Sunday, 25 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 39

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 197-198]

   HAUTES ALPES. Le Département des Hautes-Alpes n’a absolument aucune manufacture, les paysans ne sont habillés que des étoffes grossières qu’ils fabriquent dans l’intérieur de chaque ménage. On a essayé d’élever à Briançon deux ou trois petites fabriques de toiles et mouchoirs, qui n’ont pu s’y soutenir; comme ailleurs, on s’y plaint du manque de capitaux, et l’on ne pourra remédier aux maux que ce besoin cause, que lorsqu’en modifiant ou supprimant les douanes, on aura ouvert une entrée aux capitaux étrangers qui pourraient vivifier l’industrie nationale (22).

[Translation]

   HAUTES ALPES. The department of Hautes Alpes have no manufacture at all, and husbandmen are only clothed in coarse cloth of their own making at their own home. Establishment of two or three small manufactories of cloth and handkerchief at Briançon has been attempted, none of which have managed to survive there, with as many complaints of lack of capital there as anywhere else. The evils caused by this lack will remain unremedied unless modification or abolishment of customs has allowed the inflow of foreign capitals which could animate the national industry (22).

Saturday, 24 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 38

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 196-197]

   DRÔME. La principale fabrique de la Drôme est celle des draperies grossières, connues sous le nom de ratines, demi-ratines, sergettes, et draps; quoiqu’elle soit plus particulièrement destinée à la consommation intérieure, comme on exporte par Genève des ratines de Vienne en Suisse et en Piémont, et comme elles y soutiennent la concurrence de celles d’Allemagne, cette manufacture n’a rien à craindre de la rivalité des étrangers. Elle a beaucoup souffert de la diminution des capitaux mercantiles. Le Préfet, ancien administrateur des douanes, et qui a été à portée d’apprécier le système sur lequel elles sont fondées, ne demande pour ranimer ces manufactures que liberté et protection (21).

[Translation]

   DRÔME. The principal manufactory in Drôme is that of coarse cloth, known in the name of ratiné, demi-ratiné, serge, and raxa. Although it is more particularly destined for consumption at home, since ratiné of Vienna is exported to Switzerland and Piedmont via Geneva and can compete with that from Germany there, this manufactory have no reason to fear rivalry with foreign one. It has suffered from the diminution of mercantile capitals. The prefect, who was once the administrator of the customs and was inclined to appreciate the system upon which customs duties are founded, only demands freedom and protection to animate these manufactories (21).

Friday, 23 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 37

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 196]

   HAUTE-SAÔNE. Le Département de la Haute-Saône est un des moins commerçants de la République. Son exportation se réduit à deux objets, des fontes, fers, et fer-blancs, pour la valeur de cinq millions, et des blés dont partie n’y passe qu’en transit pour celle de trois millions. Les fers qui sont fort beaux, et qui peuvent soutenir la concurrence de ceux de Suède et d’Allemagne, n’ont aucun besoin sans doute de l’assistance de la Douane. Il faut donc ajouter ce Département à la liste de ceux qui la payent, sans qu’un seul de ses habitants en retire le moindre avantage (20).

[Translation]

   HAUTE-SAÔNE. The department of Haute-Saône is one of the least commercial in the Republic. Its exportation is confined to two objects, one of which is cast iron, steels, and tin plates, for five million of value, and the other of which is wheat, a part of which passes only for transit, for three million of value. The steels, which are very beautiful and which can compete with those from Sweden and Germany, have no need, undoubtedly, for any help of customs duties. We must, therefore, put this department on the list of those who pay them, with no habitants there reaping the slightest advantage from them (20).

Thursday, 22 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 36

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 195-196]

   La suppression des douanes causerait certainement une stagnation momentanée dans les principales fabriques de la ville de Troyes; mais elle forcerait les négociants à mieux servir désormais le public, en suivant la marche que les savants leur ont tracée, et elle rendrait les capitaux à leur vraie destination, celle de donner un revenu à la nation (19).

[Translation]

   The abolishment of customs duties would certainly cause a temporary stagnation in the principal manufactories in the city of Troyes, but it now would force merchants to be serviceable to the public, by following the steps that savants have traced for them, and would return the capitals to their true destination, which is to procure revenue for the nation (19).

Wednesday, 21 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 35

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 195]

   Par le monopole, on a forcé les fabricants de Troyes à produire, n’importe à quel prix; et on les a empêché de détourner aucune partie de leurs capitaux pour perfectionner leurs métiers. Car le cit. Bruslé remarque que si l’on n’adopte aucun nouveau mécanisme, c’est moins faute de connaissances que de fonds. La même cause empêche l’adoption du cylindre, et sa substitution aux planches d’impressions, dans les trois fabriques de toiles peintes de ce Département, qui en produisent quatorze mille pièces par année.

[Translation]

   By means of monopoly, manufacturers in Troyes have been forced to produce, irrespective of price; and they have been prohibited from directing any part of their capitals for improving their businesses. Since the said Bruslé notes that if you adopt no new machine, this is not so much for lack of knowledge as of stocks. The same cause prevents the three manufactories of print in this department, which produce 14,000 pieces a year, from the adoption of cylinders and their substitution for boards of printing.

