Tuesday, 3 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 87-88]

   On ne peut se former une plus juste idée du salaire nécessaire, qu’en l’assimilant aux semences que le laboureur confie à la terre; comme elles se retrouveront sur la récolte et qu’on peut les y prélever, on n’est point obligé de les comprendre, ni dans les dépenses de la ferme, ni dans ses produits; on les retranche donc de part et d’autre. Mais c’est en proportion de ce que le laboureur sème chaque année, et de ce que le capitaliste avance chaque année en salaire nécessaire, qu’ils doivent l’un et l’autre attendre une récolte plus ou moins abondante, les autres circonstances influantes [influentes] étant d’ailleurs égales. Or ces circonstances influantes [influentes] sont dans les deux cas, l’effet plus ou moins actif dés capitaux fixes plus ou moins accumulés; ici pour amender la terre, et faciliter son ouvrage; là pour perfectionner l’ouvrier lui-même, ses outils, et ses moyens de travail. L’augmentation de salaire nécessaire est donc pour une nation le signe d’une activité croissante, comme l’augmentation de ses semailles est chez le laboureur le signe d’une plus grande exploitation.

[Translation]

   There is no better way to give the right idea about the necessary wages than by comparing them to the seeds a husbandman sows in the field. Since the seeds will return at the harvest and can be retrieved from it, they must not be included in the expenditure or in the produce of the farm, and are therefore deducted from both. But the husbandman should expect a better or worse harvest in proportion to the seeds he sows every year, and the capitalist should do so in proportion to the advance he makes on necessary wages every year if only all other influential circumstances are equal. And yet in both the cases these influential circumstances are the amount and the active effect of accumulated fixed capital; in the former case to improve the land and to facilitate its work, in the second case to improve the labourer himself, his tools, and his means of labour. Therefore the increase of necessary wages is the sign of growing activity for a nation, as the increase of sowed seeds is the sign of a larger exploitation for the husbandman.

Monday, 2 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 07-08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 86-87]

   Il y a d’autant moins d’inconvénien[t]s à retrancher de part et d’autre ce salaire nécessaire, qu’on ne peut réellement pas le considérer comme une dépense nationale; en effet ce que l’ouvrier productif destine à sa subsistance, lui est fourni par spéculation par ceux qui lui font des avances, lesquels sont assurés que l’ouvrage qu’il leur donnera en payement, vaudra plus que la consommation du journalier, représentée par le salaire qu’ils lui avancent. Tous les autres individus de la nation consomment, mais l’ouvrier productif ne fait qu’échanger. La nation elle-même, ainsi que nous l’avons vu dans les chapitres précéden[t]s, ne peut s’enrichir que par ces échanges du présent contre l’avenir.
   Sous ce nouveau point de vue, la dépense nationale n’est plus la consommation annuelle de tous les individus, mais cette consommation moins celle qui est requise pour l’entretien des ouvriers productifs, ou leur salaire nécessaire: de même le revenu national n’est plus le produit annuel du travail, mais ce produit après qu’on en a retranché le salaire nécessaire auquel il est dû, soit la subsistance des ouvriers productifs qui ont créé le revenu de l’année.

[Translation]

   It is all the more convenient to subtract this necessary wage from both, in that they cannot be really considered as the national expenditure. Indeed, productive labourers are provided with subsistence by a person who makes an advance to them by speculation, who is assured that the work they will give him in return will be of more value than the consumption of the day labourers, represented in terms of wages on which he makes an advance to them. All other individuals consume, but productive labourers do only exchange. The nation itself, as we have seen in the chapters above, can be only enriched by exchange of the present for the future.
   From this new point of view, the national expenditure is no longer the annual consumption of all the individuals, but the consumption minus the portion requisite for the subsistence of productive labourers, or their necessary wages; in the same way, the national revenue is no longer the annual produce of labour, but the produce minus the necessary wages to which we have owed it, or the subsistence of the productive labourers who have created the revenue of the year.


