Friday, 6 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 15-16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 91-92]

   Les propriétaires des capitaux fixes et des terres, y participent enfin, pour toute la valeur que le travail fixé ajoute au travail annuel de l’homme, ou pour leur rente.
   Ces trois classes que l’on pourroit [pourrait] appeler productives, créant le revenu national qu’elles possèdent en totalité, doivent aussi en dernière analyse supporter toute la dépense, en sorte que leur bilan doit être celui de la nation: la principale de ces dépenses est celle de nourrir la classe improductive, qui vit absolument à leurs frais; celle-ci est composée de gens très utiles à la société, et de gens qui lui sont très nuisibles; de tout ce que nous respectons le plus, et de tout ce que nous méprisons davantage; ce n’est que sous un rapport pécuniaire que l’on peut réunir sous un seul point de vue des personnes qui se ressemblent aussi peu que les magistrats, les gens de lettres, les militaires, d’une part, les mendian[t]s, les prostituées, et les voleurs de l’autre; avec une foule de rangs intermédiaires, qui de même que les précéden[t]s, vivent aux dépens des trois premières classes de la société.

[Translation]

   Finally, owners of fixed capital and of land also participate in the distribution for all the value the fixed labour adds to the annual labour of man, or for their rent.
   These three classes you could call productive, creating the national revenue they possess as a whole, should also after all support all the expenditure, so that their account should be that of the nation: the principal section of all the expenditure is to feed the unproductive class, who live completely at the cost of the three classes. These unproductive class is composed of those useful to the society, and those harmful to the society; of those whom we respect the most, and of those whom we scorn the most; it is only in a cash nexus that you can lump together some people who have as little in common as magistrates, men of letters, militants, on one hand, and beggars, prostitutes, thieves, on the other hand. Furthermore, you can include there the mass of intermediary ranks, who live at the expense of the first three classes of the society, like those enumerated above.

Thursday, 5 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 12-14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 90-91]

   Le revenu de la société n’étant donc autre chose que le produit annuel de son travail, moins le salaire nécessaire qui l’a mis en mouvement, il s’agit à présent de voir comment s’en fait la distribution entre tous les citoyens. On peut à cet égard diviser la nation en six classes, dont trois participent directement à ses revenus, et trois autres n’y ont proprement aucune part, mais se font un revenu de celui d’autrui: ces trois dernières peuvent être réunies en une seule, que j’appellerai la classe improductive.
   La première classe qui partage le revenu national, est celle des ouvriers productifs, lesquels outre le salaire nécessaire, obtiennent presque toujours une partie plus ou moins considérable du superflu de leur propre production; ils peuvent ou l’économiser, ou la consacrer à leurs jouissances; j’appellerai cette part, le salaire superflu.
   Les propriétaires de la richesse mobiliaire [mobilière], tant ceux qui prêtent leurs capitaux, que ceux qui les mettent en mouvement, prennent pour leur part dans ce revenu, toute la valeur de leurs profits, ou toute la part du superflu de produit du travail, que l’ouvrier leur abandonne en rétribution de leurs avances.

[Translaiton]

   Therefore, now that the revenue of society is nothing but the annual produce of its labour minus the necessary wages which have set the labour in motion, it is necessary to see how the revenue is distributed among all the citizens. In this regard you can divide the nation into six classes, three of which take part directly in this distribution, and the others of which do not literally take part but obtain some revenue from that of others: these last three can be united into a single category, which I will call the unproductive class.
   The first class of those among whom the national revenue is distributed is of productive labourers, who, in addition to the necessary wages, may almost always obtain a more or less considerable part of the surplus of their own production. They can save it or allot it for their enjoyments; I will call this part the surplus wages.
   Owners of movable wealth (those who lend their capital as well as those who put it at work) take all the value of their profits or all the surplus part of the produce of labour for their share in this revenue, a part which labourers yield to them for returns on their advances.

Wednesday, 4 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 10-11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 88-90]