Tuesday, 20 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 34

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 194-195]

   Si la chute complète de cette manufacture a été arrêtée par le renouvellement du monopole, cet expédient a eu de la manière la plus sensible tous les mauvais effets que nouss lui avons reprochés. On n’y a adopté ni les heureuses applications de la chimie aux procédés des fabriques, ni celles des mathématiques aux machines qui remplacent les bras; aussi le Préfet remarque-t-il qu’il est dans la destinée des fabriques de Troyes de suivre une progression décroissante, même en restant au même point. Ce qui pourra changer cependant si le commerce est rendu libre. Jusqu’alors les fabricants peuvent ne point s’empresser d’adopter des perfectionnements qui leur sont inutiles, dès qu’on force les consommateurs à se contenter de leur mécanique grossière.

[Translation]

   If the complete collapse of this manufactory has been stopped by the renewal of monopoly, this expedienct has had all the evil effects of which we have accused it, in the most remarkable way. No one has adopted good applications of chemistry to manufacturing processes or of mathematics to machines substituting for hands. Thus, the prefect notes that it is in the fate of the manufactories in Troyes to go through gradual decline, even if they remain at the same point. However, this will not take place if trade is left free. The manufacturers cannot be ready to adopt improvements useful for them until then, when consumers must content themselves with their primitive technique.

Monday, 19 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 33

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 192-194]

   AUBE. Le Département de l’Aube est du petit nombre de ceux dont les manufactures sont favorisées par le monopole que donnent les douanes. L’on avait établi dans la ville de Troyes une manufacture d’étoffes de coton, à l’imitation des Anglais que l’on voulait rivaliser; mais les basins, futaines, piqués, et toiles de coton, qui sortaient de cette fabrique, ne pouvaient et ne peuvent encore soutenir la concurrence des Anglais, qui travaillent mieux et à meilleur marché. La manufacture fut donc surtout florissante quand les anciennes prohibitions étaient maintenues dans toute leur force. L’année 1784 était l’époque de sa plus haute prospérité: le traité de commerce qui se fit peu après avec l’Angleterre, et qui affranchit les consommateurs de nombre d’extorsions, fit jeter les hauts cris à tous ceux dès fabricants dont la prospérité était artificielle. Ceux de Troyes furent obligés de diminuer progressivement le nombre de leurs métiers, dès cette époque jusques en 1792. Depuis lors la prohibition des marchandises anglaises leur a rendu de la vigueur, et ils se soutiennent en dépit de la dilapidation de leurs capitaux. Quelques pertes que leur aient causé le maximum, la chute des assignats, et une taxe révolutionnaire de 1,800,000 francs eu numéraire, qu’on les a forcés de payer, leur commerce est aussi actif qu’en 1791, parce qu’au moyen du monopole, ils ont attiré à eux les capitaux de l’agriculture, et des autres commerces plus réellement utiles au pays (18). Il paraît qu’il y a actuellement 1103 métiers travaillants pour cette manufacture, et qu’il en reste 367 qui ne sont point occupés. On ne peut savoir au juste quel était leur nombre, et la somme de leur produits avant le traité de commerce de 1786; car il y a à cet égard la plus grande contradiction entre les cit. Loiselet et Descolins d’une part, et le cit. Beugnot de l’autre; si l’on en croit les premiers qui cherchent à relever l’importance de la manufacture, elle occupait alors 3240 métiers, et produisait une valeur de 9,933,600 fr. D’après le second, ses produits n’auraient valu que deux millions; il ne paraît pas qu’ils aillent à présent fort au delà d’un million de francs.

[Translation]

   AUBE. The department of Aube is one of the few where manufactures are given preferential treatment by means of monopoly made possible by customs duties. In the city of Troyes, a cotton mill was built in imitation of the English ones that we wanted to rival. But the brocade, fustian, piqué, and cotton cloth, which came from this manufactory, could not and cannot still compete with the English counterparts, which are more productive at a lower cost. Therefore, the manufactory was, above all, flourishing when former prohibitions were maintained with all their force. The year 1784 saw the manufactory the most prosperous; the commercial treaty, which was concluded with England soon and which emancipated consumers from a number of extortions, provoked outcries against those manufacturers whose prosperity was artificial. Manufacturers in Troyes could not help diminishing gradually the number of their looms from this time to 1792. Since 1792, the prohibition of English commodities has permitted them to regain vigour, and they are sustained in spite of the misappropriation of their capitals. Whatever loss they may sustain thanks to the maximum price act, the collapse of assignats and a revolutionary tax of 1,800,000 francs in specie, which we could not help paying, their trade is as active as in 1791, because, by means of monopoly, they have attracted capitals from agriculture and other branches of trade which are really more useful to the country (18). It seems that there are at present 1103 weaving looms for this manufactory, and that 367 of them are left unemployed. No one can know exactly their number and the amount of their produce before the commercial treaty of 1786, because there is the greatest contradiction in this respect between the said Loiselet and Descolins on the one hand, and the said Beugnot on the other hand. If you believe the formers who try to emphasise the importance of the manufactory, then it employed 3240 weaving looms, and produced 9,933,600 francs in value. According to the latter, its produce was only worth 2 million. It does not seem that at present its produce is much more than one million francs.