Tuesday, 29 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 337-38]

   Si la partie du prix intrinsèque qui paye le salaire vient à diminuer, cet événement peut avoir deux causes, dont l’une sera heureuse, et alors le consommateur ou la nation entière en profitera, l’autre malheureuse, et la nation ne profitera point de la baisse de cette partie du prix. La diminution heureuse proviendra de ce qu’on aura employé moins de travail pour produire le même ouvrage, le pouvoir productif du premier ayant été augmenté par une mécanique plus industrieuse; cette altération occasionnera une diminution dans les prix, dont tout consommateur profitera. Mais la diminution des salaires peut provenir aussi de ce que les capitaux ayant diminué, les capitalistes auront plus d’avantages en traitant avec les ouvriers; alors la réduction de leurs salaires n’en fera aucune dans les prix, les capitalistes en profiteront seuls; une classe de la nation s’engraissera aux dépens d’une autre, sans que le revenu total soit changé; cet événement sera la conséquence d’une calamité nationale, la diminution des capitaux; et il n’entraînera à sa suite qu’un résultat affligeant, la misère des hommes industrieux.

[Translation]

   If that part of the intrinsic price which pays wages has diminished, this event can have two causes. One of them will be happy, and will benefit the consumer or the whole nation. The other will be unhappy, and will not benefit the nation through the fall of this part in price. The happy diminution will derive from a situation where the less amount of labour will be needed for the same work, because the productive powers of labour have been increased due to a more industrious machine. This change will cause a fall in price, from which every consumer will benefit. But the diminution of wages can also derive from a situation where, the capital having diminished, the capitalist will find himself at a more advantage in the process of haggling between him and his labourers. In this case, the reduction of their wages will not change the price, and the capitalist alone will profit from this. A class of the nation will fatten up well at the cost of another class, with the total revenue unchanged. This event will be the consequence of a national calamity, namely the diminution of capital, and will afterwards result only in a misfortune, the misery of industrious men.

Monday, 28 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 335-36]

   Supposons d’abord une nation qui n’ait point de commerce étranger; qu’une cause quelconque augmente la proportion des profits chez cette nation, de telle sorte, qu’entrant pour une plus forte part dans le prix intrinsèque, celui-ci en soit élevé; le revenu national ne sera ni augmenté ni diminué; le consommateur ayant perdu tout ce que le marchand aura gagné; mais le gain du marchand sera celui d’un petit nombre d’individus, et la perte sera celle de l’universalité des citoyens, qui sont tous consommateurs, et qui peuvent tous être ou devenir acheteurs de la marchandise dont le prix augmente. Si au contraire le profit moyen du commerce diminue, la perte d’une part sera égale au gain de l’autre; mais la perte, ou plutôt la diminution des profits, n’affectera que quelques marchands; et le gain sera commun à tous les citoyens. Il y a plus; le profit moyen ne diminue presque jamais, que parce que la masse des capitaux a augmenté en sorte que la diminution du revenu proportionnel des capitalistes, est un signe de l’augmentation de leur revenu total; tout comme au contraire, l’accroissement des profit du commerce étant un signe de la diminution des capitaux, ou de leur disproportion avec des besoins croissants, l’augmentation proportionnelle des profits des négociants, doit faire craindre la diminution de leur somme totale (1).

[Translation]

   First of all, suppose that a nation engages in no foreign trade; that a certain cause increases the proportion of profits within the country of this nation so much that, entering in a more part into intrinsic prices, it may raise them. Then the national revenue will not be increased or decreased. The consumer will have lost all the merchant will have gained. Nonetheless, the gain of the merchant will be that of a small number of individuals, and the loss will be that of the universality of citizens, all of whom are consumers and can be or become purchasers of the commodity whose price rises. If, on the contrary, the average profit of commerce falls, the loss on one hand will be equal to the gain on the other hand. But the loss, or rather the diminution of the profit, will only affect some merchants, and the gain will be common to all the citizens. This is not all to say. The average profit falls only because the amount of capital has increased. Accordingly, the decrease of the proportional revenue of capitalists is a sign of the increase of their total revenue. On the contrary, the rise of profits of commerce is a sign of the diminution of capitals, or of their disproportion to the increased needs, and consequently the proportional increase of profits of merchants must lead to the fear of the decrease of their sum total (1).

