Saturday, 27 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 241]

   On pourroit [pourrait] encore avec plusieurs auteurs ne considérer comme remplacement de capital, que celui qui se fait en numéraire; ce qui arrive de deux fois l’une, celui qui donne de l’argent devant en recevoir ensuite, pour pouvoir en donner de nouveau. Il est pourtant plus exact de dire que tout commerce fournit toujours à la fois à deux consommateurs ce qu’ils veulent employer à leur usage, à l’un en nature, et à l’autre en argent qui lui sert à se le procurer. Or l’ouvrier productif à qui on le fournit en nature, est aussi bien mis en mouvement par là que celui à qui on le fournit en argent; ce sont donc toujours deux impulsions données, deux capitaux remplacés.

[Translation]

   Still, you might consider, like some authors, as replacement of capital only that which is made in specie (this takes place one out of two times), that which gives some money in expectation of receiving some money later in order to give some again. However, it is more exact to say that every sort of trade provides at once two consumers with what they want to make use of, namely one of them in kind and the other in money which helps to procure him the commodity. But the productive labourer provided with it in kind is employed by it as well as that provided in money. These are therefore always two given impulses, two replaced capitals.

Friday, 26 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 239-41]

   Nous avons supposé pour simplifier que le fabricant étoit [était] le consommateur des denrées du paysan, tandis que le paysan étoit [était] le consommateur des étoffes du fabricant, et dans ce cas le capital du fabricant s’échange tour à tour avec celui du marchand de draps, et celui du marchand de denrées; au premier il donne des étoffes, au second de l’argent; les capitaux des deux marchands remplacent tour à tour ceux du fermier et du fabricant, et celui du fermier remplace tour à tour ceux des deux marchands. Il n’arrive jamais cependant que deux classes d’ouvriers se correspondent avec cette précision, d’où il résulte que le capital du marchand de denrées est remplacé maille à maille par les revenus des consommateurs; et sous cette dénomination il faut comprendre toutes les classes de la société. Lorsque ces consommateurs sont des ouvriers productifs, ils remplacent ce qu’ils achètent par un capital, car c’est sous ce point de vue qu’on doit considérer leur salaire nécessaire; les autres consommateurs achètent en général les denrées et marchandises avec leur revenu, qui se trouve alors remplacer un capital, tandis que d’autre part le capital approprié au salaire nécessaire de l’ouvrier productif remplacera leur revenu. Il arrive quelquefois aussi que le consommateur est un dissipateurs qui achète ce dont il a besoin avec son capital qu’il détruit, ou qu’il l’achète avec les capitaux d’une nation dissipatrice, qu’il contribue pour sa part à détruire.

[Translation]

   We have supposed for simplification that the manufacturer was the consumer of the produce of the peasant, while the peasant was the consumer of the cloth of the manufacturer, and in this case the capital of the manufacturer is exchanged, by turns, for that of the merchant of drapery and for that of the one of foods. At first he gives some cloth, and secondly some money. The capitals of the two merchants replace those of the farmers and the manufacturer by turns, and that of the farmer replaces those of the two merchants by turns. However, two classes of labourers do not correspond to each other so exactly, and from this it follows that the capital of the merchant of foods is replaced penny to penny by the revenue of consumers. And in this name [consumers] it is necessary to include all the classes of society. When these consumers are productive labourers, they replace what they purchase by a capital, because it is from this point of view that you must consider their necessary wage. The other consumers generally purchase foods and commodities with their revenue, which then happens to replace a capital, while on the other hand the capital appropriated for necessary wage of productive labourers will replace their revenue. It sometimes happens also that the consumer is a spendthrift, who purchases what he wants with his capital he destroys, or that he purchases it with the capital of an extravagant nation, whom he helps to destroy on his part.

