Tuesday, 16 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 155]

   Les deux premières parties de cette tâche appartiennent plus précisément à la jurisprudence; la troisième seule est du ressort de l’économie politique, et du sujet de ce livre. Les monopoles que les lois ou les règlements mercantiles ont établis, leurs incoinvénients particuliers, les avantages qu’on s’était vainement proposé en les établissant, et les moyens de les détruire, sont ce qui nous reste à examiner.

[Translation]

   The first two parts of this task, more precisely, belong to jurisprudence, and the third alone is within the domain of political economy, and is the subject of this book. We have yet to examine the following: monopolies established by mercantile laws or regulations, their particular inconveniences, the advantages touted in vain in establishment of them, and the means by which to destroy them.

Monday, 15 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 154-155]

   L’office du Législateur ou du Gouvernement à l’égard du commerce demeure encore assez important, après qu’on en a retranché un soin qui n’est pas fait pour lui; il doit par des lois claires et précises, rendre les procès moins fréquents, moins longs et moins dispendieux; il doit tenir scrupuleusement la main à l’exécution de toutes les conventions auxquelles le commerce donne naissance; enfin il doit avoir les yeux ouverts, pour prévenir et dissoudre toutes les ligues qu’un intérêt particulier pourrait former contre l’intérêt général; il doit détruire partout les monopoles, au lieu de les créer ou de les maintenir.

[Translation]

    The task of the legislator or the government, with respect of trade, still remains important enough, after he has been released from the care which is not proper for trade. He have to enact clear and precise laws to make lawsuits less frequent, less time-consuming, and less costly; he have to be responsible for execution of all the conventions to which trade gives birth; finally, he has to keep an eye to prevent and discourage all conspiracies that a particular interest could form against the general interest; he have to destroy, above all, monopolies, instead of creating or maintaining them.

Sunday, 14 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 153-154]

   Enfin, c’est surtout lorsqu’on laisse le commerce libre, qu’on peut être assuré qu’aussi long-temps que la nation possédera un capital, toutes ses parties seront employées d’une manière profitable pour elle, à mettre en mouvement un travail productif. Ce n’est pas que, lors même que le commerce est gêné de toute manière, l’intérêt du capitaliste ne lui ordonne encore de mettre son capital en œuvre, sous peine d’être privé de son revenu; mais les entraves mises au commerce peuvent tellement gêner ses mouvements et diminuer ses bénéfices; il peut être si difficile pour lui d’entrer dans le commerce, où dans celui des commerces pour lequel il se sent de la disposition, qu’il préférera souvent d’employer son capital hors de l’État, et loin des chaînes dont on veut l’entourer. Depuis que tous les Souverains de l’Europe se sont endettés, il a toujours la ressource de jeter sa fortune dans le gouffre des emprunts publics, sans cesse ouvert pour absorber les capitaux, et d’enlever les siens et à sa patrie, et aux ouvriers productifs qu’il pouvait maintenir.

[Translation]

   Finally, it is above all with trade free that we can be assured that, as long as the nation possesses a capital, all parts will be employed in a profitable way for her, to set productive labour in motion. This is not to say that, even if the commerce is impeded by any means, the interest of the capitalist does not order him to put his capital at work, making him accept the diminution of his revenue. Rather, the restrictions upon trade can impede the movement of his capital and make profits so low, and it can be so difficult for him to enter into the trade, or in that branch of trade, at which he feels himself good, that he will often prefer employing his capital abroad and far away from the restrictions which appear to chain him. Since all the sovereigns in Europe ran into debt, he has always had resort to throwing his fortune into the abyss of public debts, which is always open to absorb capitals and to taking his own property from his country and from productive labourers he could maintain.

Saturday, 13 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 153]

   Les profits du commerce qui dirigent toutes les spéculations des capitalistes, sont toujours proportionnés à l’état actuel des capitaux en circulation, et à celui des besoins des consommateurs; mais les lois par lesquelles on a prétendu les régler, ne peuvent jamais être proportionnées à un état à venir et variable; lors donc que le Gouvernement confirmerait et rendrait immuable la distribution des capitaux entre divers commerces, telle qu’elle subsiste aujourd’hui, cette distribution aurait beau être la meilleure possible, il n’en ferait pas moins une haute imprudence d’assurer sa durée, dès que les circonstances qui seules la rendent bonne peuvent changer.

