Sunday, 6 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 316-17]

   Nous sommes tellement accoutumés à ne nous faire une idée du prix, que par son rapport avec l’argent, ou plutôt avec la valeur au moyen de laquelle se tiennent les comptes, nommée numéraire, que nous ne pouvons presque pas concevoir un prix qui ne soit pas numérique. Dès que l’on reconnaît cependant que les nombres qui l’expriment ne désignent pas toujours la même chose, il faut bien chercher à connaître, outre le prix numérique, le prix réel des objets.

[Translation]

   We are so accustomed to entertaining an idea of price only in terms of its relation with money, or rather with the value by means of which we keep accounts, called specie, that we can hardly conceive a price which is not numismatic. As soon as one recognises that the numbers which express it do not always represent the same thing, however, he must try to know the real price of objects, in addition to the numismatic price.

Saturday, 5 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 316]

   Il faudrait pour cela que l’on reconnût une chose sur la terre dont la valeur réelle fut invariablement la même; en sorte qu’en la comparant ensuite avec le prix de l’argent, on pût décider immédiatement que l’argent serait bon marché, quand on en donnerait beaucoup pour cette chose, qu’il serait cher, quand on en donnerait peu. Mais de même que la valeur de l’argent considéré en lui-même peut varier, la valeur de tout ce qu’il achète peut varier aussi, et par d’autres causes; en sorte qu’on ne peut décider qu’imparfaitement, lorsqu’avec le temps les conditions d’une vente varient, si c’est la chose achetée, ou celle avec laquelle on achète, dont le prix s’est altéré.

[Translation]

    This would require that we should adopt a thing on the earth whose real value remain so invariable that subsequent comparison of it to the price of money may lead to the immediate decision that money would be low if people gave much money for this or that money would be high if they gave little. But it is not only in the way the value of money considered as such can vary but in other ways that the value of all things it buys can vary, so that it is possible only to decide imperfectly whether it is the purchased thing or that for which it is purchased that has changed in price, because market conditions vary as time goes by.

Friday, 4 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 316]

    Il serait fort à désirer que l’on possédât une mesure commune, qui toujours invariable, servît si non à faciliter les échanges, du moins à rectifier la valeur du numéraire qui sert à les faire.

[Translation]

   It would be desirable that we should possess a common measure which, always invariable, would help, if not to facilitate exchanges, at least to rectify the value of specie which helps to facilitate exchanges.

Thursday, 3 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 315-16]

   L’embarras attaché à cette comparaison est encore augmenté par la fraude que presque tous les Gouvernements soit de l’Europe soit de l’antiquité ont mis en usage pour se dispenser de payer leurs dettes. Ils ont conservé le même nom aux espèces, en altérant leur valeur réelle, leur poids, ou leur degré de finesse. Dans toute l’Europe la monnaie courante était originairement une livre de poids d’argent; en dépréciant les espèces on a continué à les appeler des livres; quoique en Angleterre, où la monnaie a subi le moins de ces variations, la livre actuelle ne pèse que le tiers de la livre ancienne, et quoique dans le Duché de Parme, où elle en a subi le plus, la livre actuelle ne pèse que la trois centième partie de ce qu’elle pesait originairement. Lors donc que l’on veut comparer les prix en numéraire de deux époques différentes, il faut d’abord rectifier l’erreur que cause la confusion des noms, en déterminant le poids des espèces dans un temps donné, puis rectifier la seconde erreur qu’occasionne le changement dans la valeur des métaux, en déterminant celle que leur donnait à cette époque le rapport de leur masse, avec la masse de la richesse mobilière.

[Translation]

   The difficulty with this comparison is all the more thanks to the fraud all governments (in the modern Europe or in the ancient) have practiced in order to evade repaying their debts. They have conserved the same name of coins, altering their real value, their weight, or their degree of fineness. All over Europe, current money was originally one pound in weight of silver. Coins, even though depreciated, continued to be called pounds, though in England, where money has suffered the least variations, the pound at present weighs only a third as much as in the past, and though in the Duchy of Parma, where money has suffered the most, the pound at present weighs only a three hundredth as much as did it originally. Therefore, when you mean to compare prices in terms of specie of two different periods, you must at first rectify the error caused by confusion of names, by determining the weight of coins at a given time, and moreover rectify the second error caused by variation of the value of metals, by determining what variation the relation of their mass to the mass of the movable wealth gave them in this period.

