Thursday, 19 August 2010

Book 3, chapter 4, footnote 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 263-264]

(3) Dernièrement, un négociant estimé s’était associé à un homme de lettres, pour ouvrir à Genève une école pratique de, commerce, fondée à peu prés sur les principes exposés ci-dessus; des circonstances malheureuses, et qui tiennent aux intérêts particuliers des instituteurs, ont fait manquer cette entreprise au moment où son succès paraissait assurés. Peut-être y avait-il à Rome des écoles, pour les arts et le commerce, afin de suppléer à l’apprentissage inconnu aux anciens. Columelle ne connaissait de son temps que la seule agriculture qui n’eût pas des maitres particuliers. De Re Rustica. L. I. p. 2.

[Translation]

(3) Recently a respectable merchant was associated with a man of letter, in order to open a practical school of commerce in Geneva, almost exclusively upon the principles expounded above. Circumstances which are unhappy and dependent upon particular interests of instructors made this enterprise impossible even when its success seemed certain. Probably, there were in Rome some schools for arts and commerce, for the purpose of supplying the absence of apprenticeship in the ancient age. Columelle knew no trade which had no individual masters in his times, except agriculture. De Re Rustica, book 1. p. 2.

Wednesday, 18 August 2010

Book 3, chapter 4, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 255-256]

(2) En France ce statut mercantile avait été sanctionné par l’ordonnance de 1673. Tit. I. Art. 3, d’après laquelle aucun ne peut être reçu marchand, s’il ne rapporte son brevet, et son certificat d’apprentissage. En Angleterre, par le stat. 5. Elizab. c. 4. § 31. D’après lequel les personnes qui ont servi pendant sept ans comme apprentis à un commerce ou métier, ont un droit exclusif pour exercer ce commerce ou métier dans toute l’Angleterre. Cependant ce statut étant en général considéré comme onéreux, et contraire à la liberté naturelle, les décisions des Cours de justice ont tendu à en restreindre l’effet. L’apprentissage n’est requis que pour les métiers déjà existants sous le règne d’Elizabeth, lorsque ce statut passa en Parlement; de là vient cette distinction bizarre, qu’il faut avoir été en apprentissage pour faire des chariots, et non pas pour faire des carrosses. Blackstone. Comm. on the laws of Engl. Book I. Chap. XIV. p. 428. Wooddeson systematical view of the laws of Eng. Lect. 17. T. I, p. 466.

[Translation]

(2) In France, this mercantile statute had been sanctioned by the ordinance of 1673, title 1, article 3. According to this, no one can be an authorised merchant without producing a charter and a certificate of apprenticeship. In England, it had been so by the statute 5, Elizabeth, c. 4, article 31. According to this, those who have served their seven-year apprenticeship for a trade or art have an exclusive right to engage in this trade or art all over England. However, this statute was generally considered as costly and contrary to natural liberty, and the Court of Justice has tended to restrain its effect by rulings. Apprenticeship is only required for the trades which already existed under the reign of Elizabeth when this statute passed through Parliament. This gave birth to this strange distinction that apprenticeship is necessary to make wagons, while not to make coaches. Blackstone, Commentaries on the Laws of England, book 1, chapter 24, p. 428. Wooddeson, A systematical view of the laws of England, lecture 17, title 1, p. 466.

Tuesday, 17 August 2010

Book 3, chapter 4, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 254]

(1) L’Edit du mois d’Avril 1777 avait changé à bien des égards la Législation Française sur les apprentissages, et en avait réduit uniformément la durée à quatre ans.

[Translation]

(1) The edict of April 1777 had changed the French legislation of apprenticeship in many respects, and had reduced the duration of apprenticeship uniformly to four years

Monday, 16 August 2010

Book 3, chapter 4, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 269-273]

   Mais l’on ne peut, ce me semble, se dispenser d’apporter quelque modification à la partie de nos lois, qui regarde la conscription militaire (4). Le travail étant souvent la seule propriété de l’ouvrier; c’est aussi là seule qu’il puisse aliéner, soit en échange contre l’instruction, soit pour se procurer ce dont il a besoin dans ses maladies, ou lorsqu’il forme un nouvel établissement. La loi qui annule tous ses engagements lorsqu’il parvient à l’âge de vingt ans, pour l’envoyer aux armées, détruit nécessairement toute confiance de la part des maîtres, et les dégoûte absolument de consacrer leurs capitaux et leurs peines à former ou établir des ouvriers, qui leur seront enlevés. Je n’entreprendrai point d’indiquer quelle autre marche l’on pourrait suivre, mais je me contenterai de faire des vœux pour que le retour de la paix fasse naître une législation moins rigoureuse sur les enrôlements forcés.

