Thursday, 2 April 2009

Book 1, chapter 5, paragraphs 06-07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 125-27]

   La partie de la richesse mobiliaire [mobilière] qui est convertie en numéraire cesse de contribuer directement à l’accroissement du capital national, elle est en quelque sorte immuable, et les échanges ne l’altèrent ni ne la bonifient point, à la différence des choses qui se consomment, et qui s’échangent toujours contre une valeur supérieure, lorsqu’elles circulent du capitaliste à l’ouvrier productif; d’où il s’ensuit qu’il seroit [serait] fâcheux qu’une partie trop considérable de la richesse mobiliaire [mobilière], par sa conversion en numéraire, cessât d’être productive.
   L’on a appelé ventes les échanges qui se font d’une valeur quelconque contre du numéraire, et trocs les échanges d’une valeur contre une autre valeur non numérique: Une vente n’est que la moitié d’un troc qui s’achève toujours ensuite par une autre vente que le bailleur d’argent appelle un achat; car celui qui se défait d’une chose dont il peut se passer, ne la vend pas pour employer à son usage l’argent lui-même, dont il ne pourroit [pourrait] tirer d’autre parti que celui de s’en défaire, mais pour employer à son usage ce qu’il achètera avec cet argent. Il conclud [conclut] donc toujours un troc, composé au moins de deux marchés, une ou plusieurs ventés d’abord, un ou plusieurs achats ensuite. Cette facilité à diviser un troc en deux parties, de telle sorte qu’on n’ait point besoin pour obtenir d’un homme ce qu’on désire de lui, d’avoir à lui offrir une chose qui soit appropriée à son usage, est cause que les achats et les ventes ont exclu presque absolument les trocs du commerce, et que presque toutes les stipulations qui ont lieu entre les hommes, ne sont plus autre chose que l’échange d’une valeur quelconque contre de l’argent.

[Translation]

   The part of the movable wealth which is converted into specie ceases to contribute directly to the growth of the national capital, so it is, as it were, immovable, and it is not changed or bettered through exchange, unlike the things which are consumed, and which are always exchanged for something of higher value, in circulation from a capitalist to a productive labourer. From this it follows that it would be inexpedient if too large a part of the movable wealth were converted to specie, only to be unproductive.
   Exchange of something of value for specie is called sale, and exchange of something of value for something else of value, not specie, is called bartering. A sale is only half of an act of bartering, which is completed usually later by another sale, which he who offers money calls purchase, since he who gives a thing he can dispense with does not sell it for the purpose of making use of money itself, of which he could not make other use than giving it over, but for the purpose of making use of what he will buy with that money. Therefore, an act of bartering is always concluded, composed at least of two deals, a sale at first and a purchase later. It is so easy to divide an act of bartering into two parts, that no one has to offer anyone else a thing the former thinks the latter would make use of in order to obtain from the latter what the former desires. As a result, that all sales and purchases have almost completely excluded bartering from commerce, and almost all deals between a pair of men are no longer anything but exchange of something of value for money.

Wednesday, 1 April 2009

Book 1, chapter 5, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 122-25]

