Friday, 4 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 316]

    Il serait fort à désirer que l’on possédât une mesure commune, qui toujours invariable, servît si non à faciliter les échanges, du moins à rectifier la valeur du numéraire qui sert à les faire.

[Translation]

   It would be desirable that we should possess a common measure which, always invariable, would help, if not to facilitate exchanges, at least to rectify the value of specie which helps to facilitate exchanges.

Thursday, 3 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 315-16]

   L’embarras attaché à cette comparaison est encore augmenté par la fraude que presque tous les Gouvernements soit de l’Europe soit de l’antiquité ont mis en usage pour se dispenser de payer leurs dettes. Ils ont conservé le même nom aux espèces, en altérant leur valeur réelle, leur poids, ou leur degré de finesse. Dans toute l’Europe la monnaie courante était originairement une livre de poids d’argent; en dépréciant les espèces on a continué à les appeler des livres; quoique en Angleterre, où la monnaie a subi le moins de ces variations, la livre actuelle ne pèse que le tiers de la livre ancienne, et quoique dans le Duché de Parme, où elle en a subi le plus, la livre actuelle ne pèse que la trois centième partie de ce qu’elle pesait originairement. Lors donc que l’on veut comparer les prix en numéraire de deux époques différentes, il faut d’abord rectifier l’erreur que cause la confusion des noms, en déterminant le poids des espèces dans un temps donné, puis rectifier la seconde erreur qu’occasionne le changement dans la valeur des métaux, en déterminant celle que leur donnait à cette époque le rapport de leur masse, avec la masse de la richesse mobilière.

[Translation]

   The difficulty with this comparison is all the more thanks to the fraud all governments (in the modern Europe or in the ancient) have practiced in order to evade repaying their debts. They have conserved the same name of coins, altering their real value, their weight, or their degree of fineness. All over Europe, current money was originally one pound in weight of silver. Coins, even though depreciated, continued to be called pounds, though in England, where money has suffered the least variations, the pound at present weighs only a third as much as in the past, and though in the Duchy of Parma, where money has suffered the most, the pound at present weighs only a three hundredth as much as did it originally. Therefore, when you mean to compare prices in terms of specie of two different periods, you must at first rectify the error caused by confusion of names, by determining the weight of coins at a given time, and moreover rectify the second error caused by variation of the value of metals, by determining what variation the relation of their mass to the mass of the movable wealth gave them in this period.

Wednesday, 2 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 314]

   Comme il est reconnu que l’or et l’argent avaient en 1750 la même valeur qu’en 1650, les mêmes marchandises qui comparées avec ces métaux, s’échangeaient en 1750 contre un poids plus grand ou moindre, avaient réellement augmenté ou diminué de valeur; soit que le premier effet eût été produit par la multiplication des impôts, ou le second par le perfectionnement des arts: tandis que la valeur de l’or et de l’argent étant réduite au moins au quart de ce qu’elle était il y a quatre siècles, les marchandises qui s’échangent aujourd’hui contre quatre fois le poids de métal contre lequel elles s’échangeaient alors, peuvent cependant n’avoir pas changé de prix: en comparant des temps éloignés, l’or et l’argent ne sont donc plus une mesure commune et exacte de valeurs différentes.

[Translation]

   As it is recognised that gold and silver were of as much value in 1750 as in 1650, the same commodities compared with these metals were exchanged in 1750 for a larger or smaller weight, and had really risen or fallen in value, whether the first effect had been produced by a tax increase or the second by improvement of arts. On the other hand, as the value of gold and silver is reduced at least to a quarter as much as four centuries ago, the commodities which are exchanged today for four times the weight of metal for which they were exchanged then can remain unchanged in price. Comparing distant times, therefore, gold and silver are no longer a common and accurate measure of different things of value.

Tuesday, 1 September 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 312-14]

   Nous avons vu Liv. I. Chap. v. que la valeur du numéraire ne dépend nullement de son poids ou de son volume, mais du rapport qui existe entre la totalité des métaux précieux, et la totalité des richesses du monde commerçant; que la valeur totale du numéraire ne changeant point, la valeur de chacune de ses parties augmente ou diminue en raison inverse de leur nombre; que pour que la valeur de ces parties demeure la même, et exprime avec justesse celle des marchandises qui leur sont comparées, il faut que la somme des métaux produite annuellement par les mines soit égale à la somme qui en est annuellement consommée; qu’enfin cet équilibre avait été détruit pendant les siècles qui précédèrent la découverte de l’Amérique, et pendant le siècle qui la suivit: dans la première période les mines ne suffisaient plus à la consommation des métaux, toutes celles du monde alors connu étant pauvres et mal exploitées, en sorte que le prix de l’or ou de l’argent, comparativement au prix des fruits du travail, allait toujours en augmentant. Dans la seconde période au contraire, les mines d’Amérique versèrent dans la circulation beaucoup plus d’or et d’argent que la consommation n’en put soustraire, en sorte que la valeur des métaux précieux baissa rapidement dans tout l’Univers. Adam Smith a démontré (Liv. I. Chap. XI. p. 3.e) que l’équilibre entre leur production et leur consommation s’était rétabli dans les XVII.e et XVIII.e siècles. Quelques économistes pensent qu’il s’est altéré de nouveau à la fin du dernier; nous n’avons pas de données suffisantes pour décider cette question.

