Sunday, 5 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 248]

   Plus on consacre de capitaux à la culture de la terre, plus on peut augmenter ses produits; quand on considère tout ce que le maraicher retire de son sein, on croiroit [croirait] à cet égard ses facultés infinies. Tous les capitaux que possède aujourd’hui la France, ne suffiroient [suffiraient] pas pour porter son agriculture au terme de prospérité le plus élevé auquel elle puisse parvenir. Mais ce n’est point à présent qu’une pareille masse de capitaux peut être employée au service de l’industrie rurale; quand celle-ci en a absorbé la partie absolument nécessaire pour la nourriture de la population actuellement existante, on n’obtient plus des profits si considérables en consacrant de nouvelles richesses à fertiliser la terre, et les autres branches d’industrie réclament celles qui restent, par l’offre de profits proportionnés à l’importance de chacune. Lorsque la population et la richesse s’accroissent, le moment vient de nouveau de faire de plus grands sacrifices pour tirer plus de fruits de la terre, et l’augmentation de son produit brut marche d’un pas égal avec le perfectionnement des autres arts utiles.

[Translation]

   The more capital is appropriated for culture of land, the more produce of land people can have. Considering all that which a market gardener reaps from his field, you might believe that land has infinite faculties in this respect. The whole capital France has today would not be sufficient for the arrival of the time of the highest prosperity that her agriculture can reach. But it is not at present that such a mass of capital can be employed at the service of the rural industry. If it has absorbed the completely necessary part of the capital for feeding the existent population, you no longer obtain so high profits from appropriating new wealth for improvement of land, and the other branches of industry demand the rest of the capital by offering profits in proportion to the importance of each branch. When the population and wealth grow, the new situation comes where you must make more sacrifice for a larger amount of the produce of land, and the increase of the gross produce keeps step with improvement of other useful arts.

Saturday, 4 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 247]

   Ce sont les marchandises les plus volumineuses qu’il devient le plutôt profitable de produire sur les lieux où elles doivent se consommer, parce que c’est celles que le transport renchérit le plus. Si nous devions tirer notre blé et notre bétail du pays d’où nous tirons nos épiceries, à quel prix prodigieux ne nous reviendroient-ils [reviendraient-ils] pas? L’intérêt de la nation, celui du consommateur et celui de chaque capitaliste, exigent donc que les premiers capitaux disponibles soient employés à l’avancement de l’agriculture.

[Translation]

   It is the most bulky commodities that it turns out the most profitable to produce on the spots where they must be consumed, because the transport makes these the most expensive. If we must import corn and livestock from the country from which we import spices, what an exorbitant price must we pay for them? The interest of the nation, of consumers, and of each capitalist therefore demands that the first capitals available should be employed for improvement of agriculture.

Friday, 3 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 246-47]

   Tant qu’une nation n’a pas des capitaux très considérables, et ce doit être le cas de la France, après une guerre ruineuse, une révolution désastreuse, et un système de finances aussi destructeur que celui des assignats, elle ne peut pas produire de tout. La consommation d’un pays vaste et peuplé requiert une production prodigieuse; mais c’est pour celle des objets de première nécessité que l’on ressent le besoin le plus pressant d’ouvrage, aussi l’industrie à laquelle elle est due offre-t-elle un profit plus considérable, attire-t-elle plus puissamment les capitaux, et affame-t-elle toute autre industrie moins féconde.

[Translation]

   If a nation does not have a large amount of capitals, as is the case with France, after a ruinous war, a disastrous revolution, and a destructive financial system like the assignats, the nation cannot produce at all. The consumption of a vast and populous country requires a surprising production, but it is for production of objects of the first necessity that you feel the most urgent need in order to impose labour, and the industry for that sort of production, therefore, offers a more profit, attracts capitals more strongly, and exhausts any less fertile industry.

