Sunday, 17 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 332-333]

   J’ai dit à plusieurs reprises que le caractère distinctif du système mercantile était d’étonner l’esprit, par le renversement de toutes les règles que le gros bon sens aurait dictées. Certainement par exemple aucun négociant n’auroit mis en œuvre pour s’enrichir soi-même, l’expédient qu’il a fait adopter au Gouvernement de sa nation; savoir, pour s’assurer des pratiques, de leur bâtir des maisons, de leur donner du bien, de les enrichir enfin, sous la seule condition que lorsqu’elles seraient riches, elles achèteraient toujours de lui, dût-il leur vendre sa marchandise un peu plus cher que les autres. Le simple bon sens répondrait sans hésiter, ce me semble, que si telle est l’intention qu’on a eue en fondant des Colonies, cette intention a été souverainement absurde, puisqu’on a commencé par donner le tout, pour en ravoir ensuite une petite partie par des échanges. Il y a sans doute de très grands avantages attachés à la formation des Colonies nouvelles, mais ils sont d’une nature bien différente de celle que leur supposent les fauteurs du système mercantile.

[Translation]

   I have repeated that the distinct character of the mercantile system is to confuse the mind by reversing all the rules that the common sense would have dictated. Certainly, for example, no merchant would have make use, for his own prosperity, of the expedient that he has made the government of his nation adopt; that is to say, for the purpose of securing regular customers, to build houses for them, to give them many goods, and, finally, to enrich them, only on the condition that they should always buy from him when rich, even though he may sell at a any higher price than any other. The simple common sense would reply without hesitation, it seems to me, that, if the intention in founding colonies was such, this intention was entirely absurd, because this meant giving all at the beginning in order to get back a small part of it later by exchanges. No doubt, there are not a few great advantages attached to the foundation of new colonies, but they are different in nature from those advantages with which advocates of the mercantile system credit it.

Saturday, 16 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 331-332]

   Trois expédients se sont présentés au Gouvernement pour favoriser ces commerces; ce sont eux qui nous restent à examiner dans les trois derniers chapitres de cet ouvrage. 1.° Fonder des Colonies; c’est-à-dire, créer de nouvelles nations, qui restent assez dans la dépendance de la mère patrie, pour que celle-ci puisse s’assurer un monopole chez elles, et faire de ses enfants les pratiques de ses marchands. 2.° Déployer avec politique sa force ou son adresse, pour obtenir de la reconnaissance, de la crainte, ou de l’ignorance des autres nations, un traité de commerce qui assure aux marchands nationaux le monopole de leurs marchés. 3.° Enfin, dans l’impuissance de favoriser le commerce extérieur, faire en sorte de ne pas lui nuire. C’est a ce retour aux vrais principes de l’économie politique, qu’il faut attribuer la création des ports francs, ou l’abolition des entraves mercantiles, dans les lieux où l’on a désiré voir un grand commerce étranger.

[Translation]

   Three expedients have been presented to the government for promotion of these species of trade, and remain to be examined in the last three chapter of this work; first of all, foundation of colonies, that is to say, creation of new nations kept dependent enough upon their home country, that she can secure a monopoly there and can make their children regular customers for her commodities; secondly, exertion of her political power or diplomacy to conclude a treaty of commerce, taking advantage of recognition, fear, and ignorance on the side of other countries, and, thereby, to secure the monopoly of their markets for her own merchants; and finally, inabilitiy to promote foreign trade, leading it to be unimpeded. To that return to the true principles of political economy we must attribute the creation of free ports, or abolition of mercantile slavery, in the places where we hope to see a roaring foreign trade.

Friday, 15 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 330-331]

   Aussi long-temps qu’on ne mettra aucune différence entre protéger le commerce, et enrichir quelques commerçons, on ne trouvera point d’autres moyens pour y parvenir, que celui de créer de nouveaux monopoles en faveur de ceux que l’on voudra faire prospérer. L’autorité souveraine peut avec facilité créer des monopoles dans l’intérieur de l’État, des lois sévères, mises rigoureusement en exécution, pourront toujours favoriser ceux que le Gouvernement aura pris à tâche d’enrichir, aux dépens de leurs concitoyens; mais cette autorité souveraine ne s’étend point au dehors, et le commerce d’exportation, comme celui de transport, semblent se dérober aux grâces que le Législateur voudrait leur accorder.

[Translation]

   Unless we distinguish between protecting trade and enriching merchants, we can see no other way of accomplishing this than by creating new monopolies in favour of those whom we hope to see prosper. The sovereign authority can easily create monopolies within the interior of the state; severe laws, rigorously executed, can always promote those whom the government endeavours to lead to wealth, at the cost of their fellow-countrymen. However, this sovereign authority does not extend beyond borders, and it seems that both export trade and shipping trade cannot enjoy the favours that the legislator would like to show to them.

