Thursday, 23 September 2010

Book 3, chapter 6, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 312-314]

   La seconde Compagnie des Indes, greffée sur celle d’Occident, est la plus puissante de toutes celles que la France a vu naître. Elle fut créée pour le commerce du Mississipi au mois d’Août 1717, et son privilège enregistré au Parlement le 6.e de Septembre. Dès son origine, son capital s’était élevé à cent millions. Au Octobre 1719 il arrivait à trois cents millions, somme à laquelle un arrêt du Conseil le fixa. C’était l’époque du Système, et de cette étrange fureur d’agiotage qui s’était emparée de la nation; l’un des événements les plus remarquables de l’histoire du commerce du monde. L’on vit alors les actions de la Compagnie, connues sous le nom d’ancien Occident, se vendre, jusqu’à 1900 pour cent de leur valeur. Elle profita de cette courte prospérité qui, n’avait aucune base réelle, pour faire au Roi en divers payements un prêt de seize cents millions, au moyen duquel il acquitta les dettes de l’État. Lors de la chute rapide du Système, conséquence nécessaire d’un accroissement qui avait tenu de la folie, le Gouvernement, soit comme débiteur de la Compagnie des Indes, soit comme protecteur des milliers de particuliers qui lui avaient confié leur fortune, fit les plus grands sacrifices pour la soutenir. L’édit du Roi, de Juin 1725, pour la décharge de la Compagnie des Indes, contient des quittances et des règlements de compte pour des sommes effrayantes: tantôt ce sont trois milliards soixante et dix millions desquels la Compagnie est dispensée de rendre compte, tantôt cinq cent huitante-trois millions dont le Roi lui fait don, tantôt la rétrocession de cinquante millions d’actions appartenantes à Sa Majesté. Or, il y a treize articles de ce genre, qui peuvent donner une idée de la fureur à laquelle l’agiotage s’était porté, et de l’immense capital sur lequel la nation avait joué avec tant d’extravagance.

[Translation]

   The second India Company, grafted upon the West Company, is the most powerful of all the companies France have ever seen born. The company was created for trading with Mississippi in August, 1717, and its privilege was registered in Parliament on 6 September. Its capital amounted to 100 million at the beginning, and to 300 million on 12 October 1719, a sum which was to be fixed by a ruling of the Council. That was the time of the System, and of that strange craze for speculation which absorbed the nation, one of the most remarkable events in the commercial history of the world. In those days, shares of the Company, still known by the former name of the West Company, were on sale up to 1900 per cent of their face value. The Company made use of that short-lived prosperity which was really ungrounded, to provide a loan of 1,600 million to the King in payment of many things, by means of which he paid back the debts of the state. At the time of the rapid fall of the System, which was a necessary consequence of an abnormal inflation, the government made the largest sacrifices for its maintenance, be it as a debtor of the India Company or as a protector of millions of individuals who had invested their fortune in it. To ease the burden upon the Company, the Royal edict in June, 1725, contains surprisingly large sums of receipts and payments. The edict has it that the Company should be exempted from 3 billion 70 million of debt, and the King should give it 583 million and disposes of 50 million of shares belonging to his Majesty. There are 13 articles of this kind, which can give an idea of the degree of craze with which speculation had been sought, and of the sum of capital that the nation had invested in such extravagance.

Wednesday, 22 September 2010

Book 3, chapter 6, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 310-312]

