Thursday, 2 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 246]

   Ce n’est pas qu’un pays puisse ou doive ambitionner de réunir tous les genres de productions; il y en a pour lesquelles le climat, la position, le génie des habitan[t]s sont plus propres; les États qui ne pourroient [pourraient] lutter contre ceux-ci qu’avec désavantage doivent leur abandonner une industrie qui ne leur convient pas. C’est aussi ce qui arrive, à moins que le Gouvernement n’intervienne pour changer l’ordre naturel des choses; le négociant s’en tient aux manufactures où il peut faire valoir son capital avec avantage; jamais il n’en établit une qui ne lui rende pas le profit juste et raisonnable qu’il peut attendre de toute autre; or ce profit il ne peut l’espérer, si les produits de ses ateliers sont inférieurs en qualité ou supérieurs en prix à ceux des peuples que leur position appelle à faire plus avantageusement lé même commerce.

[Translation]

   This is not to say that a country can or must be eager to feature all the sorts of production. Some sorts of production are suitable for countries with a particular climate, location, or talent of inhabitants. Those which could fight against these countries only with disadvantage must leave an industry unsuitable for them to the countries. This also takes place as far as no government intervenes to change the natural order of things. Merchants are only attracted to manufactures where they can make use of their capital to advantage. Never do they establish any factory where they cannot attain such a just and reasonable profit as they can expect from any other. They cannot expect this profit if the produce of their workshops are inferior in quality or superior in price to that of peoples who can carry on the same trade to more advantage thanks to their location.

Wednesday, 1 July 2009

Book 1, chapter 9, paragraph 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 245-46]

Nous avons vu que le capital accumulé étoit [était] nécessaire pour mettre en mouvement un travail productif, et qu’il étoit [était] également nécessaire aux propriétaires de ce capital de le faire travailler pour qu’il devînt fructueux pour eux. Nous avons vu encore que pouvant maintenir à leur choix la classe d’ouvriers qu’ils croyoient [croyaient] la plus profitable, les capitalistes lorsque le commerce étoit [était] libre, réduisoient [réduisaient] tous les genres d’industrie au même niveau d’avantages. Il ne nous reste plus qu’à examiner comment une nation pauvre, avec un capital donné qui s’accroît progressivement par l’économie et la liberté du commerce, parvient successivement à faire végéter tous les différen[t]s rameaux de l’industrie nationale.

[Translation]

We have seen that the accumulated capital is necessary to set productive labour in motion, and that it is also necessary for owners of this capital to put it at work so that it may be fruitful for them. Furthermore, we have seen that, since capitalists can maintain the class of labourers who they believe are the most profitable as they like, they carry on all sorts of industry to the same rate of profit with trade free. Now all we have to examine is how a poor nation manages to make all the different branches of the national industry successively grow, with a given capital which progressively grows thanks to saving and to free trade.

Tuesday, 30 June 2009

Book 1, chapter 8, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 229]

(1) Nous négligeons dans ce calcul de tenir compte des jours de repos, qu’il faudroit [faudrait] déduire de part et d’autre.

[Translation]

(1) We take no account of days of repose in this calculation, which it would be necessary to deduct in both the cases.

Monday, 29 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 244]

   Si l’on pouvoit [pouvait] une fois se convaincre que l’argent n’est pas la seule richesse d’une nation; que toutes les fois qu’elle possède en abondance des marchandises et du travail accumulé, elle trouve facilement du numéraire; que comme qu’elle fasse, ce dernier ne s’accumulera pas chez elle, et que s’il le faisoit [faisait] ce seroit [serait] pour sa ruine; qu’enfin elle s’enrichit toutes les fois que les produits de l’agriculture et de l’industrie augmentent; on comprendroit [comprendrait] qu’elles n’a point besoin pour cela des étrangers, et l’on ne s’étonneroit [étonnerait] pas d’une chose toute simple, savoir: que le commerce faisant l’avantage tant de l’acheteur que du vendeur, il soit deux fois plus profitable à la nation lorsque l’une et l’autre de ces deux personnes lui appartiennent, qua lorsque l’une des deux est étrangère.

