Saturday, 1 May 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 45

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 202]

   Une seconde production importante du Département du Bas-Rhin, c’est la garance; il en produisait entre 1776 et 1790, de quarante à cinquante mille quintaux par année, et il expédiait la moitié de cette récolte précieuse à l’Angleterre, l’Allemagne, la Suisse, et l’Italie. Aujourd’hui le Département n’en fournissant plus que quinze mille quintaux, les fabricants français sont forcés de faire usage des garances étrangères qui sont plus chères et moins belles (27). La douane ne procure donc aucun avantage aux cultivateurs et fabricateurs de garance, lorsqu’elle soumet celles qu’on apporte du dehors à un droit de 5 francs le quintal: cependant cette taxe sur une matière première nécessaire à nos manufactures en renchérit les produits, et leur donne du désavantage, lorsqu’ils doivent lutter contre ceux des fabriques étrangères.

[Translation]

   The second important production of the department of Bas-Rhin is madder. Between 1776 and 1790 the department produced 40,000 to 50,000 quintals of madder a year, and exported a half of this precious harvest to England, Germany, Switzerland, and Italy. Today it supplies no more than 15,000 quintals, and French manufacturers are forced to make use of foreign madder which is more expensive and less beautiful (27). The customs does not, therefore, give advantage to cultivators and manufacturers of madder because it levies a tax of five francs a quintal upon exported madder. On the contrary, this tax upon a raw material necessary for our manufactures makes their produce expensive, and gives them some disadvantage when they have to compete with foreign manufacturers.

Friday, 30 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 44

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 201]

   L’une des principales productions de l’Alsace c’est le tabac, si on voulait le soumettre de nouveau à la gabelle, il faudrait comme autrefois permettre à l’Alsace de s’en racheter par une autre imposition. Du reste une répartition de l’impôt actuel, mal entendue même d’après les principes mercantiles, engage à exporter le tabac en feuilles pour le manipuler dans les fabriques d’Outre-Rhin, et le réimporter ensuite en fraude. C’est ainsi que la douane, en altérant l’équilibre naturel, produit souvent l’effet tout contraire à celui qu’elle s’était proposé (26).

[Translation]

   One of the principal productions of Alsace is tobacco; if you wanted to impose the salt tax upon it again, it would be necessary, as in those days, to permit Alsace to revive by means of another tax. Besides, the present way of allocation of the burden of the tax, ill-extended even according to the mercantile principles, inclines men to export tobacco in leaf form for processing in workshops in Outre-Rhin, and later to re-import it illegally. The customs duty, thus changing the natural equilibrium, often produces the effect completely contrary to what it was intended to (26).

Thursday, 29 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 43

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 200-201]

   Si le monopole des douanes était devenu nécessaire pour maintenir quelqu’une des manufactures d’un Département qui ne craignit autrefois pour aucune la concurrence des étrangers, étant traité comme étranger lui-même, il faudrait en conclure qu’elles auraient bien dénaturé son antique industrie. Il ne paraît pas cependant que cela soit arrivé, elles y sont à charge au consommateur, sans procurer aucun avantage au commerçant.

[Translation]

   If the monopoly due to customs duties had been required for maintenance of any of manufactories in a department which used to be not in fear of competition of foreign ones though it was treated as foreign itself, we should conclude from this that they would have spoiled its former industry. However, it does not seem that this will take place, and they are burdensome on the consumer, without giving any advantage to tradesmen.

Wednesday, 28 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 42

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 200]

   BAS-RHIN. L’Alsace avait avant la révolution le bonheur inappréciable d’être placée en dehors de la ligne des douanes Françaises; délivrée de la PROTECTION que leur législation accorde à l’industrie, et qui tourne toujours à sa ruine, l’Alsace s’était placée au premier rang parmi les provinces riches, manufacturières et commerçantes. Elle a beaucoup souffert par le reculement des douanes, qui a détruit entr’autres le transit et l’entrepôt de Strasbourg; les manufactures ont prodigieusement diminué d’activité, et l’intérêt de l’argent est le double de ce qu’il était autrefois, ce qui indique un grand décroissement des capitaux mercantiles. Cependant dans le Département du Bas-Rhin, qui ne contient que la moitié de l’Alsace, on compte encore 6974 fabriques de tout genre, 30,000 ouvriers qui y travaillent, et l’on évalue à vingt millions les capitaux qui les alimentent (25).

[Translation]

   BAS-RHIN. Before the revolution Alsace had the invaluable luck to be placed beyond the reach of French customs duties. Freed from the protection which is accorded by the legislation of customs duties to industry and which always turns out to ruin industry, Alsace had ranked the first among the rich, manufacturing, and commercial provinces. It has suffered much from the move of the customs, which has destroyed, above all, the business of transit and warehousing in Strasbourg. Manufactures have astonishingly waned in activity, and the moneyed interest is twice as high as it used to be, a rise which suggests a great shrinkage of mercantile capitals. Still, the department of Bas-Rhin, which accounts for only a half of Alsace, has 6974 workshops of any sort, and 30,000 labourers who work there, and the capitals provided for them are evaluated at 20 million (25).

