Monday, 19 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 13-14]

   Si le Législateur n’établissait que l’impôt foncier, il commettrait une fort grande injustice, car il ferait supporter à une seule classe de citoyens toutes les charges de l’État. Or cette classe, quelqu’avantageux que lui soit l’ordre social, n’en retire pas cependant un plus grand bénéfice, que tous ceux qui dans les trois autres, possèdent un revenu; l’injustice que l’on commettrait envers elle, serait d’autant plus criante, que les charges de l’État seraient plus pesantes: car quoique le droit des premiers propriétaires de terre n’ait été peut-être dans l’origine qu’une usurpation, puisqu’il n’était point fondé sur un travail accumulé, nous sommes aujourd’hui si loin d’eux, et les camapagnes ont passé par tant de mains différentes, que leur propriété est bien aussi légitime, et bien aussi fondée sur l’échange d’un travail accumulé, que celle d’aucun autre contribuable.

[Translation]

   If the legislator established nothing but land tax, he would commit a terribly large injustice, because it would make only one class of citizens assume all charges of the state. And yet this class, however advantageous the social order may be to the class, does not gain a larger benefit from that, than any other class who earns revenue under the three other heads. The injustice committed to the class would be the more striking if the charges of the state were heavier. The reason is that, though the right of landlords in the earliest times was perhaps only a sort of usurpation in origin because it was not founded upon accumulated labour, we are today so far away from them, and estates have passed so many times from hand to hand, that their property is as legitimate and as firmly founded upon the exchange of accumulated labour, as that of any other taxpayer.

Sunday, 18 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 13]

   Lorsque l’on veut être assuré que l’impôt sera payé en entier par le propriétaire, il faut donc, ou frapper d’une contribution égale toutes les productions de la terre, prélever la dîme, par exemple, sur toutes également, ou ce qui est beaucoup plus simple, plus facile, et sujet à moins d’abus, proportionner l’impôt à la rente foncière, et non pas au produit brut, en sorte que la loi ne change rien à l’intérêt que doit avoir le fermier dans la culture de ses terres.

[Translation]

   If you want to be assured that a tax will be paid exclusively by the landlord, it is, therefore, necessary either to levy the tax equally upon all the produce of land (for example, to charge tithes upon all equally), or, what is much simpler, easier, and less subject to abuse, to make the tax in such proportion to land rent, not to the gross produce, that the law may not change the interest the farmer should have in the cultivation of land.

Saturday, 17 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 12-13]

   Dans un système perfectionné d’agriculture, la dîme en multipliant les prairies, aurait fait d’abord un bien général; car avec plus d’engrais, chaque champ produisant plus de grain, on n’aurait pas souffert de long-temps de la conversion des champs en prairies; mais si ses effets allant en augmentant, elle avait si fort diminué les champs, qu’elle eût réduit sensiblement le produit en blé, et forcé une augmentation de son prix, elle aurait eu alors un effet très pernicieux; la dîme serait devenue un impôt sur un objet de première nécessité, et aurait eu toutes les suites désastreuses que nous verrons être attachées à ce genre d’impôts (3).

[Translation]

    In an improved system of agriculture, tithes, increasing meadows, would have done a general good at the outset, because, as every field produced more grain with more manure, conversion to meadows would not have cost pains for a long time. But, if their effects had gradually increased, and if they had so extremely diminished the fields that they might remarkably reduce the production of wheat and might force a rise upon its price, then they would have had a very pernicious effect. The tithes would have become a tax upon an object of the first necessity, and would have had all the disastrous consequences we will see attached to this sort of tax (3) .

Friday, 16 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 10-12]

   Un impôt sur le blé le ferait certainement renchérir, parce que les terres à blé pouvant tout aussi bien être destinées à la production de l’orge, de l’avoine, ou à d’autres cultures, il serait beaucoup plus facile aux producteurs de diminuer leur blé, qu’aux consommateurs de diminuer leurs besoins. La dîme qui se prélevait sur toutes les plantes céréales, et non sur les fourrages, ne paraissait pas en général renchérir les grains, quoiqu’elle eût pu déterminer à convertir les champs en prairies; mais cette exception tenait à l’état vicieux de notre agriculture; plus celle-ci se serait perfectionnée, et plus la dîme aurait eu d’influence sur le prix du grain. En effet lorsque l’agriculture est mal entendue, que beaucoup de terres restent en friche, et que les pâturages naturels sont nombreux, on ne retire point des prairies, un profit proportionné à celui que l’on peut retirer des champs; en sorte que l’agriculteur qui, pour éviter la dîme, aurait converti ses champs en prairies, eût perdu par là le principal avantage de sa propriété. Mais à mesure que l’agriculture s’est perfectionnée, le besoin de bétail et d’engrais s’est accru, et avec lui l’avantage des prairies: celles-ci se trouvant de plus être affranchies de la dîme, on leur aurait à la fin consacré tant de terrés, qu’il n’en serait pas resté pour le blé, et que pour engager les fermiers à en produire, les consommateurs se seraient vus obligés d’augmenter leur prix. J’ai lieu de croire qu’une des causes qui ont le plus contribué à exclure la culture du blé des petits Cantons Suisses; c’est que dans plusieurs d’entr’eux on payait des dîmes, ce qui élevait le prix intrinsèque des grains, au-dessus du prix relatif, que leur donnait le commerce. Elles se lèvent encore dans le Canton d’Ury, mais comme on n’y récolte aucune plante céréale, il n’y a absolument que les pommiers, les poiriers, et les noyers, qui y soient assujettis.

