Sunday, 25 July 2010

Book 3, chapter 3, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 228]

(2) De l’influence que peuvent avoir les douanes !sur la prospérité de la France, p. 32.

[Translation]

(2) De l’influence que peuvent avoir les douanes sur la prospérité de la France, p. 32.

Saturday, 24 July 2010

Book 3, chapter 3, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 227-228]

(1) Cette somme divisée par la population de la France, donne 52 fr. 4o c. par individu; nous avons vu que le moindre journalier du Léman, qui ne soupçonne pas qu’il paye la douane, débourse cependant pour cet objet 20 fr. 68 c. Les femmes, les enfants, les vieillards, les malades de la même classe, la payent comme lui sur leurs habits, et de plus que lui sur leurs boissons et leurs médicaments. Tous les artisans des villes, et presque tous ceux des villages dans le même Département font usage chaque jour de sucre et de café. L’augmentation de prix de ces deux marchandises depuis qu’elles sont soumises aux douanes Françaises est pour une année de plus de 20 fr. par tête. Or les impôts sur la consommation étant proportionnés à la dépense, la quotepart des journaliers et des artisans n’est rien auprès de celle des riches, aussi la moyenne de ce que coûte la douane dans le Département du Léman est-elle au moins de 30 fr. par individu, ce qui fait six millions pour cette petite partie de la France.

[Translation]

(1) This sum, divided by the population of France, gives 12 francs 40 centimes per person. We have seen that the poorest day-labourer in Leman, who supposes himself to pay no customs duty, nevertheless pays out 20 francs 68 centimes for this object. A female, infant, aged, or sick person of the same class pays as much as he for clothes, and more than he for drinks and medicines. All artisans in cities, and almost all in villages, in the same department make use of sugar and coffee every day. The rise in price of these two commodities which has resulted from the French customs is more than 20 francs per capita in a year. And yet, since taxes upon consumption are proportional to the expenditure, the share of day-labourers and artisans is nothing compared with that of the rich. Therefore, the average of that which the customs in the department of Leman costs is at least 30 francs per person, which produces six million for this small part of France.

Friday, 23 July 2010

Book 3, chapter 3, paragraph 23

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 249]

   À côté de l’espérance d’un avenir si flatteur, espérance qu’on pourrait réaliser avec une avance bien modique, que l’on place les centaines de millions sacrifiés sans retour par les consommateurs ou les contribuables, au système ruineux des douanes, et que l’on compare ce qu’est l’industrie Française, à ce qu’elle pourvait être, à ce qu’elle sera sans doute, lorsque les Législateurs de la République auront porté leur attention bienfaisante vers la réforme de ses lois commerciales.

[Translation]

   In spite of the hope of such a coming gratification which could be realised with a very modest advance, we allocate hundreds of millions sacrificed without return by consumers and taxpayers to the ruinous system of custom duties, and we compare what the French industry is with what it could be, or will undoubtedly be, if the legislators of the Republic should have paid beneficial attention to reform of her commercial laws.

Thursday, 22 July 2010

Book 3, chapter 3, paragraph 22

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 248-249]

   Un manufacturier qui obtient un crédit de 100,000 francs, pour former une entreprise reconnue avantageuse, a assuré sa fortune pour sa vie; et ce prêt, quoiqu’il en paye les intérêts, lui donne bien plus d’aisance, qu’une somme égale que le Gouvernement lui paierait sans retour comme prime, pour encourager une nouvelle manufacture, qui ne pourrait sans secours vendre au prix relatif; car alors il en ferait profiter uniquement ses chalands. L’émulation entre les fabricants serait donc vivement excitée par l’espoir d’un pareil avantage; dix ou vingt concurrents se présenteraient chaque année, et ceux mêmes qui n’obtiendraient pas la palme, n’en seraient pas moins utiles à leur pays: les découvertes se multiplieraient, tous les travaux se perfectionneraient, nos artisans surpasseraient en industrie ceux de toutes les autres nations; loin de redouter la rivalité de ceux-ci, nous, irions provoquer la confrontation sur leurs propres marchés; et tandis que le commerce marcherait à grands pas vers la prospérité la plus éclatante, les consommateurs jouiraient de la totalité de leurs revenus, et seraient servis au plus bas prix possible par les artisans qui travailleraient pour eux.

