Saturday, 30 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 346]

   Quoique les principes que nous venons d’exposer soient conformes à bien des égards à ceux qu’a développé M. de Pradt dans ses trois âges des Colonies; quoique nous ne regardions pas leur émancipation comme un malheur, parce que nous ne regardons pas non plus l’étendue de l’Empire, ni même la supériorité de sa puissance militaire, comme un bonheur; nous ne croyons point comme lui que leur séparation soit nécessaire, nous pensons même que tout bon Gouvernement peut l’éloigner indéfiniment, en ne les considérant plus comme des fermes destinées à produire, mais comme des Provinces égalés en droit à toutes les antres, et dont les accroissements, la richesse et la population, ne doivent pas moins l’intéresser que ceux d’aucune autre partie de la nation.

[Translation]

   True, the principles that we have expounded may conform in many ways to those developed by Mr de Pradt in his Trois Âges des Colonies. In fact, we may not regard their emancipation as undesirable, as we may not regard the enlargement of the Empire or the superiority of her military powers as desirable. Yet we do not believe with him that their separation is necessary; we think that any good government can put off that emancipation indefinitely, no longer considering the colonies as farms devoted to production, but provinces which are equal in right to all others, and whose growth, wealth and population must no less interest the government than those of any other part of the nation.

Friday, 29 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 344-346]

   Aussi long-temps que la métropole en gouvernant ses colonies, ne sacrifiera point leur avantage au sien propre, mais considérera ces deux intérêts comme indivisibles, elle pourra compter sur leur fidélité, autant que sur celle d’aucune province de son Empire. Dans les Départements réunis à la République, plusieurs citoyens doivent avoir encore le cœur Belge, Allemand, Savoyard; mais dans les colonies, tous ont sans doute le cœur Français; l’attachement au pays d’où ils sont sortis, s’allie à leurs souvenirs, à leurs goûts, à leurs mœurs, à leur vanité. Les Canadiens, passés sous une domination étrangère, se sont rappelés qu’ils étaient Français, plus long-temps que les Alsaciens ne se sont rappelés qu’ils étaient Allemands. Tous les colons sortis de l’Europe, et les Anglo-Américains eux-mêmes, ont montré quelle était la force de cet attachement, se soumettant pendant si long-temps au monopole injuste qu’il avait plu à leur mère patrie de leur imposer; mais il y a un point auquel la patience des hommes se lasse, et si les Gouvernements de l’Europe ne profitent pas de cette première expérience, s’ils ne considèrent pas leurs concitoyens d’au delà des mers, comme égaux en droits à ceux de notre continent, s’ils continuent à les sacrifier à l’avidité de quelques commerçons, au détriment des colonies et du commerce lui-même, le jour viendra où ils secoueront tous un joug qu’on ne pourrait leur faire porter malgré eux.

[Translation]

   As long as the home country, in governing her colonies, does not sacrifice their advantage for her own advantage, but considers these two interests as indivisible, she will be allowed to rely as much upon their loyalty as that of any province of her Empire. Certainly, in the departments annexed to the Republics, several citizens still have a Belgian, German, or Savoyan mentality, but, in the colonies, every one undoubtedly has a French mentality. An attachment to the country that settlers have left is associated with their memories, tastes, manners, and vanity. The Canadians, having lived under foreign rule, remembered that they were French for a longer time than the Alsatians remembered that they were German. All the settlers from Europe, and the Anglo-Americans themselves, showed how obstinate this attachment is, by obeying for a long time the unjust monopoly that their home country liked to impose upon them. However, there is a point where we have run out of patience. If the governments in Europe do not benefit from this early experience, if they do not consider their fellow-countrymen living overseas as equal in rights to those living on our continent, and if they continue to sacrifice them for avarice of several merchants, to the detriment of the colonies and trade itself, then the day will come when they will shake off the restraints which could not be imposed upon them against their will.

Thursday, 28 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 344]

   Mais quoiqu’il fût peut-être imprudent de multiplier sans nécessité ses frontières, et d’acquérir de nouveaux voisins dans le golfe du Mexique, dans le continent Septentrional de l’Amérique, dans la Guyane, sur les côtes d’Afrique, et dans l’Inde; une fois que nous nous sommes exposés à trouver dans ces parages de nouveaux ennemis, nous devons nous mettre en devoir de leur y opposer une résistance égale ou supérieure à l’action qu’ils peuvent exercer sur nous: les richesses des colonies et leurs forces doivent compenser pour la métropole, les nouvelles guerres, auxquelles, leur situation l’exposé, et l’augmentation de difficulté pour les défendre qui résulte de l’étendue de leurs frontières.

[Translation]

   Though it may have been be imprudent to extend her frontiers unnecessarily, and to acquire new territories around the Gulf of Mexico, in South America, in Guinea, along the Coasts of Africa, and in India, yet, once we have run a risk of finding new enemies in those areas, we should bind ourselves to oppose them there with as much, or more, reaction as the action with which they can oppose us. For the home country, the wealth and power of colonies must compensate the new wars to which their situation exposes her, and the increased difficulty in defence which results from the extension of their frontiers.

