Tuesday, 30 June 2009

Book 1, chapter 8, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 229]

(1) Nous négligeons dans ce calcul de tenir compte des jours de repos, qu’il faudroit [faudrait] déduire de part et d’autre.

[Translation]

(1) We take no account of days of repose in this calculation, which it would be necessary to deduct in both the cases.

Monday, 29 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 244]

   Si l’on pouvoit [pouvait] une fois se convaincre que l’argent n’est pas la seule richesse d’une nation; que toutes les fois qu’elle possède en abondance des marchandises et du travail accumulé, elle trouve facilement du numéraire; que comme qu’elle fasse, ce dernier ne s’accumulera pas chez elle, et que s’il le faisoit [faisait] ce seroit [serait] pour sa ruine; qu’enfin elle s’enrichit toutes les fois que les produits de l’agriculture et de l’industrie augmentent; on comprendroit [comprendrait] qu’elles n’a point besoin pour cela des étrangers, et l’on ne s’étonneroit [étonnerait] pas d’une chose toute simple, savoir: que le commerce faisant l’avantage tant de l’acheteur que du vendeur, il soit deux fois plus profitable à la nation lorsque l’une et l’autre de ces deux personnes lui appartiennent, qua lorsque l’une des deux est étrangère.

[Translation]

   Money is not the only wealth of a nation; whenever the nation abounds with commodities and accumulated labour, it finds money easily; money will not be accumulated in this country, and, if it were to be accumulated, this would be for ruin; in the end, the nation is progressive in wealth, whenever the produce of agriculture and industry is on the increase. Once you convinced yourself of these propositions above, you would understand that the nation does not need foreign countries for that, and would not be surprised at a very simple maxim; that is to say, that, since commerce is advantageous for purchasers as well as for sellers, it is twice as profitable to the nation if both the parties belong to it as if one of them is from a foreign country.

Sunday, 28 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 241-44]

   Les draps de Chalabre que nous avons pris précédemment pour exemple, se débitent tous dans le pays où on les a fabriqués: le capital qui les fait produire, anime en même tem[p]s une autre industrie nationale pour les payer; son effet est donc double dans le Département de l’Aude, ou dans les Départemen[t]s voisins, et les marchands qui les débitent remplacent toujours alternativement deux capitaux françois [français]. Tout auprès de cette manufacture en existoit [existait] autrefois une autre beaucoup plus brillante, celle de Carcassonne, qui fournissoit [fournissait] avant la révolution 56 mille pièces de drap par année. C’étoient [étaient] les plus beaux du midi de la France, et cette manufacture importante, qui ne produit plus que le quart de ce qu’elle faisoit [faisait] autrefois, excitoit [excitait] tout l’intérêt du Ministère. Elle l’excitoit [excitait] surtout, parce que les draps qui en sortoient [sortaient] se vendoient [vendaient] presque tous à l’étranger, et augmentoient [augmentaient] par conséquent, disoit-on [disait-on], la richesse nationale, en assurant des balances de commerce favorables. Sous ce rapport-là précisément, la fabrique de Carcassonne étoit [était] de moitié moins importante que celle de Chalabre. Le capital employé dans la première animait bien deux industries, l’une pour produire l’étoffe, et l’autre pour la payer; mais l’une seulement de ces deux industries étoit [était] françoise [français], l’autre étoit [était] celle des Levantins. En effet, le négociant de Marseille qui se rendoit [rendait] l’entremetteur entre le fabricant de Carcassonne et le marchand des Echelles, remplaçoit [remplaçait] alternativement, toujours avec un capital françois [français], le capital de l’un et l’autre; et si l’on ne veut considérer que l’argent, tantôt il payoit [payait] le fabricant de Carcassonne pour ses draps, tantôt le marchand de Smyrne pour son huile, son riz, et son café; tandis que son argent lui étoit [était] remboursé par le consommateur des deux nations. Le profit de son commerce pouvoit [pouvait] être le même, ou pouvoit [pouvait] être plus grand que celui d’un commerce intérieur; mais l’avantage pour la nation étoit [était] infiniment moindre, car la somme qu’il auroit [aurait] employée à remplacer deux capitaux françois [français], auroit [aurait] par chaque circulation fait travailler deux fois plus, et augmenté deux fois plus la richesse nationale, que la même somme lorsqu’elle ne mettoit [mettait] qu’un seul travail françois [français] en mouvement: à quoi il faut ajouter encore, que les retours d’un commerce au Levant étant infiniment plus tardifs, il auroit [aurait] fait circuler trois ou quatre fois son capital en France, avant que d’être payé d’un seul envoi fait à Smyrne.