Thursday, 25 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 238-39]

   Mais si le même capital devoit [devait] sans remplacement faire mouvoir les bras de deux classes d’ouvriers productifs, en passant alternativement de l’une à l’autre, la circulation seroit [serait] infiniment lente, il faudroit [faudrait] au moins deux ans avant que le fabricant de draps fût payé et pût recommencer l’ouvrage. Ce capital s’est donc divisé entre les mains de tous ceux chez qui il devoit [devait] passer; ses propriétaires qui recherchent toujours leur plus grand avantage ont opéré d’eux-mêmes et tout naturellement cette division. Une partie de la richesse mobiliaire [mobilière] s’est arrêtée entre les mains du fabricant de Chalabre, une autre entre celles du fermier Languedocien, et une troisième entre celles d’un ou de plusieurs commerçan[t]s, qui distribuent les produits de l’un ou de l’autre. Le fabricant n’a pas plutôt fini son drap, qu’il trouve le marchand prêt à s’en charger, et à remplacer son capital par le sien, de sorte qu’il peut immédiatement recommencer l’ouvrage; le fermier n’a pas plutôt produit son blé, qu’un marchand s’en charge, et remplace également son capital; enfin le marchand lui-même distribue et le blé et le drap aux consommateurs selon leurs besoins, et reçoit de ceux-ci une portion de leurs revenus, qui pour lui devient un capital et sert à remplacer celui qu’il a avancé au fabricant et au fermier; chacun d’eux voit rentrer plus souvent ses fonds entre ses mains sous la forme de numéraire, chacun d’eux se bornant à une seule profession, l’exerce avec plus d’intelligence et de profit, mais la somme de leurs opérations est la même que nous avons d’abord supposé faite par un seul homme, la somme de leurs capitaux est dans la même proportion avec celle de leurs opérations, et cette somme maintient toujours deux travaux productifs, tandis que chacune de ses fractions remplace alternativement deux capitaux actifs.

[Translation]

   But, if the same capital should without replacement employ two classes of productive labourers by turns, the circulation would be infinitely slow, and it would take at least two years before the manufacturer of drapery is paid and ready to restart the operation. This capital has therefore been divided into all the hands into which it must pass. Its owners, who always ask for larger advantage, have operated this division voluntarily and naturally. Part of the movable wealth has remained in the hand of the manufacturer in Chalabre, another part in those of the farmer in Languedoc, and still another in those of one or several merchants who distribute the produce of the former or the latter. No sooner has the manufacturer finished his woollen drapery than he finds the merchant ready to take it on and to replace the manufacturer’s capital by his, so the manufacturer can immediately restart the operation. No sooner has the farmer produced his corn than a merchant takes it on, and replaces his capital in the same way. Finally the merchant himself distributes the corn and drapery to consumers according to their needs, and receives a portion of their revenue from them, a portion which is a capital for him and serves to replace what he has advanced upon the manufacturer and the farmer. Each of them sees his stocks retrieved into his hands in the form of specie in most cases. Each of them, confining himself to only a profession, performs it with more intelligence and to more profit, but the sum of the operation is the same as we have at first supposed made by only a man; the sum of their capitals is in the same proportion to that of their operations, and this sum always maintains two sorts of productive labour, while each half of it alternately replaces two capitals at work.

Wednesday, 24 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 236-38]