   On serait disposé à croire en voyant faire une perte si énorme à une Compagnie revêtue de privilèges si avantageux, que le commerce qu’elle entreprenait était de sa nature si dangereux et si peu profitable, que toutes les gratifications du Roi ne pouvaient compenser les risques qui lui étaient attachés; on se tromperait fort cependant; c’était l’entreprise de conquérir, gouverner, et trafiquer tout ensemble, qui le rendait ruineux. Il n’appartient point aux mêmes personnes de se charger d’opérations aussi contraires, et qui demandent une tournure d’esprit si différente. Aucune assemblée au monde n’est moins propre à exercer la souveraineté qu’une assemblée de marchands, et aucune société n’est moins propre à réussir dans le commerce qu’une compagnie de Souverains. Dans le temps même où la plus ancienne Compagnie des Indes s’épuisait par des guerres désastreuses, des interlopes, particulièrement de Saint-Malo, qui outre tous les obstacles que la Compagnie elle-même rencontrait dans les Indes, avaient encore à lutter contre la jalouse vigilance de ses facteurs, et contre toute la rigueur des ordonnances à leur retour en France, faisaient cependant avec l’Inde le commerce le plus lucratif. Ils voulurent lui donner plus de consistance, en acquérant d’elle-même le droit d’y négocier, ils l’achetèrent à des conditions fort onéreuses, abandonnant à la Compagnie quinze pour cent du produit de la vente des marchandises qu’ils tireraient de l’Inde, s’engageant à porter pour son compte sans payement d’aucun fret dix tonneaux de marchandises des Indes par vaisseau, et pédant à la Compagnie la prime que le Roi accordait pour chaque tonneau employé à commerce (3). La prospérité de ces marchands eut pour terme, celui de leur indépendance; dès qu’ils eurent acquis de la consistance et des privilèges exclusifs, ils commencèrent à leur tour à déchoir.

[Translation]

   The fact that a company with such advantageous privileges recorded a great deficit might lead us to believe that the undertaking of the company was so dangerous and unprofitable by nature, that all preferential treatments from the King could not compensate the risks attached to it. But this would be a gross misunderstanding. It was the project to conquer, govern, and trade all together that ruined the company. We must not charge one person with the tasks which are so contrary to one another, and which demand such different casts of mind. No assembly is less good for a sovereign role than an assembly of merchants, and no company is less good for commercial success than a state company. When the first India Company exhausted itself due to disastrous wars, interlopers, especially from Saint-Malo, did the most roaring trade with India, in spite not only of all the obstacles that the company met in the Indies, but also of the jealous vigilance of its staff and of all the rigorous ordinances in their return to France. They hoped to give their business more firmness by acquiring the right to trade there for themselves, and bought it on extremely burdensome conditions, that they should yield to the company 15 per cent of the sales of commodities imported from India, should carry ten tons of commodities from India per vessel on its behalf without receiving payment for transport, and should cede the company the bounty that the King accorded for each ton used for this trade (3). The prosperity of these merchants lasted as long as their independence. Hardly had they acquired stability and exclusive privileges when they began going into decline in turn.

Tuesday, 21 September 2010

Book 3, chapter 6, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 307-310]