Thursday, 2 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 246]

   Ce n’est pas qu’un pays puisse ou doive ambitionner de réunir tous les genres de productions; il y en a pour lesquelles le climat, la position, le génie des habitan[t]s sont plus propres; les États qui ne pourroient [pourraient] lutter contre ceux-ci qu’avec désavantage doivent leur abandonner une industrie qui ne leur convient pas. C’est aussi ce qui arrive, à moins que le Gouvernement n’intervienne pour changer l’ordre naturel des choses; le négociant s’en tient aux manufactures où il peut faire valoir son capital avec avantage; jamais il n’en établit une qui ne lui rende pas le profit juste et raisonnable qu’il peut attendre de toute autre; or ce profit il ne peut l’espérer, si les produits de ses ateliers sont inférieurs en qualité ou supérieurs en prix à ceux des peuples que leur position appelle à faire plus avantageusement lé même commerce.

[Translation]

   This is not to say that a country can or must be eager to feature all the sorts of production. Some sorts of production are suitable for countries with a particular climate, location, or talent of inhabitants. Those which could fight against these countries only with disadvantage must leave an industry unsuitable for them to the countries. This also takes place as far as no government intervenes to change the natural order of things. Merchants are only attracted to manufactures where they can make use of their capital to advantage. Never do they establish any factory where they cannot attain such a just and reasonable profit as they can expect from any other. They cannot expect this profit if the produce of their workshops are inferior in quality or superior in price to that of peoples who can carry on the same trade to more advantage thanks to their location.

Wednesday, 1 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 245-46]

Nous avons vu que le capital accumulé étoit [était] nécessaire pour mettre en mouvement un travail productif, et qu’il étoit [était] également nécessaire aux propriétaires de ce capital de le faire travailler pour qu’il devînt fructueux pour eux. Nous avons vu encore que pouvant maintenir à leur choix la classe d’ouvriers qu’ils croyoient [croyaient] la plus profitable, les capitalistes lorsque le commerce étoit [était] libre, réduisoient [réduisaient] tous les genres d’industrie au même niveau d’avantages. Il ne nous reste plus qu’à examiner comment une nation pauvre, avec un capital donné qui s’accroît progressivement par l’économie et la liberté du commerce, parvient successivement à faire végéter tous les différen[t]s rameaux de l’industrie nationale.

[Translation]

We have seen that the accumulated capital is necessary to set productive labour in motion, and that it is also necessary for owners of this capital to put it at work so that it may be fruitful for them. Furthermore, we have seen that, since capitalists can maintain the class of labourers who they believe are the most profitable as they like, they carry on all sorts of industry to the same rate of profit with trade free. Now all we have to examine is how a poor nation manages to make all the different branches of the national industry successively grow, with a given capital which progressively grows thanks to saving and to free trade.

Tuesday, 30 June 2009

Book 1, chapter 8, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 229]

(1) Nous négligeons dans ce calcul de tenir compte des jours de repos, qu’il faudroit [faudrait] déduire de part et d’autre.

[Translation]

(1) We take no account of days of repose in this calculation, which it would be necessary to deduct in both the cases.

Monday, 29 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 244]

   Si l’on pouvoit [pouvait] une fois se convaincre que l’argent n’est pas la seule richesse d’une nation; que toutes les fois qu’elle possède en abondance des marchandises et du travail accumulé, elle trouve facilement du numéraire; que comme qu’elle fasse, ce dernier ne s’accumulera pas chez elle, et que s’il le faisoit [faisait] ce seroit [serait] pour sa ruine; qu’enfin elle s’enrichit toutes les fois que les produits de l’agriculture et de l’industrie augmentent; on comprendroit [comprendrait] qu’elles n’a point besoin pour cela des étrangers, et l’on ne s’étonneroit [étonnerait] pas d’une chose toute simple, savoir: que le commerce faisant l’avantage tant de l’acheteur que du vendeur, il soit deux fois plus profitable à la nation lorsque l’une et l’autre de ces deux personnes lui appartiennent, qua lorsque l’une des deux est étrangère.

[Translation]

   Money is not the only wealth of a nation; whenever the nation abounds with commodities and accumulated labour, it finds money easily; money will not be accumulated in this country, and, if it were to be accumulated, this would be for ruin; in the end, the nation is progressive in wealth, whenever the produce of agriculture and industry is on the increase. Once you convinced yourself of these propositions above, you would understand that the nation does not need foreign countries for that, and would not be surprised at a very simple maxim; that is to say, that, since commerce is advantageous for purchasers as well as for sellers, it is twice as profitable to the nation if both the parties belong to it as if one of them is from a foreign country.