Thursday, 12 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraphs 08-09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 61-62]

   La Chine et l’Indostan ont souvent éprouvé des invasions semblables; c’est alors que l’argent enfoui dans la terre par leurs habitan[t]s, en est retiré, en sorte qu’après la retraite des Tartares, le numéraire peut être aussi abondant qu’avant leur irruption; mais les métaux précieux ne peuvent non plus que les capitaux fixes [fixés] remplacer la vraie richesse mobiliaire [mobilière], aussi ne saurait-on en faire qu’un seul usage, celui de les exporter en entier, pour racheter au dehors le mobilier de la nation: vouloir empêcher cette exportation du numéraire, ce seroit [serait] condamner tous les habitan[t]s à l’inaction, et à la famine qui en seroit [serait] la suite.
   Tout travail productif dépendant donc des propriétaires de la richesse mobiliaire [mobilière], il ne s’en fera jamais aucun, sans que ceux-ci participent à son produit. Leur portion est ce qu’on appelle le profit, par opposition au salaire, qui est la portion de l’ouvrier. Ces deux parts réunies à la rente de l’immeuble qui a produit la matière première, composent le prix de l’ouvrage; et la proportion entr’elles est fixée par leur concurrence respective.

[Translaiton]

   China and Hindustan have often gone through some similar invasions. It is then that the money buried into the ground by their habitants is dug from there, so that after the withdrawal of Tartars specie can be as abundant as before their invasion. But precious metals cannot compensate any more for the real movable wealth than can fixed capital, and all the habitants can do with precious metals is to export all of them in order to buy movables of the nation from abroad. Any attempt to stop this exportation of specie would force all the habitants into inaction, and into famine which would follow the inaction.
   All productive labour depends therefore upon owners of movable wealth, and no productive labour will be performed without a part of the produce belonging to them. Their share is what we call profit, in contrast to wage, which is labourers’ share. These two parts (plus the rent of the immovable which have produced raw materials) compose the price of the work; and the proportion between the two is determined by their respective competition.

Wednesday, 11 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 59-60]

   Le capital fixé ne peut point suppléer au défaut de richesse mobiliaire [mobilière]; supposons une nation qui ait été extrêmement riche, qui ait en conséquence fixé un capital immense pour bonifier la terre, construire des habitations, bâtir des usines, et former des ouvriers industrieux. Supposons ensuite qu’une irruption de barbares saisisse immédiatement après la récolte, toute sa richesse mobiliaire [mobilière], tout ce qui est susceptible d’être enlevé: encore que ces barbares en emportant leur butin, ne détruisent point les maisons ni les ateliers, et qu’ils ne puissent ôter aux campagnes leur fertilité, ni aux ouvriers restan[t]s leur industrie; tout travail cessera aussi-tôt; car pour rendre à la terre son activité, il faut des charrues et des bœufs pour la labourer, du grain pour l’ensemencer, et sur-tout du pain pour faire vivre les ouvriers jusqu’à la récolte prochaine. Il faut pour que les usines travaillent, du grain au moulin, du métal à la forge, et par-tout de la nourriture à l’ouvrier; enfin, il faut à la masse des hommes industrieux, des outils, des matières premières, et des vivres. On ne travaillera donc point en raison de l’étendue des champs, du nombre des usines, et de celui des ouvriers, mais en raison du peu de richesse mobiliaire [mobilière] qui aura échappé aux barbares; tous ceux qui ne pourront point en obtenir quelque portion, demanderont en vain du travail, et seront moissonnés par la famine (2).

[Translation]

   Fixed capital cannot compensate for the shortage of movable wealth. Let us suppose that a nation had been extremely rich and had consequently fixed immense capital in improvement of land, building of dwellings and plants, and education of industrious labourers. Let us suppose next that barbarians irrupted immediately after the harvest and took all movable wealth, or all that can be taken; but that these barbarians did not destroy the dwellings and plants in taking the haul, and could not take the fertility from the fields or the industry from the remaining labourers. Then all labour would stop immediately, because there is no plough or ox necessary to cultivate the fields, no grain to sow seeds, and above all no bread to enable labourers to live up to the next harvest. All plants would stop because there is no grain to carry to mills, no metal to forges, and no provisions to labourers anywhere. Finally, there are no tools, raw materials and foods necessary for the industrious mass. Therefore, if labour be performed at all, it will not be due the extent of the fields, the number of the plants, or that of the labourers, but due to what movable wealth will have eluded the barbarians. All those who will have no chance to obtain any movable wealth will expect any labour in vain and will ruin themselves to famine (2).