   Les lettres patentes expédiées à Vincennes, et vérifiées en Parlement le 1er Sept, 1664, pour l’établissement de la Compagnie des Indes Orientales (1), lui accordent les plus brillants privilèges. Le Roi renonçait en sa faveur à la possession de Madagascar, outre qu’il lui cédait celle des conquêtes qu’elle pourrait faire; il exemptait de tous droits les marchandises sur lesquelles elle ne ferait qu’un commerce de transport, et ne soumettait qu’à la moitié des droits d’entrée, celles qu’elle importerait pour la consommation du Royaume; il lui permettait l’exportation du numéraire, alors interdite à tout autre; il lui promettait 50 liv. par tonneau de gratification, pour les marchandises que ses vaisseaux porteraient dans les pays de sa concession, et 75 liv. pour celles qu’ils en rapporteraient, et déchargeraient dans le Royaume; enfin il lui avançait entre la première époque de son établissement, et le 21 Septembre 1668, la somme de quatre millions, remboursables dans dix ans sans intérêt, et sur lesquels il consentait à supporter toute la perte que ferait la Compagnie, si ses spéculations étaient malheureuses. Avec tant d’avantages, elle ne cessa de déchoir, jusqu’à l’époque, où en 1708 elle céda son privilège à des armateurs de St. Malo. Le 13 Mars 1675 le Roi l’avait déchargée des quatre millions qu’elle lui devait; on fit à plusieurs reprises des appels aux actionnaires pour augmenter ses fonds, qui lors de l’établissement de la Compagnie étaient de huit maillions, et qui durent être portés à quinze par ces appels. En 1684 il se trouva cependant qu’ils ne montaient plus qu’à 3,353,966 liv. Malgré un nouveau supplément de 728,975 liv. demandé aux actionnaires, et un autre de 320,000, au mois d’Avril 1687, ses fonds à cette dernière époque ne se trouvèrent monter qu’à deux millions cent mille livres. En 1701 elle obtint du Roi un prêt de 850,000 liv., de ses Directeurs une nouvelle mise en fonds e 800,000 liv., et des actionnaires un supplément de cinquante pour cent. Cependant lors de sa réunion en 1719 à la Compagnie d’Occident, son passif surpassait son actif de plus de dix millions. On peut donc estimer à plus de trente millions la dissipation de capitaux nationaux qui a été faite par cette première Compagnie des Indes, par delà tout le profit de monopole qu’elle faisait sur les marchandises qu’elle vendait, et qui équivalait à un impôt sur la consommation des sujets de l’État (2).

[Translation]

   The charters issued in Vincennes, and approved in Parliament on 1 September 1664, for the establishment of the East India Company (1), accorded it the most brilliant privileges. In favour of the company, the King gave up possession of Madagascar, in addition to ceding it possession of the conquests that he was able to make He exempted from taxation the commodities not imported but only transported by the company, and levied only a half of taxes upon the entry of those imported by it for consumption within the Kingdom. He permitted it to export specie, while he prohibited any one else from doing so. He promised 50 livres per ton of bounty to it, for commodities that its vessels would carry into the countries disposed of by him, and 75 livres, for commodities that they would bring back to the Kingdom and unload there. Finally, he advanced it four million between the first time of its establishment and the 21st September 1668, a sum which was repayable in ten years with no interest, and upon which he consented to sustain all the loss that would happen to the company if its speculations were with no success. With all such advantages, the company did not cease to decline until the year of 1708, when it ceded its privilege to shipowners in Saint-Malo. On 13 May, 1675, the King had discharged the company from the four million that it owed him. The shareholders were more than a few times assembled for increasing its capital, the sum of which had been eight million at the time of establishment of the company and must have been increased to 15 million through these assemblies. In 1684, however, it turned out that its capital amounted to only 3,353,966 livres. In spite of a new supplement of 728,975 livres demanded on the shareholders, and another one of 320,000, the capital turned out in the end to amount to only 2.1 million livres in April 1687. In 1701, the company made a loan of 850,000 livres from the King, and another of 800,000 livres from its directors, and received a supplementary investment of 50 per cent from the shareholders. However, at the time of its merger in 1719 with the French West Company, it had more liabilities than assets by more than ten million. The national capital wasted by this first India Company can be estimated, therefore, at 30 million, for all the monopoly profit that the company gained from sales of commodities and that was equal to a tax upon consumption of the subjects of the state (2).

Monday, 20 September 2010

Book 3, chapter 6, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 306-307]

   Il y a lieu de croire que de toutes les Compagnies qui ont existé jusqu’ici, celle où lés dilapidations des agents et des facteurs ont été poussées le plus loin, est la Compagnie Anglaise des Indes Orientales, qui possédant le monopole de presque toute l’Europe, faisant le commerce le plus vaste qui jamais ait été fait sur un capital réuni, joignant aux profits de ce commerce, les revenus d’un des Empires les plus étendus, les plus riches et les plus peuplés de l’Univers, dont elle est souveraine dans l’lndostan, se trouve cependant presque toujours au-dessous de ses affaires et est plus souvent dans le cas de solliciter les secours de la trésorerie, que d’offrir des dividendes aux actionnaires. Mais sans avoir besoin d’aller chercher nos exemples au dehors, l’histoire des Compagnies Françaises, depuis la première fondée le 26 Mai 1664 jusqu’à nos jours, n’est qu’un tissu de pertes et de faillites, occasionnées, si ce n’est par les voleries, du moins par l’ignorance, l’imprudence, et l’incurie de leurs divers Directeurs.

