Monday, 31 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 312]

   L’argent est donc une juste mesure de la valeur des choses, dans le même temps et le même pays, mais cette mesure peut induire en erreur, soit que l’on compare un temps avec un autre, ou un pays avec un autre.

[Translation]

   Therefore, money is a just measure of the value of things at the same time and in the same country, but this measure can be misleading when one compares one time to another or one country to another.

Sunday, 30 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 311-12]

   Cette inutilité des métaux précieux est peut-être un de leurs plus grands avantages pour en faire une mesure commune des prix; car en même temps que tous les hommes sont également disposés à les recevoir en échange, chacun d’eux ne les reçoit point pour en faire usage soi-même, mais pour les échanger de nouveau; il ne leur attache donc point un prix d’affection ou de convenance, mais celui-là même qu’il croit que tous les hommes leur attachent, et chacun pour soi s’efforçant à ne les estimer qu’à leur juste valeur, le commerce réussit toujours à rendre cette valeur uniforme dans un lieu et dans un temps donnés.

[Translation]

   This uselessness of precious metals is perhaps one of their greatest advantages in making them a common measure of prices. The reason is that, at the same time as all the humans are equally ready to receive metals in exchange, each of them receives metals not to make use of them themselves but to exchange them for another commodity. He attaches to them not a price of affection or convenience but the very price he believes all people attach to them. As long as each tries to estimate them only at their just value, the commerce always succeeds in making this value uniform in a given place and at a given time.

Saturday, 29 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 310-11]

   Plusieurs des inventions qui ont signale l’origine des sociétés humaines, sont le fruit d’une force de conception, bien admirable dans les premiers âges du monde, et lorsque les objets de comparaison devaient manquer aux penseurs, telle est entr’autres l’invention du numéraire. Comment un homme a-t-il pu former le projet de persuader ses semblables, de recevoir en échange contre les choses qu’ils prisaient le plus, un métal qui ne leur était d’aucune utilité, et auquel ils n’auraient attaché aucun prix, s’il ne leur avait assuré qu’ils pourraient l’échanger de nouveau? Comment a-t-il réussi à faire adopter cette idée à tous les hommes? tandis qu’elle ne devait pas leur inspirer moins de défiance que la proposition d’un nouveau papier-monnaie en inspirerait de nos jours; car le prix relatif ayant toujours dû, dans l’origine dés sociétés, se calculer d’après l’utilité, celui de l’or et de l’argent a dû être mille fois inférieur à leur prix intrinsèque, en sorte que les propriétaires en se dessaisissant de choses vraiment utiles, ont dû trembler que l’or qu’on leur donnait en échange, ne perdît tout à coup la valeur idéale qu’on venait de lui attribuer et ne trouvât plus d’acheteurs. Quel dut être le génie de celui qui parvint à calmer ces craintes, et à convaincre le genre humain, que les métaux précieux avaient de si grands avantages sur toute autre espèce de richesses, comme mesure commune des valeurs, qu’on ne les abandonnerait jamais pour en adopter une antre.

[Translation]

   Some of the inventions which have marked the origin of human society are the fruitage of power of conception, well admirable in the early age of the world, and the invention of specie, above all, is a case in point because no object of comparison were certainly available to thinkers. How did a man get able to plan to persuade his fellow-creatures to receive a piece of metal useless for them (to which they would have attached no price had it assured them that they could exchange it for another), in exchange for the things they value the most? How did he succeed in making all human beings adopt this idea, while it must have inspired no less unconfidence than did the proposal of a new sort of paper money of our day? For, in the origin of societies, the relative price must have been calculated according to the utility, and that of gold and silver must have been a thousandth as high as their intrinsic price, so that the proprietors relinquishing really useful things must have fear that the gold they are given in exchange should suddenly lose the ideal value people had attributed to it, and should no longer find purchasers. How ingenious it must have been to manage to appease this fear and to convince the human race that precious metals, as common measure of values, had so great advantages over any other sort of wealth, and that people would never abandon them to adopt another sort of money.

Friday, 28 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 310]

   Les Arabes n’ont point dû trouver dans le bétail le même avantage que les Tartares, s’ils ont voulu en faire une monnaie commune. Leurs arides déserts n’en peuvent nourrir qu’une petite quantité, leur stérilité met un obstacle sans cesse renaissant à sa multiplication; aussi est-il comparativement fort cher en Arabie; tout le mobilier d’un Bedouin mis ensemble, n’a pas une valeur légale à celle de son cheval; or il faut que l’unité de la mesure commune soit d’une valeur moindre que l’unité de presque toutes les marchandises qu’on veut lui comparer.

