Thursday, 21 May 2009

Book 1, chapter 6, footnote 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 170-71]

(3) Il n’est pas étrange qu’on ait confondu ces deux espèces de titres, puisque l’on a vu des papiers-monnoies [monnaies] qui participoient [participaient] de la nature de l’un et de l’autre, qui étoient [étaient] reçus dans le commerce comme numéraire, et qui portoient [portaient] cependant intérêt comme créances. Cette confusion de fait n’empêche pas qu’il n’y ait une différence essentielle dans la nature et dans les effets de ces deux espèces de billets.

[Translation]

(3) It is not strange that one should have confused these two sorts of bills, for there has been a variety of paper money which had the nature of both the two, which was accepted in commerce as specie, and which nonetheless bore interest as a bill of credit. This confusion does not in fact deny that there is some essential difference in nature and effect between these two sorts of bills.

Wednesday, 20 May 2009

Book 1, chapter 6, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 168]

(2) Mr. Blanc de Volx confond de même les créances avec le papier-monnoie [monnaie] dans l’examen de la question qu’il se propose, convient-il à un Gouvernement d’être débiteur ou créancier. Il pèse les avantages et les inconvénien[t]s de la création d’un signe d’échange fictif, qu’il croit être le résultat d’un emprunt, tandis que dans le fait un emprunt ne crée point de signe fictif, et que celui-ci n’est produit que par une émission de papier-monnoie [monnaie]. S’il avoit [avait] fait cette distinction, il seroit [serait] arrivé plutôt et beaucoup plus sûrement à la conclusion si naturelle à laquelle il arrive cependant, qu’il vaut mieux que le Gouvernement soit créancier que débiteur. Il faut que l’amour des paradoxes ait été bien puissant, pour faire contester une proposition si évidente. Voyez État commerc. de la France, Ch. III. Sect. II et III.

[Translation]

(2) Likewise Mr Blanc de Volx confuses bills of credit with paper money in examination of the question he deals with, the question of which is more convenient for a government to be a debtor or a creditor. He scrutinises the advantages and the inconveniences of the creation of a fictitious sign of exchange, which he believes is the result of a borrowing, while in fact the fictitious sign is not created by a borrowing or produced by an issue of paper money. If he had made this distinction, he would have arrived sooner and much more surely to that natural conclusion to which he nonetheless arrive, that it is better that the government is a creditor than a debtor. It is necessary that the love of paradoxes should have been very strong, in order to make such an evident proposition contested. See État commercial de la France, chap. 3, sects. 2 and 3.

Tuesday, 19 May 2009

Book 1, chapter 6, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 158]

(1) J’ai cru devoir donner le nom de capital immatériel à cette partie de la richesse nationale que possèdent certains capitalistes dont toute la fortune est dans un porte-feuille. Les espèces monnoyées [monnayées] avec lesquelles ils transfèrent leur propriété en sont le signe, les titres des créances qu’ils gardent par devers eux en sont le gage, mais leur propriété elle-même est immatérielle, ou plutôt ce n’est qu’un droit en participation sur des richesses plus solides dont d’autres sont les détenteurs.

[Translation]

(1) I have believed it necessary to give the name of intangible capital to that part of the national wealth which is in the possession of certain capitalists whose fortune is all in a portfolio. Coined money with which they transfer their property is the sign of the property, and bills of credit which they keep in hand are the security of it, but their property itself is intangible, or rather, only a right to a share of the firmer wealth held by others.

Monday, 18 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 27

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 187-88]

   Quand une nation devient la créancière des étrangers, peu lui importe que les autres nations dissipent ou non ce qu’elle leur prête; il lui suffit que leur dette soit assurée, et qu’elles lui en payent bien les intérêts; elle ne s’informe point si c’est avec les productions du capital même qu’elle leur a prêté, ou si c’est avec un second capital destiné à cet usage; dans l’un et l’autre cas, elle n’a rien perdu de sa richesse, et son capital immatériel représente une masse correspondante de marchandises ou d’immeubles, existante entre les mains des étrangers, et qui lui est hypothéquée.