[Translation]

   However, it seems to me that one cannot dare to carry some modification to the part of our laws which concerns the military conscription (4). As labour is often the only property for a labourer, this is also all that he can alienate, be it in exchange for instruction, or for what he needs when he catches his diseases, or forms a new establishment. The law which cancels all his commitments when he reaches the age of twenty, to send him to the army, destroys by necessity all confidence on the part of masters, and discourages them completely from devoting their capitals and pains to training or establishing labourers, of whom they will be deprived. I will not dare to imply what other footsteps we could follow in, but will content myself to hoping that the return to peace will give birth to legislation less rigorous with the forced enrolments.

Sunday, 15 August 2010

Book 3, chapter 4, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 268-269]

   Le Ministère désireux aujourd’hui de restituer aux engagements pris pour cause d’apprentissage leur ancienne vigueur, paraît embarrassé sur la manière de les rendre exécutoires, lorsque les apprentis seront de mauvaise foi; pour les forcer, ainsi que les ouvriers qui contractent avec un maître, à tenir leurs engagements, il semble chercher quelque expédient nouveau, et c’est sans doute à ce désir qu’il faut attribuer l’invention d’un livret dont seraient munis tous les ouvriers, à leur sortie d’apprentissage, et sur lequel devrait se trouver successivement l’acquit de tous leurs divers engagements. Ce règlement est l’un des principaux d’entre ceux que contient le nouveau projet de loi relatif aux manufactures et aux gens de travail, sur lequel le Ministère de l’intérieur a consulté le commerce. Il n’est pas sûr que cette innovation n’entravât pas à bien des égards les relations des journaliers avec leurs maîtres, et l’on ne voit pas pourquoi la poursuite par-devant les Tribunaux, et la contrainte civile, ne suffiraient pas dans un pays où l’on maintient une bonne police, pour les obliger à remplir leurs engagements.

[Translation]

   The minister who today wishes commitments involved in apprenticeship to regain their former vigour seems to be embarrassed with the way to make them enforceable when apprentices are ill-intentional. In order to force apprentices, as well as labourers who contract with a master, to honour their commitments, he seems to seek for some new expedients, and we must undoubtedly attribute to this desire the invention of a kind of record book which would be handed to all labourers at the end of their apprenticeship, and which must record the receipt of all their various commitments. This is one of the principal regulations among those included by the new legislative project regarding manufactures and labourers, upon which the minister of interior has consulted commerce. It is not sure whether this innovation may not harm the relations of day-labourers to their masters in many respects, and no one can see why judicial proceedings and civil distress would not be sufficient to oblige them to honour their commitment in a country which maintains good police.

Saturday, 14 August 2010

Book 3, chapter 4, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 266-268]

   C’est sans doute pour donner cette première impulsion, que le Ministre de l’Intérieur a proposé l’établissement d’écoles d’instruction pratique pour les arts chimiques. Ce n’est pas en effet qu’il se soit flatté d’instruire à de pareilles écoles, un nombre d’artisans proportionné aux besoins et à la population de la France; mais il a senti combien il serait avantageux de faire voir aux journaliers, qu’ils peuvent recevoir une instruction pour leur métier, plus approfondie, plus utile, plus courte et moins dispendieuse, que celle à laquelle ils parviennent aujourd’hui en se mettant en apprentissage: ce trait de lumière réveillerait leur attention sur les moyens d’apprendre, et hâterait la formation d’une classe d’instituteurs privés, les seuls qui puissent se proportionner aux facultés et à la position des élèves qu’ils auraient à former. Tous les artisans instruits dans les écoles nationales y apprendraient comment l’on peut mettre l’art à la portée des jeunes gens, leur ouvrir l’esprit, et tirer parti en même temps du travail qu’on leur fait faire. De retour dans leurs villes ou leurs villages, ils ne se borneraient pas à faire eux-mêmes leur métier, ils trouveraient plus de profit encore à l’enseigner bien et promptement; cet enseignement par lequel ils débuteraient, serait pour eux un moyen assuré de rassembler un petit capital, de disposer du travail de plusieurs bras, et de former un atelier indépendant. C’est ainsi que les découvertes nouvelles passant rapidement du cabinet du chimiste ou du mécanicien, aux écoles publiques d’instruction pratique, de celles-ci à tous les nouveaux instituteurs des villes et villages, et de ces instituteurs aux ateliers de tous les artisans, l’on verrait le perfectionnement des métiers marcher d’un pas égal avec celui de la science, et nos manufactures s’assurer promptement cette supériorité, que l’esprit inventif des Français doit leur procurer un jour. Pour obtenir des succès aussi flatteurs, aucune coaction ne serait nécessaire; liberté parfaite, protection, et bon exemple, ce serait tout ce que le Gouvernement aurait à accorder.

