Tuesday, 21 April 2009

Book 1, chapter 5, footnote 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 150-51]

(5) Lorsque le numéraire surabondant qui s’arrête dans un pays n’est que proportionné à la baisse qu’a occasionné la prohibition de l’exporter, l’équilibre se trouve rétabli, quoique sur un faux principe; il n’y a pas plus d’avantage à vendre à un pays qui est dans cette situation qu’à acheter de lui, parce que le marchand ne peut tirer que deux partis du payement des marchandises qu’il lui vend, ou racheter des productions du pays, et alors il reperd sur leur prix l’élévation numérique qui avoit [avait] paru être un avantage pour lui lorsqu’il vendait, ou exporter en fraude les espèces, et alors les fraix [frais] et le danger de la contrebande détruisent de même l’avantage qu’il croyoit [croyait] avoir. Mais lorsqu’il y a une surabondance de numéraire telle qu’elle occasionne une baisse de son prix plus forte que les frais d’exportation, le marchand étranger trouve un avantage à vendre et à ne rien acheter en retour, pour faire sortir ses espèces, soit librement si l’exportation est permise, soit en payant l’assurance si elle est défendue. Aussi long-tem[p]s qu’il trouve du bénéfice sur les espèces à exporter, il ne peut lui convenir de faire des achats de marchandises. L’État qui a une surabondance de numéraire ne peut donc qu’acheter, et jamais vendre, jusqu à ce que l’équilibre soit rétabli.
   L’État qui a fait baisser le numéraire par une prohibition s’est fait un tort d’un autre genre; nous avons dit que 103 écus après la prohibition ne valent pas plus que 100 écus n’auroient [auraient] valu sans elle, il a donc perdu 3 p. % sur toute la partie de sa richesse qui est convertie en numéraire, et lorsqu’ensuite les particuliers continuent à vendre en fraude l’excédant de la production de ses mines, ils cédent [cèdent] aux étrangers pour 100 ce qui vaut 103. La prohibition est donc un impôt levé sur le produit total des mines exporté ou non, et perçu non au profit du fisc, mais à celui du contrebandier.

[Translation]

(5) When the overabundant specie remaining in a country is only in proportion to the depreciation caused by the prohibition of exportation of specie, the equilibrium is recovered, though on a false principle. It is not more advantageous to sell to a country which is in this situation than to buy from it, because the merchant can only make two uses of payment of commodities he sells to the country. One is to buy back some productions from the country, and then he in turn loses the rise of their price in terms of specie, which appeared advantageous to him when he made the sale. The other is to export the coins illegally, and then the cost and danger of smuggling also eliminate the advantage he believed he would take. However, when the overabundance of specie is such that the price of it falls more substantially than the cost of exportation, the foreign merchant finds it advantageous to make sales and no purchase in return, to make coins go out, either freely if the exportation is permitted, or by paying for guarantee if it is prohibited. As long as he finds it beneficial to export coins, it cannot be convenient for him to purchase commodities. The state which has an overabundant of specie can therefore make no sale but only purchases until the equilibrium is regained.
   The state which has lowered specie by prohibition has sustained a loss of another sort. We have said that 103 ecus after the prohibition is of no more value than 100 ecus would have been without it, and so it has sustained a loss on all those part of its wealth which is converted into specie, and later, when individuals continue to sell illegally the surplus of the produce of its mines, they offer what is of the value of 103 for 100 to foreign countries. The prohibition therefore is a sort of tax levied upon the total produce of mines, exported or not, and collected not upon the profit of the treasury but of contrabandists.

Monday, 20 April 2009

Book 1, chapter 5, footnote 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 146]

(4) Une preuve que ces diverses causes réunies occasionnent une consommation assez considérable de métaux précieux, c’est leur rareté actuelle en Europe, depuis que leur importation annuelle a été suspendue par la guerre. Les Gouvernemen[t]s d’Angleterre, de Russie, et d’Autriche, en établissant ou en multipliant leur papier-monnoie [monnaie], ont chassé presque absolument les espèces métalliques de chez eux, sans que ces espèces refluant forcément dans les autres États y aient paru plus abondantes.