   La valeur intrinsèque de l’argent comme celle de tous les métaux se compose 1.° de la rente de la terre qui a été sacrifiée pour l’ouverture de la mine; 2.° de celle de tous les capitaux fixes qui ont été aliénés irrévocablement, soit à la mine même, pour l’ouverture des galeries, et pour tous les travaux préparatoires à l’extraction du minéral, soit dans toutes les usines appropriées à son triage, à sa fonte, à sa purification, soit dans tous les outils destinés à ces divers ouvrages, soit enfin dans l’instruction des ouvriers rendus propres à les faire; 3.° de la valeur de tout le capital circulant qui a payé le salaire à tous les ouvriers employés au travail des mines, augmentée du profit ordinaire qui à la même époque peut être fait par les capitalistes dans toute autre entreprise. Ces bases d’après lesquelles doit se fixer la valeur intrinsèque de l’argent, sont précisément les mêmes d’après lesquelles doit se fixer la valeur intrinsèque de toute marchandise à l’usage de l’homme; or si la valeur intrinsèque de l’argent est plus forte que sa valeur relative, si l’on n’obtient pas en échange contre lui autant de richesse mobiliaire [mobilière] qu’il en a coûté à produire, c’est une mauvaise spéculation que celle de l’extraire de la terre, et l’entrepreneur d’une mine pauvre qui coûte plus à exploiter qu’elle ne rend, se trouve dans le cas du chef d’une manufacture, qui se verroit [verrait] obligé de donner sa marchandise au-dessous du prix qu’elle lui coûteroit [coûterait] à lui-même. Le dernier peut y être forcé par deux causes, la concurrence d’autres manufacturiers qui travailleroient [travailleraient] meilleur marché que lui, et le manque d’acheteurs. Ces deux causes agissent également sur l’entrepreneur de la mine; la concurrence de toute mine plus riche que la sienne, ou d’une exploitation plus facile, lui fait nécessairement la loi, fut-elle au bout de l’univers; en raison de la facilité du transport de marchandises si précieuses comparativement à leur volume. Aussi les mines du Nouveau Mexique sont-elles celles qui réglent [règlent] partout le prix de l’argent, et l’exploitation des autres ne petit-elle se soutenir, que parce qu’on regarde comme perdus les premiers capitaux fixes employés à leur ouverture, et qu’on n’en retire plus de rente. Le manque d’acheteurs se fait également sentir aux producteurs de métaux précieux, mais c’est d’une autre manière qu’aux fabrican[t]s. L’acheteur des métaux précieux, c’est la société humaine, composée de tous les peuples qui les ont admis pour signe de commerce; elle a besoin pour sa circulation non pas d’un certain poids ou d’un certain volume de métaux précieux, mais seulement qu’une certaine partie aliquote de sa richesse mobiliaire [mobilière], que nous nous occuperons bientôt de déterminer, soit convertie en ces métaux, pour représenter tout le reste. Or la masse des métaux précieux circulan[t]s, est égale en valeur à cette aliquote inconnue; si l’on double cette masse, elle sera toujours égale à la même aliquote, si on la diminue de moitié, elle lui sera encore égale; parce que s’il y a seulement cent mille livres d’or dans l’univers, ces cent mille livres pourront tout aussi bien représenter toute sa richesse, que cent millions de livres. L’acheteur des métaux précieux, la société humaine, donne toujours le même prix pour la masse totale produite, qu’elle soit grande ou petite; et le prix en numéraire de toutes les marchandises paroît [paraît] baisser ou s’élever, selon que la production de l’or et de l’argent excède ou reste au-dessous de la consommation qu’en font les arts, tandis que dans le fait, c’est le prix de l’or et de l’argent qui s’abaisse ou s’élève, le prix des marchandises restant toujours le même.

[Translation]

