Wednesday, 7 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 177-178]

   La première est une fabrique de toiles de coton, établie à Rambervilliers, dont les produits valent année commune 40,000 fr., l’autre est une fabrique de siamoises, mouchoir, et toiles de coton, établie à Saint Dié, qui entretient cinquante métiers, et produit environ dix-sept cents pièces d’étoffe. Il paraît que les entrepreneurs avaient si mal calculé la proportion entre le prix relatif et le prix intrinsèque, que malgré que la douane leur assure le monopole de l’intérieur, ils sont encore ruinés par la concurrence que leur font en contrebande les fabricants allemands. Il est donc probable que s’ils étaient réduits à vendre au prix relatif libre, ils perdraient plus de dix pour cent sur leurs marchandises. Certes la nation serait bien malheureuse, si pour soutenir de ses deniers deux fabriques si peu importantes, elle devait imposer quinze ou vingt pour cent sur la consommation de tout citoyen français qui fait usage de toile de coton(6).

[Translation]

   The first is a manufactory of cotton cloth, established in Rambervillers, whose produce is 40,000 francs in value in an average year; the other is a manufactory of chintz, handkerchief, and cotton cloth, established in Saint-Dié, which maintains 50 weaving rooms and produces about 17,000 pieces of cloth. It seems that entrepreneurs had calculated the proportion between the relative price and intrinsic price so mistakenly, that, although customs assure them of monopoly of inland trade, they are nonetheless ruined by the competition in which German manufacturers are with them by smuggling. It is, therefore, probable that, if they were forced to sell their commodities at a free relative price, they would lose more than ten percent. Certainly, the nation would be extremely unhappy if, in order to support two manufactories of so little importance at her expense, she would have to impose 15 or 20 percent upon consumption of every French citizen who makes use of cotton cloth(6).

Tuesday, 6 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 176-177]

   VOSGES. Le Département des Vosges, lequel doit être aussi compté parmi les Départements manufacturiers, est du petit nombre de ceux qui réclament le maintien du monopole des douanes; quelques observations sur ses manufactures feront voir s’il leur est favorable. L’industrie des Vosges avait été principalement alimentée par la quantité de bois que produit cette contrée; de là l’établissement de 126 scieries, celui d’un nombre très considérable d’usines et de forges pour le fer, enfin celui de beaucoup de verreries et faïenceries. La douane n’offre aucun encouragement pour ces productions importantes, elle ne favorise pas davantage les papèteries, dont les produits sont tombés, de la valeur d’un million année commune, au-dessous de cinq cent mille francs. Mais deux fabriques nouvelles établies en dépit de la raison, qui défend de faire chèrement ce que l’on peut acheter bon marché, demandent qur l’on impose une contribution sur tous les consommateurs français, pour maintenir leur misérable industrie.

[Translation]

   VOSGES. The department of Vosges, which should also be counted among manufacturing departments, is one of a small number of those who demand the maintenance of monopoly by means of customs duties. Some observations upon its manufactures will show whether or not it is favourable to them. Industry in Vosges had been provided principally by the quantity of woods produced in this country: wherefrom the establishment of 126 sawmills, of a very large number of manufactories and furnaces for iron, and, finally, of many manufactories for glass and earthenware. No customs duty does offer any encouragement to these important manufactories, let alone paper mills, whose produce has fallen from a million to less than 500,000 francs in value in an average year. But two newly established manufactories, though it stands reason that we must prohibit making what can be purchased at a low price dear, demand that we should impose a tax upon all French consumers to maintain their miserable industry.

Monday, 5 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 176]

   Les autres manufactures de Sambre et Meuse sont très peu importantes, aucune ne paraît avoir de relation avec les douanes.

[Translation]

   The other manufactures in Sambre and Meuse are hardly important, and none of them seems to have anything to do with the customs.

Sunday, 4 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 175-176]

   Enfin le Département de Sambre et Meuse faisait un immense commerce sur les cuirs des îles Espagnoles et Portugaises, dont il importait pour la valeur de 1,134,000 liv. De 42,000 pièces de cuir qu’il confectionnait, il en envoyait les deux cinquièmes à l’étranger, et la reste en France. Aujourd’hui on ne travaille plus dans ce Département que sur 12,000 pièces, et on n’en envoie plus qu’un cinquième à l’étranger(5). Comme la douane perçoit des droits, bien que légers, tant sur l’entrée que sur la sortie des cuirs, elle nuit à ce commerce, et n’a pas même la prétention de le favoriser.

[Translation]

   Finally, the department of Sambre and Meuse carried on immense trade upon leather of the Spanish and Portuguese islands, from which it imported 1,134,000 livres in value. Of 42,000 pieces of leather it manufactured, it sent two fifths abroad, and the rest to France. Today, this department produces no more than 12,000 pieces, and send no more than a fifth abroad(5). Since the customs collected taxes, if not heavy, upon entry as well as exit of leather, it obstructs this trade, and does not claim even to promote it.