Wednesday, 2 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 314]

   Comme il est reconnu que l’or et l’argent avaient en 1750 la même valeur qu’en 1650, les mêmes marchandises qui comparées avec ces métaux, s’échangeaient en 1750 contre un poids plus grand ou moindre, avaient réellement augmenté ou diminué de valeur; soit que le premier effet eût été produit par la multiplication des impôts, ou le second par le perfectionnement des arts: tandis que la valeur de l’or et de l’argent étant réduite au moins au quart de ce qu’elle était il y a quatre siècles, les marchandises qui s’échangent aujourd’hui contre quatre fois le poids de métal contre lequel elles s’échangeaient alors, peuvent cependant n’avoir pas changé de prix: en comparant des temps éloignés, l’or et l’argent ne sont donc plus une mesure commune et exacte de valeurs différentes.

[Translation]

   As it is recognised that gold and silver were of as much value in 1750 as in 1650, the same commodities compared with these metals were exchanged in 1750 for a larger or smaller weight, and had really risen or fallen in value, whether the first effect had been produced by a tax increase or the second by improvement of arts. On the other hand, as the value of gold and silver is reduced at least to a quarter as much as four centuries ago, the commodities which are exchanged today for four times the weight of metal for which they were exchanged then can remain unchanged in price. Comparing distant times, therefore, gold and silver are no longer a common and accurate measure of different things of value.

Tuesday, 1 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 312-14]

   Nous avons vu Liv. I. Chap. v. que la valeur du numéraire ne dépend nullement de son poids ou de son volume, mais du rapport qui existe entre la totalité des métaux précieux, et la totalité des richesses du monde commerçant; que la valeur totale du numéraire ne changeant point, la valeur de chacune de ses parties augmente ou diminue en raison inverse de leur nombre; que pour que la valeur de ces parties demeure la même, et exprime avec justesse celle des marchandises qui leur sont comparées, il faut que la somme des métaux produite annuellement par les mines soit égale à la somme qui en est annuellement consommée; qu’enfin cet équilibre avait été détruit pendant les siècles qui précédèrent la découverte de l’Amérique, et pendant le siècle qui la suivit: dans la première période les mines ne suffisaient plus à la consommation des métaux, toutes celles du monde alors connu étant pauvres et mal exploitées, en sorte que le prix de l’or ou de l’argent, comparativement au prix des fruits du travail, allait toujours en augmentant. Dans la seconde période au contraire, les mines d’Amérique versèrent dans la circulation beaucoup plus d’or et d’argent que la consommation n’en put soustraire, en sorte que la valeur des métaux précieux baissa rapidement dans tout l’Univers. Adam Smith a démontré (Liv. I. Chap. XI. p. 3.e) que l’équilibre entre leur production et leur consommation s’était rétabli dans les XVII.e et XVIII.e siècles. Quelques économistes pensent qu’il s’est altéré de nouveau à la fin du dernier; nous n’avons pas de données suffisantes pour décider cette question.

[Translation]

   We have in book 1, chapter 5 seen the following; first of all, that the value of specie does not depend upon its weight or volume, but upon the relation which exists between the total amount of precious metals and that of the wealth of the commercial world; secondly, that, with the total value of specie unchanged, the value of each of its divisions increases or decrease at the inverse rate of their number; thirdly, that, for the value of these parts to remain the same and to justly represent that of commodities which are compared to them, it is necessary that the sum of metals annually produced from the mines should be equal to the sum of those annually consumed; finally, that this equilibrium had been disturbed for some centuries preceding the discovery of America, and for the century following it. In the first period the mines were no longer sufficient for consumption of metals, and all mines all over the world then known were so poor and insufficiently exploited that the price of gold or silver gradually rose in comparison to the price of the fruits of labour. In the second period, on the contrary, mines in America poured more gold and silver into circulation than the consumption could take out of circulation, so that the value of precious metals rapidly fell all over the world. Adam Smith demonstrated (book 1, chapter 11, p. 3) that the equilibrium between their production and consumption was recovered in the 17th and 18th centuries. Some economists think that it was disturbed again in the end of the last century. We have not had enough data to decide this question.

Monday, 31 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 312]

   L’argent est donc une juste mesure de la valeur des choses, dans le même temps et le même pays, mais cette mesure peut induire en erreur, soit que l’on compare un temps avec un autre, ou un pays avec un autre.

[Translation]

   Therefore, money is a just measure of the value of things at the same time and in the same country, but this measure can be misleading when one compares one time to another or one country to another.