[Translation]

   A manufacturer who has 100,000 francs of credit, in order to form a business recognised as advantageous, have his fortune for his life; and this loan, though he pays the interest for it, gives him much more comfort than the same amount paid by the government to him without return as bounty, in order to encourage a new manufactory, which could not sell at a relative price with no aid, because then it would make his customers alone profit from that. The emulation among manufacturers would, therefore, be strongly excited by the hope of such an advantage. Ten or twenty rivals would appear every year, and even those who do not take the prize would be nonetheless useful to their country. The number of discoveries would be larger, all works would be improved, and our artisans would surpass those of all the other nations in industry. Far from fearing rivalry with them, we would come to face up to them in their own markets. While trade would rapidly reach toward prosperity of the most glory, consumers would enjoy all their revenue, and would be served at the lowest price possible by the artisans who would work for them.

Wednesday, 21 July 2010

Book 3, chapter 3, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 246-248]

   À supposer que le Gouvernement pût mettre à part dix millions annuellement, non point pour être aliénés sans retour, mais pour être prêtés à intérêt à des fabricants; chaque Département aurait chaque année à disposer d’une prime de 100,000 francs pour encourager l’industrie. Le Conseil de commerce du chef-lieu, prendrait connaissance des moyens des divers prétendants qui se présenteraient à lui pour la réclamer. Leurs machines, leurs outils, leurs observations, les échantillons de leurs marchandises avec leurs factures, seraient soumis à son inspection; il s’assurerait que ces échantillons pourraient rivaliser, tant pour le prix que pour la qualité, avec ceux de même nature qu’on apporte librement sur les mêmes marchés; il exigerait des garants, non point de la solvabilité des entrepreneurs, mais seulement de leur moralité, garants qu’on ne pourrait poursuivre pour le remboursement de cette créance de l’Etat, ou le payement des intérêts, qu’autant que la faillite des premiers serait frauduleuse; et après avoir fait choix de celui dont la manufacture lui paraîtrait devoir être la plus utile au Département, il lui prêterait au nom de la nation la somme de 100,000 francs, avec intérêt au cinq pour cent, contre son engagement d’ouvrir incessamment sa nouvelle manufacture, et il le déchargerait du payement des intérêts pendant les cinq premières années pour lui faciliter son entrée dans les affaires. Celui qui apporterait chez nous une industrie étrangère, et qui n’aurait que le mérite de bien exécuter ce que d’autres auraient inventé, ne serait point repoussé du concours; il suffirait que le débit avec bénéfice de sa manufacture, sur un marché libre, fût assuré, pour qu’elle méritât d’être dotée. D’autre part, cependant, les hommes de génie qui auraient obtenu un brevet d’invention pour une découverte nouvelle dans les arts, pourraient prétendre à la même faveur, et ces découvertes ne seraient plus, faute do fonds, perdues pour eux et pour la société.

[Translation]

   Let us suppose that the government can set aside 10 million annually, not to alienate it without return but to lend it at interest to manufacturers. Each department would have to have 100,000 francs of bounty at its disposal every year for encouragement of industry. The Council of Commerce of the administrative centre would examine the means of various claimers who present themselves there in order to ask for it. Their machines, tools, observations, samples of their commodities with their techniques, would be subject to its inspection. It would be convinced that these samples could rival those of the same nature which are carried freely into the same markets, in price as well as in quality. It would ask guarantors, not for solvency of entrepreneurs, but simply for their morality, guarantors whom it would be possible to tell to pay off this credit of the state, or pay interests, only when the bankruptcy of the formers would be fraudulent. Moreover, after having chosen the man whose manufactory would seem to it to be certainly the most useful to the department, it would lend him 100,000 francs, in the name of the nation, at the interest of five per cent, against his promise to establish his new manufactory soon, and it would exempt him of payment of interests in the first five years, in order to make it easy for him to enter into the business. The man who would bring a foreign industry to us, and who would have only the merit of executing well what others would have invented, would not be denied admittance to competition. It would suffice that sales with profits of his manufactory in a free market are ensured, in order for the manufactory to deserve to be provided with capital. On the other hand, however, ingenious men who would have taken out a patent for a new discovery in arts could claim the same preferential treatment, and these discoveries would no longer be lost for them and for the society, for lack of stocks.

