Saturday, 16 January 2010

Book 2, chapter 7, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 102-103]

   L’octroi semble être un indice du tâtonnement par lequel on cherche à se rapprocher d’un impôt sur la production des objets de consommation, ou d’une Excise; l’impôt de tous qui produit le plus grand revenu, en excitant le moins de murmures. L’octroi cependant est assez dispendieux à lever, gêne le commerce en multipliant les bureaux, et soumettant les marchandises à des visites, lorsqu’elles circulent dans l’intérieur de la République; enfin il renchérit le prix des objets de consommation, souvent même de ceux de première nécessité: néanmoins il n’excite que de très légères réclamations, et toutes les villes s’empressent d’en demander un. Cette facilité laisse entrevoir tout le fruit que l’on pourrait attendre de l’Excise, si le Gouvernement se déterminait à emprunter des Anglais, ceux de ses règlements qui sont applicables à la France.

[Translation]

   The octroi seems to be an index of clawing for an approximation of a tax upon production of objects for consumption, or an excise; the latter is the tax that affords the largest revenue, provoking the least complaints, of all. The octroi is, on the other hand, too costly to levy, for it impedes the commerce by multiplying bureaus and imposing more than a few inspections upon commodities during their circulation in the Republic. Furthermore, the octroi raises the price of objects for consumption, often in the same manner as those of the first necessity. Nonetheless, it only provokes slight complaints, and no city hesitates to demand one sort or another of octori. This easiness suggests the entire fruitage which could be expected from the excise were the government determined to borrow the English regulations which are applicable to France from England.

Friday, 15 January 2010

Book 2, chapter 7, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 102]

   Deux impôts nous restent encore à examiner, l’un est l’octroi accordé aux grandes communes, pour subvenir à leurs dépenses particulières; l’autre est le droit de barrière levé pour l’entretien des routes.

[Translation]

   Two taxes still remain to examine, one of which is the octroi accorded to larger communes, to defray their particular expenses; the other is the toll levied for maintenance of highways.

Thursday, 14 January 2010

Book 2, chapter 7, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 101-102]

   L’on ne peut douter que le Gouvernement ne profite de l’aisance que lui a rendu la paix, pour supprimer un impôt qui excite des réclamations si générales, et pourvoir de quelqu’autre manière aux dépenses de l’Etat.

[Translation]

   There is no doubt that the government profits from the comfort given to it by the peace, due to the abolishment of a tax which provokes such general complains and to the defrayment of the state’s expenditure in another way.

Wednesday, 13 January 2010

Book 2, chapter 7, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 101]

   L’impôt sur les successions collatérales est perçu au moment où il est le plus facile de le payer; celui sur les successions directes est perçu au contraire dans un moment d’affliction et souvent de besoin; telle famille d’ouvriers, en perdant son père, perd fréquemment son gagne-pain, et son unique revenu; la maladie du chef de la maison, si elle a été longue, peut l’avoir obligé à manger toutes ses petites épargnes et lorsque le fisc choisit ce moment pour fondre sur des malheureux, on est bien disposé à l’accuser de barbarie.

[Translation]

   The tax upon collateral successions is levied when it is the easiest to pay; the tax upon lineal successions is levied, on the contrary, at the moment of affliction and sometimes of crisis. For a family of labouring class, losing the father is frequently losing their breadwinner and their only source of revenue. The illness of the master of the family, if it has been long, may have obliged them to eat all their small savings, and, if the treasury chooses this moment to break the unlucky family, we do not hesitate to accuse the treasury of cold-bloodedness.

Tuesday, 12 January 2010

Book 2, chapter 7, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 100-101]

   L’enregistrement est de tous les impôts, le plus inégal; il pèse d’une manière fort différente sur les propriétaires de meubles et sur ceux d’immeubles; il affecte les derniers fort inégalement, selon que le hasard rend rapide ou lente la circulation de leurs biens; enfin entre ceux qui le payent en même temps et sur les mêmes bases, il est encore fort inégal, selon que l’immeuble est chargé de dettes ou ne l’est pas; car dans le premier cas, le contribuable peut payer quelquefois la moitié de sa fortune, lorsque le Législateur n’a prétendu l’imposer qu’au vingtième.

[Translation]

   The registration fee is the most unequal of all the taxes. It weighs upon proprietors of movables and of immovables in a wide different way. It affects the latter especially unequally, depending upon how rapidly or slowly it happens that their property circulates. Finally, among those who pay it at the same time and on the same basis, too, it is extremely unequal, depending upon whether the immovable is charged with debts or not. The reason is that, in the former case, the taxpayer may sometimes pay a half of his fortune, when the legislator has expected to impose only the vingtième tax upon him.