[Translation]

   The profits of commerce which regulate all speculations of capitalists are always in proportion to the present state of capitals in circulation, and to that of the needs of consumers. But the laws which have been intended to regulate the profits cannot change with a future and variable state. Therefore, in a case where the government would affirm and fix the distribution of capitals among various trades as it is today, however good this distribution might have been, it would be extremely imprudent to guarantee its duration, as soon as circumstances which alone make it good can change.

Friday, 12 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 152-153]

   L’équilibre entre les profits de tous les commerces règle le profit moyen, or nous avons vu que celui-là seul formait une partie du revenu national, et n’était une perte pour personne, tandis que celui qui s’élevait au-dessus, causait une perte au consommateur, et que celui qui restait au-dessous en occasionnait une au producteur; que dans le premier cas, la dépense était augmentée, dans le second, la recette diminuée, que dans l’un et l’autre, la nation éprouvait une perte. La liberté du commerce sur laquelle est fondé cet équilibre, assure donc tout ensemble à la nation, que les arts qui lui importent le plus seront exercés, et qu’ils le seront de la manière le plus profitable pour elle.

[Translation]

   The equilibrium between the profits of all trades regulates the average profit, and yet we have seen that the average profit alone forms a part of the national revenue, and is not a loss for any individual, while a profit above the average causes a loss to the consumer, and a profit below the average causes a loss to the producer; that in the first case expenses are increased, in the second case proceeds are diminished, and that in both the cases the nation sustains a loss. The freedom of trade upon which this equilibrium is founded, therefore, assures the nation as a whole that the arts of the most importance to her will be shown, and that in the most profitable way.

Thursday, 11 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 152]

   Le capitaliste qui ne consulte que son propre intérêt, travaille donc toujours pour celui de la nation, soit qu’il quitte un art de luxe pour un art nécessaire, ou qu’il abandonne un art nécessaire pour un art de luxe; dans l’un et l’autre cas, il obéit à la volonté nationale, qui se manifeste par la hausse ou la baisse des profits mercantiles.

[Translation]

   The capitalist who consults his own interest alone, therefore, always works for that of the nation, whether he quits a trade of luxuries for necessaries, or necessaries for luxuries. In both the cases, he obeys to the national preference, which is shown in height or lowness of mercantile profits.

Wednesday, 10 March 2010

Book 3, chapter 1, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 150-152]

   Cette tendance des capitaux à rechercher les plus grands profits, assure au consommateur, non-seulement que les arts qui lui sont le plus éminemment nécessaires, mais encore que tous les autres, seront exercés avec une activité proportionnée aux capitaux nationaux et à ses besoins. En effet, le plus important de tous est celui qui procure à l’homme sa nourriture; et si tous les capitaux d’une nation ne suffisaient que tout juste à produire ce qui lui est nécessaire pour la nourrir; comme ce besoin est le plus impérieux de tous, l’art qui lui correspond deviendrait si fort le plus profitable, qu’il attirerait à soi sans exception tous les capitaux nationaux; mais dès que ces capitaux peuvent suffire à procure au Peuple quelque chose au delà de sa nourriture, d’autres besoins se font entendre; l’art du laboureur est saturé de capitaux, les autres ne le sont pas; ce sont donc les autres qui offrent de plus grands profits, et chacun d’eux réclame une portion du capital national proportionnée à son indépendance. Jusqu’à ce qu’il l’ait obtenue, il offre des profits plus considérables que les arts qui le rivalisent, et enchérit sur eux.

[Translation]

   This tendency of capitals to seek the highest profits assures the consumer, that not only the arts which are the most eminently necessary to him, but also all the others, will be shown with the vigour which is in proportion to the national capitals and to his needs. In fact, the most important art of all is that which procures man his provisions; and if all of capitals of a nation were only just sufficient to produce what is necessary for her subsistence, since this need is the most imperious of all, the art corresponding to it would become by so far the most profitable that it would attract all the capitals to itself without exception. But no sooner can these capitals be sufficient to provide the nation above her subsistence than she comes to feel the needs for others. The art of the husbandman is full of capitals, and the others are not so. The latter, therefore, offer higher profits, and each of them claims for a portion of the national capital in proportion to its independence. Until it has obtained a due portion of capital, it offers higher profits, and is more expensive than the arts in competition with it.