqu’averti une première fois du sens de l’auteur, l’oublie pour attacher par habitude aux mots qu’il emploie, des idées accessoires que celui-ci n’a point voulu admettre; j’ai cru contribuer à la clarté de cet ouvrage en réunissant à la fin de la partie théorique toutes les définitions des mots qui y sont employés: le lecteur pourra les consulter toutes les fois que le retour trop fréquent de ces mots lui paraîtra jeter quelque obscurité sur les pensées, il pourra aussi lès lire à leur place, comme formant le résumé des principes fondamentaux développés dans tout l’ouvrage.

[Translation]

Definitions of Scientific Words used in this work.
I have attempted to restrain the number of unusual words I have been forced to employ, and, every time I dare to use one, I have attempted to clarify its means with precision. However, I have come to believe that a collection of all the definitions of the used words at the end of the theoretical part will lead to the clarification of this work. The reasons are as follows; that the terminology of political economy is not yet firm, that the signification one attaches to the words used the most often in his discourse depends upon the system he has adopted, and, finally, that the reader, though once at the beginning informed of the meaning of the author, forgets it by habitually attaching to the words used by the author some incidental ideas the author does not want to admit. The reader will be allowed to consult this collection every time his frequent encounter with these words seem to him to cast some obscurity upon the ideas, and he will be also allowed to read this in the place of them, as an abridgement of the fundamental principles developed in all the work.

Monday, 5 October 2009

Book 2, chapter 3, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 336-37]

(1) Il pourrait cependant arriver que les profits diminuassent sans augmentation de capitaux si quelqu’un des canaux où ceux-ci circulaient, venait à se fermer accidentellement, par une guerre par exemple; ce qui ferait refluer des fonds surabondons sur les autres branches de commerce; tout comme il pourrait arriver que les profits augmentassent sans diminution de capitaux, si un commerce nouveau requérant des fonds considérables devenait tout à coup accessible à la nation; tel sera probablement par exemple pour les ports de mer, l’effet de l’acquisition de la Louisiane, si l’on met beaucoup d’ardeur en France à faire prospérer cette colonie.

[Translation]

(1) However, profits could fall without increase of capitals if one of the channels where these were circulating got closed accidentally, say by a war; a situation which would make abundant money flow back to the other branches of trade. Likewise, profits could rise without decrease of capitals if a new commerce requiring considerable money came all of sudden available to the nation. The effect of the acquisition of Louisiana will be probably a case in point for seaports, if people have felt much enthusiasm in France for making this colony prosper.