[Translation]

   When a nation becomes a creditor of foreign countries, it does not matter for this nation whether or not the nations of the countries dissipate that which it lends them. It is sufficient to it that their debt is assured, and that they pay due interest of the loan to the nation. It does matter for this nation whether it is with the produce of the very capital lent by it to them, or with that of another capital allotted for this use. In both cases, it has no loss of its wealth, and its intangible capital represents a correspondent amount of commodities or immovables, which exist in the hands of foreigners, and upon which the nation hold a mortgage.

Sunday, 17 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 26

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 185-87]

   En laissant de côté ces nouvelles profusions qui sont plus souvent la cause que l’effet d’une banqueroute, et en ne considérant que ses conséquences immédiates, savoir d’une part l’anéantissement d’un capital immatériel, de l’autre la création d’un revenu matériel égal seulement au revenu que produisoit [produisait] le capital anéanti, il semble qu’on s’ôte la disposition d’un fonds, pour ne se réserver que celle d’une rente; cependant comme le capital immatériel ne peut pas être employé par lui-même à mettre en mouvement l’industrie, mais seulement, autant qu’on l’échange contre un capital matériel; que ces échanges ne diminuent point la masse du capital immatériel, car il reste toujours pour une somme égale de créanciers de l’État, qui ne mettent point d’industrie en mouvement, quoique ce ne soient plus les mêmes personnes; et que c’est par conséquent le seul capital matériel et circulant qui peut animer le travail, on en peut conclure, que celui-ci restant précisément le même qu’avant la banqueroute, la perte dans les capitaux de l’État n’est qu’apparente, et que leur mouvement peut être précisément le même. Ces considérations sont bien loin de justifier une banqueroute, car le profit que fait un voleur ne justifie pas son vol; mais quelque criminelle qu’eût été la banqueroute pour la France; il est certain qu’elle eût été moins ruineuse, que l’opération tout aussi criminelle d’une création illimitée de papier-monnoie [monnaie]. Mr. Canard auroit [aurait] dû se défier du raisonnement qui l’a amené à une conclusion toute contraire; car il en vient presque à prouver (§. 122.) qu’une banqueroute nationale est impossible, ce qui est contraire à l’expérience de toute l’Europe, et particulièrement à celle que nous n’avons que trop faite pendant la durée de la révolution.

[Translation]

   Taking no account of these new dissipations which are more often the cause than the effect of a bankruptcy, and considering nothing but its immediate consequences, that is, the destruction of an intangible capital on one hand and the creation of a tangible revenue equal only to the revenue which the destroyed capital produced, it seems that you are deprived of a stock at your disposition, only to reserve a rent at your disposition. However, the intangible capital can be employed to put some industry at work, not by itself, but by exchanging it for a tangible capital; these exchanges do not diminish the amount of intangible capital, because the amount held by creditors of the state always remains the same, who do not put industry at work, even though they may be no longer the same persons; and it is consequently only the tangible and circulating capital that can animate labour. Therefore, you can conclude from these, that this capital remaining precisely the same as before the bankrupt, the loss in the capital of the state is only apparent, and its flow can be precisely the same. These considerations are very far from justifying a bankruptcy, because the profit made by a thief does not justify his theft. However criminal the bankruptcy might have been for France, it is certain that it would have been less ruinous than the operation of unlimited issue of paper money, though as criminal. Mr Canard should have doubted the reasoning which has led him to a utterly contrary conclusion. For he almost assumed (§ 122) that a national bankruptcy is impossible, an assumption which is contrary to the experience of the whole of Europe, and particularly to that through which we went only too thoroughly during the period of the revolution.

