Tuesday, 24 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 86]

(3) Voyez la note de la page 30. La subsistance des enfan[t]s de l’ouvrier doit être comprise dans son salaire nécessaire.

[Translation]

(3) See the footnote on page 30. The necessary wages of labourers must include the subsistence of their children.

Book 1, chapter 4, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 85-86]

(2) On s’étonnera peut-être que je calcule les revenus nationaux, avant de faire mention de deux autres espèces de capitaux que nous examinerons dans les deux chapitres suivan[t]s, le numéraire, et les créances ou le capital immatériel; mais ainsi que nous le verrons, le premier est absolument stérile, et ne produit point par soi-même d’accroissement de valeur ou de revenu; le second qui paroit [parait] bien donner aux particuliers une rente, n’en donne cependant point à l’État; le capital immatériel n’étant autre chose qu’un droit en participation au revenu du capital matériel; c’est donc uniquement dans l’accroissement du capital matériel et circulant que doit se trouver tout le revenu de la société.

[Translation]

(2) It may be surprising that I introduce the calculation of the national revenue before mentioning two other kinds of capital, which we will examine in the next two chapters; specie and credit or intangible capital. But the former is, as we will see it, completely sterile, and does not add to the value or the revenue by itself; the latter, even though it seems to bear a sort of rent to particular individuals, bears no rent to the state. The intangible capital is nothing but a sort of right to participation in distribution of the revenue borne by the tangible capital. Therefore it is exclusively to the increase of the tangible and circulating capital that we owe all the revenue of society.

Monday, 23 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 83-84]

(1) La dépense des individus n’est pas toujours accompagnée de la destruction immédiate des objets qu’ils destinent à leur consommation, les habits, les meubles, les équipages, s’usent plus ou moins lentement, mais ne cessent pas d’exister comme les denrées dès qu’on en fait usage. D’autres objets, comme la vaisselle, les tableaux, les bijoux, peuvent durer des siècles; dès le moment où le dernier acheteur les a destinés à son usage, ils ne font plus partie du capital circulant, et ne produisent plus de revenu; ils sont retranchés d’entre les capitaux pour passer dans le fonds destiné à la dépense. La prolongation de leur existence est cependant un avantage, les particuliers ou la nation qui font un pareil emploi de leur revenu, restent plus riches que ceux qui consomment le leur dans le luxe de la table: cette richesse improductive et non encore consommée augmente en tout tem[p]s l’aisance nationale, et dans les jours de calamité, c’est une ressource, puisqu’on peut l’échanger contre une richesse plus utile.

[Translation]

(1) The expenditure of individuals is not always accompanied by immediate disappearance of the objects they consume; clothes, furniture, and utensils are used for a more or less long time, and do not cease to exist like foods as soon as they are used. Other objects, such as dishes, paintings, jewellery, can last for some centuries. Hardly has an end buyer made use of them before they cease to serve as circulating capital and to produce revenue; they are subtracted from the capital to be a part of the stock appropriated for the expenditure. The prolongation of their life is, however, an advantage, because the individuals or the nation who employ their revenue in such a way remain richer than those who consume theirs in the form of luxurious foods. That wealth which is unproductive and not yet consumed always increases the national comfort, and it is a resource in the days of calamity, because it can be exchanged for a more useful commodity.

Sunday, 22 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 38

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 117-118]

   Si le luxe de quelque nature qu’il soit est toujours pour une nation une cause de ruine; il devient plus contraire encore à ses intérêts lorsqu’il consiste à maintenir es ouvriers improductifs; car comme nous l’avons vu, tout ce qui passe des mains des classes propriétaires à la classe improductive est perdu sans retour: c’est une aliénation définitive de la propriété nationale: or plus les classes propriétaires maintiendront d’ouvriers improductifs, moins elles pourront en maintenir de ceux qui produisent; plus on verra se multiplier chez un peuple les ménétriers, les comédiens, les coiffeurs et les valets-de-chambre, plus on verra diminuer chez lui, les artisans, les fabrican[t]s et les laboureurs. De tous les luxes le plus préjudiciable est donc celui qui faisant consister le faste et les plaisirs dans des jouissances fugitives, plutôt que dans le produit du travail d’ouvriers industrieux, n’ouvre point un marché où ces derniers puissent vendre leurs ouvrages, et n’encourage point leurs efforts.

[Translation]

   Thus the luxury is always a cause of decline for a nation, of whatever nature it may be. It should be still more adverse to the national interests when it consists in maintenance of unproductive labourers, since, as we have seen, all which pass from the hands of the proprietary class into those of the unproductive class are lost with no return. This loss is a definitive alienation of the national property. The more unproductive labourers the proprietary class will maintain, the less productive labourers the class can maintain for the very reason. The more fiddlers, actors, hairdressers and room servants you will see in a country, the less artisans, manufactures, and labourers you will see. Among the most harmful luxury is therefore that which, making splendour and pleasure consist in transient enjoyment rather than in the produce of labour of industrious labourers, does not open a market where these labourers may sell their works, and does not encourage their effort.

