Saturday, 8 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 52

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 209]

   Les manufactures de galons, de rubans, de broderies, et de tirage d’or, étaient autrefois très florissantes à Lyon; leur principal débouché était l’Espagne et l’Amérique méridionale, et au second rang l’Allemagne, la Russie, et le Levant. Les lois des nations étrangères ont surchargé de droits plusieurs de ces marchandises, et en rendent le débit très difficile. On n’aurait pas bonne grâce à leur demander de diminuer ces droits, à moins qu’on ne leur offrît en retour une faveur semblable de la part des douanes Françaises. Le bien de ces manufactures exige donc la suppression du système actuel.

[Translation]

   The manufactures of braids, ribbons, embroidery, and gold wires were once extremely flourishing in Lyon. Their principal markets were Spain and South America in the first place, and Germany, Russia, and Levant in the second. Laws of foreign countries have imposed several taxes upon these commodities, and make their sales extremely difficult thereby. No one would be entitled to demand them to diminish the taxes, unless he offers them in return a similar preferential treatment on the part of French customs duties. Therefore, the interest of these manufactures asks for abolishment of the present system.

Friday, 7 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 51

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 205-209]

   La manufacture de soie en 1788 occupait 58500 ouvriers; sur 14777 métiers elle en avait 5447 de vacants; sa décadence était déjà très marquée; elle a perdu encore environ 2335 métiers depuis cette époque. Paris consommait la moitié des produits de ses manufactures, les provinces un quart, l’étranger le reste (31). Les étoffes en dorure étaient consommées aux trois quarts par l’étranger; l’exportation se soutient aujourd’hui d’une manière proportionnée à la diminution du débit total. La douane ne favorise donc point une manufacture dont le prix intrinsèque est inférieur au prix relatif des autres nations. Voici cependant les faveur qu’elle demande 1.° Qu’on permette la sortie du numéraire pour acheter les soies d’Italie (32). Nous avons vu dans les deux premiers livres que la raison et la saine politique autorisent la libre sortie du numéraire dans tous les cas. 2.° Qu’on admette le velours et les autres étoffes de Lyon dans le costume des autorités constituées (33). Il me semble qu’à cet égard le Gouvernement en multipliant les costumes, s’est éloigné de son but. La France était en possession de régler la mode dans toute l’Europe, et ses manufactures dérivaient un très grand avantage de cet empire qu’elle avait acquis sur le goût. En multipliant les costumes, elle s’expose à le perdre; car un étranger se rendrait ridicule s’il paraissait en public avec l’habillement distinctif d’un Consul, d’un Conseiller d’État ou d’un Préfet français; lorsqu’au contraire ceux-ci ne se distinguent de leurs concitoyens que par plus de recherche et de goût dans un habillement de fantaisie, tous ceux qui les voient, s’empressent de les prendre pour modèles, et la mode établit son empire sur la considération attachée à tout ce qui rappelle l’image de personnages importants. 3.° Que l’on établisse un droit de vingt-cinq pour cent sur les crêpes de Bologne, introduits en France (34). Les crêpes de Bologne ne sont peut-être pas réellement supérieurs à ceux de Lyon, mais ils jouissent d’une ancienne réputation, qui fait qu’ils se vendent 50 francs la pièce, tandis que les derniers ne se vendent que 45 francs; ceux-ci depuis l’invention de la machine à crêper de Bagnon, qui économise les trois quarts du travail, peuvent réellement être cédés à meilleur marché, aussi s’en exporte-t-il encore quelque peu à l’étranger, et les fabriques de crêpe ont-elles pris chaque jour dans l’année dernière un plus grand degré de prospérité (35). Le monopole qu’on demande autoriserait donc une fabrique, qui fait déjà des profits très honnêtes, à augmenter son prix de vingt-cinq pour cent au préjudice des consommateurs français; car quant aux étrangers ils cesseraient d’acheter à ce prix-là. Un profit si considérable attirerait de nouveaux capitaux à la manufacture de crêpes, et les ôterait probablement aux fabriques travaillant pour le dehors, puisque ce sont celles dont les bénéfices peuvent le moins s’élever. Enfin un droit imposé sur les soieries d’Italie, autoriserait du moins aux yeux de la justice générale, les États d’Italie à imposer un droit correspondant sur les soieries de Lyon, qui trouvent dans toute cette contrée un débouché très avantageux, particulièrement pour les étoffes façonnées; en sorte que l’innovation demandée réduirait le commerce d’importation de Lyon, et le changerait en un commerce intérieur de monopole.