[Translation]

   The drapery from Chalabre we have above taken for example is retailed everywhere in the country where it was produced. The capital for this production animates at the same time another national industry for payment for it. Its effect is therefore double in the department of Aude or in the neighbouring departments, and the merchants who retail it always replace two French capitals alternately. There used to be another factory quite near to this one. That one, situated in Carcassonne, was much more brilliant, and produced 56,000 pieces of drapery a year before the revolution. These were the most beautiful of all from Southern France, and this important factory, which produces only a quarter as much as it used to, stimulated all the interest of the administration. It stimulated it, above all because almost all the drapery produced there was sold abroad, and was said to increase the national wealth by assuring France of the favourable balance of trade. In these terms, precisely, the factory in Carcassonne was half as important as that in Chalabre. The capital employed in the former animated two industries well, one of which was for producing cloth, and the other of which for paying for it. But only one of these industries was in France, and the other was in the Levant. Indeed the merchant in Marseille who intermediated between the manufacturer in Carcassonne and the merchant in the Levant replaced the capital of both alternately, always with a French capital. If you want to consider only money, he sometimes paid the merchant in Carcassone for drapery and sometimes that in Smyrna for oil, rice and coffee, while he retrieved his money from consumers in the two countries. The profit of his commerce could be the same or could be higher than that of inland trade. But the advantage for the nation was far smaller, because the sum he had employed to replace two French capitals had employed twice as many labourers every time it circulated, and had given twice as much increase to the national wealth, as when it only put French labour in motion. To this we still need to add that, the returns on commerce of the Levant being far slower, he had made his capital in France circulating three or four times, before being paid from a single cargo to Smyrna.

Saturday, 27 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 241]

   On pourroit [pourrait] encore avec plusieurs auteurs ne considérer comme remplacement de capital, que celui qui se fait en numéraire; ce qui arrive de deux fois l’une, celui qui donne de l’argent devant en recevoir ensuite, pour pouvoir en donner de nouveau. Il est pourtant plus exact de dire que tout commerce fournit toujours à la fois à deux consommateurs ce qu’ils veulent employer à leur usage, à l’un en nature, et à l’autre en argent qui lui sert à se le procurer. Or l’ouvrier productif à qui on le fournit en nature, est aussi bien mis en mouvement par là que celui à qui on le fournit en argent; ce sont donc toujours deux impulsions données, deux capitaux remplacés.

[Translation]

   Still, you might consider, like some authors, as replacement of capital only that which is made in specie (this takes place one out of two times), that which gives some money in expectation of receiving some money later in order to give some again. However, it is more exact to say that every sort of trade provides at once two consumers with what they want to make use of, namely one of them in kind and the other in money which helps to procure him the commodity. But the productive labourer provided with it in kind is employed by it as well as that provided in money. These are therefore always two given impulses, two replaced capitals.

Friday, 26 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 239-41]

   Nous avons supposé pour simplifier que le fabricant étoit [était] le consommateur des denrées du paysan, tandis que le paysan étoit [était] le consommateur des étoffes du fabricant, et dans ce cas le capital du fabricant s’échange tour à tour avec celui du marchand de draps, et celui du marchand de denrées; au premier il donne des étoffes, au second de l’argent; les capitaux des deux marchands remplacent tour à tour ceux du fermier et du fabricant, et celui du fermier remplace tour à tour ceux des deux marchands. Il n’arrive jamais cependant que deux classes d’ouvriers se correspondent avec cette précision, d’où il résulte que le capital du marchand de denrées est remplacé maille à maille par les revenus des consommateurs; et sous cette dénomination il faut comprendre toutes les classes de la société. Lorsque ces consommateurs sont des ouvriers productifs, ils remplacent ce qu’ils achètent par un capital, car c’est sous ce point de vue qu’on doit considérer leur salaire nécessaire; les autres consommateurs achètent en général les denrées et marchandises avec leur revenu, qui se trouve alors remplacer un capital, tandis que d’autre part le capital approprié au salaire nécessaire de l’ouvrier productif remplacera leur revenu. Il arrive quelquefois aussi que le consommateur est un dissipateurs qui achète ce dont il a besoin avec son capital qu’il détruit, ou qu’il l’achète avec les capitaux d’une nation dissipatrice, qu’il contribue pour sa part à détruire.