Tuesday, 20 July 2010

Book 3, chapter 3, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 245-246]

   Le seul moyen, en effet, de faire prospérer une nouvelle fabrique, c’est de la doter; c’est-à-dire, de fournir à l’entrepreneur le capital nécessaire pour la mettre en activité. Mais une manufacture ne mérite cette faveur, qu’autant que l’entrepreneur a prouvé, que par l’invention, ou seulement par l’introduction dans son pays de procédés économiques, et d’une industrie perfectionnée, il parvient à faire les mêmes choses en qualité égale, meilleur marché que ses rivaux, en sorte que le débit de ses marchandises lui soit assuré par leur bas prix.

[Translation]

   The only means, in fact, to make a new manufactory prosper is to provide for it; that is to say, to provide the entrepreneur with capital necessary to set it in motion. But only in a case is a manufactory worth preferential treatment. The case is where the entrepreneur has proved that invention, or simply introduction to his country of economical processes and improved industry enables him to manufacture the same commodity of equal quality at such a lower cost than his rivals, that the lower price may ensure better sales of his commodities.

Monday, 19 July 2010

Book 3, chapter 3, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 244-245]

   Le Gouvernement faisait faire un sacrifice d’argent immense aux consommateurs et à toute la nation, dans le but de soutenir l’industrie française; cependant il n’y réussissait point. C’est bien aussi par des sacrifices d’argent, qu’après lui avoir rendu sa liberté, il pourra redoubler son activité; mais pour qu’ils ne s’élèvent pas au delà de toute proportion avec les économies que la nation est en état de faire, il faut que désormais ils soient connus, que la somme en soit déterminée, et qu’ils sortent directement du trésor public; et non que les marchands et fabricants soient autorisés à puiser dans la bourse des contribuables, sans rendre compte, et sans que l’on puisse même mesurer l’étendue de leurs extorsions. Les consommateurs de deux Départements seulement, le Mont-Blanc et le Léman, perdent au moins dix millions par l’existence de la douane. Cette somme consacrée chaque année par toute la France à faire fleurir les manufactures, les porterait en peu de temps à un degré de prospérité inexprimable. Qu’on la réduise cependant à la moitié, au dixième s’il le faut, et le Gouvernement pourra faire encore beaucoup avec un million chaque année; un million suffit pour doter dix manufactures.

[Translation]

   The government made consumers and the whole nation sacrifice much money for the purpose of supporting French industry, but with no success in it. Admittedly, by means of sacrifices of money, too, it is probable that the government will activate industry after the restoration of its freedom. In order for the sacrifices not to rise beyond the proportion to the economies that the nation is capable of making, however, it is necessary that they should be known at that moment, that their sum should be determined, and that they should be paid from the public treasury; and it is not necessary that merchants and manufacturers should be authorised to pick a pocket of taxpayers, with no explanation and with no opportunity to even measure the extend of their extortions. Consumers of only two departments, Mont-Blanc and Leman, lose at least ten million due to the existence of the customs. This sum, if destined every year by the whole France for more prosperity of manufactures, would soon bring them to an inexpressible degree of prosperity. However, if this is reduced to a half, or a tenth if needed, then it is probable that the government will do much more with one million every year; one million suffice to provide for ten manufactories.