[Translation]

   In 1788 the silk manufacture employed 58,500 labourers, and had 14,777 looms, 5,447 of which were idle. Its decline was already extremely remarkable. It has lost some 2,335 more looms ever since. Paris consumed a half of the productions of these manufactories, provinces a quarter, and foreign countries the rest (31). As for silk gilded with gold, three fourths was consumed abroad. The exportation is today maintained in a way proportional to the diminution of the total sales. Therefore, the customs duty does not aid a manufactory whose intrinsic price is inferior to the relative price in foreign markets. Now, nonetheless, it demands preferential treatments. First of all, it demands that specie should be allowed to flow out to purchase silk of Italian make (32). We have in the first two books seen that reason and sound policy admit the free outflow of specie in all cases. Secondly, it demands that velvet and other cloth from Lyon should be adopted as materials of official costumes (33). It seems to me that in this respect the government has been far away from its purpose, by multiplying the costumes. France was in a position to set the fashion all over Europe, and her manufactures derived a great advantage from that empire she had acquired over the fashion. By multiplying the costumes, she is exposed to the risk to lose it, because a foreigner would be made fool of if he appeared in public in dress distinctive from a French Consul, Councillor of State or Prefect. If such a person is, on the contrary, only distinguished by better refinement and grace in irregular clothing, all those who see him are soon to take him for models, and the mode establishes its empire over the consideration attached to all that reminds us of the image of important personages. Thirdly, it demands that a tax of 25 percent should be imposed upon silk crepe imported from Bologna to France (34). Crepe from Bologna is perhaps not really superior to that from Lyon, but it still enjoys the past reputation, thanks to which it sells at 50 francs a piece, while that from Lyon sells only at 45 francs. Since the invention of machines for frizzing in Bagnon, which save three fourths of labour, crepe from Lyon can really be supplied at a lower price, and, therefore, a little of it is still exported abroad, and silk crepe mills have being carried to a higher and higher degree of prosperity day by day this one year (35). The demanded monopoly would, therefore, authorise a manufactory, which already makes a decent profit, to increase its price by 25 percent to the detriment of consumers in France. The reason is that, as for foreign consumers, they would cease to make a purchase at such a price. Such a considerable profit would attract new capitals to the crepe manufacture, and would deprive manufactories operated for foreigners of the capitals, because these manufactories cannot make their profits higher in the least. Finally, a tax imposed upon silk cloth from Italy would, at least in terms of general justice, authorise the Italian states to impose a reciprocal tax upon silk cloth from Lyon, which finds an extremely advantageous outlet in all this area, particularly for adorned cloth. As a consequence, the demanded innovation would reduce the exporting trade of Lyon, and would turn it into a home trade of monopoly.

Thursday, 6 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 50

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 205]

   RHONE. La France toute entière prend un vif intérêt à la prospérité du commerce du Département du Rhône; la ville de Lyon est une de celles dont les manufactures lui font le plus d’honneur, et que le Gouvernement serait peut-être disposé à favoriser par les sacrifices les plus coûteux. Nous passerons en revue ses diverses fabriques, et nous chercherons à apprécier les avantages qu’elles demandent, pour être reportées à ce point de prospérité où elles étaient parvenues avant la révolution, et dont elles sont si prodigieusement déchues.

[Translation]

   RHONE. France as a whole takes keen interest in commercial prosperity in the department of Rhone. Lyon is one of those cities whose manufactories are the greatest honour to the country, and to which the government might be inclined to show favour at the most costly sacrifice. We shall pass in review these various manufactories, and shall attempt to appraise the privileges that they demand in order to regain that point of prosperity at which they had arrived before the revolution and from which they have fallen so astonishingly.

