Wednesday, 20 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 335]

   La prospérité de toutes les Colonies fondées par les Européens, tient principalement au concours de trois circonstances, qu’on ne voit réunies que chez elles. En effet, elles sont peuplées d’hommes qui possèdent tous les perfectionnements des arts et de l’industrie, dont les mœurs sont cependant simples et laborieuses, et qui sont admis à partager des terres fertiles qui n’ont point de propriétaires.

[Translation]

   The prosperity of all the colonies founded by the Europeans derives principally from the combination of three circumstances, which we cannot see united anywhere else. In fact, the colonies are occupied by those who have all dexterity in arts and industry, have nevertheless simple and laborious manners, and are allowed to possess a part of the fertile land that has no landlord.

Tuesday, 19 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 334-335]

   Ce n’est point d’après ces vues sordides qu’il faut apprécier l’importance des colonies: quel qu’ait été le but des nations de l’Europe en peuplant l’Amérique, elles ont ouvert à leurs sujets un champ plus vaste pour déployer leur industrie; elles leur ont offert sur une terre nouvelle, où elles ne transplantaient pas toutes les institutions bizarres de l’Europe, des moyens d’accroissement plus rapides.

[Translation]

   Not according to these sordid views must we appreciate the importance of the colonies. For whatever purpose nations of Europe may have colonised America, the nations have opened an extensive field to their subjects for exertion of their industry. The nations have offered them ways for more rapid growth upon a new soil, into which the nations did not transplant all strange institutions of Europe.

Monday, 18 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 333-334]

   Il est nécessaire avant toute chose d’amener ceux-ci à éclaircir une question, sur laquelle ils ne sont point d’accord avec eux-mêmes. Les Colonies font-elles, ou ne font-elles pas partie de l’Empire qui les a fondées? leur avantage doit-il être considéré comme le sien, ou au contraire le mal des unes peut-il être le bien des autres? Les négociants qui sont les auteurs de ce système, et qui se sont occupés beaucoup plus d’obtenir des lois pour le soutenir, que de faire des livres pour le défendre, n’ont point été appelés à mettre beaucoup d’ensemble dans leurs raisonnements. Lorsqu’en partant de leurs principes, on leur a fait observer, que la balance du commerce entre la mère patrie et quelques-unes de ses Colonies était toujours défavorable à la première; ils ont répondu que cette objection était sans force, puisque les Colonies faisant partie de l’État, il ne s’appauvrissait point lorsque ses richesses passaient d’une partie de son territoire dans l’autre (1); lorsqu’ensuite on leur a fait observer, que toutes les faveurs qu’ils demandaient étaient onéreuses pour le commerce et l’industrie des Colonies; celles-ci ont cessé à leurs yeux de faire partie de l’État, et ils n’ont plus vu d’inconvénient à s’enrichir à leurs dépens.

[Translation]

    It is necessary in the first place to induce the advocates to answer a question, in which they are not of one accord. Are colonies part of the Empire which has founded them or not?; should their advantage be considered as its own right, or, on the contrary, can the loss incurred by some of them be made up for by the gain accruing to others? The merchants who are the authors of this system, and who have been much more devoted to pursuit for enactment to support this than to writing books to defend it, have never been called on to organise their reasoning. In regard to their principles, directed to observe that the balance of trade between the home country and some of her colonies has always been unfavourable to the former, they have responded that this objection is powerless because, the colo¬nies being part of the state, she would be not impoverished at all if her wealth passed from one part to another (1). And then, directed to observe, in turn, that all preferential treatments that they have demanded are detrimental to trade and industry in the colonies, they have averred that the colonies are no part of the state, and have found no inconvenience any longer in becoming richer at the cost of the colonies.

Sunday, 17 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 332-333]

   J’ai dit à plusieurs reprises que le caractère distinctif du système mercantile était d’étonner l’esprit, par le renversement de toutes les règles que le gros bon sens aurait dictées. Certainement par exemple aucun négociant n’auroit mis en œuvre pour s’enrichir soi-même, l’expédient qu’il a fait adopter au Gouvernement de sa nation; savoir, pour s’assurer des pratiques, de leur bâtir des maisons, de leur donner du bien, de les enrichir enfin, sous la seule condition que lorsqu’elles seraient riches, elles achèteraient toujours de lui, dût-il leur vendre sa marchandise un peu plus cher que les autres. Le simple bon sens répondrait sans hésiter, ce me semble, que si telle est l’intention qu’on a eue en fondant des Colonies, cette intention a été souverainement absurde, puisqu’on a commencé par donner le tout, pour en ravoir ensuite une petite partie par des échanges. Il y a sans doute de très grands avantages attachés à la formation des Colonies nouvelles, mais ils sont d’une nature bien différente de celle que leur supposent les fauteurs du système mercantile.

