Monday, 8 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 18

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 218-19]

   Il y a, comme nous l’avons annoncé plus haut, un seul cas où il se fait une exportation sans retour égal ni de marchandises ni de créances, c’est celui où le Gouvernement a des sommes à faire passer dans l’étranger pour la guerre ou les négociations. Dans ce cas, lors même que la nation n’auroit [aurait] point de commerce étranger, elle s’en créeroit [créerait] un immédiatement; le Gouvernement envoyant an dehors son numéraire, la nation se hâteroit [hâterait] de le racheter avec ses marchandises; ou bien elle procureroit [procurerait] au Gouvernement du numéraire dans le pays où il en auroit [aurait] besoin, en échange contre ces mêmes marchandises. La nation appelée dans ce cas-ci à donner plus de rapidité au courant de numéraire qui doit la traverser ou passer près d’elle, et qu’elle attire du dehors pour le porter aussi au dehors, là où le Gouvernement en a besoin, ne peut y réussir qu’en altérant son équilibre naturel, et en créant à ses dépens le canal incliné que ce courant doit parcourir.

[Translation]

   As we have shown above, there is only a case where exportation takes place with no equal return in kind or on credit. That is where the government has some sums to send abroad for wars or negotiations. In this case, even when the nation would not trade with foreign countries, it [the nation] would undertake a sort of trade immediately. If the government sent its specie abroad, the nation would promptly buy it back with commodities. Or it would procure for the government some specie in the country where it would need the specie, in exchange for these same commodities. The nation asked in this case to give more rapidity to the currency of specie which must run through or pass near the nation, and which the nation attracts from abroad to also send it to the place where the government needs it, can only succeed in it by altering the natural equilibrium, and by creating for its expenditure the inclined channel which this currency should must run through.

Sunday, 7 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 17

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 216-18]

   Lorsque la valeur des exportations surpasse celle des importations, la nation devient créancière des étrangers, et reçoit d’eux chaque année l’intérêt des fonds qu’elle leur a avancé. C’est le cas de toute nation qui fait un grand commerce extérieur, et sa créance sur l’étranger est d’autant plus forte que son commerce est plus circuiteux [?]; c’est-à-dire, lorsqu’au lieu de vendre ses produits à ceux de qui elle tire les produits étrangers dont elle a besoin pour sa propre consommation, elle est obligée de faire trois ou quatre échanges, avant d’obtenir la chose qu’elle veut employer à son usage. C’est ainsi que l’Angleterre vend sa quincaillerie aux Nègres de Guinée contre des esclaves, qu’elle échange ceux-ci contre des sucres et des cafés, et les derniers contre des vins, en sorte que ce n’est que par le troisième échange, qu’elle se sert elle-même. Une nation qui entreprend le commerce de transport, c’est-à-dire, qui fait les échanges des autres peuples sans apporter chez soi en dernière analyse un retour destiné à être consommé, fait un prêt plus considérable encore aux nations étrangères, et doit par conséquent attendre d’elles par delà le montant de ses exportations un retour annuel égal à la valeur des intérêts de sa créance. C’est bien là, si on veut l’appeler ainsi, une balance favorable, mais elle est l’effet non la cause de l’accroissement de la richesse. Il n’est guère moins absurde de forcer une nation à entreprendre un pareil commerce avant qu’elle soit assez riche pour s’y livrer, qu’il ne le seroit [serait] de proposer à un marchand embarrassé faute de capitaux, pour faire face à ses affaires, de prêter quelques centaines de mille écus à ses voisins, pour vivre ensuite de ses rentes. Il faut qu’une nation aussi bien qu’un particulier commence par se procurer les capitaux dont elle a besoin elle-même, avant de songer à les prêter aux autres.

[Translation]

   When the value of exports surpasses those of imports, the nation becomes a creditor to foreign countries, and receives from them every year the interest of the money it has advanced to them. This is the case of every nation who trades in amount with foreign countries, and its credit to foreigners is larger, the more multilateral its commerce is: namely when instead of selling its produce to those from whom it purchases the foreign produce it wants for its own consumption, it is obliged to make three or four exchanges, before obtaining the thing it wants to employ for its use. It is thus that England sells its hardware to Negroes in Guinea for some slaves, that it exchanges these for sugar and coffee, and these for wine, so that it is only by the third exchange that England obtains what is serviceable to itself. A nation who undertakes the trade of transport, namely who makes exchanges with other nations without, after all, carrying back anything for consumption, supplies still more loans to foreign nations, and should consequently expect from them more annual return than its exports, a return which is equal to the value of the interest of its credit. You may well call this a favourable balance too, but it is an effect, not a cause, of the growth of wealth. It is almost as absurd to force a nation to undertake such a trade before it becomes rich enough to engage itself in the trade, as it is to recommend a merchant, troubled with too little capital to cope with his affairs, to lend some hundreds of thousand ecus to his neighbours in order to live later on his rent. It is necessary that a nation as well as an individual should begin by obtaining capitals it itself needs before expecting to lend them to others.