   Intrinsic value of money, like that of all the metals, is composed of three parts. One is land rent which has been sacrificed for opening the mine. Another is rent of all the fixed capital which has been alienated irrevocably. The capital is fixed in the mime itself for driving mining galleries and for all preliminary operations to extract minerals; in all the plants for selection, melting-down, cleansing; in all the tools for these diverse operations; finally, in the instruction of labourers in make them ready for the operations. The other is the value of all the circulating capital which has paid wages to all labourers engaged in mining labour, plus the ordinary profit the capitalist can gained in the same period in any other undertaking. These fundamentals according to which the intrinsic value of money should be determined are precisely the same ones according to which that of any commodity for human use should be. Now, if the intrinsic value of money is more than its relative value, if you do not obtain as much of the movable wealth in exchange for it as it has cost to produce it, it is an unprofitable project to extract it from earth. And then the entrepreneur of a poor mine, to exploit which it costs more than it remunerates, is found in the place of the master manufacturer who would see himself obliged to give his commodity below the price it would cost him [himself]. This manufacturer can be caused to by two circumstances; the competition with other manufacturers who would supply at a lower price than he, and the small number of purchasers. These two causes equally work upon the entrepreneur of the mine. The competition with every richer mine than his, or with every mine easier to exploit, is necessarily the law to him and, ultimately, to the universe, for the reason that it is easy to transport so precious commodities in comparison to their volume. Thus, the mines of New Mexico regulate the price of money everywhere, and the exploitation of the other mines can only continue because the first fixed capital employed in their opening is considered as loss, and because no rent is borne any longer from it. The small number of purchasers also works upon producers of precious metals, but in a different way than upon general manufactures. The purchaser of precious metals is the human society, composed of all the nations who have accepted them as sign of commerce; for commercial circulation it is necessary not that the society should have a certain weight or certain volume of precious metals, but only that a certain fractional part of the movable wealth (whose determination we will later deal with) should be converted into these metals to represent the remaining part of the movable wealth. Then the mass of precious metals in circulation is equal in value to this unknown fraction. If this mass is doubled, it will be still equal to the same fraction, and, if it is reduced by half, it will be still equal to the fraction. Since the universe has only one hundred thousand pounds of gold, this amount of gold can represent the whole wealth just as well as one hundred million pounds of gold. The purchaser of precious metals, namely the human society, always offers the same price for the whole produce, however huge or meagre the produce may be. Prices of all the commodities in terms of specie appear to fall or rise according as the production of gold and silver is over or below the consumption which the arts [manufactures] make of them. However, indeed, it is the price of gold and silver that falls or rises, and the prices of commodities still remain the same.

Tuesday, 31 March 2009

Book 1, chapter 5, paragraphs 03-04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 120-22]

   L’argent est un luxe dans le commerce, puisque ne se consommant point, on ne l’achète pas pour en faire usage soi-même, et que sans la convention universelle qui le fait regarder comme signe du travail et de ses produits, il seroit [serait] presque inutile. Cependant l’argent coûte à produire autant qu’il vaut dans le commerce. On conçoit qu’on auroit [aurait] pu adopter un signe qui ne coûtât rien à produire, et l’on entrevoit la possibilité d’obtenir de lui les mêmes effet: L’exemple de la banque d’Amsterdam, qui tenant les comptes de tous les particuliers, leur évitoit [évitait] la peine de payer et de recevoir; l’exemple de plusieurs pays qui ont substitué le papier-monnoie [monnaie] à l’argent, prouve qu’il existe des moyens de se passer des métaux précieux; mais il faut pour les mettre en œuvre que la moralité du Gouvernement inspire la confiance la plus parfaite, et rassure sur la crainte de lui voir multiplier le signe pour s’approprier la réalité. Or comme cette moralité du Gouvernement, lorsqu’elle existe, n’est point une chose inaltérable, il a été plus sage pour toutes les nations de convertir une partie de leur richesse mobiliaire [mobilière] en argent, afin de faciliter leurs échanges, parce que dès lors le signe du commerce a eu une valeur intrinsèque, et n’a plus dépendu des événemen[t]s.
   L’argent a donc deux valeurs dans le commerce, l’une intrinsèque, déterminée par l’évaluation du travail qui l’a produit, et composée comme celle de toutes les marchandises, de rente, profit, et salaire; l’autre relative ou échangeable, qui est déterminée par le besoin qu’on en a. Dans le livre second, nous verrons qu’il en est de même de toutes les marchandises; examinons à présent les bases de la fixation de ces deux valeurs de l’argent.