Sunday, 27 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 335]

   En suivant toutes les révolutions qui peuvent survenir dans la proportion entre le prix relatif et le prix intrinsèque, nous verrons que, dans tous les cas également, l’intérêt national est le même que l’intérêt du consommateur.

[Translation]

   Following all the revolutions which can take place in the proportion between the relative price and intrinsic price, we see that, equally in all cases, the national interest is the same as the interest of the consumer.

Saturday, 26 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 334-35]

   Quand le commerce est absolument libre, le prix relatif, qui est celui qu’offre le consommateur, est toujours fondé sur un prix intrinsèque, mais c’est sur le plus bas de ceux qui sont en concurrence. Quand un marchand ne peut pas vendre à son prix intrinsèque, c’est qu’un autre marchand vend à meilleur marché que lui, des marchandises ou semblables aux siennes, ou propres à les remplacer; mais certainement ce second marchand ne vend à plus bas prix, que parce que sa marchandise lui revient moins cher, ou que son prix intrinsèque est moindre pour lui. C’est donc toujours un prix intrinsèque que paye le consommateur, et dans ce prix sont toujours compris, la rente des terres, le profit des capitaux, et le salaire superflu du travail, ou toutes les sources de revenu d’une nation. Le plus bas prix intrinsèque possible est donc le seul qui soit également avantageux, et aux trois classes productives, dont il assure les revenus, et à la nation entière composée de consommateurs, dont il ne dissipe pas les moyens de subsistance.

[Translation]

   When trade is completely free, the relative price, which is that which the consumer offers, is always founded upon an intrinsic price, but it is upon the lowest of those which are in competition. If a merchant cannot sell a commodity at its intrinsic price, it is because another merchant sells some commodity similar to his or capable of replacing his at a lower price than him. But certainly this second merchant sells at a lower price only because his commodity costs him less or because its intrinsic price is lower for him. Therefore, it is always an intrinsic price that the consumer pays, and rent of land, profit of capital, and surplus wages of labour, or all the sources of revenue of a nation are always included in this price. The lowest intrinsic price possible is, therefore, the only one which may be advantageous equally to the three productive classes whom it assures of the revenue, and to the whole nation composed of consumers the means of whose subsistence it does not dissipate.

Friday, 25 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 332-34]

   L’intérêt du consommateur est donc d’obtenir les marchandises dont il a besoin au plus bas prix intrinsèque possible, et jamais au-dessous. Il faut remarquer que la même marchandise peut avoir plusieurs prix intrinsèques, selon le lieu, le temps, et les personnes qui l’ont produite. Si un Écossais voulait faire du bon vin dans son pays, il pourrait y réussir, en élevant sa vigne dans des serres chaudes. Il est vrai que ce vin lui coûterait environ cent fois plus qu’à vigneron Bourguignon ou Champenois; voilà donc deux prix intrinsèques, dont l’un est centuple de l’autre. Dix épingliers qui travaillent bien, font au moyen de la division du travail, cinquante mille épingles par jour; un ouvrier qui travaillerait seul, et devrait faire successivement toutes les opérations qu’on répartit d’ordinaire entre plusieurs, en ferait avec peine plus de cent. Le prix intrinsèque des épingles de l’un, serait donc cinquante fois plus élevé que celui de l’autre. Dans un pays où le profit ordinaire d’un capital employé dans une manufacture quelconque est de vingt pour cent, le prix intrinsèque des produits de toute manufacture sera plus élevé que dans celui où il n’est que de huit. Or, l’intérêt du consommateur, est que le marchand le fasse profiter de tous les avantages qu’il peut devoir au climat, au perfectionnement de l’industrie, à l’augmentation des capitaux, et à la division du travail; mais ce n’est point son intérêt de tarir les sources du revenu national, et de ne pas payer son prix intrinsèque à celui qui travaille pour lui meilleur marché que tous les autres.