   Un capital destiné à animer un travail productif peut-être [peut être] considéré comme étant toujours le même, depuis le moment de la production, jusqu’à celui de la consommation de la marchandise. Supposons, par exemple, qu’un seul capital de cent mille écus fut employé dans la manufacture des draps ordinaires de Chalabre, (département de l’Aude), destinés à la consommation intérieure: l’échange ne sera vraiment accompli que lorsque le drap vendu par le fabricant, sera parvenu au cultivateur, et aura été payé par celui-ci en blé et vin produit de son travail, de sorte qu’une même valeur soit rentrée entre les mains du premier et qu’il puisse recommencer. La partie des cent mille écus qui paye le salaire nécessaire, mettra donc en mouvement l’industrie du fabricant de Chalabre, et celle du paysan Languedocien, tandis que le reste deux fois reproduit par l’un et par l’autre, procurera deux fois leur salaire superflu [,] leur profit et leur rente aux trois classes productives, formera enfin deux fois le revenu de la société; car il y a toujours dans tout commerce, double production, dont la seconde est destinée à payer la première. S’il y avoit [avait] consommation sans reproduction d’égale valeur, le capital s’épuiseroit [épuiserait], et le travail seroit [serait] arrêté; un homme ne peut pas plus toujours acheter qu’un autre toujours vendre; il faut que de son côté il produise ou fasse produire, il vende ou fasse vendre, afin de se procurer l’argent nécessaire à ses achats. Son revenu procède ou de son propre travail, ou du profit de son capital, ou de la rente de ses terres, ou de la part qu’il obtient au travail des autres comme appartenant à la classe improductive; il est donc toujours en dernière analyse fondé sur le travail; tout consommateur n’achète donc que parce qu’un travail fait par lui ou par d’autres le met en état de le faire; toute vente suppose donc une autre vente pour compléter le troc entre le produit de deux travaux simultanés, tandis que pour l’entrepreneur, elle fait partie du troc entre les produits de deux travaux successifs.

[Translation]

   A capital appropriated for activation of productive labour can be considered as always the same since the moment of production until that of consumption of the produce. Let us suppose, for example, that a single capital of 100,000 ecus were employed in a mill of ordinary woollen drapery in Chalabre (in the Aude department) for the home market. The exchange will not be really accomplished until the drapery sold by the manufacturer has reached a cultivator and has received the payment from him in corn and wine produced by his labour. Then the mill will have retrieved something of the same value into hands, and will have been ready to restart the operation. That part of 100,000 ecus which pays necessary wages, therefore, will set in motion the industry of the manufacturer in Chalabre, and that of a peasant in Languedoc, while the rest, twice reproduced by both, will twice procure their surplus wage, profit and rent for the three productive classes, and will twice bear the revenue of society in the end. The reason is that there is always double production in every sort of trade, the second of which is appropriated for payment for the first. If there took place consumption without reproduction of equal value, the capital would be exhausted, and the labour would be suspended. A man can no more frequently purchase than another can sell. It is necessary that on his side he should produce or have someone else produce, and should sell or have someone else sell, in order to obtain necessary money for his purchases. His revenue comes from his own labour, from profit on his capital, from rent of his estates, or from that part which he obtains for the labour of others as belonging to the unproductive class. In the end, therefore, he always rests on labour. So every consumer purchases only because one sort or another of labour performed by him or by others enables him to do it. Every sale presupposes another sale in order to complete the act of bartering the produces of two simultaneous doses of labour, while it comprises a part of the act of bartering the produces of two successive doses of labour for the entrepreneur.

Tuesday, 23 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 232-36]