Sunday, 1 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 05-06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 85-86]

   Nous pouvons nous former une idée tout aussi précise du revenu national; en effet nous avons vu que la rente des terres, et celle de tous les capitaux fixes, se fondoient [fondaient] dans le prix du produit du travail, et l’augmentoient [augmentaient]; nous avons vu aussi que le capital circulant s’échangeoit [échangeait] contre un travail plus considérable à faire, et que par conséquent le profit de ce capital se trouvoit [trouvait] réuni au prix de ce même travail. Il en résulte donc que le produit annuel du travail, rendu plus profitable par l’accumulation du capital circulant et du capital fixe, doit comprendre tout le revenu national (2).
   Remarquons à présent qu’une portion du salaire des ouvriers productifs, représente cette partie de la richesse mobiliaire [mobilière], qui est strictement nécessaire à leur entretien (3); cette portion qui est tout aussi nécessairement accumulée dans le prix de leurs productions, ne fait partie à proprement parler ni de la dépense, ni du revenu de la nation, on peut la soustraire de l’une et de l’autre, c’est une quantité égale, qui retranchée des deux parts, n’altérera point leur proportion; nous l’appellerons le salaire nécessaire.

[Translation]

   We can entertain exactly as precise an idea about the national revenue; indeed, we have seen that the rent of land and of all the fixed capital enters into and raises the price of the produce of labour; we have also seen that the circulating capital is exchanged for more labour yet to perform, and consequently that the profit of this capital is found in the price of this same labour. It follows from this, therefore, that the annual produce of labour, made more profitable by the accumulation of the circulating and fixed capital, must comprehend all the national revenue (2).
   Let us point out here that a portion of wages of productive labourers represents that part of movable wealth which is strictly necessary for their subsistence (3). Exactly speaking, this portion, which is just as necessarily accumulated in the price of their production, does not comprise a part of the expenditure or of the revenue of the nation, and you can subtract this both from the expenditure and from the revenue, a pair of subtractions which will not affect their proportion because they are equal in quantity. We call this portion necessary wage.

Saturday, 28 February 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 83-85]

   Cette dépense pour chaque individu, n’égale pas toujours ce qu’il considère comme étant la sienne; en effet il comprend dans l’état de ses déboursés, non-seulement sa propre consommation, mais encore celle des gens à qui il a fourni la leur; cependant si nous accumulions de cette manière la dépense de tous les membres d’une nation, nous ferions beaucoup de doubles emplois; en effet nous compterions la dépense du riche, dans laquelle seroit [serait] comprise celle de tous ses domestiques, puis de nouveau la dépense de chacun de ses valets, qui font aussi partie de la nation; tandis qu’en ne considérant que la consommation que chacun fait pour soi, il ne peut y avoir aucun double emploi, et la masse de richesse mobiliaire [mobilière] qui est annuellement retirée de la circulation, pour être appliquée à l’usage de tous les citoyens, doit nécessairement être égale à la dépense nationale de l’année.

[Translation]

   This expenditure for each individual is not always equal to what he considers as his own expenditure. Admittedly he puts on the list of his payments not only his own consumption but also that of those for whom he has provided. But totalling up the expenditure of all the members of a nation in this way would lead us to many double counts. Indeed, we would count the expenditure of the rich in such a way that it would include that of all their domestic servants and moreover of all their valets, both of whom also comprise a part of the nation. On the other hand, taking into consideration only the consumption each individual has for himself prevents him from double counts, and the mass of movable wealth which is annually drawn from circulation, to be applied to the use of all the citizens, should necessarily be equal to the national expenditure of the year.

Friday, 27 February 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 02-03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 82-83]

   Nous nous proposons en conséquence d’examiner dans ce chapitre, quelle est la dépensé, et quel est le revenu de la société; comment ce revenu se partage entre ses diverses classes; sur quels principes on en doit calculer la balance; enfin ce que l’on doit penser d’un système trop généralement répandu, selon lequel on considère une grande dépense comme un grand avantage national parce qu’elle répand beaucoup d’argent.
   La dépense réunie de tous les individus n’est point la somme de leurs déboursés en numéraire, mais celle de leur consommation; en effet celui qui se nourrit du blé recueilli chez lui, dépense, quoi qu’il n’achète pas: Cette dépense est égale à la masse de denrées, de marchandises, et de richesse mobiliaire [mobilière] que tous les individus, chacun pour soi, appliquent à leur usage, qu’ils retirent de la circulation, et destinent non plus à de nouveaux échanges, mais à leur consommation, non plus à gagner, mais à vivre, ou à jouir (1).

