Monday, 17 August 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 28

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 299-302]

   Cette différence entre les deux prix provient, ou de ce que le consommateur peut se procurer d’ailleurs, soit les mêmes marchandises, soit d’autres qu’il peut leur substituer à meilleur prix; ou de ce que la production a été réellement supérieure aux besoins de la consommation. Si la production a été supérieure aux besoins des consommateurs, l’année suivante, pourvu que le commerce soit libre, on verra paroître [paraître] sur le marché beaucoup moins de la même marchandise; alors, si les consommateurs ont un besoin réel de s’en procurer, son prix relatif haussera: s’ils ont trouvé quelqu’autre marchandise qu’ils puissent substituer en sa place, à meilleur prix; ou cette marchandise n’aura point précisément tous les mêmes avantages; dans ce cas ceux à qui elle ne conviendra pas, recevront la loi du marchand de première, qui aura diminué sa production; et son prix relatif sera ramené au niveau de son prix intrinsèque; ou elle vaudra tout autant pour le consommateur, et même mieux, que celle dont le prix intrinsèque est trop élevé, alors la manufacture de celle-ci tombera absolument; car à quelque point qu’on réduise sa productions, on ne pourra jamais élever son prix relatif. Il seroit [serait] très malheureux qu’une telle manufacture ne tombât pas, car elle ne pourroit [pourrait] subsister sans dissiper inutilement les revenus de la nation. Si l’on forçoit [farçait] le marchand à donner sa marchandise au prix relatif, il perdroit [perdrait] la différence entre ce prix et l’intrinsèque; et il faudroit [faudrait] la prélever sur le salaire, la rente, ou le profit, qui constituent le prix de sa marchandise, et partie du revenu de la nation. Si l’on forçoit [forçait] l’acheteur à payer le prix intrinsèque, celui-ci perdroit [perdrait] la même différence, il perdroit [perdrait] l’économie qu’il pourroit [pourrait] faire en achetant l’autre marchandise qu’il peut lui substituer, et ce surplus de dépense; il devroit [devrait] le prendre sur ses revenus. Enfin, si la différence entre les deux prix n’est payée ni par l’un ni par l’autre, mais par le Gouvernement; celui-ci devra y pourvoir avec ses revenus, qui sont pris sur ceux de la nation, et la perte sera plus grande encore; car le Gouvernement fait rarement une dépense de dix mille sans qu’il en coûte douze ou quinze mille aux contribuables. De toute manière le revenu national sera diminué pour le maintien de cette manufacture; mais c’est sur ce revenu que doivent être faites les économies qui peuvent seules augmenter les capitaux; en les diminuant, on rend donc impossibles ces économies; peut-être même si on répète sur trop d’objets cette opération, rendra-t-on les revenus insuffisan[t]s pour pourvoir à la dépense, et forcera-t-on le consommateur à manger son capital; cependant l’un des moyens que l’on a le plus souvent mis en œuvre, quand on a parlé de protéger le commerce, et d’enrichir une nation, a été de forcer le maintien d’une manufacture dont le prix relatif n’égaloit [égalait] pas le prix intrinsèque, ou en d’autres termes y d’augmenter la dépense, et de diminuer le revenu national.

[Translation]

   This difference between the two prices comes either from the fact that the consumer can procure elsewhere the same sort of commodity or another kind he can substitute for it at a lower price, or from the fact that the production has really exceeded the needs of the consumption. If the production has exceeded the needs of consumers, provided that trade is free, there will be a much less amount of the same sort of commodity on the market in the following year. Then, if consumers really want to obtain it, its relative price will rise. If they have found any other commodity they could substitute for it at a lower price, but if they have not find all of precisely the same advantages in this commodity, then those who do not find this commodity convenient are given law by the merchant of that commodity, who will have diminished the production; and its relative price will have come again to the level of its intrinsic price. If consumers, on the contrary, find in this commodity as much, or even more, advantage as that commodity whose intrinsic price is too raised, then the mill of the former commodity will fall completely. This is because, no matter how small its production may be made, its relative price can never be so high. It would be very miserable that such a manufacturing mill never falls, because it could not subsist without wasting the revenue of the nation. If the merchant were forced to supply his commodity at the relative price, he would lose the difference between this price and the intrinsic price, and it would be necessary to deduct it from the wages, rent or profit, which comprises the price of his commodity, and a part of the revenue of the nation. If the purchaser were forced to pay the intrinsic price, the purchaser would lose the same difference, and would lose the saving he could make by purchasing the other commodity he can substitute for it, and the additional spending this could make possible. He must deduct it from his revenue. Finally, if the difference between the two prices is paid not by either party but by the government, the government will have to supplement it with its revenue, a supplement which is deducted from the revenue of the nation. In this case the loss will be still more enormous, because the government seldom makes an expenditure of ten thousand ecus, without costing the taxpayers twelve or fifteen thousand. In any way, the national revenue will be diminished for maintenance of that mill. But it is on this revenue that it is necessary to make a saving, which alone can increase the capital. The smaller revenue, therefore, makes this saving impossible. Perhaps, if this practice has been repeated upon too many objects, the revenue will go insufficient to cover the expenditure, and the consumer will be forced to eat his capital. Nevertheless, one of the means which are the most often made use of, when people have talked about protection of commerce and enrichment of a nation, has been by forcing the maintenance of a manufacturing mill whose relative price was not equal to the intrinsic price; or other words, by increasing the expenditure and decreasing the national revenue.