[Translation]

   Money is not the only wealth of a nation; whenever the nation abounds with commodities and accumulated labour, it finds money easily; money will not be accumulated in this country, and, if it were to be accumulated, this would be for ruin; in the end, the nation is progressive in wealth, whenever the produce of agriculture and industry is on the increase. Once you convinced yourself of these propositions above, you would understand that the nation does not need foreign countries for that, and would not be surprised at a very simple maxim; that is to say, that, since commerce is advantageous for purchasers as well as for sellers, it is twice as profitable to the nation if both the parties belong to it as if one of them is from a foreign country.

Sunday, 28 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 241-44]

   Les draps de Chalabre que nous avons pris précédemment pour exemple, se débitent tous dans le pays où on les a fabriqués: le capital qui les fait produire, anime en même tem[p]s une autre industrie nationale pour les payer; son effet est donc double dans le Département de l’Aude, ou dans les Départemen[t]s voisins, et les marchands qui les débitent remplacent toujours alternativement deux capitaux françois [français]. Tout auprès de cette manufacture en existoit [existait] autrefois une autre beaucoup plus brillante, celle de Carcassonne, qui fournissoit [fournissait] avant la révolution 56 mille pièces de drap par année. C’étoient [étaient] les plus beaux du midi de la France, et cette manufacture importante, qui ne produit plus que le quart de ce qu’elle faisoit [faisait] autrefois, excitoit [excitait] tout l’intérêt du Ministère. Elle l’excitoit [excitait] surtout, parce que les draps qui en sortoient [sortaient] se vendoient [vendaient] presque tous à l’étranger, et augmentoient [augmentaient] par conséquent, disoit-on [disait-on], la richesse nationale, en assurant des balances de commerce favorables. Sous ce rapport-là précisément, la fabrique de Carcassonne étoit [était] de moitié moins importante que celle de Chalabre. Le capital employé dans la première animait bien deux industries, l’une pour produire l’étoffe, et l’autre pour la payer; mais l’une seulement de ces deux industries étoit [était] françoise [français], l’autre étoit [était] celle des Levantins. En effet, le négociant de Marseille qui se rendoit [rendait] l’entremetteur entre le fabricant de Carcassonne et le marchand des Echelles, remplaçoit [remplaçait] alternativement, toujours avec un capital françois [français], le capital de l’un et l’autre; et si l’on ne veut considérer que l’argent, tantôt il payoit [payait] le fabricant de Carcassonne pour ses draps, tantôt le marchand de Smyrne pour son huile, son riz, et son café; tandis que son argent lui étoit [était] remboursé par le consommateur des deux nations. Le profit de son commerce pouvoit [pouvait] être le même, ou pouvoit [pouvait] être plus grand que celui d’un commerce intérieur; mais l’avantage pour la nation étoit [était] infiniment moindre, car la somme qu’il auroit [aurait] employée à remplacer deux capitaux françois [français], auroit [aurait] par chaque circulation fait travailler deux fois plus, et augmenté deux fois plus la richesse nationale, que la même somme lorsqu’elle ne mettoit [mettait] qu’un seul travail françois [français] en mouvement: à quoi il faut ajouter encore, que les retours d’un commerce au Levant étant infiniment plus tardifs, il auroit [aurait] fait circuler trois ou quatre fois son capital en France, avant que d’être payé d’un seul envoi fait à Smyrne.

[Translation]

   The drapery from Chalabre we have above taken for example is retailed everywhere in the country where it was produced. The capital for this production animates at the same time another national industry for payment for it. Its effect is therefore double in the department of Aude or in the neighbouring departments, and the merchants who retail it always replace two French capitals alternately. There used to be another factory quite near to this one. That one, situated in Carcassonne, was much more brilliant, and produced 56,000 pieces of drapery a year before the revolution. These were the most beautiful of all from Southern France, and this important factory, which produces only a quarter as much as it used to, stimulated all the interest of the administration. It stimulated it, above all because almost all the drapery produced there was sold abroad, and was said to increase the national wealth by assuring France of the favourable balance of trade. In these terms, precisely, the factory in Carcassonne was half as important as that in Chalabre. The capital employed in the former animated two industries well, one of which was for producing cloth, and the other of which for paying for it. But only one of these industries was in France, and the other was in the Levant. Indeed the merchant in Marseille who intermediated between the manufacturer in Carcassonne and the merchant in the Levant replaced the capital of both alternately, always with a French capital. If you want to consider only money, he sometimes paid the merchant in Carcassone for drapery and sometimes that in Smyrna for oil, rice and coffee, while he retrieved his money from consumers in the two countries. The profit of his commerce could be the same or could be higher than that of inland trade. But the advantage for the nation was far smaller, because the sum he had employed to replace two French capitals had employed twice as many labourers every time it circulated, and had given twice as much increase to the national wealth, as when it only put French labour in motion. To this we still need to add that, the returns on commerce of the Levant being far slower, he had made his capital in France circulating three or four times, before being paid from a single cargo to Smyrna.