[Translation]

   In consequence we will examine in this chapter what is the expenditure, and what is the revenue of society; how this revenue is distributed among its different classes; according to what principles the balance should be calculated; and finally what to think of a system too prevalent generally, according to which you consider large expenditure as a great national benefit because it accompanies emission of much money.
   The aggregate expenditure of all the individuals is not the sum total of their pecuniary payments but that of their consumption; indeed, he who eats the wheat collected for him consumes that for which he does not pay. This expenditure is equal to the mass of staples, commodities, and movable wealth, which all the individuals apply to their respective use, which they withdraw from circulation and no longer exchange for another but consume, no longer for gain but for subsistence or enjoyment (1).

Thursday, 26 February 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 81-82]

Dans les trois chapitres qui précèdent celui-ci, nous avons examiné successivement l’origine de la richesse nationale, et les deux manières dont elle peut s’accumuler; nous avons vu que soit qu’elle se fixe ou qu’elle circule, il est dans sa nature de produire annuellement une augmentation de valeur, que nous avons déjà pu soupçonner de former le revenu national. Mais il est fort important de s’arrêter davantage sur cet examen, et de résoudre définitivement la question qui se présente à nous: quel est ce revenu national? ou, quelle est la portion de la richesse circulante chez une nation, que les individus qui la composent peuvent consommer dans l’année, sans la faire déchoir de sa prospérité actuelle? Puisqu’une nation comme un particulier a des recettes et des dépenses, elle doit aussi comme un particulier maintenir la balance entr’elles. Si ses dépenses égalent ses revenus, sa fortune demeurera au même point, sans faire de progrès et sans décliner; mais elle s’accroîtra si ses dépenses n’égalent pas ses revenus, et elle se dissipera si les premières surpassent les seconds. Le bilan annuel de ses revenus et de ses dépenses peut donc être considéré comme le thermomètre de sa prospérité.

[Translation]

In the three chapters above we have examined the origin of the national wealth, and successively the two ways it can be accumulated. We have seen that the wealth adds to value annually in nature, whether fixed or circulating, and we have already almost reached the insight that the national revenue derives from the nature of the wealth. But it is very important to dwell longer on this examination and to solve definitely the question which presents itself to us: what is this national revenue? or what is that portion of the wealth circulating at a nation which the individuals which compose it can consume in the year without damaging its present prosperity? Since a nation, like an individual, has revenue and expenditure, it must, like him too, strike the balance between the two. If the revenue equals the expenditure, its fortune will remain the same with no rise or fall. But the fortune will increase if the expenditure is not as large as the revenue, and it will decrease if the former surpasses the latter. The annual account of the revenue and the expenditure can therefore be considered as the standard of the prosperity of the nation.

Wednesday, 25 February 2009

Book 1, chapter 3, footnote 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 70]

(5) Un lecteur peu attentif croira voir peut-être dans les exemples mêmes que je donne l’indication d’une proportion toute différente; il objectera que dans un pays riche les terres ne rendent que 3 ou 4 p.%, que d’autre part en général l’assurance du contrebandier se paye à raison de 10 p.%, mais c’est qu’il oubliera que le profit doit se calculer par rapport seulement au capital employé. L’agriculteur ne doit point gagner 6 p.% sur la valeur de sa terre, mais seulement sur le capital qu’il consacre â la mettre en culture; le contrebandier ne perçoit que 10 p.% sur le prix des marchandises qu’il fait entrer en fraude, mais son gain s’élève à plus de 30 p.% si on le compare à ses frais, et à la somme qui sert de nantissement aux négocian[t]s qui l’emploient.

[Translation]

(5) A reader, if hardly attentive, will probably believe that the very examples I give indicates an utterly different proportion. He will object that in a rich country land bears as little as 3 or 4%, and, on the other hand, that in general the guarantee of a smuggler is paid at a rate of 10%. However, you must note that he will forget that profit should be calculated only in relation to employed capital. The agriculturist must gain 6% not upon the value of his fields, but only upon the capital he allots for cultivation of them. The smuggler receives only 10% upon the price of illegally imported commodities, but his gain is as high as over 30%, compared with his costs and the sum which serves for mortgage to the merchants which employ it.