Tuesday, 1 December 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 22

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 54-55]

   L’on a souvent objecté que ces trois dépenses du consommateur ne sont point perdues pour la nation, puisque tout ce qui sort de la bourse du premier, au delà de ce que perçoit le fisc, entre dans celles du marchand, du contrebandier, et du fabricant; mais c’est qu’on méconnaît le principe que j’ai cherché à établir dès le commencement de cet ouvrage, savoir que le profit ordinaire ou moyen du commerce, qui fait partie du prix intrinsèque le plus bas possible, n’est une perte pour personne: c’est une participation au superflu du travail productif, à la mieux value d’un ouvrage fait, sur ce qu’il en a coûté pour le faire; il résulte de ce que le capital accumulé augmente réellement les pouvoirs productifs du travail. Tout capital qui est employé, soit directement à augmenter ces pouvoirs productifs, soit indirectement à remplacer ceux qui les augmentent, peut être payé de son activité sur cette augmentation, sans qu’il y ait de perte pour personne; mais au contraire, avec profit pour le consommateur, lequel obtient meilleur marché la marchandise, moyennant cette activité des capitaux quoique payée, qu’il ne l’aurait obtenue s’ils étaient restés dans l’inertie.

[Translation]

   People have often objected that these three payments by the consumer are not lost for the nation, because all that comes from the wallet of the consumer, beyond what the treasury collects, enters into those of the merchant, smuggler, and manufacturer. However, they misunderstand the principle I tried to establish just at the beginning of this work, namely that the ordinary or average profit of commerce, which forms a part of the lowest intrinsic price possible, is no loss for any one. It is a participation in the surplus of productive labour, that is to say, in the surplus of the value of performed labour over that which it has cost to create it. This leads to the result that the accumulated capital really increases the productive powers of labour. Any capital which is employed, directly to increase these productive powers or indirectly to replace those capitals which increase them, can be paid for its activity upon this increase, with causing no loss to any one, but, on the contrary, some profit to the consumer. He obtains the commodity at a lower price for this activity of capitals dispite his payment for it, than he would have obtained it if they have remained inactive.

Monday, 30 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 53-54]

   Il se trouve donc que l’impôt sur la consommation peut être prélevé par trois classes de personnes outre le fisc; savoir: le marchand qui en fait l’avance aux frontières, le contrebandier, et le fabricant national qui profite de l’exclusion des étrangers.

[Translation]

   Therefore, it turns out that the tax upon consumption can be acquired by three classes of people besides the treasury; that is, the tradesman who makes an advance upon the borders, the smuggler, and the manufacturer at home who profits from the exclusion of foreigners.

Sunday, 29 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 53]

   La nation éprouve encore un autre inconvénient de cette contrainte à laquelle son industrie a été soumise, c’est que ses manufactures se dégradent; neuf millions doivent désormais leur suffire pour produire les mêmes choses qu’elles produisaient auparavant avec dix; comme il faut cependant que malgré la diminution du capital, le consommateur trouve tout ce qui lui est nécessaire, les fabricants le servent désormais en qualité inférieure, et pour travailler meilleur marché, ils travaillent plus mal.

[Translation]

   The nation also suffers another inconvenience from this constraint to which her industry have been subject, with the result that her manufactures decline. Nine million francs should ever since be sufficient for them to produce what they used to produce with ten million; but, notwithstanding the diminution of capital, the consumer must find all that is necessary for him, and, from then on, the manufacturers serve him in lower quality and work less hard for a lower price.

Saturday, 28 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 52-53]

   La marchandise étrangère qui a été exclue du marché national par un impôt, se vendait à meilleur compte que la marchandise nationale, de toute la différence entre son prix intrinsèque, et le prix relatif de cette dernière, lequel est limité par le prix accidentel auquel reviendrait la marchandise étrangère introduite en fraude. Le consommateur national ne la payait donc qu’un million, tandis qu’il la paye aujourd’hui à ses compatriotes 1,111,111 francs. Le consommateur national fait donc double perte; d’une part il abandonne un million de bénéfice aux marchands, sur la partie de son approvisionnement sur laquelle avant l’impôt, il ne leur abandonnait que 900,000 francs; et c’est pour sa nation une perte absolue, que rien ne compense; d’autre part il perd 111,111 francs sur la marchandise qu’on le force désormais à acheter de ses compatriotes, et non plus des étrangers; cette dernière perte est compensée pour sa nation, par un bénéfice égal que font les marchands, de plus qu’auparavant; mais quoique le bilan général n’en soit pas altéré, la loi n’en commet pas moins une grande injustice, en dépouillant tous les citoyens, pour en enrichir quelques-uns.

[Translation]

   The foreign commodity which was excluded from the home market by a tax was for sale at a lower price than the home-made commodity, just by the difference between the former’s intrinsic price and the latter’s relative price, which is limited by the incidental price to which the illegally imported commodity would gravitate. Therefore, the consumer at home paid only one million for it, while today he pays 1,111,111 francs to his fellow-countrymen for it. The home consumer, therefore, sustains a double loss. On one hand, he abandons one million of benefit to the merchants for that part of his provisions for which he abandoned 900,000 francs to them before the tax; and this is an absolute loss for this nation, with no compensation. On the other hand, he losses 111,111 francs upon the commodity which he is, after the tax, forced to purchase from his fellow-countrymen, no longer from foreigners. For the nation, the second loss is compensated for by an equal benefit gained by the merchants, more so than before. But, although the general balance is not changed due to it, the law nonetheless commits a large injustice, impoverishing all the citizens to enrich the minority of them.