Saturday, 16 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 25

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 184-85]

   Cette discussion peut jeter quelque lumière sur l’effet que devroit [devrait] probablement produire la banqueroute nationale, chez une nation flirt endettée. Une banqueroute est une fort grande injustice, par laquelle la propriété des créanciers est transférée aux débiteurs, sans motif ni rétribution. Celle de l’État détruit entre les mains de ses créanciers, un capital immatériel, produisant chaque année en leur faveur un revenu matériel; et elle crée entre les mains des contribuables, un revenu matériel, précisément égal à celui des créanciers qu’elle a anéanti; auparavant ce revenu n’étoit [était] point à eux, mais il passoit [passait] sous la forme d’impôt du contribuable au trésor national, et sous la forme de rentes viagères ou perpétuelles, du trésor national aux créanciers. Cette opération fort immorale et fort injuste, n’a donc point nécessairement un effet destructif pour la nation au milieu de laquelle elle s’opère; elle en ruine une moitié, elle en enrichit l’autre sans raison; au milieu de ces révolutions particulières, le capital national reste jusques ici le même qu’auparavant; mais jamais aucun Gouvernement n’a fait banqueroute dans la vue d’affranchir les contribuables des impôts payoient [payaient]; c’étoit [était] uniquement pour employer ces impôts à de nouvelles dépenses, et se réserver les moyens de dissiper une seconde fois les revenus présen[t]s et à venir de la nation; la perte nationale qu’occasionne la banqueroute, est égale à cette seconde dissipation qu’elle a rendue possible.

[Translation]

   This discussion can cast some light upon the effect which would probably not fail to lead an extremely indebted nation to the national bankruptcy. A bankruptcy is a very grave injustice, for which the property of creditors is transferred to debtors, without reason or remuneration. The bankruptcy of a state destroys in the hands of its creditors that intangible capital which procures them tangible revenue every year, and creates in the hands of taxpayers that tangible revenue which is precisely equal to that of the creditors which it has ruined. This revenue did not belong to them before, but it was transferred in the form of tax from taxpayers to the national treasury, and in the form of lifetime or perpetual pension from the national treasury to creditors. Therefore, this extremely immoral and unjust operation does not necessarily have a destructive effect for the nation among whom it is operated. It ruins half of it, and enriches the other half without reason. Until this point of the course of these unique revolutions, the national capital remains the same as before. However, any government has gone bankrupt, not with the view to freeing taxpayers from taxes they paid, but exclusively in order to employ these taxes for new expenditure and to reserve the means to dissipate the present revenue and future revenue of the nation on another opportunity. The national loss which is caused by the bankruptcy is equal to this second dissipation which it has made possible.

Friday, 15 May 2009

Book 1, chapter 6, paragraph 24

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 181-84]