Tuesday, 27 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 41

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 198-199]

   TARN. Le Département du Tarn est un de ceux où les fabriques de laine prospèrent le plus; on tire de Castres, d’Albi, de Mazamet, etc. des draps, des molletons, des flanelles, des cadis, qui sont distingués par leur bonne qualité, et dont la consommation ne se borne pas à l’intérieur, mais s’étend jusque dans le Levant, où ils soutiennent avec avantage la concurrence des Anglais: aucune des manufactures du Département, qui sont outre les laines, des tanneries, papèteries, fabriques de bonnèterie, et de bougies, n’est de nature à être le moins du monde favorisée par la douane (24).

[Translation]

   TARN. The department of Tarn is one of those where woollen mills are the most prosperous. Castres, Albi, Mazamet, and others produce woollen cloth, melton, flannel, and caddis, which are distinguished by their good quality and whose consumption is not only confined within the country but also extends to Levant, where they compete advantageously with the English counterparts. No manufacture in this department, which contains tan houses, paper mills, knitting mills and candle-making houses in addition to woollen mills, have to be given any preferential treatment by the customs (24) .

Monday, 26 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 40

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 198-199]

   DEUX-SEVRES. Le Département des Deux Sèvres est un de ceux où l’on peut regretter que tous les capitaux aient pris leur direction vers les manufactures, et qu’il en soit resté si peu pour animer l’agriculture: celle-ci est encore bien retardée, et pendant le cours entier d’un siècle, n’a fait que des progrès fort lents, tandis que ce Département compte au moins neuf ou dix communes manufacturières, quoiqu’il n’y en ait aucune de riche ou de grande. Il a été si cruellement ravagé lors de la guerre de la Vendée, que ses capitaux mercantiles sont presque tous dissipés, et ses ateliers fermés ou détruits. Les manufactures d’étoffes de laine, de bonnèterie, et de chamoiserie, de Niort, Parthenay, Saint-Maixent, Secondigny, Thouars, etc. ne se relèveront certainement pas à l’aide des douanes, qui ne leur procurent aucune espèce de bénéfice. On pourrait plutôt attendre leur rétablissement de la liberté du commerce, qui versera sans doute de nouveaux capitaux dans ce pays malheureux. La beauté des laines qu’il produit, et le bas prix de la main-d’œuvre, fixeront sur lui les regards de ceux qui cherchent à employer leurs fonds d’une manière lucrative (23).

[Translation]

   DEUX-SÈVRES. The department of Deux-Sèvres is one of those where it can be regretted that all the capitals have rushed in the direction towards manufactures, and that there is so little capital left for animation of agriculture. The agriculture there is still undeveloped, and has only made very slow progress in the entire course of one century, while this department contains at least nine or ten manufacturing communes, though none of them is rich or large. It was so cruelly ravaged during the war of Vendée, that mercantile capitals are almost all lost and workshops are closed or destroyed there. The woollen mills, knitting mills, and tan houses in Niort, Parthenay, Saint-Maixent, Secondigny, Thouars, and others will not revive even with the aid of customs duties, which does not give them any sort of benefit. Their revival could be expected rather from free trade, which will undoubtedly attract new capital to this miserable country. The beauty of wool produced there and the low price of labour force will draw the attention of those who seek to employ their means in a lucrative way (23).

Sunday, 25 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 39

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 197-198]

   HAUTES ALPES. Le Département des Hautes-Alpes n’a absolument aucune manufacture, les paysans ne sont habillés que des étoffes grossières qu’ils fabriquent dans l’intérieur de chaque ménage. On a essayé d’élever à Briançon deux ou trois petites fabriques de toiles et mouchoirs, qui n’ont pu s’y soutenir; comme ailleurs, on s’y plaint du manque de capitaux, et l’on ne pourra remédier aux maux que ce besoin cause, que lorsqu’en modifiant ou supprimant les douanes, on aura ouvert une entrée aux capitaux étrangers qui pourraient vivifier l’industrie nationale (22).

[Translation]

   HAUTES ALPES. The department of Hautes Alpes have no manufacture at all, and husbandmen are only clothed in coarse cloth of their own making at their own home. Establishment of two or three small manufactories of cloth and handkerchief at Briançon has been attempted, none of which have managed to survive there, with as many complaints of lack of capital there as anywhere else. The evils caused by this lack will remain unremedied unless modification or abolishment of customs has allowed the inflow of foreign capitals which could animate the national industry (22).