Saturday, 6 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 16

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 211-15]

   D’entre les sources d’erreurs que nous avons examinées, celle-ci est la seule qui tende à diminuer la balance du commerce; toutes les autres tendent à l’augmenter. Aussi quoiqu’on ne paroisse [paraisse] pas s’être formé une idée bien nette de ces diverses manières de calculer, cependant comme les Gouvernemen[t]s ont toujours désiré de présenter sous un point de vue avantageux le commerce national, ils ont employé tantôt l’une tantôt l’autre, selon qu’elle satisfaisoit [satisfaisait] mieux ce désir. Lorsqu’il s’est agi du commerce étranger, ils ont adopté pour base les calculs qui faisoient [faisaient] paroître [paraître] la balance du commerce favorable, c’est-à-dire, les retours moindres que les envois; lorsqu’ensuite ils ont voulu faire connoître [connaître] l’état du commerce avec les colonies du Golfe du Mexique, ils ont fait le calcul que nous venons de faire, et représenté les retours comme supérieurs aux envois (4). Il est étrange que ces deux résultats contradictoires, et tous deux considérés comme avantageux, n’aient pas fait soupçonner que de grandes erreurs étoient [étaient] cachées sous ce système imposant des balances du commerce. Il me semble que, d’après ce que nous en avons vu, nous pouvons conclure. 1°. Que dans tout échange égal il y a une balance favorable pour l’une et pour l’autre nation, parce que dans tout commerce il y a un bénéfice pour l’un et pour l’autre contractant. 2°. Que quoiqu’il fut intéressant de savoir si les dettes ou les créances d’une nation augmentent ou diminuent, on ne peut obtenir à cet égard des registres des douanes, que les lumières les plus douteuses; et qu’il est absolument impossible de les soumettre au calcul. 3°. Enfin, que cette recherche quoique curieuse ne donneroit [donnerait] point de notions exactes sur l’état de prospérité de la nation, puisque l’accroissement, ou le déclin de sa richesse, dépendent d’une toute autre balance, celle des salaires nécessaires employés chaque année; et que nous pouvons nous représenter une nation dont la prospérité seroit [serait] toujours croissante, quoique sa dette s’accrût chaque année, tandis que la prospérité d’une autre iroit [irait] toujours en déclinant, quoiqu’elle contractât chaque année une moindre dette (1).

[Translation]

   Among the sources of errors we have examined, this is the only one which tends to diminish the balance of trade. All the others tend to increase it. Therefore, though no one seems to have entertained a very clear idea of these diverse ways of calculating, yet the governments have employed sometimes one and sometimes another, according to the degree of satisfaction of their desire, which they have always had to present the national trade in an advantageous way. When it comes to foreign trade, they basically adopted the calculations which made the balance of trade appear favourable, namely the homeward cargo less than the outward cargo. But later, when they wanted to lay bare the state of trade with the colonies around the Gulf of Mexico, they made the calculation as we have just made, and represented the homeward cargo as superior to the outward cargo (4). It is strange that these two contradictory results, both considered as advantageous, did not make it suspected that some serious errors were hidden under that magnificent system of balances of trade. It seems to me that, according to what we have seen, we can reach the following conclusions. The first is that, in every equivalent exchange, a sort of balance is favourable for one nation and for the other, because every transaction is of benefit at all to both the parties. The second is that, though it is interesting to know whether the debts or credits of a nation are on the increase or decrease, you can only obtain the most doubtful information from records of the customs in this respect, and can simply not subject them to calculation. The third and last conclusion is that this research, however curious, would give any exact notion upon the state of prosperity of the nation, because the growth or decline of its wealth depends upon another, wide different, balance: the balance of necessary wages employed every year; and that we can imagine a nation whose prosperity would be on the continual increase every year though getting into more debt every year, and another nation whose prosperity would be on the gradual decrease though getting out of more debt every year (1).