   L’avantagé que l’entrepreneur d’une fabrique trouve au travail qu’il dirige, est ce que nous avons déjà désigné sous le nom de profit mercantile; il fait partie du prix de la chose produite; mais l’avantage qui résulte pour la nation d’un travail fructueux est égal à la totalité du prix de la chose produite, car ce prix se divise tout entier en salaire nécessaire, salaire superflu, profit, et rente; il remplace le capital qui doit animer l’industrie, et paye leur revenu à toutes les classes de la société. On comprend d’après cela que deux capitaux dont l’un circuleroit [circulerait] lentement, et l’autre rapidement, pourroient [pourraient] donner le même profit à leurs propriétaires, mais qu’il est impossible qu’ils donnent le même revenu à la société. Supposons en effet deux fabrican[t]s de toiles établis dans la même ville, qui tous les deux possèdent un capital de cent mille fr. et l’emploient tous les deux en entier à leur commerce. L’un des deux vend ses toiles en Amérique, avec un bénéfice de vingt-cinq pour cent, mais soit à cause de l’éloignement, ou à cause du besoin de capital en Amérique, il ne peut être payé et recommencer l’ouvrage qu’au bout de deux ans. Il sait que c’est une conséquence d’un pareil commerce, et pour n’avoir jamais besoin de fermer son atelier en attendant des remises, il ne consacre que 50,000 francs chaque année à produire, et son profit annuel est de 12,500 francs. Son confrère au contraire vend à sa porte les toiles qu’il fabrique, et dont la consommation se fait toute dans l’intérieur: il ne gagne à la vérité que deux et demi pour cent dessus, mais il est payé comptant, et avant trois mois la circulation de son capital s’est opérée, en sorte qu’il a pu recommencer l’ouvrage, et que dans l’année il a fabriqué pour 400,000 fr. de toiles, et obtenu un profit de 10,000 fr. Quoique l’un des deux prenne sur la même marchandise un bénéfice dix fois plus fort que l’autre, ces deux commerces paroîtront [paraîtront] également avantageux aux négocions qui s’y livrent, parce que leurs profits ne seront entr’eux que comme cinq est à quatre, et que cette différence ne sera considérée que comme une juste compensation de l’inquiétude que cause toujours l’éloignement du marché. Mais pour la nation, il y aura bien une autre différence entre ces deux commerces; car l’intérieur lui procurera pour 400,000 fr. de productions, et l’extérieur seulement pour 50,000. Dans ce cas-ci cependant, comme dans tous les autres, lorsque le commerce est libre, l’intérêt du particulier est le même que l’intérêt général; il ne conviendroit [conviendrait] pas à la nation, pour avoir un produit beaucoup plus grand, de renoncer à tous les commerces où le capital circule lentement; l’agriculture elle-même se trouveroit [trouverait] comprise dans cette proscription, quelque nécessaire qu’elle soit à la prospérité publique. Les bénéfices que procure chaque branche d’industrie, se proportionnent naturellement au besoin qu’en a le peuple, et pour que le capitaliste reste attaché à celles où la circulation est plus lente, le consommateur qui a besoin de lui, consent à lui céder de plus grands profits. Mais il faut seulement en conclure, que c’étoit [était] une politique bien fausse que celle qui altéroit [altérait] cet équilibré naturel en accordant au commerce extérieur dont les retours sont fort lents, des faveurs plus importantes qu’au commerce intérieur, celui de tous qui avec le même capital, donne à la nation le plus grand revenu.

[Translation]

   The advantage the entrepreneur of a mill finds in the business he manages is what we have already called in the name of mercantile profit. It comprises a part of the price of produced things, but the advantage which results from fruitful labour for the nation is equal to the whole price of produced things, because this whole price is divided into necessary wage, surplus wage, profit and rent. It replaces the capital which should animate industry, and raises these sorts of revenue to all the classes of society. From this it follows that two capitals, if one of them circulated slowly and the other rapidly, could procure the same profit for their owners, but that it is impossible that they procure the same revenue to the society. Let us suppose that two linen mills are established in the same city, each of which possesses a capital of 100,000 francs and employs the whole capital for his trade. One of the two sells his drapery to America with a profit of 25%, but he cannot be paid either for the distance or for lack of capital in America and cannot restart his operation until two years have passed. He knows that this is a result of such a trade, and only appropriates 50,000 francs for production a year, lest he should have to close his mill while waiting for delivery, and his annual profit is of 12,500 francs. On the contrary, the other person in the same trade sells linen drapery of his manufacturing in a nearer market, which is entirely for domestic consumption. It is true that he gains only 2.5% profits, but he is paid in cash, and the circulation of his capital has been competed in three months, so that he has got ready to restart the operation, and that he has manufactured cloth of 400,000 francs in the year, and has obtained a profit of 10,000 francs. Though the one of the two takes ten times as much benefit upon the same trade as the other, these two sorts of trade will appear equally advantageous to the merchants engaged in it, because their profits will be little different (the ratio is five to four), and because this difference is only considered as a just compensation for troubles caused by the distance of the market. But for the nation there will in fact be another difference between these two sorts of trade. For the inland trade will procure the produce of 400,000 francs for the nation, and the foreign trade will only 50,000 francs. In this case, as well as in any other case, where trade is left free, however, the interest of an individual is the same as the general interest. In order that the nation may produce much more, it would not be convenient to abandon all sorts of trade where the capital circulates slowly. Agriculture itself would seem to be included in this banishment, however necessary it may be to the public prosperity. Benefits procured by each branch of industry are naturally in proportion to the need the nation has for it, and, if capitalists remain attached to those where the circulation is slow, consumers who need them agree to yield larger profits to them. But you have only to conclude from this that a policy was utterly wrong if it distorted this natural equilibrium by bestowing more significant favour to foreign trade upon which returns are very slow, than to inland trade, which deals in anything that, with the same capital, raises the largest revenue to the nation.