[Translation]

   We have in book 1, chapter 5 seen the following; first of all, that the value of specie does not depend upon its weight or volume, but upon the relation which exists between the total amount of precious metals and that of the wealth of the commercial world; secondly, that, with the total value of specie unchanged, the value of each of its divisions increases or decrease at the inverse rate of their number; thirdly, that, for the value of these parts to remain the same and to justly represent that of commodities which are compared to them, it is necessary that the sum of metals annually produced from the mines should be equal to the sum of those annually consumed; finally, that this equilibrium had been disturbed for some centuries preceding the discovery of America, and for the century following it. In the first period the mines were no longer sufficient for consumption of metals, and all mines all over the world then known were so poor and insufficiently exploited that the price of gold or silver gradually rose in comparison to the price of the fruits of labour. In the second period, on the contrary, mines in America poured more gold and silver into circulation than the consumption could take out of circulation, so that the value of precious metals rapidly fell all over the world. Adam Smith demonstrated (book 1, chapter 11, p. 3) that the equilibrium between their production and consumption was recovered in the 17th and 18th centuries. Some economists think that it was disturbed again in the end of the last century. We have not had enough data to decide this question.

Monday, 31 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 312]

   L’argent est donc une juste mesure de la valeur des choses, dans le même temps et le même pays, mais cette mesure peut induire en erreur, soit que l’on compare un temps avec un autre, ou un pays avec un autre.

[Translation]

   Therefore, money is a just measure of the value of things at the same time and in the same country, but this measure can be misleading when one compares one time to another or one country to another.

Sunday, 30 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 311-12]

   Cette inutilité des métaux précieux est peut-être un de leurs plus grands avantages pour en faire une mesure commune des prix; car en même temps que tous les hommes sont également disposés à les recevoir en échange, chacun d’eux ne les reçoit point pour en faire usage soi-même, mais pour les échanger de nouveau; il ne leur attache donc point un prix d’affection ou de convenance, mais celui-là même qu’il croit que tous les hommes leur attachent, et chacun pour soi s’efforçant à ne les estimer qu’à leur juste valeur, le commerce réussit toujours à rendre cette valeur uniforme dans un lieu et dans un temps donnés.

[Translation]

   This uselessness of precious metals is perhaps one of their greatest advantages in making them a common measure of prices. The reason is that, at the same time as all the humans are equally ready to receive metals in exchange, each of them receives metals not to make use of them themselves but to exchange them for another commodity. He attaches to them not a price of affection or convenience but the very price he believes all people attach to them. As long as each tries to estimate them only at their just value, the commerce always succeeds in making this value uniform in a given place and at a given time.

Saturday, 29 August 2009

Book 2, chapter 2, paragraph 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 310-11]

   Plusieurs des inventions qui ont signale l’origine des sociétés humaines, sont le fruit d’une force de conception, bien admirable dans les premiers âges du monde, et lorsque les objets de comparaison devaient manquer aux penseurs, telle est entr’autres l’invention du numéraire. Comment un homme a-t-il pu former le projet de persuader ses semblables, de recevoir en échange contre les choses qu’ils prisaient le plus, un métal qui ne leur était d’aucune utilité, et auquel ils n’auraient attaché aucun prix, s’il ne leur avait assuré qu’ils pourraient l’échanger de nouveau? Comment a-t-il réussi à faire adopter cette idée à tous les hommes? tandis qu’elle ne devait pas leur inspirer moins de défiance que la proposition d’un nouveau papier-monnaie en inspirerait de nos jours; car le prix relatif ayant toujours dû, dans l’origine dés sociétés, se calculer d’après l’utilité, celui de l’or et de l’argent a dû être mille fois inférieur à leur prix intrinsèque, en sorte que les propriétaires en se dessaisissant de choses vraiment utiles, ont dû trembler que l’or qu’on leur donnait en échange, ne perdît tout à coup la valeur idéale qu’on venait de lui attribuer et ne trouvât plus d’acheteurs. Quel dut être le génie de celui qui parvint à calmer ces craintes, et à convaincre le genre humain, que les métaux précieux avaient de si grands avantages sur toute autre espèce de richesses, comme mesure commune des valeurs, qu’on ne les abandonnerait jamais pour en adopter une antre.

[Translation]

   Some of the inventions which have marked the origin of human society are the fruitage of power of conception, well admirable in the early age of the world, and the invention of specie, above all, is a case in point because no object of comparison were certainly available to thinkers. How did a man get able to plan to persuade his fellow-creatures to receive a piece of metal useless for them (to which they would have attached no price had it assured them that they could exchange it for another), in exchange for the things they value the most? How did he succeed in making all human beings adopt this idea, while it must have inspired no less unconfidence than did the proposal of a new sort of paper money of our day? For, in the origin of societies, the relative price must have been calculated according to the utility, and that of gold and silver must have been a thousandth as high as their intrinsic price, so that the proprietors relinquishing really useful things must have fear that the gold they are given in exchange should suddenly lose the ideal value people had attributed to it, and should no longer find purchasers. How ingenious it must have been to manage to appease this fear and to convince the human race that precious metals, as common measure of values, had so great advantages over any other sort of wealth, and that people would never abandon them to adopt another sort of money.