Tuesday, 8 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 318]

   De plus le salaire, comme nous l’avons vu, varie avec l’état de prospérité de la société: plus les capitaux destinés à alimenter l’industrie s’accroissent, plus les salaires s’élèvent: il faut pour déterminer les ouvriers au travail, non-seulement leur distribuer un plus grand nombre de pièces de monnaie, mais leur assurer réellement une augmentation d’aisance et de jouissances; accroître le prix réel, aussi bien que le prix numérique du travail.

[Translation]

   Moreover, as we have seen, wages vary with the state of prosperity of society. The more capital is destined for excitement of industry, the higher wages are. To determine labourers to work, it is necessary not only to distribute a larger amount of money to them, but to really assure them of more comfort and enjoyment; to assure them of higher real price as well as higher numismatic price of labour.

Monday, 7 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 317-18]

   Le prix numérique désigne le nombre ou le poids des espèces courantes, contre lesquelles une marchandise peut être échangée; le prix réel exprime le sacrifice que fait actuellement celui qui l’achète. Nous avons bien une manière de mesurer ce sacrifice dans la pensée, mais elle est inutile à la pratique, puisqu’elle ne peut être représentée par des nombres; c’est en l’évaluant d’après la seule base qui soit uniforme et immuable dans tous les temps et dans tous les lieux, savoir le rapport entre la marchandise vendue, et le nombre de journées de son propre travail, qu’un journalier donnerait pour l’acheter. Des quantités égales de travail sont toujours d’une égale valeur pour celui qui les fait, il sacrifie toujours une égale portion de ses aises, de sa liberté, et de son contentement; mais ces quantités égales pour lui, ne le sont point pour celui qui les paye, car avec un égal emploi de forces, deux ouvriers d’habileté différente, ne font point deux quantités d’ouvrage égales, ni en somme, ni en valeur. Le sacrifice du journalier pourrait donc bien servir d’étalon à la mesure de la valeur de l’argent, s’il était possible de l’exprimer par des nombres, mais le salaire qui représente ce sacrifice n’est point propre à cet usage.

[Translation]

   The numismatic price represents the number or the weight of current coins, against which a commodity can be exchanged. The real price represents the sacrifice made at the moment by the purchaser of it. It is true that we have a way to measure this sacrifice in mind, but it is useless in practice because it cannot be represented by the number. This way is by evaluating it against the only standard which would be uniform and immutable every where and every time, namely the relation between the sold commodity and the number of the days of his own labour, which a day labourer would give in order to purchase it. The same quantity of labour is always of equal value for the person who performs it, and he always sacrifices an equal portion of his comfort, liberty, and satisfaction. But this quantity equal for him is not equal for the payer for it, because, with an equal employment of powers, two labourers different in ability do not perform an equal quantity of labour either in amount or in value. The sacrifice of the day labourer could, therefore, serve as standard in measure of value of money were it possible to express it by the number, but the wages which represent this sacrifice is not proper for this use.

Sunday, 6 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 316-17]

   Nous sommes tellement accoutumés à ne nous faire une idée du prix, que par son rapport avec l’argent, ou plutôt avec la valeur au moyen de laquelle se tiennent les comptes, nommée numéraire, que nous ne pouvons presque pas concevoir un prix qui ne soit pas numérique. Dès que l’on reconnaît cependant que les nombres qui l’expriment ne désignent pas toujours la même chose, il faut bien chercher à connaître, outre le prix numérique, le prix réel des objets.

[Translation]

   We are so accustomed to entertaining an idea of price only in terms of its relation with money, or rather with the value by means of which we keep accounts, called specie, that we can hardly conceive a price which is not numismatic. As soon as one recognises that the numbers which express it do not always represent the same thing, however, he must try to know the real price of objects, in addition to the numismatic price.

Saturday, 5 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 316]

   Il faudrait pour cela que l’on reconnût une chose sur la terre dont la valeur réelle fut invariablement la même; en sorte qu’en la comparant ensuite avec le prix de l’argent, on pût décider immédiatement que l’argent serait bon marché, quand on en donnerait beaucoup pour cette chose, qu’il serait cher, quand on en donnerait peu. Mais de même que la valeur de l’argent considéré en lui-même peut varier, la valeur de tout ce qu’il achète peut varier aussi, et par d’autres causes; en sorte qu’on ne peut décider qu’imparfaitement, lorsqu’avec le temps les conditions d’une vente varient, si c’est la chose achetée, ou celle avec laquelle on achète, dont le prix s’est altéré.