Friday, 5 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 15

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 209-11]

   Comment ensuite fixer le pris des marchandises importées où exportées? S’en rapportera-t-on aux déclarations des marchands? Mais il est évidemment de leur intérêt de déclarer au-dessous de leur valeur toutes celles qui sont soumises à des droits, et de grossir plutôt le compte de celles qui en sont franches, pour augmenter leur importance, et rehausser le mérite de leur commerce aux yeux du Gouvernement. Les évaluera-t-on d’après le prix courant à la place du chargement et déchargement? Mais alors les retours paroîtront [paraîtront] toujours beaucoup plus considérables que les envois. Supposons, pour faire comprendre cette assertion, qu’un marchand françois [français] négocie de St. Malo avec le Cap François [Français], sur un capital de cent mille écus; les marchandises qu’il expédie sont évaluées à la Douane de St. Malo à cent mille écus qu’elles lui ont coûté réellement; les frais de transport et son bénéfice leur donneront au Cap François [Français] une valeur au moins de 120,000 écus, et ce sera la somme pour laquelle elles seront inscrites à la Douane de la Colonie. Nous supposons que sur cet accroissement de 20,000 éc. dix mille aient payé les douanes de sortie et d’entrée, le nolissement [nolisement], les gages des matelots, l’assurance, etc. et que les dix mille autres soient le profit du commerce; le Malouin aura donc un fonds disponible de 110,000 éc. au Cap François [Français], avec lequel il achetera [achètera] des marchandises coloniales déclarées à la Douane pour cette somme. Les registres de la Colonie porteront donc, si les estimations sont justes, 120,000 éc. d’importations et 110,000 d’exportations. Le Capitaine Malouin de retour dans sa patrie devra ajouter 22000 écus au prix d’achat de ses denrées, savoir: onze mille pour profit mercantile à dix pour cent, et onze mille pour nolissemerit [nolisement], gages, avaries assurances, douanes, et autres frais. Ses sucres et cafés vaudront réellement sur le marché de St. Malo 132,000 éc. et si les estimations se font à la Douane avec exactitude, celle de St. Malo trouvera sur ses registres 100000 écus d’exportations, 132000 d’importations, en sorte que l’on verra clairement que les deux pays qui négocient ensemble, gagnent l’un et l’autre à leur commerce, et que celui qui est actif et non passif, gagne plus, comme de raison.

[Translation]

   How, then, should you determine the price of imported and exported commodities? Will you depend upon declarations of merchants? But it is evidently in their interest to declare all that are taxed below their value, and to exaggerate the account of those free of tax, in order to increase their importance and to enhance the merit of their trade in the eyes of the government. Will you evaluate them according to the current price in the place of loading and unloading? But then return cargos will seems always to be far more massive than outward cargos. To be convinced of this assertion, let us suppose that a French merchant from Saint-Malo should carry on trades with the French Cape [Haiti] on his capital of 100,000 ecus. The commodities he ships are evaluated at the customs of Saint-Malo at 100,000 ecus, a price which he has really paid for them. The costs of transport and his profits will give them a value of at least 120,000 ecus at the French Cape, and this will be the sum at which they will be recorded at the customs of the colony. Let us suppose that, of this addition of 20,000 ecus, 10,000 ecus should have been spent to pay for customs duties, charterage, wages of sailors, insurance, etc., and that the rest, 10,000 ecus, should be the profit of commerce. Then this merchant from Saint-Malo will therefore have a disposable stock of 110,000 ecus at the French Cape, with which he will purchase some colonial commodities declared at the customs for this sum. The records of the colony will therefore have an entry, if the estimation is right, of 120,000 ecus imports and of 110,000 exports. The captain from Saint-Malo on the way home will have to add 22,000 ecus up to the purchase price of his commodities; namely 11,000 (10%) for mercantile profit, and 11,000 for charterage, wages, damage, insurance, customs duties, and other costs. His sugar and coffee will have the value of 132,000 ecus at the market in Saint-Malo, and, if the estimation is exactly made at the customs [bureau], the records of Saint-Malo will have an entry of 100,000 ecus exports and 132,000 of imports, so that you will clearly see that the two countries which trade with each other gain from the commerce, and that, naturally, the active, not passive, country gains more.