[Translation]

   The Arabs must have found no same advantage in the livestock as the Tartars, if they wanted to make common money of it. Their futile deserts can feed a small quantity of it and their sterility put an incessantly haunting obstacle to its proliferation. Thus it is comparatively expensive in Arabia. All the movables of a Bedouin as a whole do not have as much value as his horse. But it is necessary that a unit of common measure should be of less value than a unit of almost every commodity people want to compare to it.

Thursday, 27 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 308-09]

   Chez un Peuple Nomade qui possède d’amples et riches pâturages, auxquels tous les membres de la société ont un droit égal, quoique le bétail soit l’élément de la richesse, chaque vache ou chaque brebis n’a qu’une valeur peu considérable, à cause de la facilité d’en élever un grand nombre; cette valeur est inférieure à celle de presque tous les objets qu’on veut échanger, ce qui la rend propre à servir de commune mesure; elle l’est d’autant plus qu’il n’y a pas un individu de la nation, qui ne soit en tout temps disposé à recevoir en échange, du bétail qu’il est toujours sûr de nourrir. Il ne peut être ou devenir propriétaire, qu’autant qu’il en possède. Chez un Peuple agriculteur, le bétail augmente fort de prix, et ne peut plus servir de commune mesure aux objets d’une valeur inférieure à la sienne. Il ne peut de plus être reçu en échange que par les propriétaires de terre, et proportionnellement à l’étendue de leurs prairies: ce n’est donc plus une richesse qui convienne à tout le monde, c’est un objet de consommation qui peut être échangé, tandis qu’il ne peut plus servir à faciliter les échanges.

[Translation]

   Among a nomad nation who possesses ample and rich pastures, to which all the members of the society have an equal right, though the livestock is an element of the wealth, each cow or each ewe is of little value, because it is easy to proliferate. That is inferior in value to almost every object people want to exchange, an inferiority which makes it proper to serve as common measure. It is all the more proper if every individual of the nation is always ready to receive the livestock in exchange which he is consistently sure to feed. Only when he possesses some livestock can he be or become a proprietor. Among an agricultural nation, the livestock rises well in price, and no longer can serve as common measure of objects of inferior value to it. Moreover, it can be received in exchange only by landlords and in proportion to the extent of their meadows. Therefore, this is no longer a means convenient for every one, but an object of consumption which can be exchanged, while it can no longer serve to facilitate exchanges.

Wednesday, 26 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 308]

   Avant que les hommes eussent choisi les métaux pour servir de dénominateur commun, ils en avaient peut-être reconnu d’autres. L’on croit assez généralement que les bœufs et le bétail, qui servent dans cette occasion au Prince des Poètes, de mesure commune de la richesse des hommes, furent en effet la première valeur employée à faciliter les échanges; cette opinion est probable, pourvu qu’on ne l’applique qu’à des Peuples pasteurs, et encore parmi eux, à la grande famille des Scythes, Thraces et Pélasges, et non point à celle des Arabes.

[Translation]

   Before man had chosen metals as a common denominator, he may have tried some others. It is generally enough believed that oxen and livestock, which serve as common measure of the human wealth in this case of the King of Poets, were indeed the first value employed to facilitate exchanges. This opinion is probable, if applied only to nations of shepherds, and, especially, to large families of Scythians, Thracians, and Pelasgians, not to those of Arabs.

Tuesday, 25 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 307-08]

   Nous avons vu que le prix d’une chose était la quantité d’une autre espèce de richesses à laquelle on l’estimait égale. Mais une pareille évaluation serait sans résultat et sans utilité, si les différentes choses que l’on veut apprécier n’étaient pas toutes comparées à la même espèce de richesses. Il faut ici, comme pour réduire les fractions, un dénominateur commun, sans lequel on ne pourrait s’entendre; si l’on ne faisait point usage des espèces d’or et d’argent, il faudrait reconnaitre quelqu’autre valeur commune à laquelle on comparerait tout. Homère, lorsqu’il met en opposition la valeur des armes de Glaucus avec celle des armes de Diomède, nous dit que les unes valent cent bœufs, et que les autres n’en valent que neuf (1). Encore qu’il ne réduise point leur valeur en argent, il nous donne une idée précise du rapport qui existait entr’elles; il ne l’aurait pas fait, s’il avait comparé les unes à un nombre de bœufs et les autres à une mesure de grains.

[Translation]

   We have seen that the price of a thing is the quantity of another sort of wealth to which you estimate it equal. But such estimation would be with no result and of no use if all different things you will estimate were not compared to the same sort of wealth. We need here, in order to simplify calculations, a common denominator, without which people could not communicate with one another. If no use were made of gold or silver coins, we would need to admit some other common value to which everything would be compared. Homer, comparing the value of arms of Glaucus to that of arms of Diomede, tells us that the former are of the value of a hundred oxen, and that the latter are of the value of only seven oxen (1) . Although he does not measure their value by money, he gives us a precise idea about the relation between them. He would not have done so if he had compared the former to the number of oxen and the latter to the amount of grain.