Monday, 11 January 2010

Book 2, chapter 7, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 97-100]

   L’impôt de l’enregistrement produit une recette fort considérable, mais c’est un de ceux qui excitent le plus de réclamations; du moins quant aux droits proportionnels qui se perçoivent sur les successions, les donations et les ventes d’immeubles, suivant le § LXIX de la loi du 22 Frimaire en VII. Le droit proportionnel est d’entre tous les impôts que perçoit l’État, le seul qui se lève sur les capitaux et non sur les revenus, en sorte qu’il tend directement à appauvrir la nation, et à fermer les ateliers que ces capitaux auraient mis en mouvement. C’est comme si on prélevait une dîme non pas sur la récolte, mais sur la semence, au moment où l’agriculteur est sur le point de la confier à la terre (3). Les soixante-trois millions que cet impôt rapporte chaque année, sont une semence vraiment arrachée à l’industrie, au moment où elle allait la féconder; et la perte qu’occasionne cette distraction de capitaux, est égalé non point à leur valeur, mais à celle des produits qu’ils auraient donnés. Que l’on ne croie pas qu’il soit indifférent que les revenus de l’État soient formés de ceux des particuliers ou de leurs capitaux. La contribution foncière par exemple, quoique quatre fois plus forte, n’occasionne point une diminution de capital; celui qui la paye s’aperçoit que ses rentes sont réduites, et modère sa dépense en conséquence: mais celui qui paye le denier vingt d’un héritage, n’a pas même la pensée de prendre sur son revenu une somme souvent plus forte que ce revenu, ou de réparer cette perte par son économie; elle est alors prélevée sur une succession, sur laquelle le contribuable comptait fort peu, elle lui en paraît d’autant plus supportable, mais c’est souvent ce qui la rend le plus ruineuse pour la nation.

[Translation]

   The registration fee produces enormous revenue, but is one of the taxes which provoke the most complaints: at least, as to proportional taxes which are levied upon inheritances, donations, and sales of immovables, following article 69 of the law of 22 Frimaire in year seven. Among the taxes collected by the state, the proportional tax is the only one that is levied upon capital, not upon revenue, so that it tends at first hand to impoverish the nation and to close the manufactories set in motion by this capital. This is as if tithes were levied not upon crops but upon seeds, the moment the farmer is about to sow them on land(3). 63 million borne every year by this tax are the seeds actually deprived of the industry as they are about to set the industry in motion; and the loss caused by this destruction of capital is equal not to the value of the capital itself but to that of the produce it would have procured. That it is not believed that it does not matter whether the revenue of the state is comprised of individuals’ revenue or capital. The land tax, for example, though four times as heavy, does not cause a diminution of capital. The payer of the land tax is aware that his rents are reduced, and restrains his expenditure as a consequence, but the payer of the vingtième tax (or one-twentieth) upon an inheritance do not even conceive of taking a sum from his revenue which is often more substantial than this revenue, or of recovering this loss by his economy. The sum is then deducted from an inheritance upon which the taxpayer hardly rests, and the sum seems to him to be the more supportable, but this often makes it the most ruinous to the nation.

Sunday, 10 January 2010

Book 2, chapter 7, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 96-97]

   Parmi les impôts que les contribuables payent sans jamais murmurer, il faut compter la loterie, impôt volontaire, auquel personne ne se soumet que de son propre mouvement. Mais si c’est le moins onéreux des impôts, c’est aussi le plus immoral, puisque le Gouvernement excite un vice ruineux, pour profiter d’une légère partie des maux qu’il cause. La loterie rendait autrefois sept millions, aujourd’hui elle en produit neuf; cette augmentation proportionnée à celle de l’étendue de la France, peut fort bien ne point indiquer que la passion de ce jeu funeste ait fait des progrès parmi le Peuple.

[Translation]

   Among the taxes paid by taxpayers without any complaints, you must count lottery, a sort of voluntary tax to which people conform themselves only of their own accord. But, if this is the least costly of all the taxes, this is also the most immoral, for the government provokes a ruinous vice, in order to profit from a slight part of the evils caused by it. Lottery once raised seven million, and today nine million. This increase, in proportion to that of the territory of France, cannot suggest at all that the passion for this fatal game had made progress among the nation.