[Translation]

   Money is a sort of luxury in commerce, for, not consumed, it is not bought in order to make use of it itself, and it would be useless without the universal convention to suppose it as sign of labour and its produce. However, it costs as much to produce money as its value in commerce. You conceive that you could have adopted a sign had it cost nothing to produce it, and perceive the possibility to obtain the same effects from it; the example of the Bank of Amsterdam, which spared all individuals the trouble of paying and receiving by keeping the accounts of them. The example of some countries, which substituted paper money for coins, shows that there are some means to dispense with precious metals. But to put them into practice it is necessary that the morality of the government should inspire the perfect confidence and should appease the fear that it should multiply the sign to adapt to the reality. And yet, since this morality of the government, when it exists, is not constant, it was wiser of all the nations to convert a part of their movable wealth into money in order to facilitate their exchanges, because since then the sign of commerce had intrinsic value, and no longer depended upon circumstances.
   Money therefore has two sorts of value in commerce. One is intrinsic value, determined by the evaluation of labour which has produced it, and composed of rent, profit, and wages, as all the commodities. The other is relative or exchangeable value, determined by the want people feel for it. In the second book, we see that it is the case with all the commodities; now I examine the fundamentals of determination of these two values of money.

Monday, 30 March 2009

Book 1, chapter 5, paragraphs 01-02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 119-20]

Nous avons vu quelles étoient [étaient] les sources de la richesse nationale, quelles étoient [étaient] celles du revenu national, et nous n’avons point encore eu occasion de parler du numéraire; c’est qu’en effet celui-ci s’il fait partie de la richesse nationale, en est une portion stérile, qui ne donne par elle-même aucun revenu à la société.
   Nous avons exposé plus haut comment la force productive du travail s’étoit [était] accrue par la multiplication des échanges entre les ouvriers; c’est à ces échanges qu’est dûe l’accumulation de la richesse nationale; il étoit [était] donc de la plus haute importance de les faciliter pour les multiplier. Ce fut une heureuse idée que celle de reconnoître [reconnaître] comme signe une marchandise divisible à l’infini, sans qu’en la divisant on altérât sa valeur, qui, ayant demandé pour sa production un grand travail proportionnellement à son volume, en représentât un plus grand sous ce volume, et fût d’un transport plus facile que presque toute autre marchandise d’égale valeur; qui enfin fût, ou du moins pût être constamment de la même qualité. Tous ces avantages se trouvoient [trouvaient] réunis dans les métaux précieux, dans l’argent, et plus encore dans l’or; pour les nations pauvres ils se trouvent aussi dans le cuivre. Le propriétaire d’une marchandise à consommer qui lui étoit [était] superflue, sentit bientôt qu’il lui convenoit [convenait] de l’échanger contre une autre marchandise également superflue pour lui, un métal dont il n’entendoit [entendait] faire aucun usage, mais qu’il étoit [était] sûr de voir accepter également par tout le monde, tandis que la marchandise qu’il possédoit [possédait] actuellement ne pouvoit [pouvait] convenir qu’à son consommateur.

[Translation]

We have seen what the sources of the national wealth are, and what those of the national revenue are, and we have had no opportunity yet to argue specie; to argue that specie, if it comprises a part of the national wealth, is indeed a sterile part, which gives no revenue to the society by itself.
   We have expounded above how the productive power of labour has been increased due to a larger number of exchanges among labourers. It is to these exchanges that we owe the accumulation of the national wealth. Therefore, it was of the most importance to make them easy to multiply. So excellent was the idea to make sign of an infinitely divisible commodity; a commodity whose value is still the same when divided; whose production cost an amount of labour in proportion to its volume; which would have represented more value for this volume, and would have been easier to transport than any other commodity of the same value; which, finally, would have been, or at least could have been, of constantly equal quality. All these advantages were found united in precious metals, silver and, still more, gold. For the poor nations, they were also found in copper. It was not long before the owner of a commodity to consume which was unnecessary for him realised that it was convenient for him to exchange it for another commodity which is also unnecessary for him. The latter is a piece of metal of which he knew no use, but which he was sure was equally acceptable all over the world, while the commodity he possessed then could be only relevant to its consumer.