Tuesday, 10 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 56-59]

   Plus la population et la richesse font de progrès, plus il devient impossible qu’il se fasse aucun travail, sans qu’un capital le mette en mouvement. Avec l’avancement de la civilisation, les besoins de chaque homme se multiplient; or, il faut un capital pour avancer à l’ouvrier de quoi les satisfaire, jusqu’à ce que les produits de son travail soient vendus; il en faut un second pour lui procurer les matières premières et les outils sans lesquels il ne peut; enfin, il en faut souvent un troisième, pour pourvoir à sa consommation et à son instruction jusqu’à ce qu’il soit rendu capable de faire l’ouvrage dont il s’est chargé. Le capital qui l’a mis en mouvement, n’est donc autre chose que les alimen[t]s, les vêtemen[t]s, les outils, et les matières premières qu’il a consommées; ce n’est point le numéraire qui les représente, et au moyen duquel il les à obtenues; car s’il a toutes ces choses et point d’argent, il travaillera fort bien, mais s’il a de l’argent, et qu’il ne puisse l’échanger contre toutes ces choses il lui sera impossible de travailler. Un homme actif et industrieux, ne pourra donc trouver aucune occupation utile, s’il n’obtient préalablement un capital qui le nourrisse pendant qu’elle dure, et jusqu’à ce qu’elle soit achevée, d’autres capitaux qui aient mis à sa disposition les matières premières, les outils, et même le talent nécessaire à son ouvrage, le capital d’un marchand qui se charge de le porter au consommateur dès qu’il sera achevé, et qui en attendant remplace le sien. (1). L’horloger Genevois qui destine partie de ses montres aux consommateurs des grandes Indes, s’il ne trouvoit [trouvait] pas un capital déjà consacré au commerce d’horlogerie, et tout prêt à remplacer le sien, seroit [serait] obligé au moment où il auroit [aurait] terminé ses montres, de s’en procurer un pour faire les frais nécessaires à leur envoi aux Indes, et un second pour continuer l’ouvrage pendant leur voyage, jusqu’à ce qu’elles fussent vendues, payées, et que la valeur du payement fût rentrée entre ses mains: or, comme ce retour se fait attendre au moins deux ou trois ans, quoiqu’il eût les fonds nécessaires pour faire une première montre, il seroit [serait] obligé de fermer son atelier, s’il n’en avoit [avait] pas toujours de nouveaux, pour continuer pendant ce long espace de tem[p]s. Tout travail est donc le fruit d’un capital; aussi seroit-il [serait-il] fort inutile d’augmenter le besoin du premier chez une nation, si l’on n’augmentoit [augmentait] en même tem[p]s le second, qui seul peut appeler les gens industrieux à l’ouvrage; maxime importante, souvent oubliée, et que nous aurons lieu de rappeler plusieurs fois.

[Translation]