[Translation]

    This would require that we should adopt a thing on the earth whose real value remain so invariable that subsequent comparison of it to the price of money may lead to the immediate decision that money would be low if people gave much money for this or that money would be high if they gave little. But it is not only in the way the value of money considered as such can vary but in other ways that the value of all things it buys can vary, so that it is possible only to decide imperfectly whether it is the purchased thing or that for which it is purchased that has changed in price, because market conditions vary as time goes by.

Friday, 4 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 316]

    Il serait fort à désirer que l’on possédât une mesure commune, qui toujours invariable, servît si non à faciliter les échanges, du moins à rectifier la valeur du numéraire qui sert à les faire.

[Translation]

   It would be desirable that we should possess a common measure which, always invariable, would help, if not to facilitate exchanges, at least to rectify the value of specie which helps to facilitate exchanges.

Thursday, 3 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 315-16]

   L’embarras attaché à cette comparaison est encore augmenté par la fraude que presque tous les Gouvernements soit de l’Europe soit de l’antiquité ont mis en usage pour se dispenser de payer leurs dettes. Ils ont conservé le même nom aux espèces, en altérant leur valeur réelle, leur poids, ou leur degré de finesse. Dans toute l’Europe la monnaie courante était originairement une livre de poids d’argent; en dépréciant les espèces on a continué à les appeler des livres; quoique en Angleterre, où la monnaie a subi le moins de ces variations, la livre actuelle ne pèse que le tiers de la livre ancienne, et quoique dans le Duché de Parme, où elle en a subi le plus, la livre actuelle ne pèse que la trois centième partie de ce qu’elle pesait originairement. Lors donc que l’on veut comparer les prix en numéraire de deux époques différentes, il faut d’abord rectifier l’erreur que cause la confusion des noms, en déterminant le poids des espèces dans un temps donné, puis rectifier la seconde erreur qu’occasionne le changement dans la valeur des métaux, en déterminant celle que leur donnait à cette époque le rapport de leur masse, avec la masse de la richesse mobilière.

[Translation]

   The difficulty with this comparison is all the more thanks to the fraud all governments (in the modern Europe or in the ancient) have practiced in order to evade repaying their debts. They have conserved the same name of coins, altering their real value, their weight, or their degree of fineness. All over Europe, current money was originally one pound in weight of silver. Coins, even though depreciated, continued to be called pounds, though in England, where money has suffered the least variations, the pound at present weighs only a third as much as in the past, and though in the Duchy of Parma, where money has suffered the most, the pound at present weighs only a three hundredth as much as did it originally. Therefore, when you mean to compare prices in terms of specie of two different periods, you must at first rectify the error caused by confusion of names, by determining the weight of coins at a given time, and moreover rectify the second error caused by variation of the value of metals, by determining what variation the relation of their mass to the mass of the movable wealth gave them in this period.

Wednesday, 2 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 314]

   Comme il est reconnu que l’or et l’argent avaient en 1750 la même valeur qu’en 1650, les mêmes marchandises qui comparées avec ces métaux, s’échangeaient en 1750 contre un poids plus grand ou moindre, avaient réellement augmenté ou diminué de valeur; soit que le premier effet eût été produit par la multiplication des impôts, ou le second par le perfectionnement des arts: tandis que la valeur de l’or et de l’argent étant réduite au moins au quart de ce qu’elle était il y a quatre siècles, les marchandises qui s’échangent aujourd’hui contre quatre fois le poids de métal contre lequel elles s’échangeaient alors, peuvent cependant n’avoir pas changé de prix: en comparant des temps éloignés, l’or et l’argent ne sont donc plus une mesure commune et exacte de valeurs différentes.

[Translation]

   As it is recognised that gold and silver were of as much value in 1750 as in 1650, the same commodities compared with these metals were exchanged in 1750 for a larger or smaller weight, and had really risen or fallen in value, whether the first effect had been produced by a tax increase or the second by improvement of arts. On the other hand, as the value of gold and silver is reduced at least to a quarter as much as four centuries ago, the commodities which are exchanged today for four times the weight of metal for which they were exchanged then can remain unchanged in price. Comparing distant times, therefore, gold and silver are no longer a common and accurate measure of different things of value.