[Translation]

   We have supposed for simplification that the manufacturer was the consumer of the produce of the peasant, while the peasant was the consumer of the cloth of the manufacturer, and in this case the capital of the manufacturer is exchanged, by turns, for that of the merchant of drapery and for that of the one of foods. At first he gives some cloth, and secondly some money. The capitals of the two merchants replace those of the farmers and the manufacturer by turns, and that of the farmer replaces those of the two merchants by turns. However, two classes of labourers do not correspond to each other so exactly, and from this it follows that the capital of the merchant of foods is replaced penny to penny by the revenue of consumers. And in this name [consumers] it is necessary to include all the classes of society. When these consumers are productive labourers, they replace what they purchase by a capital, because it is from this point of view that you must consider their necessary wage. The other consumers generally purchase foods and commodities with their revenue, which then happens to replace a capital, while on the other hand the capital appropriated for necessary wage of productive labourers will replace their revenue. It sometimes happens also that the consumer is a spendthrift, who purchases what he wants with his capital he destroys, or that he purchases it with the capital of an extravagant nation, whom he helps to destroy on his part.

Thursday, 25 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 238-39]

   Mais si le même capital devoit [devait] sans remplacement faire mouvoir les bras de deux classes d’ouvriers productifs, en passant alternativement de l’une à l’autre, la circulation seroit [serait] infiniment lente, il faudroit [faudrait] au moins deux ans avant que le fabricant de draps fût payé et pût recommencer l’ouvrage. Ce capital s’est donc divisé entre les mains de tous ceux chez qui il devoit [devait] passer; ses propriétaires qui recherchent toujours leur plus grand avantage ont opéré d’eux-mêmes et tout naturellement cette division. Une partie de la richesse mobiliaire [mobilière] s’est arrêtée entre les mains du fabricant de Chalabre, une autre entre celles du fermier Languedocien, et une troisième entre celles d’un ou de plusieurs commerçan[t]s, qui distribuent les produits de l’un ou de l’autre. Le fabricant n’a pas plutôt fini son drap, qu’il trouve le marchand prêt à s’en charger, et à remplacer son capital par le sien, de sorte qu’il peut immédiatement recommencer l’ouvrage; le fermier n’a pas plutôt produit son blé, qu’un marchand s’en charge, et remplace également son capital; enfin le marchand lui-même distribue et le blé et le drap aux consommateurs selon leurs besoins, et reçoit de ceux-ci une portion de leurs revenus, qui pour lui devient un capital et sert à remplacer celui qu’il a avancé au fabricant et au fermier; chacun d’eux voit rentrer plus souvent ses fonds entre ses mains sous la forme de numéraire, chacun d’eux se bornant à une seule profession, l’exerce avec plus d’intelligence et de profit, mais la somme de leurs opérations est la même que nous avons d’abord supposé faite par un seul homme, la somme de leurs capitaux est dans la même proportion avec celle de leurs opérations, et cette somme maintient toujours deux travaux productifs, tandis que chacune de ses fractions remplace alternativement deux capitaux actifs.

[Translation]

   But, if the same capital should without replacement employ two classes of productive labourers by turns, the circulation would be infinitely slow, and it would take at least two years before the manufacturer of drapery is paid and ready to restart the operation. This capital has therefore been divided into all the hands into which it must pass. Its owners, who always ask for larger advantage, have operated this division voluntarily and naturally. Part of the movable wealth has remained in the hand of the manufacturer in Chalabre, another part in those of the farmer in Languedoc, and still another in those of one or several merchants who distribute the produce of the former or the latter. No sooner has the manufacturer finished his woollen drapery than he finds the merchant ready to take it on and to replace the manufacturer’s capital by his, so the manufacturer can immediately restart the operation. No sooner has the farmer produced his corn than a merchant takes it on, and replaces his capital in the same way. Finally the merchant himself distributes the corn and drapery to consumers according to their needs, and receives a portion of their revenue from them, a portion which is a capital for him and serves to replace what he has advanced upon the manufacturer and the farmer. Each of them sees his stocks retrieved into his hands in the form of specie in most cases. Each of them, confining himself to only a profession, performs it with more intelligence and to more profit, but the sum of the operation is the same as we have at first supposed made by only a man; the sum of their capitals is in the same proportion to that of their operations, and this sum always maintains two sorts of productive labour, while each half of it alternately replaces two capitals at work.