Sunday, 16 August 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 27

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 299]

   Le prix intrinsèque de chaque marchandise, comparé avec son prix relatif, constitué le gain ou la perte de chaque commerce en particulier. Si ces deux prix sont les mêmes, le consommateur acquiert la marchandise au meilleur marché possible, et le vendeur y trouve son profit ordinaire, qui faisant partie du prix intrinsèque, ne coûte rien à personne. Si le prix intrinsèque surpasse le prix relatif, rien ne déterminera le consommateur à payer le premier; le marchand perdra donc, sans que le consommateur y gagne rien; mais ce ne sera pas pour long-tem[p]s, car il cessera de produire.

[Translation]

   The intrinsic price of each commodity in relation to its relative price constitutes the gain or loss in each particular transaction of commerce. If these two prices are the same, the consumer acquires the commodity at the lowest price possible, and the seller finds his ordinary profit there, which, comprising a part of the intrinsic price, costs no one anything. If the intrinsic price surpasses the relative price, nothing will determine the consumer to pay the former. Therefore, the merchant suffers a loss, without letting the consumer gain anything from that. But this will not last for a long time, because he will cease to produce.

Saturday, 15 August 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 26

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 298-99]

   Le prix intrinsèque de toutes les marchandises, comparé au prix relatif de toutes les marchandises, règle le taux moyen des profits du commerce; c’est le besoin de consommer des propriétaires de revenu comparé au besoin de produire des propriétaires de capitaux. Nous avons déjà vu dan livré précédent, comment ce profit moyen existoit [existait] nécessairement et se trouvoit [trouvait] réglé. (Liv. I. Chap. III. pag. 69.)

[Translation]

   The intrinsic price of all commodities in relation to their relative price regulates the mean rate of profits of commerce. This is the needs to consume of revenue earners, in comparison to the needs to produce of proprietors of capital. We have already in the previous book seen how this mean profit come about necessarily, and turns out regulated (book 1, chapter 3, page 69).

Friday, 14 August 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 25

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 297-98]

   Comme les forces des producteurs sont en raison du nombre et des besoins des consommateurs, ce qui est la même chose que d’être en raison inverse de leur propre nombre, et de leurs propres besoins; il est très fort de l’intérêt des premiers d’augmenter le nombre de leurs acheteurs, ou d’étendre leur marché. Ce dernier s’étend de lui-même, par la diminution du prix intrinsèque, soit qu’une plus grande division du travail, pu l’application d’une plus grande industrie rende la chose réellement moins conteuse; soit que le marchand se contente d’un moindre profit; dans l’un et l’autre cas il trouvera en plus grand nombre, et à une plus grande distance de chez lui, des consommateurs pour lesquels son prix intrinsèque sera le plus bas de tous, et qui deviendront par conséquent ses acheteurs. Mais l’administration peut aussi, contribuer beaucoup à étendre le marché, lorsqu’elle rend les communications faciles, soit en supprimant toutes les entraves qui ne les arrêtent que trop souvent, soit en rendant les routes sûres et commodes, et en ouvrant de nouveaux canaux à la navigation; car moins le prix intrinsèque du producteur sera augmenté par des frais de voiture, plus la marchandise pourra convenir à des consommateurs éloignés, et plus aisément elle pourra leur être cédée pour le même prix relatif qu’ils offrent à d’autres. En donnant de l’étendue au marché, on sert donc tout à la fois les vendeurs, auxquels on procure plus de pratiques, et les acheteurs, qu’on approvisionne à meilleur compte.