Sunday, 29 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 111-12]

(9) Ceci ne doit pas se prendre absolument à la rigueur; on peut remarquer chez les nations qui chissent, un ralentissement dans la consommation; elles négocient en même tem[p]s sur le produit de quatre ou cinq années consécutives, sans que la production soit découragée, tandis qu’une nation pauvre ne négocie que sur le produit de la dernière année. La nation riche aura en même tem[p]s des moutons couverts de la laine de l’année, des magasins chez les fermiers et les marchands remplis de la laine de l’année précédente, des fabriques où l’on met en œuvre celle de deux ans, des magasins de drapiers en gros, dont les étoffes sont faites avec de la laine de trois ans, des drapiers en détail, des tailleurs, des expéditeurs, dont les étoffes sont encore plus anciennes au moins d’une année: Chez la nation pauvre au contraire, aucun des intermédiaires entre le producteur de la matière première et le consommateur n’ayant assez de fonds pour attendre patiemment le bon moment de vendre, chacun d’eux précipite toutes ses opérations, de sorte que la laine qui pendant l’été couvroit [couvrais] les brebis, habille quelquefois le consommateur dès l’hiver suivant. Il en est de même des autres matières premières, leur existence est prolongée, il se passe plus de tem[p]s entre leur production et leur consommation chez les nations riches que chez les nations pauvres.

[Translation]

(9) This should not be literally taken. You can note that a progressive nation can be in decline of consumption; the nation trades at the same time in the produce of 4 or 5 consecutive years, with no production discouraged, while a poor nation trades only in the produce of the last year. The rich nation will at the same time have flocks of sheep covered with wool of the year, storehouse of farmers and merchants filled with that of the previous year, artisans of factories working on that two years old, wholesale drapers dealing fabric made from that three years old, and retail drapers, tailors, transporters dealing in fabric made from that at least one year older. In the poor country, on the country, since no intermediary between producers of raw materials and consumers has enough stock to wait patiently for a good opportunity for sales, everyone precipitates all his operations, so that that wool which covered sheep in summer sometimes clothes consumers as soon as the next winter has come. It is also the case with some other raw materials. Their existence is prolonged; it takes longer from their production to their consumption in the rich than in the poor countries.

Saturday, 28 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 110-11]

(8) Le travail est récompensé à St. Pétersbourg avec presque autant de libéralité qu’en Amérique. Le salaire le plus bas d’un manouvrier n’est pas au-dessous d’un franc 50 c.; un bon ouvrier peut aisément gagner trois francs par jour, les charpentiers, maçons, etc. sont payés à un prix bien plus élevé encore; cependant un homme peut se nourrir suffisamment avec 30 ou 35 centimes, c’est là tout le salaire nécessaire: (Henri Storch, tableau de Pétersbourg.) ce haut prix de la main-d’œuvre, au centre d’un pays où le paysan est esclave, et où le travail est presque sans valeur, est un effet du rapide accroissement de la richesse en Russie; effet qui devient cause à son tour.

[Translation]

(8) Labour is as liberally remunerated in St. Petersburg as in America. The lowest wage of day labourers is not below 1 franc 50 centimes. Decent labourers can easily gain 3 francs a day; carpenters, bricklayers, and so on are still better paid. However, life is sufficiently possible with 30 or 35 centimes, which is nothing but the necessary wage (Henri Storch, Tableau de Pétersbourg). This high price of labour at the centre of a country where peasants are in slavery, and where labour has little value, is an effect of the rapid growth of the wealth in Russia; an effect which becomes, in turn, a cause of that growth.