   The more progress the population and wealth make, the more impossible it is that a capitalist obtains any labour without capital to employ it. According to advancement of civilisation, wants of each human being multiply. A portion of capital is necessary to advance a labourer as much as to satisfy his wants until the produce of his labour has been sold. Another portion is necessary to procure him raw materials and tools without which he cannot labour. Finally, still another portion is often necessary to satisfy his consumption and instruction, until he is enabled to achieve the tasks of which he is in charge. The capital which has put him at work therefore consists of nothing but foods, clothing, tools, and raw materials all of which he has consumed. It does not consist of specie which represents them and by means of which he has obtained them. The reason is that he will labour properly if he has all these and has no money, but that it will be impossible for him to labour if he has some money but cannot exchange it for all these. A practical and industrious man will try in vain to find any useful occupation if he does not have a form of capital in advance which would feed him while it lasts and until it has been finished, some other forms of capital which would have put at his disposition raw materials, tools and even talent necessary for his work, and the capital of a merchant which carries on the traspoart to consumers as soon as it is finished, and which supplements his capital for the time being (1). Let us suppose that a Genevan watchmaker, who distributes some of his watches to consumers in India, did not find any capital already allocated for the trade of watches and ready to supplement his capital. Then, the moment he has completed his watches, he would be obliged to use a part of his capital in order to pay the cost necessary to send them to India, and another part in order to continue the work during the transport, until the watches have been sold and paid for and the value of the payment has got in his hands. And yet this return takes at least two or three years. He would be obliged to close his shop, if he had the stocks necessary to make a watch at first, but if he did not always had some new stocks in order to continue during this long time. Every portion of labour is therefore the fruitage of capital; so it would be useless to increase the demand for labour among a nation, if you did not increase capital at the same time, which is the only way in which you can put the industrious at work. This is an important maxim, which we have often forgotten and of which we will have every reason to be reminded repeatedly.

Monday, 9 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraphs 04-05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 55-56]

   C’est au profit que retire le capitaliste, qu’il faut attribuer la conservation de la richesse nationale; car s’il n’en trouve aucun à faire travailler des gens industrieux, il ne chercheroit [chercherait] à faire d’autres échanges, que ceux qui conviendroient [conviendraient] à sa consommation; il employeroit [emploierait] successivement à son usage tout ce qu’il posséderoit [posséderait], sans rien produire, jusqu’a ce qu’il eût tout consommé.
   Le profit du capitaliste doit toujours être proportionné au capital qu’il emploie; car de même qu’il n’auroit [aurait] aucun avantage à faire travailler des ouvriers, si les marchandises que produiront ceux-ci ne valoient [valaient] pas plus que celles qu’il leur donne à consommer, il n’en auroit [aurait] aucun à mettre en œuvre un capital considérable plutôt qu’un petit, si le profit ne se proportionnoit [proportionnait] pas à la somme qu’il destine à son entreprise.

[Translation]

   It is to the profit gained by the capitalist that the maintenance of the national capital must be attributed. The reason is that he would try to make no other exchange than would satisfy his consumption if he had no means to make the industrious people perform labour. He would successively put all his possessions to personal use without producing anything until he has consumed all.
   The profit of the capitalist must always be proportional to the capital he employs. The reason is that, as he would not expect any advantage from employment of labourers if the commodities produced by them were of no more value than those which he provides to them for consumption, so he would not from employment of a large capital, rather than a small, if the profit were not proportional to the sum allocated for his undertaking.

Sunday, 8 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 54-55]

   Or l’ouvrier qui n’a point de travail accumulé, point de capital à lui, rien enfin pour se nourrir ou se vêtir, non-seulement trouve un avantage à échanger ce qu’il peut faire et qu’il n’a point encore, contre ce dont il a besoin, et qu’un autre possède actuellement; bien plus, c’est pour lui le seul moyen d’exister. Du côté du capitaliste, au contraire, non-seulement il n’y a point d’avantage à échanger un sac de blé, par exemple, cette année, contre un sac de blé à recevoir l’année prochaine; il y a même des inconvénien[t]s, puisqu’en le faisant il se sépare de sa propriété, s’en ôte la libre disposition, et court peut-être même quelque risques. Pour qu’il se conclue un accord entre ces deux classes d’hommes, il faut que celle qui en retire tous les avantages, les partage avec celle qui n’y trouve que des inconvénien[t]s. Les ouvriers peuvent le faire aisément, nous avons vu que plus la société acquéroit [acquérait] de population et de richesses, plus au moyen de la division des métiers, le travail de chaque ouvrier produisoit [produisait] de superflu au-delà de sa propre consommation; celui-ci doit donc céder une partie de ce superflu à celui qui le met à l’ouvrage et le nourrit: il arrivera même quelquefois qu’il le lui cédera tout entier, trop content de se procurer le nécessaire à ce prix. Les deux classes de la société trouvant dès lors un avantage mutuel à contracter ensemble, se recherchent de part et d’autre; les capitalistes s’empressent de donner ce qu’ils ont aujourd’hui contre ce qu’ils auront bientôt, et les ouvriers de prendre ce dont ils ont besoin actuellement contre ce qu’ils produiront par la suite.