Monday, 22 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 232]

   Il faut remarquer que je pren[d]s ici le mot de circulation dans son sens le plus strict; Herrenschwand a observé avec raison, (Écon. polit. et mor. vol. II. p. 112) que ce mot étoit [était] employé improprement toutes les fois qu’il ne désignoit [désignait] pas un mouvement qui ramenât en se terminant la chose circulante à la place d’où elle étoit [était] partie lorsque le mouvement avoit [avait] commencé. C’est précisément ce qui arrive au capital circulant, il décrit toujours un cercle, et revient toujours entre les mains de son premier propriétaire, lequel lui a donné l’impulsion; et c’est ce qui n’arrive jamais au numéraire, qui peut passer de mains en mains sans jamais revenir à celles de son premier détenteur. J’ai cependant désigné par le même mot, la circulation incomplète de ce dernier, l’usage m’autorisant à le faire.

[Translation]

   It is necessary to note that here I take the word circulation in its most strict sense. Herrenschwand has observed with reason (De l’économie politique et morale de l’espèce humaine, vol. 2, p. 112) that this word is improperly employed unless it means a movement where a circulating thing returns at the end to the place out of which it comes at the beginning. This is precisely the case with circulating capital. It always draws a circle and always returns in the hands of the first owner, who has triggered it. This is never the case with specie, which can pass from hand to hand without returning into the hands of the first holder. Yet I have meant by this word the incomplete circulation of specie because usage authorises me to do so.

Sunday, 21 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 231-32]

   Cependant la circulation n’est point achevée lorsque le producteur a vendu sa marchandise, et a changé son capital contre de l’argent, avec lequel il peut recommencer le travail; elle est bien complète pour lui, mais elle ne l’est pas pour la nation dans le sein de laquelle elle s’opère: Une vente, nous l’avons déjà observé, n’est que la moitié d’un troc; or la circulation n’est réellement accomplie que quand le troc est achevé, et que le consommateur a appliqué à son usage la chose produite, après se l’être procurée en échange, d’une autre qu’il a produit lui-même, ou fait produire. Tant qu’une chose n’est point appliquée à son usage par le consommateur, le capital qui l’a produite existe toujours en elle; ce n’est donc pas le même capital, mais un nouveau, qui retourne entre les mains de l’entrepreneur, et donne de l’activité à son travail. L’existence de ce nouveau capital est due, comme nous le verrons bientôt, à la division des capitaux nationaux, dont une partie qui demeure entre les mains des marchands, est destinée à remplacer alternativement tous les capitaux des producteurs.

[Translation]

   But the circulation is not completed when the producer has sold his commodities, and has exchanged his capital for money, with which to restart the labour. It is true that the circulation is completed for him, but not for the nation in itself, from which it come about. As we have already observed, a sale is only a half of an act of bartering. The circulation is not really completed until the act of bartering is completed, and until the consumer has applied the produced thing to his use after having obtained it in exchange for another thing he himself has produced, or has made produced. Until the consumer applies a thing to his use, the capital which has produced it always exists in it. Therefore, it is not the same capital but a new capital that returns into the hands of the entrepreneur, and gives activity to his labour. The existence of this new capital is due, as we will see later, to the division of the national capital, a part of which, remaining in the hands of merchants, is appropriated for successive replacement of all the capitals of producers.