Thursday, 15 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 29

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 188-189]

    MONT-BLANC. Le Département du Mont-Blanc possédait à Chambéry deux fabriques de gaze, qui exportaient leurs produits à Lyon et à Turin, et qui y subsistaient depuis long-temps sans monopole; elles ont été ruinées par la révolution. L’on a cherché à les remplacer par deux fabriques d’armes, et une de limes, qui sont déjà tombées, ainsi que par une fabrique de toiles peintes établie à Annecy, et qui ne peut s’y soutenir. L’industrie naturelle de ce Département, celle qui y subsistait sans monopole, avait donc bien une autre vigueur, que cette industrie étrangère qu’on lui a substitué, et que les privilèges ne peuvent y maintenir (15).

[Translation]

   MONT-BLANC. The department of Mont-Blanc had two manufactories of gauze at Chambéry, which exported their produce to Lyon and Turin, and which subsisted for a long time without monopoly. They were ruined due to the revolution. Some attempts was made to compensate them with two manufactories of arms and one of files, which have already fallen, as well as with a manufactory of print, which was established at Annecy and which cannot be maintained there. The natural industry of this department which subsisted there without monopoly, therefore, was of different vigour from this unfamiliar industry which was intended to replace it and which cannot be maintained there even with privileges (15).

Wednesday, 14 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 28

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 188]

   VENDÉE. Dans le Département de la Vendée l’on ne fabrique que quelques étoffes grossières de laine, et quelques toiles pour la consommation des habitants; les étrangers ne lui font donc aucune concurrence (14).

[Translation]

   VENDÉE. In the department of Vendée, only some coarse woollen cloth and some linen cloth for consumption of the habitants are manufactured; the foreign cloth is not in competition with them (14).

Tuesday, 13 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 27

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 187-188]

   ALLIER. Celui de l’Allier n’a que fort peu de manufactures. Sa statistique ne fait mention que de deux verreries, une fabrique d’armes, et plusieurs forges. Il existait cependant autrefois à Moulins une coutellerie renommée; serait-elle tombée ? Cette fabrique est du nombre de celles que les douanes protègent, les Anglais travaillent l’acier mieux que nous; les Bourbonnais paraissaient cependant avoir sur eux l’avantage du bon marché, et pouvaient braver leur concurrence, du moins pour les qualités inférieures. La douane qui, en redoublant de rigueur contre les marchandises anglaises, n’a pu cependant conserver assez d’importance aux fabriques de Moulins pour que le Préfet les remarquât, ne paraît pas obtenir de grands succès quand elle protège l’industrie(13).

[Translation]

   ALLIER. The department of Allier has only a few manufactories. The statistics about it mention only two manufactories of glass, one of arms, and several iron-works. However, there used to be a famous manufactory of cutlery at Moulins; would it have gone under? This manufactory is one of those protected with customs duties, and the Englishmen produce better irons than we. However, the Bourbonnais ones seemed to get to the windward of the English in inexpensiveness, and could enter competition with them though of inferior quality. Customs duties, which, even reinforcing the rigour against the English merchants, were not able to attach such importance to the manufactories at Moulins that the prefect would note them, do not seem to be greatly successful when it comes to protection of industry(13).

Monday, 12 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 26

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 187]

   AUDE. La fabrique de draps de Carcassonne, Département de l’Aude en envoyait année commune 56000 pièces à l’étranger; elle est tombée à peu près au quart de ce qu’elle était, mais elle exporte encore. Les fabriques de drap, les seules que possède le Département de l’Aude, n’ont donc point besoin du monopole, et ne tomberaient pas s’il était supprimé; aussi ne demandent-elles ni privilège ni encouragement(12).

[Translation]

   AUDE. The manufacture of woollen cloth at Carcasone, in the department of Aude, shipped forward 56,000 pieces of woollen cloth in an average year. The produce has fallen to be almost a quarter as much as it used, but it still exports. Therefore, the woollen manufactories, the only ones that the department of Aude has, have no need for monopoly, and they would not fall even if it were abolished. Thus, they do not demand privilege or encouragement(12).

Sunday, 11 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 25

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 185-186]