[Translation]

   A tax upon wheat would certainly make it expensive, because, as fields of wheat can be destined for the production of barley, oats, or other grain as well, it would be much easier for producers to diminish their wheat, than it would be for consumers to diminish their needs for it. Tithes levied upon all sorts of grain, but not fodder, did not seem in general to raise grain in price, though it could lead to conversion of fields into meadows. But that exception to this stemmed from the poor state of our agriculture; if it had been more improved, tithes would have had more influence upon the price of grain. Indeed, if agriculture is unfamiliar, many fields remain in the wilderness and natural pastures are abundant, then people do not gain a profit from meadows in proportion to that which they can gain from fields. Consequently, the husbandman, if he had converted his fields into meadows in order to avoid tithes, would have lost the principal advantage of his property due to the tithe. But, as agriculture was being improved, there were more needs for livestock and manure, and with them more advantage in meadows. If meadows had happened, in addition, to be relieved of tithes, so many fields would in the end been converted to meadows, that no field would have remained for wheat, and that, in order to make farmers produce wheat, consumers would have found themselves forced to bid up the price of wheat. I have a good reason to believe that one of the causes which contributed the most largely to exclusion of the cultivation of wheat from small cantons of Switzerland, is that in some of them people paid tithes, which raised the intrinsic price of grain above the relative price regulated by the commerce. Tithes are levied in the canton of Uri, but, since the people in the canton have no harvest of grain, there is nothing but apples, pears, and walnuts, upon which they are levied upon.

Thursday, 15 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 9-10]

   Dans de certains pays un impôt particulier sur les vignobles ferait renchérir le vin, et dans d’autres il diminuerait la rente des terres. Car il y a des pays où le terrain qu’on consacre à la vigne ne serait propre à rien d’autre, ou du moins ne produirait jamais, par une autre culture, une rente égale à celle qui reste après avoir payé l’impôt sur les vignes: dans de tels pays, on ne peut diminuer la production, sans perdre tout l’avantage de la propriété; c’est alors que le propriétaire doit payer l’impôt. Dans d’autres provinces, une taxe sur les vignes déterminerait à les arracher toutes pour semer du blé ou du fourrage, comme rendant tout autant; dans ce cas, si le consommateur veut avoir du vin, il faut qu’il paye l’impôt, pour qu’on conserve les vignes.

[Translation]

   In some countries a particular tax upon vineyards would make wine rise in price, and in other countries it would diminish rent of vineyards. The reason is that there are countries where the field destined for grapes would not be good for any other crop, or nor would it produce, by means of another cultivation, as much rent as that which remains after the payment of the tax upon the vineyards. In such countries, you cannot diminish the production without losing all the advantage of the property. It is in this case that the landlord must pay the tax. In other provinces, a tax upon the vineyards would lead to conversion of all them to fields of corn or fodder, as paying exactly the same. In this case, if the consumer wants any wine, he has to pay the tax to let the vineyards be maintained.

Wednesday, 14 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 9]

   Supposons en effet, qu’il y eût un impôt sur la culture de l’orge, et que chaque propriétaire dût le payer en raison des arpents consacrés chez lui à cette récolte; certainement il insérerait dans son bail une clause pour interdire à son fermier la culture de l’orge, à moins que ce dernier ne s’engageât à lui rembourser l’impôt levé sur tout celui qu’il sèmerait. Celui-ci n’en cultiverait point en effet, jusqu’à ce que les besoins des consommateurs eussent élevé le prix relatif de cette denrée, et lui eussent donné les moyens de se revaloir sur eux de l’impôt. Car dès qu’il y a possibilité de diminuer la quantité de la production, comme il n’y a pas toujours moyen de diminuer la quantité de la consommation, le prix relatif augmente.

[Translation]

   Suppose, in fact, that there were a tax upon the cultivation of barley, and that each landlord had to pay it in proportion to the area destined for this harvest. Certainly, he would insert a clause in the lease contract to prohibit his farmer from cultivation of barley, unless the farmer promises him to pay the same sum as the tax levied upon all barely he planted. The farmer would not plant this crop until the needs of consumers have raised the relative price of this crop and have given him the means to impute the tax to them. The reason is that, as soon as he finds it possible to diminish the quantity of the production, since there is no means to diminish the quantity of the consumption at any time, the relative price rises.

Tuesday, 13 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 8-9]

   Pour que l’impôt foncier soit payé en entier par les propriétaires, il faut qu’ils n’aient point de moyen de l’éviter, car s’il leur est possible de diminuer leurs productions sans perdre leur rente, ce ne sera plus eux, mais les consommateurs, qui payeront l’impôt.

[Translation]

   If the land tax is paid exclusively by landlords, they must have no means to escape from it, because it will no longer be landlords but consumers that pay the tax if it is possible for landlords to diminish their produce without losing their rent.