[Translation]

   There is good reason to believe that, of all companies that have existed up to today, the British East India Company has had agents and representatives commit the most extreme abuses. Making a monopoly of almost all Europe, engaging in the most extensive trade that has ever been carried out with a joint stock, and combining the profits of this trade with the revenue from the largest, richest, and most populous empires all over the world, where the company is the sovereign of Hindustan, the company is nevertheless almost always in debt, and more often expects relief aids from the treasury than offers dividends to shareholders. But we do not have to visit abroad to search for our example. Since the first company was founded on 26 May, 1664, until today, the history of French companies is only a series of losses and failures, occasioned due to ignorance, imprudence and negligence of their different directors, not to say to their misappropriation.

Sunday, 19 September 2010

Book 3, chapter 6, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 305-306]

   Un privilège exclusif accordé à une compagnie d’actionnaires, revient à peu de chose près à une autorisation pour ses agents, de pousser sans scrupule leurs dilapidations, leur inattention, et même leurs voleries, jusqu’au dernier terme; dans l’assurance que ce ne seront point les actionnaires, mais les consommateurs, qui en souffriront; et que quels que soient les vices des Directeurs, la nation en supportera les conséquences, et non point ceux qui leur auront confié leurs intérêts. Il arrive cependant, il est vrai, un terme auquel les profits, même des monopoleurs, ne peuvent suffire pour couvrir tant de voleries et de dilapidations; alors la Compagnie fait banqueroute, et les actionnaires se ruinent, tandis que leurs agents s’enrichissent; mais lors même que le désordre est arrivé à ce point, on ne peut guère espérer de le voir se corriger; l’intérêt personnel des gens qui profitent du maintien des abus, a plus de pouvoir pour les maintenir, que l’intérêt froid et éloigné de ceux des actionnaires qui ne veulent que le bien, n’en a pour les détruire.

[Translation]

   In most cases, an exclusive privilege accorded to a joint stock company means an authorisation for its agents to push forward without scruple with extravagance, inattention, and even misappropriation, unlimitedly. They are assured that it is not shareholders but consumers that will suffer from those evils, and that, no matter what the evils of the management may be, the nation will suffer from the consequences of them, and those who have committed their interests to the management will not. However, it is true that the time comes when even monopolisers cannot gain profits sufficient to cover such extravagance and wastes. Then, the company goes into bankruptcy, and the shareholders are ruined while their agents are rich. However, even when the state of things has reached this degree of disorder, no one can hope to see it corrected. The men who profit from the maintenance of the abuses take keener interest in maintenance of them than do shareholders, who are cold and distant, and make much of only their advantage, in eradication of them.

Saturday, 18 September 2010

Book 3, chapter 6, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 304-305]

   Une Compagnie qui se forme et qui subsiste sans privilège exclusif, n’est accompagnée d’aucun inconvénient; elle ne détourne point les capitaux d’un commerce vers un autre, elle ne peut naître que lorsque l’utilité publique demande l’existence du commerce qu’elle embrasse, en élevant le prix relatif libre des marchandises qui en sont l’objet au niveau de son prix intrinsèque: encore qu’une certaine dissipation soit toujours la conséquence de l’administration d’une Compagnie fort riche, la concurrence que peuvent lui faire d’autres Compagnies, où même des particuliers, met des bornes à ces dépenses et à cette dilapidation. Si elle la porte assez loin pour contrebalancer les avantages que doivent lui procurer la supériorité de ses capitaux, la perte immédiate qui en est le résultat, rappelle l’attention des actionnaires sur les vices de l’administration, et, les presse de la corriger; en sorte que par cela même que la Compagnie est libre, elle peut mieux supporter la liberté. Mais si au contraire la société jouit d’un privilège exclusif, comme elle renchérit ses marchandises, en raison des pertes que lui font éprouver les voleries ou les dissipations dé ses agents, les actionnaires demeurent fort long-temps sans s’apercevoir des abus qui se sont introduits dans l’administration, ils leur laissent jeter de profondes racines et lorsqu’ils commencent à leur tour à en souffrir, ils ne se trouvent souvent plus en moyens de les réprimer.