   Au moment où la banque de France, le comptoir commercial, ou la caisse d’escompte, augmentent leur circulation, il existe toujours une certaine dette de la France envers les étrangers, tout pays commerçant ayant habituellement des dettes de ce genre. Les débiteurs Parisiens emploient aussitôt à payer leurs dettes l’argent que ce nouveau papier fait refluer de la circulation; et l’on éprouve une abondance momentanée de capitaux, les dettes étant soldées sans que la circulation interne soit diminuée, parce que le signe y a pris la place de la réalité. Jusques-là, et pas plus loin, l’émission d’un papier-monnoie [monnaie] est utile. Mais l’on sent d’une part que l’utilité qu’on en peut dériver est fort limitée, puisqu’il n’y qu’une partie du numéraire, celui qui circule par grosses sommes entre négocian[t]s, que l’or puisse remplacer par du papier; de l’autre, cette opération qui anime le commerce, est accompagnée de dangers tout au moins égaux à ses avantages, à cause des variations de valeur auxquelles est nécessairement exposé un signe qui n’en a aucune par lui-même. Du reste échanger le numéraire qu’on possédoit [possédait] déjà contre une richesse mobiliaire [mobilière] plus productive, ce n’est pas multiplier les capitaux, c’est seulement en tirer un plus grand parti; aussi l’établissement d’une banque n’ajoute-t-il rien aux fonds que possédoit [possédait] la nation, le pouvoir du crédit ne s’étend pas jusques-là; il procure à l’un, l’usage de ce qui étoit [était] au service de l’autre, mais il déplace, et ne crèe [crée] jamais. Ce n’est pas qu’il ne paroisse [paraisse], au moment de l’émission des billets de la banque de France, que plus de fonds circulent sur la place, et que l’intérêt de l’argent baisse; mais cette chute est de courte durée; elle tient à ce que les Directeurs prêtant ce qui n’est pas à eux, ne sont pas au premier abord très difficiles sur les conditions du contrat. Ils cèdent en effet, avant de la tenir, la richesse mobiliaire [mobilière] déjà existante dans leur pays, et dont leurs billets leur donneront la disposition; mais bientôt il se trouve que cette richesse réelle n’est point augmentée par la fabrication de leur papier, et au bout de trois semaines ou d’un mois, l’escompte remonte au même prix où il étoit [était] avant l’émission de leurs billets. Concluons donc qu’un capital immatériel très considérable n’ajoute rien à la richesse nationale, quoiqu’il soit en général le signe de son existence; il est dû le plus souvent au commerce, il s’accroît avec lui et d’ordinaire il le facilite; mais si chaque capitaliste faisoit [faisait] valoir ses propres fonds au lieu de les confier à des emprunteurs, et de se décharger sur eux de tout soin, la fortune publique seroit [serait] précisément la même, quoique tout le capital immatériel fût par-là anéanti; autant de travail seroit [serait] produit chaque année, et le revenu national ne seroit [serait] point altéré. Cette révolution dans les usages et les mœurs n’auroit [aurait] peut-être rien de désirable, mais il ne faut point croire non plus l’existence de l’État attachée à l’ordre actuel, et calculer ses ressources sur des richesses fictives et des capitaux imaginaires, qui ne sont jamais que comme le spectre d’une richesse plus solide que réfléchiroit [réfléchirait] un miroir, et qui ne pourroit [pourrait] exister indépendamment d’elle.

[Translation]

When the Bank of France and a commercial bank, or a discount house, increase their circulation, there comes to being a certain debt of France to foreign countries, as every trading country usually has this sort of debts. Debtors in Paris promptly repay their debt with that money which is released from circulation due to this new issue. Then France sees a temporary abundance of capital, as the debts are cleared off with the internal circulation undiminished, because the sign has taken the place of the real money. The issue of paper money is useful up until this point of time, but not beyond it. On one hand it is thought that the utility which can be derived from paper money is extremely limited, because only a part of specie could be replaced by paper, a part which circulates by the large sum among traders. On the other hand, it is thought that this operation which animates commerce is accompanied by dangers at least equal to its advantages, because of the variations of value to which a sign which has no value in itself is necessarily exposed. In addition, an exchange of the already possessed specie for a more productive movable wealth is not to make the capital grow, but only to make more use of it. Therefore the establishment of a bank adds nothing to the money the nation possessed, and the power of credit does not extend itself so far. It procures [the] one the usage of that which was serviceable to the other, but it displaces, never creates. Admittedly it seems at the moment of issue of notes by the bank of France, that more money circulates in the market and that the interest of money falls, but this fall does not last long enough. It derives from the fact that the directors lending what does not belong to them are not so strict about the conditions of the contract at first sight. Before holding it, they, in fact, make over the movable wealth which already exists in their country, and which will be in their disposition thanks to their bills. But it soon turns out that this real wealth is not increased by issuing their paper, and in three weeks or one month the discount will be back to the same rate as it used to be at before the issue of their notes. Let us conclude therefore that a considerable amount of intangible capital adds nothing to the national wealth, even though it is in general the sign of its existence. The intangible capital derives the most often from commerce, grows with it, and generally facilitates it. But if every capitalist made use of his own money instead of trusting it to borrowers and imposing every management on them, the public fortune would remain precisely the same, even though the intangible capital might disappear due to it. The same amount of labour would be performed every year, and the national revenue would be unchanged. This revolution in usages and manners would perhaps not be desirable at all, but it is not necessary, either, to believe the existence of the state attached to the present order and to calculate its resources on fictitious wealth and imaginary capital, which are something like that ghost of the more solid wealth which would be reflected on a mirror, and which could not exist independently of it.