[Translation]

   Since the powers of producers are in proportion to the number and the needs of consumers, in other words, in inverse proportion to their own number and their own needs, it is much in the interest of the former to increase the number of their purchasers or to extend their market. The market extends for itself thanks to a fall in intrinsic price, due either to the fact that greater division of labour or application of greater industry makes things really less costly, or to the fact that the merchant is contented with a less profit. In both the cases, he will find in larger number and at a further distance from him some consumers who will find his intrinsic price the lowest of all, and who will be consequently his purchasers. But the administration can also contribute largely to the extension of the market, when it makes communication easy, either by removing the hindrances which check it only too often, or by making roads sure and convenient and opening new canals for navigation. This is because the lower the intrinsic price is due to the cost of transport (namely the more available the commodity can be to remote consumers) the more easily it can be given to them at the same relative price as they offer to others. Therefore, the extension of the market serves at once sellers, who have more customers, and purchasers, who have provisions at a lower cost.

Thursday, 13 August 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 24

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 296-97]

   Le prix relatif, ou celui que l’acheteur est disposé à donner en échange, comparé au prix intrinsèque, constitue pour chaque marchand l’étendue de son propre marché. Où qu’un producteur soit placé, son marché s’étend jusqu’à tout consommateur qui offre un prix relatif égal au prix intrinsèque de sa marchandise rendue, chez lui. Le marché, par exemple, de l’horloger Genevois, s’étend jusqu’au Pérou, jusqu’à l’Indostan, jusqu’à la Chine, parce que le prix intrinsèque de ses montres, lors même qu’elles sont parvenues dans ces pays éloignés, est encore le plus bas de tous les prix, intrinsèques des montres qui peuvent rivaliser avec les siennes: or c’est toujours sur le plus bas de tous les prix intrinsèques qui se font concurrence, que le consommateur établit son offre, et fixe son prix relatif.

[Translation]

   The relative price, or the price the purchaser is ready to give in exchange, compared to the intrinsic price, teaches each merchant the extent of his own market. Wherever a producer may be placed, his market extends up to every consumer who offers a relative price which equals the intrinsic price of the commodity reaching him. The market, for example, of Genevan watch-makers extends up to Peru, Hindustan, and China, because their watches, even if they have reached these distant countries, are still the lowest in intrinsic price of all the watches which can be in rivalry with the Genevan. It is always in consideration of the lowest of all the intrinsic prices which are in competition that the consumer decides to make a purchase and determines his relative price.

Wednesday, 12 August 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 23

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 295-96]

   Le prix auquel une marchandise se vend, n’est donc pas le résultat des efforts des acheteurs et vendeurs intermédiaires, mais celui de la lutte du producteur contre le consommateur, dans laquelle le premier cherche à se réserver la plus grande part, et le second à céder la moindre part possible, de la valeur superflue du travail perfectionné. L’acheteur cherche entre tous les vendeurs, celui qui lui demande le moindre prix intrinsèque, soit qu’il se contente de moins de profit, ou que la marchandise lui revienne réellement moins cher; le vendeur augmente ses prétentions, comme il voit s’ accroître la demande des consommateurs; et comme les acheteurs d’une part, les vendeurs de l’autre, se font concurrence et se rivalisent entr’eux, les forces de chaque parti se trouvent en raison inverse de leur nombre, et du besoin qu’ils ont de vendre ou d’acheter.

[Translation]

   Therefore, the price at which a commodity is sold is not the result of the efforts of intermediary purchasers and sellers, but that of the bargaining of producers against consumers, in which the former attempt to take the most part possible, and the latter to give up the least part possible, of the surplus value of the improved labour. The purchaser searches all sellers for that who demands the lowest intrinsic price from him, whether the seller is contented with less profit or can really obtain the commodity at a lower price. The seller asks for a higher price as he sees the demand of consumers higher. Since the purchasers on one hand and the sellers on the other hand are in competition and rivalry with each other, the powers of each party turn out in inverse proportion to their number and needs they have for sale and purchase.

Tuesday, 11 August 2009

Book 2, chapter 1, paragraph 22

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 293-95]

   Ce n’est jamais que le consommateur qui a besoin d’une marchandise, celui qui l’achète pour la lui revendre, n’est point obligé à faire ce commerce-là plutôt qu’un autre, en sorte qu’il le quittera dès l’instant qu’il n’y trouvera plus le même profit qu’il trouvoit [trouvait] dans tout autre. Son besoin d’acheter est donc absolument nul; mais comme il représente le besoin du consommateur, c’est d’après ce qu’il présume de lui qu’il agit.

[Translation]

   Apart from the consumer who wants a commodity, the merchant who purchases it to resell it to him is not obliged to carry on that trade rather than any other, so that he will quit it as soon as he no longer finds the same profit there as in all other branches of trade. Therefore, he simply need not purchase it, though he behaves according to his estimation of the need of the consumer, since he represents it.