   CHER. Le Département du Cher n’a aucune manufacture importante, il paraît que plus qu’aucun autre il manque de capitaux. Les gens industrieux ont encore à lutter dans ce Département contre l’isolement résultant du mauvais état de toutes les communications tant par terre que par eau: ces obstacles ont fait tomber une manufacture de draps et une autre de toiles peintes, pour lesquelles on avait fait les plus grands sacrifices, jusqu’à encourager par une prime cette dernière fondée à Bourges en 1760. Il est digne de remarque que la manufacture de toiles peintes, qui est celle de toutes à laquelle la France a fait le plus de sacrifices, et qu’elle protège le plus, encore aujourd’hui, par ses douanes, n’a presque jamais pu profiter des faveurs qu’on accumulait sur elle. A Genève elle s’était constamment soutenue sans monopole, et n’a commencé à déchoir, que depuis que la réunion de cette ville à la France lui a fait partager les faveurs des douanes: tellement le commerce est rétif, et se refuse à être guidé par les lois. La manufacture de Bourges et Issoudun, pendant vingt-cinq ans qu’elle s’est maintenue, a reçu chaque année quinze mille francs du Gouvernement. L’on assure de plus que les actionnaires qui étaient très riches, se contentaient des profits les plus modiques; mais ce qui les ruinait, c’était les frais de transport, tant des toiles de coton sur lesquelles ils devaient imprimer, et qui leur venaient des ports de mer, que de ces mêmes toiles imprimées, qu’ils envoyaient aux foires de Beaucaire et de Guibray: tel est en général le sort des manufactures que fonde le Gouvernement, elles ont presque toujours à lutter contre des localités défavorables, tandis que les fabriques auxquelles la nature des choses et les besoins du commerce donnent naissance, ne s’établissent jamais que là où elles sont assurées d’un débouché(11).

[Translation]

   CHER. The department of Cher has no important manufacture, and it seems that no other department is shorter in capital. In this department, too, industrious men have to struggle against the isolation which results from the horrible state of all communications by land as well as by water. These obstacles have collapsed a wool mill and another manufactory of print, for which the greatest sacrifices had been made to encourage by a subsidy the latter which was founded in Bourges in 1760. It is noteworthy that the manufactory of print, to which France has made the most sacrifices of all and to which she gives the most protection of all with customs duties still today, was hardly able to gain from consideration extended to it. In Geneva, the manufacture of print was constantly maintained without monopoly, and did not degenerate until the annexation of this city to France made it share preferential tariffs. Thus trade is restive, and averse to being guided by laws. The manufactory in Bourges and Issoudun would receive 15,000 francs from the government every year for the twenty years that it was maintained. Besides, we are assured that shareholders who were extremely rich were content with the smallest profits. But what ruined them was the cost of transport of cotton cloth upon which they should print and which came from sea ports to them, as well as of the same print, which they carried to the fairs in Beaucaire and Guibray. Such is, in general, the fate of manufactures which the government founds, they almost always have to struggle against disadvantageous localities, while the manufactures to which the nature of things and the needs of commerce give birth are never established any where else than they must certainly find a market(11).

Saturday, 10 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 24

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 183-185]

   ORNE. Les produits du Département dé l’Orne sont aussi tombés au quart à peu près de ce qu’ils étaient avant la révolution. Ses manufactures travaillaient presque toutes autant pour l’étranger que pour l’intérieur, et pouvaient par conséquent soutenir la concurrence des autres nations. Celle de toile roulait sur un capital de quatre à cinq millions, elle est tombée de plus de moitié; celle du point de France et d’Alençon au lieu de faire pouf deux millions d’affaires, en fait à peine pour 200,000 liv. les tanneries sont réduites au sixième de ce qu’elles étaient avant la guerre, et le droit d’entrée sur les cuirs bruts, a rendu leur approvisionnement plus difficile; enfin la fabrique d’épingles qui maintenait 6000 ouvriers, pouvait avant la guerre soutenir la concurrence libre de l’Angleterre: aucune de ces manufactures n’est donc arrêtée sur son déclin par le monopole des douanes. Mais ce monopole en a fait naître deux, dont l’une est déjà tombée, et dont l’autre tombera sans doute avec lui. La première établie en 1772, et long-temps avant la révolution, à Alençon, fabriquait de fort beaux coutils, mais leur prix intrinsèque était tellement supérieur au prix relatif même forcé, que pour maintenir la manufacture, le Gouvernement fut obligé de lui donner une prime; dès que cette prime fut retirée, elle cessa ses travaux. La seconde est née en l’an IX; et au printemps de l’an X, elle doit avoir, dit-on, cent métiers en activité, et faire des basins et des piqués aussi beaux que ceux d’Angleterre, mais qui probablement ne reviendront peint au même prix. Comme les marchands ne sont point obligés d’étudier l’économie politique, les Gouvernements sont peut-être tenus de les dédommager, lorsqu’ils les ont encouragés à former des établissements de ce genre, qui doivent toujours être ruineux ou pour la nation ou pour les entrepreneurs. On voit au reste, que l’abolition du monopole n’aurait d’autre effet sur l’industrie du Département de l’Orne, que celui d’étouffer dans son berceau une seule fabrique qui doit dissiper son revenu, tandis que cette abolition rendrait la disposition du leur à tous les citoyens qui l’habitent(10).