Friday, 27 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 104-08]

(7) Ceux qui ne sont pas familiarisés avec le langage algébrique, ne donnent aucune attention aux calculs qui leur sont présentés sous cette forme; ceux au contraire qui ont une fois pris l’habitude de considérer les idées et les nombres abstraitement, répugnent à voir faire des suppositions numériques, qui leur paroissent [paraissent] toujours invraisemblables ou inexactes: pour contenter les uns et les autres, je généraliserai dans cette note ce qui est exposé dans le texte et j’adopterai cette fois seulement le langage des sciences exactes; mais je le répète, ce ne sera que cette fois, car appliquer ce langage à une science qui n’est point exacte, c’est s’exposer à des erreurs continuelles. L’économie politique n’est point fondée uniquement sur le calcul, une foule d’observations morales qui ne peuvent être soumises au dernier, altèrent sans cesse les faits; vouloir en faire constamment abstraction, c’est pour le mathématicien supprimer au hasard des figures essentielles de chacune de ses équations.
   Appelons P. la production du travail national pendant l’année; N le salaire nécessaire antérieur auquel ce travail est dû. P–N sera le revenu. Que D soit la dépense, X la différence entre le salaire nécessaire antérieur, et celui avancé dans l’année courante, différence qui peut être ou nulle ou positive ou négative, en sorte que (N+X) sera ce dernier salaire. Enfin C représente les dettes ou créances sur l’étranger.
   Lorsqu’une nation n’a point de commerce extérieur, sa consommation est égales sa production: or cette consommation c’est D+(N+X). Or D+(N+X)=P. ou D=P–(N+X). Lorsqu’elle en a un, si elle emprunte des étrangers, sa consommation non-seulement égale sa production, mais elle comprend de plus l’emprunt qu’elle fait aux étrangers, en sorte que D–(I–N)=P+C. soit D=P+C–(N+X). Lorsqu’enfin la nation prête chaque année aux étrangers, il s’en faut de toute la valeur de ce prêt que sa consommation égale sa production; alors D+(N+X)+P–C, soit D=P–C–(N+X). D’où il résulte que l’état progressif ou rétrograde de la nation dépend toujours de l’évaluation de X ou de la différence entre le salaire nécessaire d’une année et celui de la suivante.
   Supposons d’abord que C est égal à X, et que l’un et l’autre sont le 1/10 de N. Nous aurons pour exposition du bilan de la première nation D=P–(11N/10), en sorte que sans commerce extérieur elle s’enrichira de la quantité N/10 chaque année, différence entre la quantité (P–N) son revenu, et P–(11N/10) sa dépense. Pour exposition du bilan de la seconde nation nous aurons D=P–N +N/10–N/10, soit D =P–N. en sorte que quoiqu’elle importe chaque année des marchandises des étrangers, au-delà de la valeur ses exportations, et qu’elle s’endette toujours plus vis-à-vis d’eux, elle sera cependant dans un état stationnaire, et ne s’appauvrira ni ne s’enrichira. Pour exposition du bilan de la troisième nation ou de la prêteuse, nous aurons D=P–N–2N/10 soit D=P–12N/10 ce celle-ci s’enrichira de N/5 chaque année, prêtant quantité N/10 aux étrangers et employant une quantité égale à augmenter le produit intérieur.
   Supposons ensuite C=N/20 et X=N/10 nous aurons pour exposition du bilan des trois nations,
   1.e D=P–11N/10
   2.e D=P+N/20–N–N/10 soit D=P–21N/20
   3.e D=P–N–N/10–N/20 soit D=P–23N/20
   En comparant D avec P–N qui est le revenu de toute nation, nous voyons que toutes trois s’enrichissent, mais inégalement.
   Supposons ensuite que C reste égal à N/20, mais que X=0, nous aurons pour bilan des trois nations,
   1.e D=P–N.
   2.e D=P–19N/20
   3.e D=P–21N/20
   En sorte que la première sera stationnaire, que la seconde se ruinera, et que la troisième s’enrichira.
   Supposons enfin que C restant égal à N/20, X soit une quantité négative égale à N/10, c’est-à-dire, que les trois nations diminuent d’un dixième la somm qu’elles destinent au salaire nécessaire; nous aurons pour exposition de leur bilan
   1.e D=P–9N/10
   2.e D=P–N–N/10–N/20 soit D=P–17N/20
   3.e D=P–N–N/10+N/20 soit D=P–19N/20
   En sorte que toutes trois se ruineront, mais non dans une progression également rapide.