Saturday, 27 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 241]

   On pourroit [pourrait] encore avec plusieurs auteurs ne considérer comme remplacement de capital, que celui qui se fait en numéraire; ce qui arrive de deux fois l’une, celui qui donne de l’argent devant en recevoir ensuite, pour pouvoir en donner de nouveau. Il est pourtant plus exact de dire que tout commerce fournit toujours à la fois à deux consommateurs ce qu’ils veulent employer à leur usage, à l’un en nature, et à l’autre en argent qui lui sert à se le procurer. Or l’ouvrier productif à qui on le fournit en nature, est aussi bien mis en mouvement par là que celui à qui on le fournit en argent; ce sont donc toujours deux impulsions données, deux capitaux remplacés.

[Translation]

   Still, you might consider, like some authors, as replacement of capital only that which is made in specie (this takes place one out of two times), that which gives some money in expectation of receiving some money later in order to give some again. However, it is more exact to say that every sort of trade provides at once two consumers with what they want to make use of, namely one of them in kind and the other in money which helps to procure him the commodity. But the productive labourer provided with it in kind is employed by it as well as that provided in money. These are therefore always two given impulses, two replaced capitals.

Friday, 26 June 2009

Book 1, chapter 8, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 239-41]

   Nous avons supposé pour simplifier que le fabricant étoit [était] le consommateur des denrées du paysan, tandis que le paysan étoit [était] le consommateur des étoffes du fabricant, et dans ce cas le capital du fabricant s’échange tour à tour avec celui du marchand de draps, et celui du marchand de denrées; au premier il donne des étoffes, au second de l’argent; les capitaux des deux marchands remplacent tour à tour ceux du fermier et du fabricant, et celui du fermier remplace tour à tour ceux des deux marchands. Il n’arrive jamais cependant que deux classes d’ouvriers se correspondent avec cette précision, d’où il résulte que le capital du marchand de denrées est remplacé maille à maille par les revenus des consommateurs; et sous cette dénomination il faut comprendre toutes les classes de la société. Lorsque ces consommateurs sont des ouvriers productifs, ils remplacent ce qu’ils achètent par un capital, car c’est sous ce point de vue qu’on doit considérer leur salaire nécessaire; les autres consommateurs achètent en général les denrées et marchandises avec leur revenu, qui se trouve alors remplacer un capital, tandis que d’autre part le capital approprié au salaire nécessaire de l’ouvrier productif remplacera leur revenu. Il arrive quelquefois aussi que le consommateur est un dissipateurs qui achète ce dont il a besoin avec son capital qu’il détruit, ou qu’il l’achète avec les capitaux d’une nation dissipatrice, qu’il contribue pour sa part à détruire.

[Translation]

   We have supposed for simplification that the manufacturer was the consumer of the produce of the peasant, while the peasant was the consumer of the cloth of the manufacturer, and in this case the capital of the manufacturer is exchanged, by turns, for that of the merchant of drapery and for that of the one of foods. At first he gives some cloth, and secondly some money. The capitals of the two merchants replace those of the farmers and the manufacturer by turns, and that of the farmer replaces those of the two merchants by turns. However, two classes of labourers do not correspond to each other so exactly, and from this it follows that the capital of the merchant of foods is replaced penny to penny by the revenue of consumers. And in this name [consumers] it is necessary to include all the classes of society. When these consumers are productive labourers, they replace what they purchase by a capital, because it is from this point of view that you must consider their necessary wage. The other consumers generally purchase foods and commodities with their revenue, which then happens to replace a capital, while on the other hand the capital appropriated for necessary wage of productive labourers will replace their revenue. It sometimes happens also that the consumer is a spendthrift, who purchases what he wants with his capital he destroys, or that he purchases it with the capital of an extravagant nation, whom he helps to destroy on his part.