   Le salaire nécessaire doit être évalué en marchandises, en denrées, en objets de nécessité première pour les ouvriers; il est alors toujours le même relativement au travail qu’il met en mouvement, c’est-à-dire que la même masse de nourriture et de vêtemen[t]s est toujours nécessaire pour déterminer l’emploi permanent de toutes les forces d’un ouvrier; cependant l’ouvrage qu’il peut faire par l’emploi de toutes ses forces, s’accroît avec l’avancement de la société, lorsque par la multiplication de ses capitaux les métiers sont mieux divisés, et que chacun est assisté par de meilleurs outils.
   Lorsqu’une mauvaise récolte, ou des impôts mal entendus, font hausser le prix des vivres, le salaire nécessaire exprimé en numéraire paroît [paraît] plus considérable, il est le même en effet; c’est toujours une quantité égale de nourriture et de vêtemen[t]s strictement nécessaires, aussi malgré cette altération dans la valeur numérique, le produit du travail qu’il met en mouvement est-il le même; mais si des gens oisifs ou des ouvriers improductifs entreprennent un travail productif, la somme du salaire nécessaire sera réellement augmentée, aussi produira-t-elle pour l’année suivante une plus grande masse de richesses dans leur travail, et pour cette année une diminution dans la dépense, partie de leur consommation étant retranchée de la dépense nationale, pour être comptée dans le salaire nécessaire.

[Translation]

   The necessary wage should be evaluated in terms of commodities, staples, objects of the first necessity for labourers. Thus it is always the same in relation to the labour it put at work; that is, the same amount of foods and clothing is always necessary to determine the permanent employment of all powers of a labourer. However, the work he can perform with the employment of all his powers increases with the advancement of society, when the professions are more divided due to the multiplication of his capital and each profession is assisted with better tools.
   When the prices of provisions rise due to a bad harvest or a wrong taxation, the necessary wage appears to be increased in monetary terms, and still it is really the same. This is always a quantity equal to the strictly necessary amount of foods and clothing, and in spite of this alteration in monetary terms the produce of labour it put at work is the same. But if some prodigal men or unproductive labourers undertake a sort of productive labour, the sum of necessary wages will be really increased, and will produce a larger amount of the wealth through their labour for the next year, and a fall in the expenditure for this year, because a part of their consumption is deducted from the national expenditure to be included in the necessary wages.

Tuesday, 3 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 87-88]

   On ne peut se former une plus juste idée du salaire nécessaire, qu’en l’assimilant aux semences que le laboureur confie à la terre; comme elles se retrouveront sur la récolte et qu’on peut les y prélever, on n’est point obligé de les comprendre, ni dans les dépenses de la ferme, ni dans ses produits; on les retranche donc de part et d’autre. Mais c’est en proportion de ce que le laboureur sème chaque année, et de ce que le capitaliste avance chaque année en salaire nécessaire, qu’ils doivent l’un et l’autre attendre une récolte plus ou moins abondante, les autres circonstances influantes [influentes] étant d’ailleurs égales. Or ces circonstances influantes [influentes] sont dans les deux cas, l’effet plus ou moins actif dés capitaux fixes plus ou moins accumulés; ici pour amender la terre, et faciliter son ouvrage; là pour perfectionner l’ouvrier lui-même, ses outils, et ses moyens de travail. L’augmentation de salaire nécessaire est donc pour une nation le signe d’une activité croissante, comme l’augmentation de ses semailles est chez le laboureur le signe d’une plus grande exploitation.

[Translation]

   There is no better way to give the right idea about the necessary wages than by comparing them to the seeds a husbandman sows in the field. Since the seeds will return at the harvest and can be retrieved from it, they must not be included in the expenditure or in the produce of the farm, and are therefore deducted from both. But the husbandman should expect a better or worse harvest in proportion to the seeds he sows every year, and the capitalist should do so in proportion to the advance he makes on necessary wages every year if only all other influential circumstances are equal. And yet in both the cases these influential circumstances are the amount and the active effect of accumulated fixed capital; in the former case to improve the land and to facilitate its work, in the second case to improve the labourer himself, his tools, and his means of labour. Therefore the increase of necessary wages is the sign of growing activity for a nation, as the increase of sowed seeds is the sign of a larger exploitation for the husbandman.

Monday, 2 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 07-08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 86-87]

   Il y a d’autant moins d’inconvénien[t]s à retrancher de part et d’autre ce salaire nécessaire, qu’on ne peut réellement pas le considérer comme une dépense nationale; en effet ce que l’ouvrier productif destine à sa subsistance, lui est fourni par spéculation par ceux qui lui font des avances, lesquels sont assurés que l’ouvrage qu’il leur donnera en payement, vaudra plus que la consommation du journalier, représentée par le salaire qu’ils lui avancent. Tous les autres individus de la nation consomment, mais l’ouvrier productif ne fait qu’échanger. La nation elle-même, ainsi que nous l’avons vu dans les chapitres précéden[t]s, ne peut s’enrichir que par ces échanges du présent contre l’avenir.
   Sous ce nouveau point de vue, la dépense nationale n’est plus la consommation annuelle de tous les individus, mais cette consommation moins celle qui est requise pour l’entretien des ouvriers productifs, ou leur salaire nécessaire: de même le revenu national n’est plus le produit annuel du travail, mais ce produit après qu’on en a retranché le salaire nécessaire auquel il est dû, soit la subsistance des ouvriers productifs qui ont créé le revenu de l’année.

