Tuesday, 27 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 23-24]

   4.° La taxe doit faire dépenser au contribuable le moins, qu’il sera possible, au delà de ce qu’elle fait entrer dans le trésor public. Or il y a quatre manières dont une taxe peut être beaucoup plus onéreuse au peuple qu’avantageuse au Gouvernement; si elle demande un grand nombre d’employés, dont les salaires d’une part, et les profits illicites de l’autre, augmentent la dépense du contribuable: si elle obstrue l’industrie nationale, et lui ferme quelque commerce avantageux, en sorte que le Peuple perde, non-seulement la somme qu’il paye, mais encore le revenu qu’il pourrait se faire: si en excitant, puis punissant la contrebande, elle encourage l’emploi d’un capital considérable à ce commerce dangereux, et le dissipe ensuite par une confiscation, qui fait perdre à la nation non-seulement le capital même, mais tout le revenu qu’il aurait donné par la suite: enfin si elle soumet les citoyens aux visites et aux vexations des employés, vexations et inquiétudes, que l’on peut évaluer à la somme que payerai volontiers chaque contribuable pour s’en racheter.

[Translation]

   Fourthly, the tax should make the taxpayer expend as little as possible beyond what enters into the public treasure. Now there are four ways in which a tax can be far more costly to the people than advantageous to the government. One way is by demanding a large number of officials, whose wages on one hand and whose illegal profits on the other hand increase the burden of the taxpayer. The second way is by obstructing the national industry and excluding it from some advantageous trade, so that the people lose not only the amount they pay but the revenue they could attain. The third way is by exciting and then punishing the contraband, encouraging employment of a large capital to this dangerous trade and later wasting it by confiscation, which cost the nation not only the very capital but all the revenue it would have raised later. The final way is by exposing citizens to inquiry and oppression by the officials, oppression and uneasiness which can be evaluated at the sum each taxpayer would voluntarily pay in order to avoid them.

Monday, 26 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 23]

   3.° La taxe doit être levée au moment où le contribuable a le plus de commodité pour la payer.

[Translation]

   Thirdly, the tax should be levied at the moment when the tax payer has the most means to pay it.

Sunday, 25 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 23]

   2.° La quotepart de chaque individu doit être certaine, et nullement arbitraire; l’époque du payement, la manière et la somme, doivent être parfaitement connus du contribuable, comme de toute autre personne, afin de le rendre absolument indépendant du percepteur et du directeur des contributions, en sorte qu’il n’ait point, à l’occasion de ses impôts, à redouter la haine, ou à courtiser la faveur de personne.

[Translation]

   Secondly, the assignment of each individuals should be certain, never arbitrary. The time, manner, and sum, of the payment should be perfectly known to the taxpayer as well as to every one else, in order to make him completely independent of the tax collector and tax director, so that he may not have, on the occasion of his tax payment, to fear the resentment or to ask obsequiously for favourable treatment.

Saturday, 24 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 23]

   1°. Tout impôt doit être distribué également, c’est-à-dire, que tous les citoyens d’un État doivent contribuer au maintien du Gouvernement, en proportion du revenu dont ils jouissent sous sa protection.

[Translation]

   First of all, every sort of tax should be equally assigned: namely all citizens of a state should contribute to maintenance of the government, in proportion to the revenue they enjoy under the protection of the government.

Friday, 23 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 22-23]

   Il y a des principes invariables pour juger du mérite de toute espèce d’impôt; ces principes ont été développés de la manière la plus claire par l’immortel Adam Smith (Liv. V. Chap. II. Part. II.). Il est convenable je pense de les exposer ici, pour que nous puissions y avoir recours dans l’examen des diverses contributions qui forment le revenu du Gouvernement.

[Translation]

   There are unshakable principles for judgement of the merit of all sorts of tax. These principles have been developed in the clearest way by the immortal Adam Smith (book 5, chap. 2, part 2). It is adequate, I think, to present them here, in order that we may have resort to them in examination of diverse taxes which form the revenue of the government.

Thursday, 22 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 22]

   Tous ceux qui possèdent un revenu dans l’ordre social, et à qui ce revenu est conservé par le maintien du Gouvernement, doivent contribuer aux dépenses de l’État. La justice prononce cette décision, en réprouvant une taxe qui ne porterait que sur les seuls propriétaires de terre. Mais nous ne sommes plus au temps où le Peuple d’Athènes se contentait de savoir d’Aristide, si l’objet en délibération était honnête ou non; on veut aussi savoir s’il est utile, et cet examen est d’autant plus important pour l’impôt foncier, que les arguments des économistes seraient employés à masquer son inégalité, si l’on le croyait profitable sous d’autres rapports. Il est donc nécessaire d’examiner avec soin et ses avantages et ses inconvénients.

[Translation]

   All those who possess revenue in the social order and for whom this revenue is spared by the maintenance of the government, must contribute to the expenditure of the state. Justice declares this decision by refusing a tax which would fall upon the landlord alone. But we are no longer in the age when the People of Athens were content to know of Aristides whether the object under dispute was honest or not. We also want to know if it is useful, and this examination is all the more important for land tax, because the arguments of the economists would be empoyed to conceal its inequality were it thought to be profitable from other points of view. It is, therefore, necessary to examine carefully both its advantages and inconveniences.