[Translation]

   It is in the interest of the consumer, therefore, to obtain the commodities he needs at the lowest intrinsic price possible, not below it. You must note that the intrinsic price of one commodity can vary from place to place, from time to time, and from producer to producer. If a Scotsman wanted to make good wine in his country, he could be successful in this by raising vine in greenhouses. Thre is no doubt that this wine would cost him about a hundred times as much as it costs a winemaker in Burgundy or Champagne. Thus, there are two intrinsic prices in this case, where one is a hundred times as high as the other. Ten pin-makers who work well make 50,000 pins a day by means of division of labour. A labourer who work alone and must successively perform all the operations which are usually divided among some labourers, would make barely more than 100. The intrinsic price of pins in one case would be, therefore, 50 times as high as in the other. In the country where the ordinary profit of a capital employed in a common mill is 20%, the intrinsic price of the produce of every mill will be higher than in that where it is only 8%. And yet it is the interest of consumers for the merchant to let them benefit from all the advantages he can derive from the climate, improvement of industry, capital growth, and the division of labour. But it is not in their interest to exhaust the sources of the national revenue and to make a purchase below the intrinsic price from the labourer working for them at a lower cost than any other.

Thursday, 24 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 332]

   Il ne faut point confondre l’intérêt momentané et particulier d’un consommateur, avec son intérêt constant et général: quoiqu’il puisse trouver son compte à profiter par fois d’une heureuse rencontre, il sait fort bien qu’il n’est point intéressé à faire vendre habituellement les marchandises dont il a besoin, au-dessous de leur prix intrinsèque, car il sent fort bien aussi que si les marchands et les artisans étaient forcés de travailler à perte, ils cesseraient bientôt de travailler, et qu’alors le besoin urgent qu’il éprouverait de leurs productions, le forcerait à leur restituer avec usure le profit illégitime qu’il aurait fait sur eux.

[Translation]

   You must not confuse the temporary and particular interest of the consumer with his constant and general one. Although he can find his pocketbook sometimes profiting from a lucky find, yet he understands well that it is not in his interest to usually purchase needed commodities below their intrinsic price, because he also understands well that if merchants and artisans were forced to labour at a loss they would soon cease to labour, and that in this case the urgent needs for their produce he would feel would force him to give them illegitimate profit with usury, a profit which he would have gained from them.

Wednesday, 23 September 2009

Book 2, chapter 3, paragraph 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 331-32]

   Quel est-il cet intérêt? La réponse est aussi simple que courte, il est le même que celui du consommateur. Il est étrange que cette réponse n’ait pas été trouvée depuis long-temps. En effet, la nation n’est point composée exclusivement d’artisans, ni de propriétaires de terres, ni de marchands, mais elle ne compte pas un individu qui ne soit un consommateur: on ne conçoit pas qu’on ait pu croire successivement que l’intérêt national était celui tantôt de l’une, tantôt de l’autre des trois premières classes, et qu’on n’ait pas voulu voir qu’il devait nécessairement être celui, non pas d’une classe, mais de l’universalité des citoyens, de cette classe qui les comprend toutes. La seule chose qui puisse excuser cet aveugleraient, c’est qu’on a pu se faire une fausse idée de l’intérêt du consommateur, on a pu croire qu’il n’en avait d’autre que celui d’acheter bon marché, et qu’il s’estimerait heureux, si un marchand lui cédait ses denrées à moitié prix de ce qu’elles lui coûtent.

[Translation]

   What is this interest? The answer is as simple as short; it is the same as that of consumers. It is odd that this answer has been lost sight of for a long time. Indeed, the nation is not exclusively composed of artisans, of landlords, or of merchants, but it includes no individuals but consumers. It is impossible to imagine that people could believe that the national interest is sometimes that of one, sometimes that of another, of the first three classes, and that they would not see that it must necessarily be not that of one class but that of the citizens as a whole, namely of that class inclusive of all of them. The only thing which can account for this ignorance is that they have been allowed to entertain a false idea about the interest of consumers, that is to say, to believe that consumers have no other interest than to purchase at a low price and that they would be thought to be happy if a merchant provided them with staples at half as low a price as the foods cost them.