[Translation]

   ORNE. The produce of the department of Orne has also fallen to almost a quarter as much as it used to be before the revolution. Manufactories there worked for foreign as well as for home markets, and could as a consequence survive the competition with other nations. The cloth manufacture was founded upon four to five million of capital, but it has fallen by half. The manufacture of lace of France and Alençon has 200,000 livres of transactions, while it used to have two million. The number of tanners is reduced to a sixth of that which it was before the war, and the tax on exported rawhides has made their supply more difficult. Finally, the manufacture of pins which maintained 6,000 labourers was able to stand free competition with the English counterpart before the war. Therefore, none of these manufactures is not kept from decline by the monopoly by means of customs duties. But this monopoly has given birth to two manufactories, one of which has already fallen, and the other of which will undoubtedly fall with it. The first, established at Alençon in 1772 long before the revolution, manufactured beautiful canvas, but its intrinsic price was so much higher than the same forced relative price that, in order to maintain the manufactory, the government might be obliged to subsidise it; as soon as this subsidy was abandoned, it ceased operation. The second was established in the year 9; and it is said that, in the spring of the year 10, it should have one hundred weaving looms in operation, and make brocade and piqué which are as beautiful as those of England, but which probably will not be so high in price. Since tradesmen are not obliged to study political economy, governments are probably supposed to compensate them, when they have encouraged tradesmen to form establishments of this sort, which should always be ruinous for the nation or entrepreneurs. Besides, we see that the abolition of the monopoly would have no other effect upon the industry of the department of Orne than to choke only a manufactory soon which should waste revenue, while this abolition would return the disposable revenue from them to all citizens living there(10).

Friday, 9 April 2010

Book 3, chapter 2, paragraph 23

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 180-182]

   VAR. Les produits industriels du Département du Var paraissent être tombés au-dessous du quart de ce qu’ils étaient avant la révolution. Ce qui a contribué le plus à la chute des manufactures de Provence, n’est pas tant l’importation de matières ouvrées étrangères, que la non-importation de matières premières, et l’exportation de capitaux causée par la guerre civile. Les huiles d’Italie et du Levant n’arrivent plus aux savonneries(8), les cuirs en poil d’Espagne et de Russie manquent aux tanneries, et ceux qui leur parviennent sont chargés d’un droit d’entrée contraire à tous les systèmes d’économie politique. Le plomb d’Angleterre qui alimentait une fabrique de sel de Saturne, dont les produits valaient 400,000 francs, est également exclu par nos douanes; enfin le fer arrive à grands frais à ce Département du Nord de la France au lieu de lui arriver par mer de Suède et de Russie. Certainement voilà des maux très considérables qu’occasionnent les douanes au Département du Var. Le service qu’on leur demande leur est-il proportionné? Les Provençaux avant la révolution avaient une fabrique de draps grossiers, dont les paysans se contentaient pour leurs habits, aujourd’hui qu’ils ont acquis plus d’aisance, ils n’achètent que des velours de coton de Gênes; on propose de les dégoûter de ceux-ci en les surchargeant de gros droits, ce qui ranimerait la vente des draps grossiers. Plutôt que de priver tous les habitants du Var d’une jouissance, ne serait-il pas plus naturel que les entrepreneurs de la manufacture de laine la perfectionnassent, afin d’offrir aux consommateurs des habits meilleurs encore que ceux de coton; il est probable cependant qu’ils n’en feront rien, parce que le Var a été privé des trois quarts de ses capitaux mercantiles lors de l’émigration de Toulon, et qu’il ne pourrait en rendre aux ateliers de draps, sans les ôter à quelque industrie plus utile(9).

[Translation]

   VAR. The industrial produce of the department of Var seems to have fallen below a fourth of what that used to be before the revolution. What has contributed the most largely to the fall of manufactures in Provence is not so much importation of finished goods from abroad, as stopped importation of raw materials and exportation of capitals which has been caused by the civil war. Oil from Italy and Levant no longer arrives at soap manufacturers(8), rawhides from Spain and Russia are running short in the hands of tanners, and what rawhides reach them are charged with an import tax contrary to all systems of political economy. Lead from England which provided a manufactory of lead acetate, the produce of which amounted to 400,000 francs, is also excluded due to our customs. Finally, iron comes from the North of France to this department at a higher cost, instead of coming there via the sea of Sweden and Russia. Certainly, there are greatly substantial evils which are caused by customs duties of the department of Var. Does their avowed service compensate their evils? Provence had a manufactory of coarse woollen fabrics before the revolution, where peasants were content with their clothes, but now that they have come to live in more comfort, they only buy velvets of cotton from Genoa. It is proposed that we should discourage them from the velvets by charging the velvets with heavy taxes, a means which would animate the sales of coarse woollen fabrics. But would it not be more natural to let entrepreneurs of the woollen manufacture improve their produce to offer still better clothes than those of cotton to consumers, than to deprive all the habitants of Var of an enjoyment? It is probable, however, that they will not do so at all, because Var has been deprived of three fourths of its mercantile capitals at the time of the Emigration from Toulon, and that Var could not return capitals to woollen mills, without taking the capitals from more useful industry(9).