[Translaiton]

   Now a labourer, who has no accumulated labour, no capital in hand, no food or clothing, does not only find it advantageous to exchange what he can make but has not made yet for what he wants and another has, but also finds it to be the only means for him to live. On the side of the capitalist, on the contrary, it is not only that he takes no advantage from the exchange of a bushel of corn, for example, of this year for a bushel to receive next year, but that he even suffers some inconveniences, in that in so doing he is kept from his property, is kept from freely disposing of it, and is even exposed to some risk. So that the persons on the both sides may conclude to an agreement, it is necessary that the one who takes all the advantages from it should share them with the other who expects only inconveniences from it. The labourer can do it easily, since, as we have seen, the more population and wealth the society had, the more surplus the labour of each labourer produced over his own consumption due to the division of professions. He should, therefore, yield a part of this surplus to someone who put him at work and feed him. It will sometimes happen even that he will get satisfied enough with procurement of the necessaries at that price to yield the whole surplus to the latter. By then the two classes of the society find it mutually advantageous to contract with each other, and need each other. The capitalist is anxious to give what he has today in exchange for what he will have soon, and the labourer to take what he wants now in exchange for what he will produce later.

Saturday, 7 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraphs 01-02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 52-54]

Nous avons vu plus haut qu’il y a deux manières de tirer parti d’un capital accumulé: l’une en le fixant, que nous avons examinée dans le chapitre précédent, l’autre en le faisant circuler, et nous l’examinerons dans celui-ci.
   Le propriétaire d’un capital peut donner en échange à un ouvrier les fruits d’un travail achevé, consistan[t]s en effets applicables à l’usage et à la consommation des hommes, contre un travail à faire, avec un profit proportionné à l’étendue de ses avances; c’est lé contrat que l’on exprime beaucoup plus simplement, en disant que le capitaliste fournit le nécessaire à un ouvrier productif qui travaille pour lui, ou plus simplement encore, en disant qu’il lui paye son salaire; mais il est fort important de remarquer que toutes les fois qu’on met à l’ouvrage un ouvrier productif, et qu’on lui paye un salaire, on échange le présent contré l’avenir, les choses qu’on a contré celles qu’on aura, l’aliment et le vêtement qu’on fournit à l’ouvrier, contre le produit prochain de son travail. L’argent n’entre dans ce marché que comme signe; il représente toujours une richesse mobiliaire [mobilière], applicable à l’usage et à la consommation de l’homme, c’est cette dernière qui est le vrai capital circulant. Le numéraire est comme une assignation, que le capitaliste donne à l’ouvrier, sur le boulanger, le boucher et le tailleur, pour qu’ils lui livrent les denrées consommables qui appartenoient [appartenaient] déjà en quelque sorte au capitaliste, puisqu’il en possédoit [possédait] le signe: l’ouvrier porte cette assignation à une boutique, rechange contre ce dont il a besoin pour vivre; celui qui lui a payé son salaire, s’est tout simplement dispensé, en lui donnant de l’argent, du soin de faire lui-même ses provisions, mais l’effet est précisément le même, c’est toujours lui qui lui fournit sa nourriture, et ce dont il a besoin, en échange d’un travail à faire qu’il attend de lui.