[Translation]

   No company formed and maintained without exclusive privilege does any inconvenience. It does not divert capital away from one trade to another; it cannot be created until the public utility demands the existence of the trade that the company undertakes, by raising the free relative price of the commodities dealt with by it to the level of its intrinsic price. Even though a certain waste may be a consequence of the administration of an extremely rich company, the competition in which the company is with other companies or even individual merchants checks this extravagance and waste. If the company makes this waste so extreme as to offset the advantages that it enjoys due to its superiority of capital, the immediate loss resulting from that draws the attention of shareholders to the evils of the administration, and urges them to correct it. As a consequence, for the very reason that the company is free, it can support the freedom better. However, if, on the contrary, the company enjoys an exclusive privilege, it raises the price of its commodities in proportion to the losses sustained due to the misappropriation or extravagance of its agents, and, therefore, the shareholders are unaware for a long time of the abuses which has been introduced in the administration, leave them prevailing, and often find themselves no longer able to check them when they begin to suffer from them in turn.

Friday, 17 September 2010

Book 3, chapter 6, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 303-304]

   Lors même que le commerce qu’une Compagnie a entrepris, est d’un autre genre, s’il est réellement de nature à ne pouvoir être soutenu que par les fonds réunis d’une société d’actionnaires, la Compagnie possède toujours un monopole de fait, bien qu’elle ne l’ait pas de droit; car elle n’a point à craindre la concurrence des marchands particuliers, qui se trouvent dans l’impossibilité de suivre le même commerce qu’elle: la seule qu’elle puisse redouter, c’est celle d’une autre Compagnie formée à sou imitation; mais s’il n’y en a que deux ou trois dans un Etat, elles trouveront bien mieux leur compte à se liguer contre les consommateurs, qui dépendront d’elles, qu’à lutter pour le profit de ceux-ci les unes contre les autres. Cependant il est arrivé fréquemment que des Compagnies qu’on avait affirmé être seules propres à certain commerce, celle des Indes en particulier, ont eu beaucoup a souffrir de la concurrence que leur faisaient des négociants indépendants; preuve évidente que le commerce qu’elles entreprenaient pouvait s’exercer avec des fonds moins considérables que ceux d’une société d’actionnaires, dès que des armateurs particuliers pouvaient envoyer aux Indes des vaisseaux interlopes, et faire le même négoce qu’elles.

[Translation]

   If a company has undertaken another kind of business, but can maintain it only by becoming a joint stock company, it always enjoys a monopoly as a matter of fact, though not as a matter of right. This is because it does not have to fear the competition with individual merchants, none of whom are able to engage in the same trade as the company. All the company can fear is competition with another company formed in imitation of it. Still, if there are only two or three companies of this kind in the interior of the state, they will gain more in allying themselves with each other against consumers dependent upon them, than in competing with each other for profit from consumers. However, it was frequently that companies defined as trading with a certain area for their own business in general, and the India Company in particular, had to suffer much from the competition in which they were with independent merchants. That is evident proof that the trade undertaken by those companies could be carried out with a smaller sum of funds than any supposedly undertaken by a joint stock company, since individual shipowners could sent unauthorised vessels to India, and carry out the same trade as the companies.