Saturday, 3 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 175]

   Le même Département contient cinq fonderies de laiton, qui travaillent sur du cuivre rosette de Drontheim, et de la calamine de Limbourg, Département de l’Ourthe; plus d’un cinquième de ce cuivre manufacturé est exporté à l’étranger. J’ai peine à comprendre comment ce commerce, dont les profits ont fort diminué, et qui est réduit d’un cinquième, environ(4), n’est pas absolument anéanti par la douane, qui perçoit des droits tant sur l’entrée que sur la sortie des cuivres.

[Translation]

   The same department has five refineries of brass, which work upon copper rosette from Trondheim and calamine from Limburg, in the department of Ourthe; over a fifth of this manufactured capper is exported abroad. It is difficult for me to understand how this trade, whose profits have declined substantially, and which is reduced by about a fifth(4), is not completely annihilated due to the customs which collects taxes on entry as well as on exit of capper.

Friday, 2 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 174-175]

   La coutellerie de Namur trouvait autrefois un vaste débouché en Hollande, mais une défense du Gouvernement Batave d’importer les marchandises des fabriques françaises, en représailles des mesures qu’a prises à son égard le Gouvernement français(3), a ruiné ce commerce. C’est ainsi que la législation des douanes réussit à protéger les manufactures.

[Translation]

   The cutlery of Namur once found a vast market in Holland, but a prohibition by the Batavian government against importing commodities of French make, in revenge for measures taken by the French government in its respect(3), ruined this trade. Thus, the legislation of customs duties is successful in protecting manufactories.

Thursday, 1 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 172-174]

   SAMBRE et MEUSE. Le Département de Sambre et Meuse étant situé comme celui de l’Ourthe en dehors des anciennes limites de la France, a vu comme lui ses manufactures se former et fleurir sans avoir besoin de la protection des douanes françaises; elles ne sont pas à la vérité très multipliées. Les deux principales ont pour objet la préparation des métaux et celle des cuirs. La valeur des exportations du Département en fer travaillé, au dehors du territoire de la République, était en 1790 de 835,000 liv., et s’élève encore aujourd’hui à 520000. c’est-à-dire au cinquième environ du produit des mines. Comme les fers supérieurs en qualité, de Suède et d’Allemagne, pouvaient arriver jusque dans les Pays-Bas, presque sans frais de port, en servant de lest aux vaisseaux, les propriétaires des forges avaient obtenu du Gouvernement Autrichien, qu’il frappât ces fers d’un droit de trois francs le quintal à leur entrée dans le Comté de Namur, et l’auteur de la statistique du Département(2) demande que ce droit soit maintenu ou même augmenté. De quelle utilité cependant pouvait-il être au Comté de Namur, qui étranger à la France en 1790, lui vendait pour 2,782,000 francs de ses fers, malgré la concurrence des Suédois et des Allemands, qui n’étaient ni plus mal ni mieux traités que les Namurois: ces derniers vendaient à la même époque pour 855000 francs de fer aux autres nations étrangères, dans les marchés desquelles ils avaient à soutenir la même concurrence. Réfléchit-on qu’en excluant de France des fers reconnus meilleurs, et en permettant aux maîtres de forges de Sambre et Meuse d’élever leurs profits et leurs prix, on tend à renchérir tons les instruments des arts et de l’agriculture, qui sont pour la plupart de fer, ou à détériorer leur qualité: renchérir le fer et les outils, n’est-ce pas conjurer contre l’industrie française?

[Translation]

   SAMBRE AND MEUSE. The department of Sambre and Meuse, situated beyond the former boundaries of France like that of Ourthe, saw manufactories founded and prosperous with no need for protection with French customs duties; in fact, they are not larger in number. Two principal manufactories aim respectively at preparation of metals and of leather. The value of exported wrought iron from the department beyond the borders of the Republic was 835,000 livres in 1790 and still today amounts to 520,000, namely to about a fifth of the produce of mines. Since high-quality iron from Sweden and Germany could serve as ballast for vessels and arrive up to the Low Counties with carriage free, owners of iron works had had the Austrian government impose three francs a quintal upon this iron on entry into the county of Namur, and the author of the statistics of the department(2) demand that this tax should be maintained or even increased. Of what use, however, can it be to the county of Namur, which, not belonging to France in 1790, sold 2,782,000 francs of iron to France in spite of competition with Sweden and Germany, whose produce was not worse or better treated than that of Namur? In the same period, Namur sold 835,000 francs of iron to other foreign countries, in whose markets the manufactures of Namur had to stand the same competition. Are people aware that the exclusion of higher evaluated iron from France, and the permission of the masters of iron works in Sambre and Meuse to raise their profits and prices, tend to raise the price of all instruments, which are of iron for the most part, for arts and agriculture, or to deteriorate their quality? Is not a rise in price of iron and tools a conspiracy against the French industry?