Monday, 27 July 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 276-77]

   Toute matière première que l’homme possède, soit qu’il l’ait recueillie sur la surface de la terre, soit qu’il l’ait arrachée de son sein, ou de celui des eaux, comprend réellement en soi, 1.° Le salaire tant nécessaire que superflu des ouvriers qui l’ont produite, ou appropriée à l’usage de l’homme, tel que l’entrepreneur le leur a payé. 2.° La rente des capitaux fixes employés à sa production, et qui ont aidé par leur accumulation le travail de l’ouvrier. Le rapport de cette rente au capital qui la produit, est déterminé par le rapport moyen entre le profit du commerce et le capital circulant: le capitaliste n’ayant aucun intérêt à faire circuler son capital, plutôt qu’à le fixer, ou vice versa, choisit entre ces deux emplois celui qui lui rapporte le profit le plus considérable; or la concurrence libre entre, tous les capitalistes, doit nécessairement produire l’équilibre entre les profits de tous les capitaux. 3.° Le profit que l’entrepreneur doit faire, proportionnellement à la masse de richesse mobiliaire [mobilière] qu’il a avancée aux journaliers, et à la durée de cette avance. Le rapport entre ce profit, et le capital sur lequel il est pris, est fixé dans un tem[p]s donné par la concurrence: les capitalistes n’étant pas plus attachés à un genre de production qu’à un autres, se portent vers celui qui rend davantage, et rétablissent l’équilibre, ainsi que nous l’avons vu au livre précédent, en parlant du profit moyen.

[Translation]

   All raw materials in the possession of man, whether from the surface of the earth, or from under it or the waters, are really composed of the following. The first of all is the necessary and surplus wages of labourers who have produced them or have appropriated them for human use, for entrepreneurs to pay them wages. The second is the rent of fixed capital which is employed in their production and the accumulation of which has helped the labourers to perform works. The relation of this rent to the capital which bears it is determined by the mean relation between the profit of commerce and the circulating capital. The capitalist, taking no more interest in keeping his capital circulating than in fixing it, or vice versa, chooses either of these two employments according to the higher profit alone. The free competition among all the capitalists should of necessity produce the equilibrium among the profits of all the capitals. The third is the profit which the entrepreneur should gain, in proportion to the amount of movable wealth he has advanced to day labourers, and to the term of this advance. The relation between this profit and the capital bearing it is determined by the competition at a given time. Capitalists, no more attached to one sort of production than another sort, carry on more profitable one, and recover the equilibrium, as we have seen in that part of the previous book concerning equalisation of profit.

Sunday, 26 July 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 275]

   C’est dans les matières premières, qu’il faut chercher la valeur originale des choses manufacturées, avant que de la suivre au travers des différentes gradations par lesquelles elle s’élève; or les productions de la nature sont toujours la matière première de toute possession de l’homme: leur valeur est également née de son travail, mais sans l’aide de la nature, ce travail eût été impossible.

[Translation]

   It is in raw materials that you must find the original value of manufactured things, before trying to find it in a variety of labour by which it is raised. The produce of nature is always the first materials available of all the possessions of man. Their value has also come from human labour, but with no help of nature this labour would have been impossible.

Saturday, 25 July 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 275]

   Quel doit être le prix du vendeur lorsqu’il propose un échange? certainement il n’est pas arbitraire, et doit dépendre d’une certaine valeur intrinsèque de la chose qu’il offre de céder. Nous avons dit que c’est au travail des hommes, que nous devons toutes les choses auxquelles nous reconnoissons [reconnaissons] quelque valeur; en suivant depuis sa création celle dont nous cherchons le prix, nous verrons en effet à quel travail elle est due, et contre quel travail exigible, on peut à bon droit l’échanger.

[Translation]

   What should be the price of the seller when he offers an exchange? Certainly it is not arbitrary, and should depend upon certain intrinsic value of the thing he offers to give over. We have argued that it is to human labour that we owe all the things in which we find some value. By tracing that thing whose price we search for from its creation onwards, we can indeed see to what labour we owe it, and for what due labour we can justly exchange it.

Friday, 24 July 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 274-75]

   Depuis que l’introduction du numéraire dans les échanges, lui a donné une valeur à peu près uniforme dans le monde commerçant, on le choisit en général pour terme de comparaison. Nous examinerons dans le chapitre suivant les avantages et les inconvénien[t]s de cette comparaison, mais dans celui-ci nous en profiterons pour reconnoître [reconnaître] les points fixes d’où l’on part peur déterminer chaque prix.

[Translation]

   Since the introduction of specie into exchanges gave it almost universal value in the commercial world, it has been generally chosen as term of comparison. In the following chapter we will examine advantages and inconveniences of this comparison, but in this chapter we will make use of specie to set the fixed points according to which each price is determined.