[Translation]

(7) Those who are not familiar with the algebraic language pay no attention to calculations presented to them in that form. On the contrary, those who have once got accustomed to abstractly thinking of ideas and numbers are repugnant to seeing numerical examples, which always seem to them to be incredible or inexact. In order to satisfy both sorts of people, I will in this footnote generalise what is expounded in the text, and will adopt the language of exact sciences once and for all. But, repeatedly speaking, this language will nowhere else be used, since to apply the language to a non-exact science is to expose the reader to continual errors. Political economy is not founded exclusively on calculation, and a host of moral practices which cannot be subjected to calculation incessantly change circumstances. If you claim to count them out constantly, it is as if you told the mathematician to omit some essential figures at random from each of his equations.
   Let P represent the production of the national labour of the year, and N the previous necessary wages to which the nation owes the labour, and then P–N will be the revenue. And let D represent the expenditure, and X the difference between the previous necessary wages and those advanced in the current year (a difference which can be null, positive or negative), and then N+X will be the wages in the current year. Finally let C represent the external debt or credit.
   When a nation has no foreign trade, its consumption is equal to its production. This consumption is D+N+X, and D+N+X=P, or D=P–(N+X). When the nation carries on foreign trade, if it borrows from abroad, its consumption does not [1.106] only equal its production, but exceeds it by the loan it makes from foreign countries, so that D+N+X=P+C, that is, D=P+C– (N+X). Finally, when a nation supply loans to foreign countries every year, its consumption is less than its production in value by all the loans; then D+N+X=P–C, that is, D=P–C–(N+X). It follows from this that the progressive or retrogressive state of the nation always depends upon the evaluation of X or upon the difference between the necessary wages of a year and those of the following year.
   Let us suppose, first of all, that C is equal to X, and that both are a tenth of N. For exposition of the balance of the first nation we will have D=P–(11N/10), so that with no foreign trade the nation will be ascending by the quantity of N/10 every year, the difference between the quantity of its revenue (P–N) and its expenditure (P–11N/10). For exposition of the balance of the second nation we will have D=P–N+N/10–N/10, that is, D=P–N, so that, although the nation imports commodities from foreign countries every year above the value of its exports, and it always borrows more from them, yet it will be in a stationary state, and will be neither impoverished nor enriched. For exposition of the balance of the third nation or the debtor we will have D=P–N–2N/10, that is, D=P–12N/10, and the nation will be ascending by N/5 every year, lending the sum of N/10 to foreign countries, and employing the equal sum to increase the domestic produce.
   Let us suppose next that C=N/20 and that X=N/10, and for exposition of the balance of the three nations we will have:
   1st.D=P–11/10
   2nd.D=P+N/20–N–N/10, i.e. D=P–21N/20
   3rd.D=P–N–N/10–N/20, i.e. D=P–23N/20
   In comparison of D with P–C, which is the revenue of a whole nation, we see that all the three nations are ascending, but at different rates.
   Let us suppose next that C remains equal to N/20, but that X=0, and for exposition of the balance of the three nations we will have:
   1st.D=P–N
   2nd.D=P–19N/20
   3rd.D=P–21N/20
   Consequently the first nation will be stationary, the second declining, and the third ascending.
   Let us suppose finally that C remains equal to N/20, and that X is a negative value equal to N/10, namely, that the three diminish by a tenth the sum they allot for the necessary wages; for exposition of their balance we will have:
   1st.D=P–9N/10
   2nd. D=P–N–N/10–N/20, i.e. D=P–17N/20
   3rd.D=P–N–N/10+N/20, i.e. D=P–19N/20
   Consequently all three nations are declining, but at different rates.