Thursday, 14 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 330]

   Mais le système mercantile, d’après lequel ont été tracées toutes les lois relatives au commerce, admettant pour principe, que l’État ne peut être enrichi que par les balances favorables avec d’autres États, ne considère le commerce intérieur que comme un moyen d’arriver au commerce d’exportation, ou à celui de transport, sur lesquels seuls il repose l’espoir d’accroître la prospérité publique. Il a donc fallu chercher les moyens de favoriser aussi ce dernier commerce, l’enfant gâté de la politique moderne.

[Translation]

   But the mercantile system, according to which all laws concerning trade have been designed, admits in principle that only a favourable balance of trade with the other states can lead the state to wealth, and considers home trade as anything but an intermediary to reach export trade or shipping trade, only through which the state can hope to see the public prosperity growing. Therefore, the state has been driven to search for ways to promote the last two species of trade, like a child spoiled with the modern policy.

Wednesday, 13 October 2010

Book 3, chapter 7, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 329-330]

Nous avons dans les premiers Chapitres de ce livre, passé en revue les différents expédients qui ont été mis en usage par les Souverains, à la suggestion des marchands, pour attirer ou vivifier le commerce dans l’intérieur de leurs Etats. Nous avons vu, que tous n’étaient en dernière analyse, autre chose qu’un monopole plus ou moins rigoureux, que le Souverain accordait aux marchands contre les consommateurs nationaux; que tous par conséquent, loin d’enrichir la nation, devaient ou augmenter ses dépenses, ou diminuer ses revenus; que la plupart avaient de plus l’inconvénient de gêner l’industrie, et ne nuisaient donc pas seulement aux consommateurs, mais au commerce lui-même, qui se trouvait sacrifié à l’intérêt de quelques-uns de ses membres.

[Translation]

In the previous chapters of this book, we have examined the different expedients of which sovereigns have made use, on the demand from merchants, in order to stimulate and animate trade within the interior of their states. We have seen that none of these is anything but a more or less rigorous monopoly accorded by a sovereign to merchants against home consumers; that, as a consequence, all these, far from leading the nation to wealth, should increase her expenses or diminish her revenue; furthermore, that almost all these place inconvenience in the way of industry, and are, therefore, detrimental not only to consumers but also to trade itself, which turns out sacrificed in the interest of several members in the commercial world.

Tuesday, 12 October 2010

Book 3, chapter 6, footnote 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 323]

(7) Le principal champion des privilèges des Compagnies pour le commerce des Indes, Mt. Blanc de Volx, étant lui-même partisan du système mercantile, raisonne d’une manière très conséquente à ses principes, lorsqu’il déclare ce commerce nuisible pour la France, et qu’il propose l’établissement d’une Compagnie, non pour le favoriser, mais pour le restreindre; seulement il serait plus conséquent encore de l’interdire compléteraient. Au reste, il serait difficile de comprendre comment on appellerait, selon son désir, les fonds des capitalistes et non ceux du commerce à de pareilles entreprises, puisque les capitaux enlevés à la France seraient toujours arrachés directement ou indirectement à son commerce. Je n’entreprendrai point de répondre à ses autres arguments en faveur d’une Compagnie, ils sont tous liés au système mercantile, et tombent tous avec lui. Comme nous partons de principes contradictoires, il serait impossible de parvenir par une discussion aux mêmes résultats. Voyez le Chap. XII. de l’Etat commercial de la France, T. II. p. 208.

[Translation]

(7) The principal champion of privileged companies for trade with the Indies, Mr Blanc de Volx, a partisan of the mercantile system himself, argues consistently with his principles, when he declares this trade noxious to France, and proposes establishing a company, in order not to promote but to check it. It would be, though, still more consistent to ban it completely. In addition, it would be difficult to understand how to raise, following his desire, funds from capitalists, not from trade, to such an undertaking, because the capitals taken away from France would always be drawn directly or indirectly out of her trade. I would not venture to respond to his other arguments in favour of a company, for the arguments are all connected to the mercantile system, and fall with it. As we start from contradictory principles, it would be impossible for us to reach the same conclusion by any discussion. See chapter 12, de l’État commercial de la France, volume 2, p. 208.

Monday, 11 October 2010

Book 3, chapter 6, footnote 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 315]

(6) La liberté fut rendue au commerce de l’Inde par un décret de l’assemblée constituante du mois de Mai 1790.

[Translation]

(6) Freedom was returned to trade with India by a decree of the constituent assembly in May 1790.