Thursday, 4 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 14

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 208-09]

   Dans quelque but que l’on veuille calculer la balance du commerce, le moment et le lien que l’on choisit pour évaluer les marchandises importées et exportées, occasionnent de nouvelles erreurs, et c’est encore une observation de Mr. Necker. En effet, le calcul se fait toujours à la Douane des frontières, soit que la nation soit habituellement prêteuse ou emprunteuse: il se fait ainsi pour la Russie tout comme pour l’Angleterre, quoique des étrangers fassent tout le commerce extérieur de la première; et que tout celui de la seconde soit fait par des nationaux. Les marchandises qui sortent des ports de Riga, de Pétersbourg, et d’Archangel non plus que celles qui y entrent, ne sont point la propriété des Russes; les premières ont cessé de l’être dans le marché intérieur où elles ont été vendues; les secondes deviendront que dans ce même marché intérieur où les Russes les acheteront [achèteront]. D’autre part, les marchandises importées en Angleterre, appartiennent à des Anglois [Anglais], longtem[p]s avant que d’arriver au port; celles qu’ils exportent, leur appartiennent long-tem[p]s après en être serties. La valeur de la créance ou de la dette nationale ne doit être estimée cependant qu’au montent où la marchandise est transmise du négociant national à l’étranger, ou vice versa. Elle est par conséquent accrue de tous les profits et de tous les frais intermédiaires jusqu’à cette transmission.

[Translation]

   For whatever purpose you may want to calculate the balance of trade, the time and place you choose in order to evaluate imported and exported commodities cause some new errors, and this is another observation of Mr Necker. Indeed, the calculation is always made in the Customs [Bureaus] on the borders, whether the nation may be a lender or a borrower. It is made therefore for Russia exactly in the same way as for England, though foreigners monopolise all foreign trade of the former, and some nations share foreign trade of the latter. The commodities shipped from the ports in Riga, St. Petersburg, and Archangel [Arkhangelsk] are not in the possession of the Russians, nor those arriving at the ports. The exports ceased to be so in the home market where they were sold, and the imports will only get so in that same home market where Russians will purchase them. On the other hand, commodities imported to England belong to the English long before they arrive ashore, and those exported from the country belong to them long after they leave overseas. The value of the credit or of the national debt, however, must not be estimated until the commodities are transferred from national to foreign merchants, or vice versa. The value is consequently higher by all the profits and costs for intermediaries up to the transfer.

Wednesday, 3 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 13

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 204-08]

   Les calculs qui représenteroient [représenteraient] avec exactitude la balance du commerce, c’est-à-dire, non point ce qu’une nation paye, mais ce qu’elle doit, offriroient [offriraient] certainement un intérêt majeur en économie politique; mais lorsqu’on appuie avec ostentation sur ces calculs, on ne soupçonne guère de combien d’erreurs ils sont susceptibles, et combien il est difficile, ou plutôt impossible d’y apporter la moindre exactitude. Que l’on consulte à cet égard le Ministre, qui le premier a sondé toutes les profondeurs de l’administration; son témoignage est d’autant moins suspect, qu’il attache lui-même une très haute importance à la balance du commerce, qui lui paroissoit [paraissait] favorable à la France. «On ne se formera jamais des notions justes, dit-il, sur la créance de commerce que le Royaume acquiert, si l’on ne supplée point par le jugement, à l’insuffisance des travaux mécaniques». Et ailleurs: «La plupart des calculs sur cette matière sont inexacts et imparfaits, et l’on doit l’imputer à différentes causes ». ( Adm. des Fin. T. III. Ch. III.) La première qu’il indique suffit en effet toute seule pour montrer la vanité de tous ces calculs; c’est que comme on ne conne que par les douanes les quantités de marchandises qui entrent, et celles qui sortent, toute la partie des transactions de commerce qui s’exécute par contrebande, ne sauroit [saurait] être connue par les livres des agen[t]s du Fisc. C’en est assez pour que toute balance paroisse toujours avantageuse au pays qui la calcule; car presque toute contrebande s’opère du dehors au dedans, la sortie des marchandises étant libre, et leur entrée prohibée. Plus les prohibitions sont rigoureuses, ou le tarif des douanes élevé, plus il devient nécessaire de faire entrer tous les retours en fraude; en sorte que l’importation paroît [paraît] presque nulle, à l’indicible satisfaction de ceux qui calculent la balance d’après les états du commerce fournis par les bureaux de Douane; quoique dans le fait, cette balance ne soit nullement altérée. Quant aux retours en numéraire, le commerce suit une marche toute contraire, mais qui tend cependant à accroître l’erreur précédente. L’exportation du numéraire est toujours ou défendue, ou vue de fort mauvais œil; son importation, au contraire, est constamment favorisée: on n’en fait donc sortir qu’en fraude, ou du moins avec mystère, et en cherchant à détourner les yeux du public de cet objet; celui qu’on fait entrer au contraire, lors même qu’on ne le feroit [ferait] point inscrire dans des registres, on sait toujours s’en faire un mérite aux yeux de la nation ou du Gouvernement. Si la branche de commerce qui en importe a quelque faveur à demander, elle ne manque pas de l’appuyer d’un tableau de tout l’or et de tout l’argent qu’elle a introduit dans le pays; tableau qui lors même qu’il seroit [serait] parfaitement exact, induiroit [induirait] toujours en erreur, parce qu’on ne peut le confronter à celui des espèces qu’une branche correspondante de commerce a fait sortir. Ces deux causes se réunissent donc pour faire paroître [paraître] la balance beaucoup plus favorable qu’elle ne l’est réellement, ou pour faire croire que l’exportation de marchandises surpasse de beaucoup l’importation.