[Translation]

(4) The rarity of precious metals in modern Europe, since annual importation was suspended due to the war, is a proof that these diverse causes conspire to bring about their sufficiently enormous consumption. The governments of England, Russia, and Austria drove metallic coins almost completely out of circulation by establishing or multiplying paper money, without forcing their reflux to another country and making them more abundant there.

Book 1, chapter 5, footnote 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 142]

(3) Rapport du Conseil de Comm. arts et agricult. du Département du Léman, du 8 Brumaire an X.

[Translation]

(3) Rapport du conseil de commerce, arts et agriculture de département du Léman (8th Brumaire, year 10).

Sunday, 19 April 2009

Book 1, chapter 5, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 140-41]

(2) Mr. Garnier (note xv.) se fondant sur des autorités qui paroissent [paraissent] plausibles, évalue la production des mines du nouveau monde à une somme plus forte. Il estime le produit de celles de l’Amérique Espagnole à 159,000,000
   de celles du Bresil [Brésil] à 50,000,000
   de celles d’argent exploitées en Europe, à 14,679,600
   de celles d’or de Russie et Hongrie, à 6,135,480
   Total. L. 229,815,080.
   Comme l’évaluation de la partie du produit des mines qui est introduite en contrebande, est absolument arbitraire, il ne faut pas s’étonner si les divers calculateurs ne s’accordent pas.
   Les calculs présentes par Mr. Peuchet. (Dict. De la Géog. Comm. Vol. 1. p. 288.) se rapprochent davantage de ceux de Mr. Necker, et paroissent [paraissent] même indiquer une production annuelle moindre que celle qu’il a admise. Les mines de l’Amérique Espagnole auroient [auraient] fourni selon lui 17 à 18 millions de piastres par année, ou environ 90 millions de nos livres.

[Translation]

(2) Mr Garnier (note 15), following the authorities who appear plausible, estimates the production of the mines of the New World at a much larger amount. He estimates;

The produce of those in Spanish America159,000,000
That of those in Brazil50,000,000
That of those of silver exploited in Europe14,679,600
That of those of gold in Russia and Hungary6,135,480
Total.229,815,080l

   As the evaluation of that part of the produce of mines which is introduced in smuggling is completely arbitrary, it is not surprising if calculators are not in accord with one another.
   The calculations presented by Mr Peuchet (Dictionnaire universel de la Géographie commerçante, vol. 1. p. 288.) more approach those of Mr Necker, and seems even to imply that the annual production is smaller than Mr Necker assumed. The mines in Spanish America would have provided, according to those of Mr Peuchet, 17 to 18 millions piastres per year, or about 90 million of our livres.

Saturday, 18 April 2009

Book 1, chapter 5, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 132-33]

(1) L’argent et l’or chôment aussi entre les mains de certains thésauriseurs qui ont la manie d’enfouir leurs épargnes, ou qui y sont forcés par les défauts du Gouvernement sous lequel ils vivent: ce numéraire peut être considéré comme n’existant plus pour la société: dès l’instant qu’il ne sert plus aux échangés, il n’y a plus un rapport nécessaire entre sa valeur et celle des marchandises qui passent de mains en mains, aussi est-il retranché dès lors de la valeur de l’aliquote inconnue de la richesse mobiliaire [mobilière] qui est égale à la masse des métaux en circulation. Quelle que soit la quantité d’or et d’argent enfouie dans un pays, la valeur des métaux qui restent dans le commerce n’en est point altérée, et ils ne s’échangent point contre une moindre quantité de marchandises.
   Celui qui enfouit des métaux fait un sacrifice égal à tout l’intérêt qu’il aurait pu retirer en les prêtant; sa défiance continuelle du Gouvernement peut l’engager à faire ce sacrifice, qui est en pure perte pour la société comme pour lui; mais toute la somme du numéraire qu’il ne se propose pas d’enfouir, il sent qu’il est de son intérêt de ne pas la laisser oisive, en sorte qu’après avoir retiré de la circulation une partie des monnoies [monnaies] de l’État, il s’efforce tout comme un autre de donner une plus grande activité à la partie de ces monnoies [monnaies] qui passe par ses mains et qu’il n’accumulé pas.