[Translaiton]

We have seen above that there are two ways to make use of accumulated capital; one is by fixing it, which we have examined in the previous chapter, and the other is by keeping it circulating, which we will examine in this chapter.
   Owners of capital can give labourers that produce of performed labour which consists of effects applicable to human use and consumption, in exchange for labour yet to perform, and can consequently gain profit proportional to the amount of their advance. This contract can be much more simply described by saying that capitalists provide necessaries to productive labourers who work for them, or be still more simply described by saying that capitalists pay wages to labourers. But it is extremely important to note that every time capitalists puts labourers at work, and every time they pay wages, they exchange the present for the future, what they have for what they will have, the food and clothing provided to the labourers for the next produce of labour by the labourers. Money comes into this deal only as sign. It always represents a certain amount of movable wealth applicable to human use and consumption. This wealth is the true circulating capital. Species are like bills of collection, negotiated by capitalists to their labourers, upon bakers, butchers, and tailors, so that they supply the labourers with consumable commodities, which once belonged to the capitalists in the sense that they possessed the sign. The labourers take these bills to a shop, where they exchanges it for that which they want for their life. The capitalists who have paid wages for them have all with ease spared themselves the care of providing them with provisions for themselves, by providing them with some money. Nevertheless the effect is exactly the same; in both cases it is the capitalists that provide the labourers with food and what they want, in exchange for the labour the capitalists expects them to perform.

Friday, 6 February 2009

Book 1, chapter 2, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 49-50]

(2) Cette partie de la rente foncière est celle que les économistes ont décorée du nom de produit net, comme étant le seul fruit du travail qui ajoutât quelque chose à la richesse nationale. On pourroit [pourrait] au contraire soutenir contre eux, que c’est la seule partie du produit du travail, dont la valeur soit purement nominale; et n’ait rien de réel; c’est en effet le résultat de l’augmentation de prix qu’obtient un vendeur en vertu de son privilége [privilège], sans que la chose vendue en vaille réellement davantage. Ainsi cent minots de sel, dans un pays de grande gabelle, se vendoient [vendaient] beaucoup plus que dans un pays franc, et le surplus du premier prix étoit [était] une valeur de convention, analogue à celle qu’on ajoute aux fruits de la terre, pour trouver dessus de quoi payer la rente. Dans le fait le sel n’avoit [avait] pas cependant une valeur intrinsèque plus considérable dans un pays de gabelle que dans un pays franc également éloigné des salines. Mais il y a une différence importante entre les deux monopoles que nous comparons, c’est que celui qui est accordé aux propriétaires de terres, ne leur est pas utile à eux seulement, il est utile et même nécessaire à la communauté, les terres ne pouvant être bien cultivées que lorsqu’elles sont changées en propriétés, tandis que le privilége [privilège] des gabelles ne profitoit [profitait] qu’au monopoleur. Il est important de relever en toute occasion les principes des économistes, on les a trouvé faux à l’épreuve, et cependant bien des gens les croient encore incontestables en théorie, ce qui jette de la défaveur sur toute la science. On les confond aussi avec ceux d’Adam Smith, et Mr. Garnier en les représentant de nouveau, (note XXIX de sa traduction, et ailleurs) attaque par la base, peut-être même sans y songer, le système de l’auteur qu’il traduit.

[Translaiton]

(2) To this part of fundamental rent the Economistes give the name produit net, as the only produce of labour that adds somewhat to the national wealth. You could object to them, on the contrary, that this is the only part of the produce of labour whose value would be utterly nominal and would not be real at all; this is indeed a result of the rise of a price, which is obtained by a seller thanks to his privilege though the sold thing is not of more value in real terms. A hundred bushels of salt, for example, were sold at a higher price in a country with heavy salt tax than without it, and the premium was a conventional value, like that which is placed on the produce of land to make the price high enough to pay the rent. Yet, in fact, salt did not have a higher intrinsic value in a country with salt tax than in a one without it, both of which were equally far from salina. However, there is an important difference between the two kinds of monopoly we compare. That which is given to landowners is not only useful to them but useful and even necessary to the community (land cannot be well cultivated before turned into private property), while the privilege of salt tax only benefited monopolists. It is important to note the principles of the Economistes on every occasion, for they, though already found false on the test, are believed to be still incontestable in theory among many people, a situation which throws discredit upon the science. The principles of the Economistes are thus confused with those of Adam Smith, and, representing them again, Mr Garneir thoroughly attacks the system of the author whose work he translates, perhaps even with no intention to do so (note 29 in his translation, and elsewhere).