Saturday, 21 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 37

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 115-117]

   Parmi les moyens qu’une politique moderne a mis en usage pour enrichir les nations, celui d’encourager leur luxe n’est pas un des moins bizarres: si un Gouvernement peut occasionner quelque grand rassemblement d’hommes riches, et les exciter à lutter les uns contre les autres par le déployement [déploiement] du plus grand faste, il croit avoir beaucoup opéré pour la prospérité des manufactures, et il s’entend applaudir de toutes parts, comme ayant fait répandre beaucoup d’argent. Il n’est pas douteux qu’il n’ait procuré aux marchands une vente plus avantageuse qu’ils ne l’auroient [auraient] eue sans cela: mais si les acheteurs se sont mis par leur ostentation dans l’impossibilité de faire les épargnes qu’ils étoient [étaient] disposés à faire, s’ils ont même dépassé leur revenu, et emprunté sur leur capital, ils ont fait à eux-mêmes et à la nation un mal bien plus considérable que le léger avantage qu’ils ont procuré aux marchands: La consommation des marchandises qu’on a tirées de leurs magasins s’est faite il est vrai d’une manière un peu plus prompte que dans le cours ordinaire des choses, mais au lieu d’être profitable, elle s’est faite d’une manière ruineuse. C’est comme si le Gouvernement faisoit [faisait] mettre le feu aux greniers des marchands de blé, et leur payoit [payait] ensuite généreusement tout le grain qu’ils contenoient [contenaient]: ces marchands pourroient [pourraient] se trouver fort bien d’une pareille vente, mais la nation y perdroit [perdrait] certainement; au lieu de deux valeurs, savoir le blé, et son prix, elle n’en auroit [aurait] plus qu’une; et le blé au lieu d’être consommé d’une manière profitable, l’auroit [aurait] été d’une manière ruineuse.

[Translation]

   Among the means of which the modern politics has made use in order to enrich a nation, to encourage it into luxury is not one of the commonest. If a government can hold any large assembly of rich men, and excite them to compete with one another for the greatest prominence in luxury, it believes that this works much on the prosperity of manufactures, and hears itself applauded all around as having made much money spent. It is true that it has procured for merchants an advantageous market they would not have had without that policy. But if the purchasers are too attached to ostentation to make a saving they was inclined to, if they have used up their revenue and eaten away their capital, they have done much more harm to themselves and the nation than they have done good to merchants. It is true that the consumption of the commodities bought from the merchants’ stores has been made in a little more prompt way than in the ordinary course of things, but in a ruinous way, instead of in a profitable way. This is as if the the government made a fire put on storehouses of corn merchants, and later paid generously for all the corn they stocked. These merchants could find themselves in profit through such a deal, but the nation would be in loss there. Instead of two values, namely the corn and its price, the nation would have only one value, and the corn would be consumed in a ruinous way, instead of in a profitable way.

Friday, 20 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 36

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 115]

   Une nation ne s’enrichit que lorsque les particuliers qui la composent s’enrichissent, et qu’ils accroissent leur capital des économies qu’ils font sur leur revenu: aussi long-tem[p]s qu’ils font de semblables épargnes annuelles, quelles que soient leurs dépenses, on ne peut guère les considérer comme étant de luxe, ce n’est que l’honnête aisance que comporte leur état; mais si cet esprit d’ordre fait place à l’amour du plaisir ou de l’ostentation, et qu’à prendre la masse des citoyens, l’un compensant l’autre, il ne se fasse plus d’épargnes annuelles, la nation s’est abandonnée à un luxe qui arrête ses progrès vers la prospérité; si cet amour du plaisir entraîne à des dissipations, et si les revenus nationaux ne suffisent plus aux dépenses, la nation est en proie à un luxe qui la ruine.

[Translation]

   A nation is only enriched when individuals who compose it are enriched, and when they add to the capital the saving they make from their revenue. As long as they make such a saving annually, their expenditure is not regarded as luxury, however much it may be, but is just real richness their condition permits them to enjoy. But if this spirit of order give way to an attachment to pleasure or to ostentation, and if, one offsetting the other on the whole, there is no annual saving any longer, then the nation is indulged in luxury which checks the progress towards prosperity; if this attachment to pleasure leads to dissipation, and if the national revenue is no longer sufficient for the expenditure, the nation is enslaved by luxury which ruins it.

Thursday, 19 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 35

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 114-115]

   La consommation encourage certainement la production, et comme le marché le plus important pour les ouvriers productifs est celui de leur propre pays, on ne peut disconvenir qu’une nation qui ne consommeroit [consommerait] que très-peu de chose, ne pût se trouver embarrassée pour placer au dehors ses productions, si elles étoient [étaient] considérables. Une grande disproportion ne peut probablement se soutenir long-tem[p]s entre les productions et la consommation d’un peuple, que lorsque son territoire est fort resserré; c’étoit [était] le cas de Genève et des villes anséatiques [hanséatiques] et impériales; c’est à leur heureux esprit d’économie, que les unes et les autres ont dû le rapide accroissement de leurs richesses: mais si l’on ne peut guère se flatter de voir un grand peuple profiter des mêmes avantages, du moins ne faut-il pas l’exciter à se jeter dans l’excès opposé, et lui représenter le luxe comme devant être pour lui une source d’opulence.

[Translation]

   Although the consumption certainly encourages the production, and the most important market for productive labourers is that of their own country, it is undeniable that a nation who consumes a little amount could feel free to put its production abroad if the production were huge. Probably only in courtiers with their extremely small territories does the large disproportion last for a long time between the production and consumption of their nation. This was the case with Geneva, and Hanseatic and Imperial cities. It is due to their happy spirit of economy that all these cities had the wealth grow rapidly. You cannot, however, expect to see the nation of a large country enjoy the same advantages as small, while you should not excite it to go to the other extreme, and tell it of the luxury as leading it to opulence.