Wednesday, 5 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 49

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 204-205]

   La fameuse manufacture de glaces de Saint Gobain travaillait surtout pour l’étranger, son exportation arrivait à la valeur de trois millions (30). Les forges de Vervins, la manufacture de sulfate de fer d’Urcel, l’aluminerie de Cuissy, et la bonnèterie de Vervins n’ont à attendre, ni protection, ni entraves, de la part des douanes, telles qu’elles existent aujourd’hui.

[Translation]

   The famous manufactory of plate glasses in Saint-Gobain was operated, above all, for foreign markets. Its exportation amounted to three million francs in value (30). The forges in Vervins, the manufactory of iron sulphate in Urcel, that of aluminium in Cuissy et Geny, and the knitting mill in Vervins have to expect no protection or restraint from the part of customs duties as they exist today.

Tuesday, 4 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 48

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 203-204]

   AISNE. Le Département de l’Aisne, l’un des plus riches des plus riches de la République par les productions de son sol, ne tient pas une place si distinguée parmi les Départements fabricants; sa principale manufacture était celle de linons, batistes et gazes de St. Quentin: elle occupait avant 1789, soixante-cinq à soixante-dix mille fileuses, mettait en mouvement douze à quatorze mille métiers, fabriquait 150 à 160 mille pièces, et en exportoit à l’étranger dé 90 à 96,000, soit dans les colonies nationales et étrangères, soit en Angleterre, en Allemagne, en Italie etc. Cette manufacture est réduite au-dessous de moitié, les fileuses au lieu de gagner 10 s. par jour, ne gagnent plus que 3 ou 4 s., c’est-à-dire, qu’elles sont sans doute réduites au plus étroit nécessaire; une partie des ouvriers se trouve dans la mendicité. Ce n’est pas des précautions hostiles des douanes, mais de la paix avec l’Angleterre qui devrait y mettre un terme, que ces manufactures attendent leur rétablissement (29).

[Translation]

   AISNE. The department of Aisne, one of the richest in the Republic because of the produce of its soil, takes no distinguished place among the manufacturing departments. Its principal manufacture was that of lawn, batiste and gauze in St. Quentin. Before 1789 it employed 65,000 to 70,000 spinners, operated 12,000 to 14,000 weaving looms, manufactured 150,000 to 160,000 pieces, and exported 90,000 to 96,000 of them abroad, either to French and other colonies or to England, Germany, Italy and others. This manufacture has shrunk to less than a half, and spinners gain only three or four shillings, instead of ten, per day; that is to say, they are undoubtedly reduced to the lowest state necessary; part of labourers find themselves in mendicancy. These manufactories expect their revival not from hostile precautions by means of customs duties but from the peace with England, which would infallibly lead to their abolishment (29).

Monday, 3 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 47

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 203]

   Les autres manufactures du même Département sont celles de filature, de toiles, de bonnèterie, de draps et ratines, d’amidon, et de taillanderie ou autres ouvrages en métaux: toutes avant la guerre travaillaient pour l’étranger, toutes ont la perspective de recommencer les mêmes opérations après la paix; aucune d’elles n’a donc besoin du monopole de la douane.

[Translation]

   The other manufactories of the same department are those of filature, linen cloth, knit cloth, woollen cloth and ratiné, starch, and cutlery and other metal work. All of these were operated for foreign countries before the war, and are likely to resume the same operations after the peace. None of these, therefore, needs to be accorded any monopoly with customs duties.

Sunday, 2 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 46

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 202-203]

   La papèterie et l’imprimerie du Bas-Rhin travaillent encore pour l’étranger, quoique bien moins qu’avant la révolution; mais la moindre exportation au dehors des frontières, suffit pour prouver que les douanes ne donnent aucun avantage à cette branche d’industrie (28).

[Translation]

   The paper mill and the print shop in Bas-Rhin are also operated for foreign countries, though to a much less degree than before the revolution. But the least exportation beyond the borders suffices to prove that customs duties give no advantage to this branch of industry (28).