Friday, 11 December 2009

Book 2, chapter 6, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 64]

   Cependant tout consommateur la supporte-t-il en dernière analyse? ou bien les ouvriers productifs peuvent-ils se rembourser de cette avance par une augmentation proportionnée de leurs salaires et du prix de leurs produits? Je hasarderai une réponse à cette question quelque peu différente de celle de l’immortel Adam Smith.

[Translation]

   But does every consumer suffer from it after all? In other words, can productive labourers recoup that advance due to a proportional rise of their wages and of the price of their produce? I shall dare to put an answer to this question which is somewhat different from that of the immortal Adam Smith.

Thursday, 10 December 2009

Book 2, chapter 6, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 63-64]

   Si dans la lutte entre les consommateurs et les producteurs, pour la détermination du prix des objets de luxe, ce sont les consommateurs qui doivent toujours céder, et payer tout l’accident; ce résultat sera bien plus certain encore, lorsqu’il, s’agira d’objets d’une nécessité absolue; car quant aux premiers, le consommateur peut jusqu’à un certain point augmenter ses forces, en diminuant ses besoins; mais il ne peut le faire quant aux seconds, ni hésiter à supporter seul toute l’augmentation de prix que l’impôt occasionne.

[Translation]

   In the process of haggling between consumers and producers for determination of the price of luxuries, it is consumers that always should give way and pay all the incident. This result will be still more certain when it comes to objects of absolute necessity. The reason is that, while in the first case the consumer can increase his powers to a certain extent by restraining his needs, in the second case he cannot do so; nor can he help suffering from all the rise of the price caused by the tax.

Wednesday, 9 December 2009

Book 2, chapter 6, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 63]

Les impôts sur la consommation peuvent se diviser en deux classes, selon qu’ils affectent le prix des objets destinés à nos jouissances, ou celui des objets de première nécessité. Nous rangeons dans cette seconde classe les dépenses requises pour le maintien de la vie animale, ou pour se conformer aux règles de décence établies même parmi les derniers ordres de la société; et dans la première, tout ce qui est au delà.

[Translation]

The taxes upon consumption can be divided into two classes, according to whether they affect the price of objects destined for our enjoyment or that of objects of the first necessity. We include in this second class the expenses required for maintenance of biological life or for observance to codes of respectability established even among the lowest order of society; we include in the first class all beyond the second.

Tuesday, 8 December 2009

Book 2, chapter 5, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 60]

(1) Ceci ne peut cependant s’appliquer à la gabelle du sel, car comme pour éviter la contrebande on exigeait que chaque individu consommât une quantité déterminée de sel, on avait apporté à la perception de cet impôt encore plus de dureté et de roideur envers les contribuables, qu’on n’en reprocha jamais à la perception des contributions directes.

[Translation]

(1) This cannot, however, be applied to the salt tax, because, as, to avoid smuggling, it was necessary for each individual to consume a determined quantity of salt, this tax had been collected with much more harshness and rigidness for taxpayers than were ever complained of as to the collection of direct taxes.

Monday, 7 December 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 28

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 61-62]

   Le plus grand avantage des impôts sur la consommation, c’est qu’ils sont perçus au moment où il est le plus commode au contribuable de les payer. Jamais en effet on ne les lui demande, il les vient offrir de lui-même lorsqu’il a de l’argent; il proportionne sa dépense et ses moyens pour chaque sou qu’il débourse, et quoique sa contribution ait été le plus souvent décrétée sans son consentement, ce n’est jamais que volontairement qu’il la paye; c’est de son plein gré qu’il achète du tabac et du vin, et qu’il rembourse l’avance de l’impôt qui a été faite par le marchand sur ces deux articles; c’est de plus maille par maille qu’il l’acquitte; deux ou trois impôts peuvent être compris, avec la valeur primitive de la chose, dans une marchandise qu’on lui vend pour un sou, et tel artisan paye quelquefois en une année d’une maniéré indirecte, quarante ou cinquante livres d’impôt sur ses consommations, qu’il n’aurait jamais pu rassembler pour les remettre au collecteur sans se voir réduit à la misère. C’est d’après ces considérations qu’il faut s’étudier à corriger, mais non pas à détruire de pareils impôts.

[Translation]

   The largest advantage of the taxes upon consumption is that they are collected at the time which is the most adequate for the taxpayer to pay them. Indeed, without being demanded, he comes to offer them by himself when he has some money. He puts in proportion his expenditure and his means for each penny he pays, and, although his tax payment has been the most often ordered without his consent, he pays it just voluntarily. It is of his free will that he purchases some tobacco and wine, and that he repays the advance of the tax which has been made by the merchant upon these two articles. It is more slowly and gradually that he discharges it. Two or three taxes can be included in a commodity he purchases for one penny, in addition to the original value of the thing, and such an artisan pays, some times in a year, in an indirect way, 40 or 50 livres of tax upon his consumptions, which he could not have assembled to put them in the hands of the collector without being forced into misery. According to these considerations, you must devote yourself to correcting, not abolishing, such taxes.

