Wednesday, 10 February 2010

Book 2, chapter 9, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 125-126]

   Ne nous arrêtons point trop long-temps sur l’amer souvenir de ces temps désastreux, et passons plutôt à examiner quelques efforts qu’on a vu faire à des Gouvernements moins tyranniques, pour abaisser le prix de quelques marchandises. C’est ainsi par exemple que les uns ont entrepris de régler par des lois le prix du pain, les autres d’abaisser celui des matières premières, en défendant leur exportation.

[Translation]

   Do not let us dwell too long upon the painful recollection of these disastrous times, and rather let us begin to examine some efforts we have seen less tyrannical governments making, to lower the price of some commodities. Some governments, for instance, have attempted to regulate the price of bread by law, and others have attempted to lower that of raw materials by forbidding their exportation.

Tuesday, 9 February 2010

Book 2, chapter 9, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 122-125]

   C’est la différence entre la somme du salaire nécessaire, et la valeur des fruits du travail qu’il a mis en mouvement, qui forme tout le revenu national; or, telle avait été l’absurdité de ceux qui avaient fait le tarif du maximum, qu’ils ne donnaient pas même à ces fruits du travail une valeur égale à celle du salaire nécessaire qui les avait produits. Il n’y eut donc pendant toute la durée du maximum aucun revenu national, ceux-qui croyaient en avoir un, et qui en possédaient le signe, soit en numéraire, soit en papier, n’avaient en mains qu’une hypothèque sur une valeur négative et non pas positive; en sorte que la nation toute entière mangeait son capital pour produire, et vivait sur son capital lorsqu’elle dépensait. Si l’on réunit toutes les causes de dilapidation qui se combinèrent en même temps, la dépense d’une nation qui pendant quinze mois (1) a vécu sur son capital; la consommation quadruplée chez ceux qui possédaient des marchandises et qui ne voulaient pas les vendre; la perte de temps de plusieurs centaines de milliers d’ouvriers productifs, qui depuis la révolution ont quitté l’atelier, soit pour suivre les attroupements du Peuple, soit pour marcher aux armées; enfin la dépense effroyable d’un Gouvernement qui a dissipé quarante-huit milliards d’assignats, dont la valeur réelle a été payée toute entière aux étrangers, par l’exportation de notre richesse mobilière (2), on se fera une idée qu’était le capital de la France, et de ce à quoi il a dû être réduit; on comprendra ce que je n’ai cessé de répéter, que notre capital n’est plus proportionné à notre ancien commerce, et que vouloir le faire couler dans les canaux qu’il a laissés à sec, c’est en dessécher d’autres plus importants pour la prospérité nationale.

[Translation]

   The difference between the sum of necessary wages and the value of fruits of the labour they have set in motion provides all the national revenue. But the absurdity of those who had determined the rate of the maximum had been such that they did not provide even these fruits of labour with a value equal to that of necessary wages which had produced them. Therefore, there was no national revenue in all times with the Law of the Maximum in force, and those who believed themselves to have part of the national revenue and who possessed its sign, be it in specie or paper, had in hand only a mortgage upon a thing of negative, not positive, value. As a consequence, the whole nation ate her capital for production, and lived on her capital when she spent. If you unites all the causes of extravagance which combine themselves at the same time—the expenditure of a nation which has lived on her capital during 15 months (1), the quadrupled consumption of those who possessed commodities and who did not want to sell them, the loss of several hundreds of millions of productive labourers, who have since the revolution quitted workshops, either to follow seditions of the nation or to march as solders, and, finally, the tremendous expenditure of a government which has wasted some 48 million francs of assignats, whose real value has been paid as a whole to foreigners, by exportation of our movable wealth (2)—then you will form an idea of how much the capital of France used to be and how much it must have been reduced to. You will understand what I have incessantly repeated, that our capital is no longer in proportion to our former commerce, and that to hope to make it flow into the canals that it has not irrigated is to thereby exhaust other more important canals for the national prosperity.

Monday, 8 February 2010

Book 2, chapter 9, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 121-122]

   Rendre [(1)] le travail une perte, donner au laboureur, à l’artisan, la crainte de produire, au commerçant celle de vendre, c’était conjurer contre les capitaux nationaux, aussi bien que contre les revenus: jamais la consommation et la dissipation de toutes les richesses ne pouvaient être portées plus loin que dans le temps où leur acquisition ne coûtait presque rien au consommateur, et où le producteur aimait mieux les perdre lui-même que de les céder à un autre sans rétribution: aussi la ruine de toutes les manufactures nationales, la perte de tous les capitaux qui mettaient l’industrie en mouvement, datent-elles de cette époque de désolation.

[Translation]

   Occasioning a loss to labour, making husbandmen and artisans anxious about production and merchants anxious about sale, was threatening the national capital as well as revenue. No consumption or waste of any wealth could be carried further than in the time when its acquisition cost the consumer nothing and when the producer was more ready to lose it under his hands than to relinquish it to another without reward. Therefore, the ruin of all manufactories at home and the loss of all capitals which set industry in motion date back to that time of destruction.

[Translator's note]

(1) It seems to me that this "le" should be read for "au." Please give me another possibility in interpretation.

Sunday, 7 February 2010

Book 2, chapter 9, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 120-121]

    On a vu à une époque d’horreurs et de violences, qui n’a pas sa pareille dans les fastes de la tyrannie, un Gouvernement fixer le prix de toutes les choses qui pouvaient être un objet de commerce entre les hommes, et substituer partout la force, à la plus libre de toutes les transactions, la circulation de la richesse mobilière. L’établissement du maximum est un des événements les plus dignes de remarque de la révolution; sans cette épreuve extraordinaire, on n’aurait jamais pu croire qu’on pût rencontrer tant de démence dans un Gouvernement, ni tant de soumission chez un grand Peuple: on n’aurait on croire non plus que la société humaine fût liée et maintenue par un principe de vie assez actif, pour qu’un régime si extravagant ne la détruisît pas. En voyant substituer une force étrangère aux lois de la nature, il me semble voir un opérateur substituer une pompe foulante à l’action du cœur, pour forcer la circulation dans les artères et les veines d’un corps vivant.