[Translation]

   It is all the more convenient to subtract this necessary wage from both, in that they cannot be really considered as the national expenditure. Indeed, productive labourers are provided with subsistence by a person who makes an advance to them by speculation, who is assured that the work they will give him in return will be of more value than the consumption of the day labourers, represented in terms of wages on which he makes an advance to them. All other individuals consume, but productive labourers do only exchange. The nation itself, as we have seen in the chapters above, can be only enriched by exchange of the present for the future.
   From this new point of view, the national expenditure is no longer the annual consumption of all the individuals, but the consumption minus the portion requisite for the subsistence of productive labourers, or their necessary wages; in the same way, the national revenue is no longer the annual produce of labour, but the produce minus the necessary wages to which we have owed it, or the subsistence of the productive labourers who have created the revenue of the year.


Sunday, 1 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 05-06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 85-86]

   Nous pouvons nous former une idée tout aussi précise du revenu national; en effet nous avons vu que la rente des terres, et celle de tous les capitaux fixes, se fondoient [fondaient] dans le prix du produit du travail, et l’augmentoient [augmentaient]; nous avons vu aussi que le capital circulant s’échangeoit [échangeait] contre un travail plus considérable à faire, et que par conséquent le profit de ce capital se trouvoit [trouvait] réuni au prix de ce même travail. Il en résulte donc que le produit annuel du travail, rendu plus profitable par l’accumulation du capital circulant et du capital fixe, doit comprendre tout le revenu national (2).
   Remarquons à présent qu’une portion du salaire des ouvriers productifs, représente cette partie de la richesse mobiliaire [mobilière], qui est strictement nécessaire à leur entretien (3); cette portion qui est tout aussi nécessairement accumulée dans le prix de leurs productions, ne fait partie à proprement parler ni de la dépense, ni du revenu de la nation, on peut la soustraire de l’une et de l’autre, c’est une quantité égale, qui retranchée des deux parts, n’altérera point leur proportion; nous l’appellerons le salaire nécessaire.

[Translation]

   We can entertain exactly as precise an idea about the national revenue; indeed, we have seen that the rent of land and of all the fixed capital enters into and raises the price of the produce of labour; we have also seen that the circulating capital is exchanged for more labour yet to perform, and consequently that the profit of this capital is found in the price of this same labour. It follows from this, therefore, that the annual produce of labour, made more profitable by the accumulation of the circulating and fixed capital, must comprehend all the national revenue (2).
   Let us point out here that a portion of wages of productive labourers represents that part of movable wealth which is strictly necessary for their subsistence (3). Exactly speaking, this portion, which is just as necessarily accumulated in the price of their production, does not comprise a part of the expenditure or of the revenue of the nation, and you can subtract this both from the expenditure and from the revenue, a pair of subtractions which will not affect their proportion because they are equal in quantity. We call this portion necessary wage.

Saturday, 28 February 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 83-85]

   Cette dépense pour chaque individu, n’égale pas toujours ce qu’il considère comme étant la sienne; en effet il comprend dans l’état de ses déboursés, non-seulement sa propre consommation, mais encore celle des gens à qui il a fourni la leur; cependant si nous accumulions de cette manière la dépense de tous les membres d’une nation, nous ferions beaucoup de doubles emplois; en effet nous compterions la dépense du riche, dans laquelle seroit [serait] comprise celle de tous ses domestiques, puis de nouveau la dépense de chacun de ses valets, qui font aussi partie de la nation; tandis qu’en ne considérant que la consommation que chacun fait pour soi, il ne peut y avoir aucun double emploi, et la masse de richesse mobiliaire [mobilière] qui est annuellement retirée de la circulation, pour être appliquée à l’usage de tous les citoyens, doit nécessairement être égale à la dépense nationale de l’année.

[Translation]

   This expenditure for each individual is not always equal to what he considers as his own expenditure. Admittedly he puts on the list of his payments not only his own consumption but also that of those for whom he has provided. But totalling up the expenditure of all the members of a nation in this way would lead us to many double counts. Indeed, we would count the expenditure of the rich in such a way that it would include that of all their domestic servants and moreover of all their valets, both of whom also comprise a part of the nation. On the other hand, taking into consideration only the consumption each individual has for himself prevents him from double counts, and the mass of movable wealth which is annually drawn from circulation, to be applied to the use of all the citizens, should necessarily be equal to the national expenditure of the year.