[Translation]

   The calculations which would exactly represent the balance of trade (namely that which a nation does not pay but owes) would certainly offer a major interest in political economy. But, when someone emphasises these calculations with ostentation, it is improbable to imagine how many errors they are subject to, and how difficult or almost impossible it is to make them less exact. Suppose that one consults the Minister in this respect who is the first to have investigated all the depths of administration. His proof is all the less doubtful in that he attaches extreme importance to the balance of trade, which seemed to him favourable to France. “You will never entertain right notions,” says he, “on credit of commerce acquired by the kingdom, if you have not supplied the insufficiency of mechanical labour by reasoning.” Moreover, he says elsewhere, “Almost all calculations on this material are inexact and imperfect, and you should attribute it to different causes” (De l’administration des finances de la France, vol. 3, chap. 3). Indeed, the first he indicates alone suffices to show the vanity of all these calculations. That is, as you only know by customs the quantity of imported and exported commodities, all the part of transactions of commerce which is executed by smuggling could not be known from any books of officials of the treasury. This accounts enough for the fact that every balance always appears advantageous to the country which calculates it. It is because almost all transactions of smuggling takes form of importation, the outflow of commodities being free, and the inflow prohibited. The more rigorous the prohibitions are, or the heavier the tariff of customs duties is, the more necessary it is to make all the return cargos illegally. Consequently the importation seems almost null, to the inexpressible satisfaction of those who calculate the balance according to item lists of trade provided by the Customs Bureaus, though in practice this balance is not altered at all. As for the returns in specie, the trade takes a contrary course, but tends to increase the precedent error in that period. The exportation of specie is always prohibited or thought ill of. Its importation, on the contrary, is constantly encouraged. Specie is therefore only illegally exported or at least secretly, and by diverting the public attention from this object. The importation of specie, on the contrary, even though it would leave no trace in records, can always have a merit in the eyes of the nation or the government. If the specie-importing branch of trade asks for some preferential treatment, it never fails to base the demand upon a table of all gold and silver it has introduced into the country. This table would be misleading, even though it would be perfectly exact, because it is impossible to compare it to that of the coins which its counterpart of trade has exported. These two causes conspire therefore to make the balance appear much more favourable than it really is, or to make it believed that exports of commodities far surpass imports.

Tuesday, 2 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 202-03]

   Une nation ne peut s’acquitter définitivement envers toutes les autres nations qu’en marchandises; et il faut pour cela que sa production, et par conséquent sa richesse se soit accrue; car le travail, ainsi que nous l’avons vu, ne peut augmenter, qu’autant que le capital qui le met en mouvement augmente; mais c’est à quoi ce dernier tend constamment, lorsque les loix [lois] et les mœurs ne contrarient pas l’industrie, les avances des nations étrangères mettent bientôt l’emprunteuse en état de faire des économies et de s’acquitter (3).

[Translation]

   A nation can only repay its debts definitively to all other nations by means of commodities, and it is necessary for the nation to make its production and consequently its wealth grow. The reason is that, as we have seen, labour grows only in proportion to the growth of the capital which employs it. But labour is that to which capital constantly gravitates, and, if laws or manners do not check industry, the advances of foreign nations will soon incline the borrower to economise and pay off the debt (3).

[Translator's note]

I'm wondering whether the pronoun "ce" above is a dummy subject or not. Any suggestion would be much appreciated.