Wednesday, 24 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 236-38]

   Un capital destiné à animer un travail productif peut-être [peut être] considéré comme étant toujours le même, depuis le moment de la production, jusqu’à celui de la consommation de la marchandise. Supposons, par exemple, qu’un seul capital de cent mille écus fut employé dans la manufacture des draps ordinaires de Chalabre, (département de l’Aude), destinés à la consommation intérieure: l’échange ne sera vraiment accompli que lorsque le drap vendu par le fabricant, sera parvenu au cultivateur, et aura été payé par celui-ci en blé et vin produit de son travail, de sorte qu’une même valeur soit rentrée entre les mains du premier et qu’il puisse recommencer. La partie des cent mille écus qui paye le salaire nécessaire, mettra donc en mouvement l’industrie du fabricant de Chalabre, et celle du paysan Languedocien, tandis que le reste deux fois reproduit par l’un et par l’autre, procurera deux fois leur salaire superflu [,] leur profit et leur rente aux trois classes productives, formera enfin deux fois le revenu de la société; car il y a toujours dans tout commerce, double production, dont la seconde est destinée à payer la première. S’il y avoit [avait] consommation sans reproduction d’égale valeur, le capital s’épuiseroit [épuiserait], et le travail seroit [serait] arrêté; un homme ne peut pas plus toujours acheter qu’un autre toujours vendre; il faut que de son côté il produise ou fasse produire, il vende ou fasse vendre, afin de se procurer l’argent nécessaire à ses achats. Son revenu procède ou de son propre travail, ou du profit de son capital, ou de la rente de ses terres, ou de la part qu’il obtient au travail des autres comme appartenant à la classe improductive; il est donc toujours en dernière analyse fondé sur le travail; tout consommateur n’achète donc que parce qu’un travail fait par lui ou par d’autres le met en état de le faire; toute vente suppose donc une autre vente pour compléter le troc entre le produit de deux travaux simultanés, tandis que pour l’entrepreneur, elle fait partie du troc entre les produits de deux travaux successifs.

[Translation]

   A capital appropriated for activation of productive labour can be considered as always the same since the moment of production until that of consumption of the produce. Let us suppose, for example, that a single capital of 100,000 ecus were employed in a mill of ordinary woollen drapery in Chalabre (in the Aude department) for the home market. The exchange will not be really accomplished until the drapery sold by the manufacturer has reached a cultivator and has received the payment from him in corn and wine produced by his labour. Then the mill will have retrieved something of the same value into hands, and will have been ready to restart the operation. That part of 100,000 ecus which pays necessary wages, therefore, will set in motion the industry of the manufacturer in Chalabre, and that of a peasant in Languedoc, while the rest, twice reproduced by both, will twice procure their surplus wage, profit and rent for the three productive classes, and will twice bear the revenue of society in the end. The reason is that there is always double production in every sort of trade, the second of which is appropriated for payment for the first. If there took place consumption without reproduction of equal value, the capital would be exhausted, and the labour would be suspended. A man can no more frequently purchase than another can sell. It is necessary that on his side he should produce or have someone else produce, and should sell or have someone else sell, in order to obtain necessary money for his purchases. His revenue comes from his own labour, from profit on his capital, from rent of his estates, or from that part which he obtains for the labour of others as belonging to the unproductive class. In the end, therefore, he always rests on labour. So every consumer purchases only because one sort or another of labour performed by him or by others enables him to do it. Every sale presupposes another sale in order to complete the act of bartering the produces of two simultaneous doses of labour, while it comprises a part of the act of bartering the produces of two successive doses of labour for the entrepreneur.