[Translation]

(1) Silver and gold are left as they are in the hand of certain frugal men, who have an obsession to hoard their savings, or who are forced to due to faults of the government under which they live. This specie can be regarded as no longer existent for the society. As soon as it ceases to enter into exchanges, there disappears a necessary relation between its value and that of commodities which pass from hand to hand. Therefore, from the moment on, it is deducted from the value of that unknown fraction of the movable wealth which is equal to the mass of metals in circulation. However much gold and silver may be hoarded in a country, the value of metals remaining in commerce is nonetheless unchanged, and the metals are exchanged for no less quantity of commodities.
   He who hoards metals sacrifices as much as all the interest which he could have gained by lending them. His continual distrust of the government can force that sacrifice upon him, which is utterly useless to the society as well as to him. As for all the sum of specie he does not expect to hoard, however, he feels that it is in his interest not to leave it inactive, so that, after having taken a part of money of the state out of circulation, he attempts, just as another, to make more active the part of his money which has been in his hands and which is not accumulated.

Friday, 17 April 2009

Book 1, chapter 5, paragraphs 33-34

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 154-57]

   Les États du Nord pourvoyoient [pourvoyaient] ensuite à leur fabrication avec des monnaies de France, à défaut de celles d’Espagne, qui leur seroient [seraient] revenues de 1 ¼ meilleur marché, s’ils avoient [avaient] pu les obtenir en droiture, mais il est dans la nature même du commerce que les métaux précieux, soient d’autant plus chers qu’ils sont plus éloignés du lieu de leur origine; plus en Russie et en Turquie qu’en Allemagne, en Allemagne qu’en France, en France qu’en Espagne, et en Espagne qu’au Mexique (7). Les monnoies [monnaies] de France valoient [valaient] cependant dans l’étranger quelque chose de moins qu’une quantité d’espèces du pays égale en poids et en titre, en sorte que toutes celles que la guerre, les subsides payés aux étrangers, ou l’intérêt des dettes nationales, faisoient [faisaient] exporter au delà des besoins du commerce, rentroient [rentraient] d’elles-mêmes en France, comme le pays où elles avoient [avaient] le cours le plus élevé.
   Pendant la durée de la guerre, l’importation des produits des mines du Mexique ayant été suspendue, la France n’a plus été l’un des canaux aux travers desquels le numéraire s’est répandu dans l’Univers; dans cet état de choses, la prohibition d’exporter les espèces de France, n’a pas eu des inconvénien[t]s fort graves, vu qu’elle étoit [était] inutile, et que celles-ci étant aussi chères en France que partout ailleurs, quand on la retireroit [retirerait], il ne s’en exporteroit [exporterait] pas davantage; elle n’a pas laissé cependant que de gêner le commerce et d’être une source de vexations pour les voyageurs. Mais lorsque les vaisseaux de registre auront apporté à Cadix les Létaux accumulés dans le Nouveau Monde, ils se verseront bientôt en France, et si la prohibition est maintenue avec rigueur, ils y baisseront de prix sans augmenter la richesse nationale, et cette baisse, ou l’élévation correspondante du prix des marchandises qu’on donnera en échange, sera une source de désavantages dans tout commerce avec l’étranger (8).

[Translation]

   Later the states of the North made coinage with some sorts of money from France, instead of those from Spain, which would be obtained at 1.25 lower price if at first hand from Spain. But it is in the very nature of commerce that precious metals are all the dearer in that they are farther from the place of their origin; they are dearer in Russia and Turk than in Germany, in Germany than in France, in France than in Spain, and in Spain than in Mexico (7). Coins of France, however, were of somewhat less value in foreign countries than a quantity of coins of the countries equal in weight and fineness. In consequence, all those coins which were exported beyond the needs of commerce due to the war, the grants-in-aid [subsidies] sent to foreign countries, or the interest of national debts came back from the countries to France, as a country where the coins were accepted at the highest price.
   During the period of the war, when the importation of the produce of mines in Mexico was suspended, France was no longer one of the channels through which specie is distributed all over the world. In this state of things, the prohibition of exportation of coins of France had no grave inconvenience, taking into account that it was of no use, and that France did not export any more coins, when they were as dear in France as anywhere else, since they were taken away. However, the prohibition kept on disturbing the commerce and being a source of oppression for travelers. But when the vessels of registration have taken metals accumulated in the New World to Cádiz, the metals will soon be poured to France. If the prohibition is rigorously maintained, they will fall in price without adding to the nation wealth, and this fall, or the corresponding rise of prices of commodities offered in exchange, will be a sources of disadvantages in all commerce with foreign countries (8).