Thursday, 23 July 2009

Book 2, chapter 1, paragraphs 02-03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 274]

   Dans ce second livre nous examinerons quelle est l’origine des différen[t]s prix de chaque chose; comment on peut les évaluer de deux manières, en les comparant au numéraire ou an travail; quels ils doivent être pour l’avantage de la nation; comment enfin la loi influe sur les prix, soit par des règlemen[t]s financiers dont le but est d’accroître les revenus du Gouvernement, soit par des dispositions générales, dictées par quelque système, et destinées à accroître la richesse de toute la nation.
   Le prix est en général la quantité d’une espèce de richesses, à laquelle on estime qu’une autre espèce de richesses est égale.

[Translation]

   In the second book we will examine what is the origin of different prices of each thing; how one can measure them in two ways, in terms of money or of labour; what prices should be to the advantage of the nation; finally, how laws influences prices, either by financial regulations whose purpose is to increase the revenue of the government, or by general measures, directed by some system and destined for increase of the wealth of the whole nation.
   In general, the price is the quantity of a sort of wealth to which another sort of wealth is estimated to be equal.

Wednesday, 22 July 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 273-4]

Après la formation et la progression des capitaux, la partie de l’économie politique qui paroît [paraît] exiger de la part du Législateur du commerce les connoissances [connaissances] les plus approfondies, c’est celle qui enseigne à distinguer l’origine du prix des choses, et les causes qui le déterminent. D’une part en effet, le prix comme base de tous les échanges auxquels on doit l’accumulation de la richesse nationale, influe singulièrement sur le résultat de ces échangés, de l’autre le Législateur peut, même sans le vouloir, altérer les prix de différentes manières, mais presque toujours au désavantage de la société.

[Translation]

The part of political economy which the legislator of commerce seems supposed to recognise the second most thoroughly, to the formation and progression of capitals, is to teach us to distinguish between the origin of the price of things and the cause of price determination. Indeed, the price, as the base of all exchanges to which we owe the accumulation of the national wealth, exerts a unique influence upon the result of these exchanges on one hand, and the legislator can change the prices in diverse ways, only to do the society some harm in the most cases, even unintentionally, on the other hand.

Tuesday, 21 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 271-72]

   On a, il est vrai, des données un peu plus exactes pour calculer la consommation annuelle, ainsi selon qu’on estime que l’un compensant l’autre, celle de chaque individu françois [français], arrive à 200 ou à 300 francs, one doit conclure que celle de toute la nation est de six ou de neuf milliards par an; avant cependant que d’établir sur ce premier apperçu [aperçu] un rapport entre le montant de sa consommation et la valeur de son mobilier, il reste à savoir d’une part, si comme il est probable, elle n’en doit pas une partie; de l’autre, si elle dispose en même tem[p]s du produit d’une, de deux, ou de plusieurs années. Quand on veut calculer la richesse de l’Angleterre, on est bien plus embarrassé encore; en effet la seule chose que l’on voie clairement, c’est qu’elle dispose en même tems du produit brut d’un plus grand nombre d’années que la France; du reste on ne trouve plus aucun rapport entre sa consommation et sa richesse, parce que faisant à elle seule le commerce de l’Univers presqu’entier, et mettant ses capitaux au service de toutes les autres nations, leur influence sur l’aisance nationale n’est point en raison de leur valeur totale, mais seulement en raison des profits qu’ils rapportent à leurs maîtres. Aussi tout ce que nous osons avancer sur le capital circulant, c’est que cela de la France, proportionnellement à ses besoins, est infiniment moins considérable que celui de l’Angleterre, quoiqu’il dépasse de beaucoup, même aujourd’hui, les limites qu’on lui avoit [avait] assignées dans le tem[p]s de la plus grande prospérité du commerce françois [français], lorsque ne reconnoissant [reconnaissant] d’autre capital que le numéraire, on l’évaluoit [évaluait] à un, ou tout au plus à deux milliards de livres.

[Translation]

   It is true that you have some data a little more exact for calculation of annual consumption. According to the estimation that a French individual consumes averagely 200 to 300 francs, one must conclude that the consumption of the whole nation is from 6 to 9 billions a year. But, before determining at first sight a relation between the sum of its consumption and the value of its movable, you have yet to know whether or not the nation owes a part of its consumption, as is often the case, on one hand, and whether it simultaneously has at its disposal some of the produce of one, two, or several years, on the other hand. When you want to calculate the wealth of England, you are in still more trouble. In fact, all you can see clearly is that England has gross produce of more years at its disposal at the same time than France. You do not find any other relation between its consumption and its wealth, because, as England carries on trade with almost all parts of the universe by itself alone, and puts its capitals at the service of all other nations, the influence of its capitals upon the national comfort is not proportional to their total value, but only to the profits they bear to their masters. Thus all we dare to assert regarding the circulating capital is that that of France in comparison to its needs is far less enormous that that of England, though it far surpasses the limits even today, which you had assigned to it at the time of the greatest prosperity of French commerce, when, no other capital than specie recognised, it was evaluated at one or, at most, two billion livres.