Wednesday, 27 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 342-344]

   On peut considérer les forces d’une nation dans la balance politique, et vis-à-vis des autres Peuples, comme résultant de la proportion entre sa population multipliée par ses richesses, et l’étendue de ses frontières. Pendant la paix, ses occasions de brouillerie et de discussion avec d’autres nations sont en raison de ses points de contact avec elles; pendant la guerre, la difficulté de se défendre est de même pour elle en raison de ses points de contact. Quoique cette règle soit susceptible d’un millier de modifications, il me semble qu’elle servira à faire comprendre, par exemple, comment une nation dont la richesse ni la population ne seraient point accrues, se trouvaient affaiblie, si on la transportait dans un pays deux fois plus étendu que celui qu’elle occupé actuellement. Si une seule nation de l’Europe s’était épuisée d’hommes et d’argent pour envoyer une Colonie au delà des mers, elle se serait trouvée affaiblie vis-à-vis des nations ses voisinés, tandis que ses Colons n’ayant probablement que des forces justement suffisantes pour se maintenir contre leurs nouveaux voisins ne pourraient lui être d’aucun secours. La fondation des Colonies d’Amérique, dut donc affaiblir momentanément toutes les nations de l’Europe, et celles qui en fondèrent le plus, durent se trouver plus affaiblies que les autres, c’est ainsi qu’on a souvent attribué l’épuisement de l’Espagne, à la conquête du Mexique et du Pérou.

[Translation]

   We may regard powers of a nation in the political balance and vis-à-vis to other peoples as resulting from the proportion between her population increased due to her wealth and the extension of her frontiers. In peacetime, her frequency to quarrel and dispute with other nations is in proportion to the number of her points of contact with them; during the war, the difficulty in defence is also in proportion to the number of her points of contact. Though this rule may be subject to many modifications, it seems to me that it will help to understand, for example, how a nation whose wealth or population does not grow would begin declining were she transplanted into a country twice as large as that which she occupies currently. If a nation in Europe had lacked for men and money to send a colony abroad, she would become weakened among her neighbouring nations, while the settlers, barely powerful enough to subsist in opposition to their new neighbours, could be of no service to the nation. The foundation of colonies in America must, therefore, have weakened all nations of Europe temporarily, and the nation who founded the most colonies must have gone weaker than any other nations. Thus, we have often attributed the exhaustion of the Spaniards to their conquest of Mexico and Peru.

Tuesday, 26 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 340-341]

   Nos colonies au delà des mers diffèrent des unes et des autres: il n’y avait point en Europe un excès de population qui nécessitât la sortie des essaims qui ont traversé l’Atlantique: on n’a jamais songé à s’assurer par leur moyen de l’obéissance des Peuples au milieu desquels ils se sont établis, mais plutôt à les chasser et à les remplacer; on n’a point vu enfin dans cet établissement, une augmentation de forces, mais une augmentation de richesses; en sorte que les colonies des Grecs sont nées de la nécessité, celles des Romains de l’ambition, et les nôtres de l’avarice (3).

[Translation]

    Our overseas colonies are different from both those of the Greeks and of the Romans. Europe was then going through no excess of population, which would of necessity have led to a massive emigration across the Atlantic Ocean. Nor did we intend, by means of the colonies, to secure obedience of the peoples among whom the colonies were established, but to roust and replace them. Finally, we did not aim at a rise in power but in wealth in this establishment. In conclusion, the Greek colonies are the child of necessity, the Roman of ambition, and ours of avarice (3).

Monday, 25 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 340]

   Les colonies des Romains n’étaient point du même genre; c’étaient des garnisons qu’ils établissaient d’une manière permanente, après leurs conquêtes, au milieu des Peuples soumis, pour s’assurer de la continuation de leur obéissance, et les incorporer pour toujours à leur vaste Empire: dans leur fondation ils se proposaient un avantage particulier pour les colons, et une augmentation de force pour l’Etat.

[Translation]

   The same is not true of the colonies of the Romans. They were garrisons that they established in a permanent way among defeated peoples after their conquests, to ensure the continuation of their obedience, and to incorporate them into the vast Roman Empire for ever. In foundation of the colonies, the Romans aimed at an individual advantage for settlers and at a rise in power for the state.

Sunday, 24 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 340]

   Les Grecs envoyaient assez fréquemment des colonies, occuper des déserts; mais c’était lorsqu’un excès de population dans la mère patrie, exigeait qu’elle se déchargeât d’une partie de ses enfants: des liens de parenté étaient censés unir les deux nations, elles s’assistaient réciproquement, mais n’étaient point dépendantes l’une de l’autre. Un avantage mutuel avait présidé à la naissance de ces colonies, ceux qui restaient dans le pays demeuraient plus à leur aise, ceux qui partaient, trouvaient dans leurs nouveaux établissements plus de facilité pour vivre.

[Translation]

   The Greeks, frequently enough, sent colonies for occupying deserts. But they did so when an excess of population in the home country demanded that it should be discharged from a part of its children. The identity of ancestry was regarded as unifying the two nations, and they assisted each other reciprocally, but did not depend upon each other. A mutual advantage had given birth to these colonies; those who remained in the home country live in less distress, while those who went out found ways to live with more ease in their new settlements.