[Translation]

   I have repeated that the distinct character of the mercantile system is to confuse the mind by reversing all the rules that the common sense would have dictated. Certainly, for example, no merchant would have make use, for his own prosperity, of the expedient that he has made the government of his nation adopt; that is to say, for the purpose of securing regular customers, to build houses for them, to give them many goods, and, finally, to enrich them, only on the condition that they should always buy from him when rich, even though he may sell at a any higher price than any other. The simple common sense would reply without hesitation, it seems to me, that, if the intention in founding colonies was such, this intention was entirely absurd, because this meant giving all at the beginning in order to get back a small part of it later by exchanges. No doubt, there are not a few great advantages attached to the foundation of new colonies, but they are different in nature from those advantages with which advocates of the mercantile system credit it.

Saturday, 16 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 331-332]

   Trois expédients se sont présentés au Gouvernement pour favoriser ces commerces; ce sont eux qui nous restent à examiner dans les trois derniers chapitres de cet ouvrage. 1.° Fonder des Colonies; c’est-à-dire, créer de nouvelles nations, qui restent assez dans la dépendance de la mère patrie, pour que celle-ci puisse s’assurer un monopole chez elles, et faire de ses enfants les pratiques de ses marchands. 2.° Déployer avec politique sa force ou son adresse, pour obtenir de la reconnaissance, de la crainte, ou de l’ignorance des autres nations, un traité de commerce qui assure aux marchands nationaux le monopole de leurs marchés. 3.° Enfin, dans l’impuissance de favoriser le commerce extérieur, faire en sorte de ne pas lui nuire. C’est a ce retour aux vrais principes de l’économie politique, qu’il faut attribuer la création des ports francs, ou l’abolition des entraves mercantiles, dans les lieux où l’on a désiré voir un grand commerce étranger.

[Translation]

   Three expedients have been presented to the government for promotion of these species of trade, and remain to be examined in the last three chapter of this work; first of all, foundation of colonies, that is to say, creation of new nations kept dependent enough upon their home country, that she can secure a monopoly there and can make their children regular customers for her commodities; secondly, exertion of her political power or diplomacy to conclude a treaty of commerce, taking advantage of recognition, fear, and ignorance on the side of other countries, and, thereby, to secure the monopoly of their markets for her own merchants; and finally, inabilitiy to promote foreign trade, leading it to be unimpeded. To that return to the true principles of political economy we must attribute the creation of free ports, or abolition of mercantile slavery, in the places where we hope to see a roaring foreign trade.

Friday, 15 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 330-331]

   Aussi long-temps qu’on ne mettra aucune différence entre protéger le commerce, et enrichir quelques commerçons, on ne trouvera point d’autres moyens pour y parvenir, que celui de créer de nouveaux monopoles en faveur de ceux que l’on voudra faire prospérer. L’autorité souveraine peut avec facilité créer des monopoles dans l’intérieur de l’État, des lois sévères, mises rigoureusement en exécution, pourront toujours favoriser ceux que le Gouvernement aura pris à tâche d’enrichir, aux dépens de leurs concitoyens; mais cette autorité souveraine ne s’étend point au dehors, et le commerce d’exportation, comme celui de transport, semblent se dérober aux grâces que le Législateur voudrait leur accorder.

[Translation]

   Unless we distinguish between protecting trade and enriching merchants, we can see no other way of accomplishing this than by creating new monopolies in favour of those whom we hope to see prosper. The sovereign authority can easily create monopolies within the interior of the state; severe laws, rigorously executed, can always promote those whom the government endeavours to lead to wealth, at the cost of their fellow-countrymen. However, this sovereign authority does not extend beyond borders, and it seems that both export trade and shipping trade cannot enjoy the favours that the legislator would like to show to them.

Thursday, 14 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 330]

   Mais le système mercantile, d’après lequel ont été tracées toutes les lois relatives au commerce, admettant pour principe, que l’État ne peut être enrichi que par les balances favorables avec d’autres États, ne considère le commerce intérieur que comme un moyen d’arriver au commerce d’exportation, ou à celui de transport, sur lesquels seuls il repose l’espoir d’accroître la prospérité publique. Il a donc fallu chercher les moyens de favoriser aussi ce dernier commerce, l’enfant gâté de la politique moderne.

[Translation]

   But the mercantile system, according to which all laws concerning trade have been designed, admits in principle that only a favourable balance of trade with the other states can lead the state to wealth, and considers home trade as anything but an intermediary to reach export trade or shipping trade, only through which the state can hope to see the public prosperity growing. Therefore, the state has been driven to search for ways to promote the last two species of trade, like a child spoiled with the modern policy.