[Translation]

   No doubt, it was for the purpose of giving this first impetus that the minister of interior proposed the establishment of schools for practical instruction for chemical arts. In fact, it is not that he contented himself with instructing at these schools a number of artisans in proportion to the needs and population of France, but he felt how advantageous it would be to show day-labourers that they can receive an more profound, useful, prompt and inexpensive instruction for their business than they receive today in apprenticeship. These traits of instruction would attract their attention again to the means of learning, and would promote the formation of a class of private instructors, who alone can adapt themselves to the faculty and position of the students that they would have to train. All artisans instructed at national schools learn there how one can at the same time place arts within the reach of young men, transmit the spirit to them, and take advantage of their forced labour. Returning to their cities or villages, the artisans would not be confined to doing their business for themselves, and would find much more advantages in teaching it well and promptly. This teaching with which they would start would be a sure means for them to raise a small capital, to dispose of the labour of several hands, and to establish an independent workshop. Thus, new discoveries pass from the cabinet of chemists or mechanics to the public schools of practical instruction, from the latter to all new instructors of cities and villages, and from these instructors to the workshops of all artisans, and we could see the improvement in business in step with that in science, and have assurance that our manufactures will promptly achieve the superiority that the inventive spirit of the French people must procure some day. No coercion would be necessary to reach such a satisfying success; all the government have to accord would be perfect liberty, protection and good example.

Friday, 13 August 2010

Book 3, chapter 4, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 265-266]

   Mais dira-t-on, d’où vient qu’aucune école ne s’est formée pour les arts ou pour le négoce, quoique toutes les entraves que les anciens statuts mettaient au commercé aient été détruites par la révolution? Plusieurs causes y ont contribué. Depuis le commencement de la révolution jusqu’au 18 Brumaire, l’industrie française a été constamment dans un état de découragement et de décadence. Ce n’est pas au milieu de ses revers que l’on pouvait songer à de nouveaux établissements utiles. Les coups qui ont été frappés sur elle, comme le maximum, la création, puis la chute des assignats, les taxes révolutionnaires, ont détruit l’énergie des classes productives. Les Tribunaux en cessant de maintenir l’exécution des contrats volontaires, et en affranchissant de leurs engagements ceux qui étaient entrés en apprentissage, ont outrepassé leur but, et détruit la confiance entre ceux qui pouvaient contracter de nouveau. La conscription militaire, ou les réquisitions, en arrachant les apprentis à leurs ateliers, à mesure qu’ils acquéraient la connaissance de leur art, a découragé les élèves aussi bien que les maîtres. Enfin lorsque aucune de ces causes n’aurait existé, il faudrait toujours un assez long espace de temps, pour changer les habitudes des classes inférieures d’un grand Peuple, et pour que l’on songeât à former pour elles les établissements qui leur conviennent le mieux. Un exemple donné par le Gouvernement peut souvent dans ce cas servir d’impulsion, et amener par la suite les changements les plus heureux.

[Translation]

   But we will be asked why no school has been instituted for arts and commerce, though all restraints imposed upon commerce by ancient statutes were abandoned by the revolution. Several causes have contributed to that. Since the eruption of the revolution until the 18th of Brumaire, the French industry was consistently in slump and decline. It is not in the thick of its vicissitudes that people came to think of new useful establishments. Such blows to the French industry, as the maximum, the creation as well as the fall of assignats, and revolutionary taxes, have destroyed the energy of productive classes. The justice ceased to respect voluntary contracts and emancipated apprentices from their commitments, beyond its own purpose, and destroyed confidence among those who could make new contracts. Military conscriptions and requisitions took apprentices acquiring the knowledge of arts away from workshops, and discouraged apprentices as well as masters. After all, if none of these causes existed, it would always take a long time to change habits of the lower classes of a great people, and to conceive establishments which are the most adequate for them. An example given by the government can often in this case serve for impetus and can lead to the happiest changes subsequently.