Friday, 27 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 51-52]

   Supposons une petite nation, dont le fonds capital ne soit que de dix millions de francs, et qui ait comme les grandes la prétention d’assurer le monopole de son propre marché à ses propres fabricants; que le taux commun du profit soit chez elle de dix pour cent, ce qui produira un million à répartir entre tous ses commerçants; que par la prohibition des importations d’étoffes, elle fasse établir dans son sein une manufacture qui n’y existait pas auparavant, et dont le fonds capital soit d’un million: il n’en restera plus que neuf pour faire face à tous les autres besoins des consommateurs; cependant leur nombre ni leurs besoins n’auront pas diminué; les propriétaires des neuf millions auront donc contre eux précisément les mêmes forces qu’ils avaient avec dix, et leur profit mercantile devra comme auparavant s’élever à un million par année; la manufacture nouvelle devra désormais gagner dans la même proportion que les anciennes, autrement elle ne conserverait pas les capitaux qu’elle a attirés à elle; son profit sera donc de 111,111 livres, et ce sera précisément de cette somme que le profit mercantile se sera accru dans la nation.

[Translation]

   Let us suppose a small nation whose capital stock is only ten million francs and who, like large nations, is given protection to assure her manufacturers of monopoly of her home market. Moreover, let us suppose that the common rate of profit should be 10 percent in the country, a rate which will produce one million francs to divide among all her tradesmen and manufacturers; that the prohibition of importation of cloth should enable her to establish a manufactory in the country which did not exist there before and whose capital stock is one million. There will remain only nine million francs to meet the other needs of consumers. However, their number or needs will not have diminished. The owners of nine million francs will, therefore, have precisely as strong powers against the consumers as they had with ten million, and their mercantile profit will amount to one million per year as before. The new manufactory will ever since gain at the same rate as the old ones; otherwise it would not keep the capitals it attracted to itself. Its profits will, therefore, be 111,111 livres, and it is precisely by this sum that the mercantile profit will have risen in the country.

Thursday, 26 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 50-51]

   Si les producteurs nationaux des étoffes de coton, ne pouvaient avant l’impôt se faire rembourser de leur prix intrinsèque, qui était plus élevé que le prix intrinsèque des étrangers, ils le pourront désormais, et cette manufacture s’ouvrira dans un pays où elle ne se serait pas ouverte. Elle attirera donc à elle une partie du capital national employé utilement ailleurs; ce sera autant de soustrait à la masse de richesses que mettaient en œuvre les autres professions, et cette soustraction augmentera d’autant les forces des vendeurs dans toutes ces professions; ils en tireront parti pour accroître les profits du commerce, et les pertes des consommateurs; chaque nouvelle manufacture qui s’ouvre avant le temps, opère donc sur tout le commerce national, de manière à augmenter le profit mercantile, aux dépens dé la masse des citoyens.

[Translation]

   If the producer at home of cotton cloth was not able to receive its intrinsic price before the tax, which is higher than the intrinsic price of foreign one, he will be able to do so after the tax, and this manufactory will be opened in a country where it has not been before. Therefore, it attracts to itself a part of the national capital usefully employed elsewhere. All this part will be subtracted from the wealth which the other businesses put at work, and this subtraction will make the powers of sellers in all these businesses the stronger. They use a part of the powers to raise profits of commerce and losses of consumers. Therefore, each new manufactory that is opened before the time affects all the national commerce in such a way as to increase the mercantile profit at the cost of the majority of citizens.

Wednesday, 25 November 2009

Book 2, chapter 5, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 49-50]

   Le consommateur national paye souvent encore l’impôt de la douane à un troisième ordre de personnes, sans aucun profit pour le fisc; savoir, aux fabricants nationaux qui produisent des marchandises, propres à faire concurrence à celles des étrangers. Nous verrons même dans le troisième livre, que c’est principalement pour favoriser cette classe de fabricants, que les douanes sont maintenues. Les forces des vendeurs, ainsi que celles des acheteurs, se composent, comme nous l’avons vu, en raison inverse de leurs besoins et de leur nombre; en prohibant ou taxant fortement l’entrée d’une marchandise étrangère, des étoffes de coton par exemple, on diminue le nombre des étoffe de coton à vendre, on augmente par conséquent les besoins des acheteurs; cette altération dans le marché doit élever le prix relatif, non seulement pour les marchandises étrangères dont le vendeur doit se faire rembourser un prix accidentel, mais encore pour les nationales, dont il doit se faire rembourser seulement un prix intrinsèque.

[Translation]

   The consumer at home often pays the tax of customs to a third party, too, with no contribution to the treasury; namely, to the manufacturers at home who produce commodities in competition with foreign ones. We shall just in the third book see that it is principally for the purpose of giving favourable treatment to this class of manufacturers that customs are maintained. The powers of sellers, as well as those of purchasers, are, as we have seen, in inverse relation to their needs and number. Prohibiting or taxing heavily the entry of a foreign commodity, say cotton cloth, leads to the decreasing amount of cotton cloth for sale, and consequently to the increasing needs of purchasers. This change in the market should raise the relative price, not only for foreign commodities, an incidental price of which the seller must receive, but also for home-made commodities, an intrinsic price of which he must only receive.