Wednesday, 21 October 2009

Book 2, chapter 4, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 16-22]

   Le travail de tout ouvrier productif donne comme nous l’avons vu un excédant au delà du salaire nécessaire qui l’a mis en mouvement; cet excédant existe dès le moment où l’homme commençant à faire des échanges s’est livré tout entier au travail, il s’accroit lorsque la division des métiers permet à l’ouvrier de perfectionner sa pratique et ses outils; il s’accroît encore lorsqu’un travail fixé sur la terré rappelle à aider les ouvriers dans les âges à venir, il s’accroît de nouveau, lorsque des machines construites par l’homme, aident le travail des autres hommes, et suppléent à leur force, et à leur dextérité; il s’accroît enfin lorsque le commerce fournit à l’ouvrier, avec plus de facilité et en plus grande abondance, ses matières premières et sa nourriture, en multipliant ses moyens et son capital circulant. Pour nous former une idée de l’augmentation prodigieuse de cet excédant du travail de l’ouvrier par de-là son salaire nécessaire, il faut comparer les choses que nous destinons à nos usages, avec le travail qu’il nous faudrait pour les créer, si replacés dans l’état sauvage, nous étions privés de tous les secours que notre civilisation donne à l’industrie. Sur cet excédant, de beaucoup la plus grande partie va à l’avantage du consommateur, qui obtient les choses dont il a besoin, en échange de bien moins de travail qu’il ne lui en faudrait pour les faire; une partie que nous avons nommée salaire superflu, reste à l’ouvrier, et forme son revenu; une autre reste à l’entrepreneur qui a mis l’ouvrier en mouvement, et forme son profit; souvent il la partage avec quelqu’un qui lui a avancé son capital, et auquel il paye un intérêt; une partie passe au propriétaire des bâtiments, des usines, des machines, des outils, et paye le salaire de ces ouvriers inanimés quoiqu’agissants; nous l’avons appelée rente des capitaux fixes; enfin une dernière parvient au propriétaire des terres, en payement du travail de la nature, et c’est la rente foncière; cette rente n’est donc point le seul résultat net que produise le travail, elle n’en est pas même la principale partie; en sorte que la distinction entre les ouvriers qui travaillent à la terre, et tous les autres ouvriers productifs, qui réalisent sur une matière susceptible d’être échangée la valeur de leur travail, n’est pas seulement inutile, elle est complètement fausse, puisqu’il doit résulter d’une libre concurrence entre les ouvriers, que la supériorité de cette valeur échangeable sur le travail, se retrouve dans toutes les professions, en proportion du travail précédemment accumulé qui leur donne de l’activité. Les propriétaires fonciers ne possèdent donc point seuls les revenus nationaux, ils ne stipendient point tous les autres citoyens, mais ils ne font que lever leur part dans ce surplus de la production sur le travail, qui forme le revenu de toute la nation.

[Translation]

   Labour of any productive labourer gives, as we have seen, a surplus beyond necessary wages which have set him in motion. This surplus comes to being as soon as the man begins to make exchanges and has devoted himself to the labour, and it increases as the division of labour permits the labourer to improve his practice and tools. It increases also as the labour fixed on land lets him to help labourers in the future generation. It increases, moreover, as machines constructed by the man help the labour of the other man, and supplement their force and dexterity. It increases, finally, as the commerce provides the labourer with raw materials and provisions with more ease and in more abundance, by increasing his tools and his circulating capital. The purpose of having an idea of surprising increase of this surplus of labour of the labourer beyond his necessary wages, requires us to compare the things we destine for our use, to the labour we would need to create it if we were placed again in the savage state and were deprived of all the security that our civilisation give to the industry. By far the most part of this surplus goes to the advantage of the consumer, who obtains the things he wants in exchange for far less labour than needed to create them. Part of what we have called in the name of surplus wages remains in the labourer’s hand, and forms his revenue. Another part remains in the hand of the entrepreneur who has employed the labourer, and forms his profit. Often he shares it with those who have advanced him his capital and to whom he pays some interest. Still another part passes to the owner of buildings, mills, machines, tools, and pays the wages of these unanimated, if not inactive, labourers, which we have called rent of fixed capital. Finally, the last part reaches the landlord, paying for the labour of nature, and this is land rent. Therefore, this rent is not the only net effect produced by labour, or even the principal part. Accordingly, the distinction between the labourers who work on land and all the other productive labourers, who realise the value of their labour in a material susceptible to exchange, is not only useless, but completely erroneous. The reason is that free competition among labourers should result in the superiority of this exchangeable value to the labour, found in all professions in proportion to previously accumulated labour which gives them some activity. The landlord is, therefore, not the only one who possesses the national revenue and employs all other citizens, but he does nothing but collect his share in this surplus of the production over the labour, which forms the revenue of the whole nation.