Thursday, 16 April 2009

Book 1, chapter 5, paragraphs 31-32

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 152-54]

   Cette excessive augmentation du numéraire national qui étonnoit [étonnait] et embarrassoit [embarrassait] le plus éclairé comme le plus vertueux administrateur qu’ait eu la France (Adm. des Fin. T. III. ch. lx et x.) étoit [était] bien de nature dérouter tous les calculs. En effet il paroissoit [paraissait] peu probable, que la partie du numéraire qui ne faisoit [faisait] que traverser la France, et qui venoit [venait] d’Espagne pour être portée en Allemagne, en Italie, et dans le reste de l’Europe dût être préalablement envoyée à la Monnoie [Monnaie] pour être convertie en espèces de France. On voyoit [voyait] que la France envoyoit [envoyait] aux Indes des piastres d’Espagne, et non des écus de six livres; or comme l’Etat faisoit [faisait] un bénéfice d’un et un quart pour cent sur la fabrication, ce bénéfice étoit [était] une perte pour les propriétaires de lingots et de piastres destinées pour l’étranger, et l’on a peine à comprendre pourquoi s’y soumettoient [soumettaient].
   Mais il convient de remarquer que ceux qui commerçoient [commerçaient] avec d’Espagne avoient [avaient] besoin de réaliser leurs métaux précieux pour continuer leur commerce, et acheter marchandises qu’ils devoient [devaient] donner en échange contre de nouveaux métaux, or les piastres qu’on ne considéroit [considérait] en France que comme une marchandise, n’y avoient [avaient] pas cours pour une valeur égale à leur prix intrinsèque: Elles contiennent d’argent fin, selon les essais de Macé de Richebourg, (Ruelle oper. des changes p. 390.) pour 5 liv. 9 s. 7 d. mais elles se ressentaient même en France de la baisse de leur valeur en Espagne, en sorte qu’elles n’y valoient [valaient], et n’y valent encore que de 5 liv. 4 s. à 5 liv. 6 s. Il convenoit [convenait] donc au propriétaire de piastres de les porter à la Monnoie [Monnaie], soit en nature, soit en lingots, pour les échanger contre les espèces du pays.

[Translation]

   This excessive increase of national specie, which surprised and embarrassed the most enlightened and virtuous administrator of all France has had (De l'administration des finances de la France, vol. 3, chaps. 9 and 10) evaded all the calculations in nature. Indeed, there seemed to be little probability that that part of specie which only went through France and which came from Spain to be carried to England, Italy and the rest of Europe should be carried to the Mint beforehand in order to convert it into specie. France was seen to carry to India many piastres of Spain and no ecus of six livres. And yet, as the state made a profit of 1.25% on coinage, this profit was a loss for owners of ingots and piastres which were to come to foreign countries, and it is very difficult to understand why they resigned to it.
   But it is convenient to note that those nations who traded with Spain needed to realise their precious mental to continue their commerce and to purchase commodities which they had to offer in exchange for new metals. And yet the piastre, which was regarded only as a commodity in France, was not accepted there as of equal value to its intrinsic price. It contains fine silver, according the essays by Macé de Richebourg (Ruelle, Opérations des changes des principales places de l'Europe, p. 390.) for 5l. 9s. 7d., but it suffered even in France abasement of value in Spain, so that it was, and still is, of value 5l. 4s. to 5l. 6s. in France. It was therefore convenient for owners of piastres to carry them to the Mint, either as they are or in ingot, in order to exchange them for coins of the country.