[Translation]

   We have seen that at a time of horror and violence, which has no counterpart in making a display of tyranny, a government fixed the price of all things which could be objects of commerce among men, and replaced the greatest freedom in circulation of the movable wealth by enforcement everywhere. The establishment of the Law of the Maximum is one of the most noteworthy events in the revolution. Without this extraordinary hardship, no one could have come to believe that he can see so much insanity of a government, or so much subjection of a great nation; no one could have come to believe, either, that the human society is organised and maintained according to a principle which is so robust that that eccentric regime could not destroy it. Seeing the laws of nature replaced by an external force seems to me to be like seeing an operator replace the organ of heart by a compressing pomp, to force the circulation in the arteries and veins of a living body.

Saturday, 6 February 2010

Book 2, chapter 9, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 120]

   Il serait sans doute superflu de répéter que le prix relatif d’une marchandise, lorsque le commerce est libre, étant fondé sur le plus bas de tous les prix intrinsèques, on ne pourrait forcer le vendeur à donner sa marchandise au-dessous, sans occasionner une perte, qui serait supportée, ou par le revenu, ou par le capital des classes productives de la nation; perte qui arrêterait bientôt la production; il ne nous reste donc qu’à examiner les différentes manières dont le Législateur a pu forcer cette réduction des prix, et à calculer l’étendue des pertes occasionnées par ces lois désastreuses.

[Translation]

   It would, no doubt, be redundant to repeat that, with trade left free, if the relative price of a commodity were founded upon the lowest of all intrinsic prices, no one could force the seller to relinquish his commodity below it without causing such a loss as is sustained with the revenue or capital of productive classes of the nation—a loss which would soon bring production to a halt. Therefore, we have yet to examine different ways in which the legislator has managed to force this reduction on prices, and to calculate the extent of the losses resulting from these disastrous laws.

Friday, 5 February 2010

Book 2, chapter 8, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 118-119]

   De plus lorsque le monopole n’occasionnerait d’autre mal que celui de prendre aux uns pour donner aux autres, il ferait toujours une chose fort injuste et fort impolitique: fort injuste, car les loix protectrices de la propriété doivent être égales pour tous; une acception de personnes est plus odieuse dans celles-là que dans aucune antre; fort impolitique, en ce qu’on ne peut favoriser de grands profits, sans occasionner une grande dissipation, sans créer à côté de la richesse née d’un jour, le luxe qui la dévore en peu d’heures, et sans induire les favoris de cette loi inégale, à faire du revenu qu’on leur donne, un usage moins profitable que n’en auraient fait ceux à qui on l’a arraché.

[Translation]

   Moreover, even if the monopoly caused no other evil than to take some thing from some people to give it to others, it would always be extraordinarily unjust and impolitic; it is unjust, because the laws protecting the property should be equal for every one, and there is nothing more horrible than for them to have a favouritism for some one; it is impolitic, in that no one can promote large profits without causing extravagance, without leading the new rich to the luxury which eats their wealth in a short time, and without inducing those protected by this unequal law to use the revenue given to them in a less profitable way than those who has been deprived of it would have.

Thursday, 4 February 2010

Book 2, chapter 8, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 117-118]

   L’on pourrait dire en faveur de quelques monopoles, qu’ils ne causent pas à la nation deux pertes pour un profit, si avant leur établissement le prix intrinsèque des marchandises ne surpassait pas leur prix relatif, et si par conséquent ce prix intrinsèque étant le plus bas que le consommateur pût obtenir, quelque liberté qu’on eût laissée à ses approvisionnements, il ne lui occasionnait point de dommage. Le monopole ne causerait alors au consommateur d’autre perte que celle du surplus de profit que ferait le monopoliste, en sorte que pour la nation il y aurait compensation entre l’avantage du vendeur et le désavantage de l’acheteur: mais premièrement il est douteux qu’il ait jamais existé de monopole qui appartînt à cette classe. En effet toutes les fois que les marchands ont demandé au Législateur d’en établir un, ils se sont fondés sur ce que sans ce secours la branche particulière de commerce pour laquelle ils le sollicitaient, ne pourrait se soutenir, c’est à-dire, ne ferait point un profit égal à celui de toute autre branche; ou encore, sur ce que le consommateur trouverait à se pourvoir ailleurs, à un prix moins élevé que leur prix intrinsèque des choses qu’ils voulaient lui fournir.

[Translation]

   You could say in favour of some monopolies that they do not cause two losses for one profit to the nation, if the intrinsic price of commodities exceeded their relative price before their establishment, and if, as a consequence, this intrinsic price being the lowest that the consumer can obtain, no matter how free he might be left to choose his provisions, it did not do him harm. Then, the monopoly would cause no other loss to the consumer than that of the surplus of the profit gained by the monopolist, so that for the nation there would be compensation between the advantage of sellers and the disadvantage of buyers. But, first of all, it is doubtful whether there has ever existed such monopoly as comes under this description. In fact, whenever merchants asked the legislator to establish a monopoly, they were founded upon the thought that, without this aid, the particular branch of commerce for which they solicited him could be sustained, or, that is to say, would not gain a profit equal to that of any other branch; or again, upon the thought that the consumer would find his necessaries elsewhere at a lower price than their intrinsic price of those which they wanted to provide for him.