Sunday, 6 December 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 27

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 60-61]

   La taxe sur les consommations expose quelquefois à quelques vexations celui qui en fait l’avance, mais jamais celui qui la paye (1); et c’est déjà un avantage que d’avoir divisé ainsi les inconvénients attachés à toute espèce de contribution. Ici le contribuable, loin de dépendre du percepteur, n’a pas même besoin de le connaitre, et confond tellement l’impôt avec la valeur des choses qu’il emploie à son usage, qu’il croit souvent, au moment même où il le paye, ne faire qu’acheter une jouissance; d’autant plus qu’il lui est de toute impossibilité de faire le compte de ce qu’un pareil impôt lui coûte, et qu’il n’a jamais, à son occasion, à redouter la haine ou à courtiser la faveur de personne. Le commerçant qui fait l’avance de l’impôt, n’est pas à la vérité si absolument indépendant du douanier; cependant il serait possible de le mettre à l’abri de toute influence arbitraire.

[Translation]

   The tax upon consumption sometimes exposes to some arbitrary decisions those who make an advance of it, not those who pay it (1); and it is one advantage just to have thus divided the inconveniences attached to any sort of tax. Here the taxpayer, far from depending upon the tax collector, does not feel even a need to know him, and confuses so much the tax with the value of things he applies to his use that he often believes, even the moment he pays the tax, that he only purchases a luxury; all the more so in that it is utterly impossible for him to take account of that which such a tax costs him, and which he never has, on the occasion of payment, to fear the resentment or to flatter any one to find favour with the tax collector. It is true that the tradesman or merchant who makes an advance upon the tax is not so absolutely independent of the customs official, but it would be possible to keep him from any arbitrary influence.

Saturday, 5 December 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 26

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 58-60]

   Or une taxe sur les consommations, pourvu qu’elle n’affecte pas celles de nécessité première, peut se proportionner assez exactement aux dépenses de chaque individu; elle le fait, lors même qu’un petit nombre seulement de ses dépenses sont imposées, pourvu qu’elle porte sur ceux des besoins artificiels qui sont communs à tous les hommes, mais que chaque individu satisfait en raison de son aisance; l’inégalité de chacune en particulier, peut être compensée assez équitablement, par l’inégalité d’une autre. Une taxe sur les boissons, par exemple, atteint tous ceux qui ont un revenu, mais proportionnellement plus le pauvre que le riche; une taxe sur le sucre, le café, et les épiceries, serait à peine payée par le pauvre, mais elle atteindrait surtout ceux qui vivent dans une étroite médiocrité; la taxe sur certaines étoffes, celle sur les carrosses, etc. atteignent toujours un moindre nombre de personnes, et compensent, en frappant de nouveau sur le riche, l’inégalité qu’on aurait reprochée à une taxe sur les boissons, si elle avait existé seule; inégalité qui est compensée encore, par les impositions foncières, mobilières, du timbre, des patentes, etc. lesquelles atteignent directement le revenu. En choisissant donc sept ou huit objets seulement pour les taxer, on peut avec facilité lever une contribution très considérable, et très équitablement proportionnée aux revenus de chaque ordre de la société.

[Translation]

   A tax upon consumption, provided that it does not affect the commodities of the first necessity, can be proportional exactly enough to the expenditure of each individual. It does so, even when it is levied upon only a small number of his expenses, provided that it is levied upon those of artificial needs which are common to all human beings but which each individual satisfies in proportion to his comfort. The inequality of each tax, in particular, can be compensated for, equitably enough, by the inequality of another. A tax upon necessaries, for example, falls upon all those who have revenue, but proportionally more heavily upon the poor than upon the rich. A tax upon sugar, coffee and spices would be barely paid by the poor, but it would fall, above all, upon those who live in rigid mediocrity. A tax upon certain cloth, coaches, and so on always falls upon a smaller number of persons, and compensates, striking upon the rich firstly, for the inequality of which a tax upon necessaries would have been accused if it alone had existed. This inequality is also compensated for by taxes upon land and movables, the stamp duty, business tax, and so on, which weigh directly upon revenue. Therefore, by choosing only seven or eight objects for taxing, it is easy to collect a tax which is huge in sum, and is very equitably proportional to the revenue of each order of the society.