Tuesday, 2 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 12

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 202-03]

   Une nation ne peut s’acquitter définitivement envers toutes les autres nations qu’en marchandises; et il faut pour cela que sa production, et par conséquent sa richesse se soit accrue; car le travail, ainsi que nous l’avons vu, ne peut augmenter, qu’autant que le capital qui le met en mouvement augmente; mais c’est à quoi ce dernier tend constamment, lorsque les loix [lois] et les mœurs ne contrarient pas l’industrie, les avances des nations étrangères mettent bientôt l’emprunteuse en état de faire des économies et de s’acquitter (3).

[Translation]

   A nation can only repay its debts definitively to all other nations by means of commodities, and it is necessary for the nation to make its production and consequently its wealth grow. The reason is that, as we have seen, labour grows only in proportion to the growth of the capital which employs it. But labour is that to which capital constantly gravitates, and, if laws or manners do not check industry, the advances of foreign nations will soon incline the borrower to economise and pay off the debt (3).

[Translator's note]

I'm wondering whether the pronoun "ce" above is a dummy subject or not. Any suggestion would be much appreciated.

Monday, 1 June 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 11

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 200-202]

   Une nation peut fort bien s’acquitter constamment envers une seule nation étrangère avec du numéraire, parce qu’elle verse toujours d’un côté celui qu’elle reçoit toujours de l’autre: nous avons vu par exemple que la France étoit [était] appelée par sa position à être le canal au travers duquel le numéraire qui arrivoit [arrivait] annuellement d’Espagne, se répandoit [répandait] sur tout le reste de l’Europe. Il est donc fort naturel qu’elle paye sur toutes ses autres frontières, en raison de ce qu’elle reçoit toujours sur celle des Pyrénées (2). De même l’Angleterre importe pour une somme fort considérable d’or de Portugal, et elle l’emploie à ses exportations d’espèces dans l’Inde en Hollande, et ailleurs. Dès l’instant que cette exportation cesseroit [cesserait], elle ne pourroit [pourrait] en acheter davantage du Portugal, et cette balance favorable sur laquelle on a tant insisté, quoiqu’elle ne soit pas plus favorable que l’achat de toute autre marchandise, cesseroit [cesserait] aussi immédiatement.

[Translation]

   A nation can constantly repay well to a single foreign nation in specie, because it always pays on one side that which it always receives on the other side. We have seen, for example, that France was described due to its position as the channel through which specie annually coming from Spain was allocated over the whole of Europe. It is therefore utterly natural that the nation should pay on all its other borders for the very reason that it always receives on the border of Pyrenees (2). Likewise, England imports gold from Portugal in extremely large amount, and uses it for exporting coins to India, Holland, and elsewhere. As soon as this exportation ceases, England would be able to purchase no more gold from Portugal, and that favourable balance to which one has stuck so much would vanish as immediately, though it is not more favourable than the purchase of any other commodities.

Sunday, 31 May 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 10

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 199-200]

   On pourroit [pourrait] se prévaloir de ce que je viens de dire (qu’une nation reste toujours débitrice de l’excédant de ses achats sur ses ventes) pour justifier la prohibition d’exporter le numéraire, que j’ai représentée comme impolitique, puisqu’aussi bien d’après les principes que je développe, ce numéraire ne seroit [serait] point employé à payer la dette nationale; cependant il le seroit [serait] souvent à payer la dette particulière, toutes les fois qu’un accident dans les changes rendroit [rendrait] plus avantageux de le faire en espèces: il seroit [serait] bientôt réimporté, et la nation resteroit [resterait] débitrice, mais ce ne seroit [serait] plus des mêmes particuliers. Toutes les fois qu’on la géne [gène] sur les moyens de s’acquitter, c’est comme si pour augmenter le crédit d’un marchand, on lui défendoit [défendait] de payer ses dettes. Elle paye en effet les siennes régulièrement, de même que la caisse d’escompte, ou toute autre banque publique, réalise ses billets à présentation, non que cette dernière ait dans ses coffres de quoi les acquitter tous; il lui suffit que tandis qu’un courant d’espèces en sort continuellement, il en rentre un autre qui lui soit égal, et la nation comme la caisse d’escompte, fait travailler à son profit le capital étranger qu’elle a emprunté, sans que personne se soit apperçu [aperçu] de le lui avoir prêté.

[Translation]

   One might make use of what I have just said (that a nation is always in debt by the excess of its purchases over its sales) in order to justify the prohibition of exportation of specie, which I have represented as impolitic, since, even according to the principles I develop, specie would not be employed to repay the national debt. However, it would often be employed to repay the debt of individuals, whenever it is more advantageous to do it in specie by accident of foreign exchange. Specie would soon be re-imported, and the nation would remain in as much debt, though the same individuals would not remain in debt any longer. Whenever the nation is kept from the means of settlement, it is as if a merchant were prohibited from repaying his debt in order to be given more credit. The nation, in fact, repays its debts regularly, in the same way as a discount house or any other public bank redeems its bills or notes on sight. But the nation does not have enough in its safe [as reserve], in the same way as the house, to repay all the debt. While it continually starts one monetary circulation, it has only to redeem another circulation which is equal to the one. The nation, like a discount house, employs foreign capital to profit, which it has borrowed while the lender has unconsciously made the loan.

Saturday, 30 May 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 09

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 197-99]

   Loin cependant que cet état habituel de créances, qui semble avoir échappé aux spéculateurs politiques, soit rare, il est le fondement de tout commerce étranger: lorsque les Hollandois [Hollandais] font pour les François [Français] le commerce d’exportation et d’importation, ils leur prêtent, car ils mettent pendant ce tem[p]s-là leurs capitaux à leur service. Lorsque des maisons Hollandoises [Hollandaises] viennent s’établir à Marseille, à l’Orient, à Paris, c’est un second prêt qu’elles font à la France, car tous les capitaux qu’elles y apportent, quoique gérés par elles, mettent en activité le commerce de France, et non celui des Pays-Bas. Lorsqu’enfin des marchands d’Amsterdam et de Londres, font des expéditions à des acheteurs françois [français], c’est toujours avec un crédit plus ou moins long. Ne fût-il que de trois mois, comme avant qu’il soit remboursé, un second envoi a été fait, et un second crédit ouvert, la nation n’en reste pas moins débitrice. La rapidité avec laquelle ces avances s’acquittent et se renouvellent sans cesse, est la principale cause qui a empêché d’observer qu’une nation qui achète plus de l’étranger qu’elle ne lui renvoie, doit constamment à l’étranger, quelque moment que l’on choisisse pour arrêter le compte, tout l’excédant [excédent] de ses achats sur ses ventes. Outre toutes ces manières de former des créances, il arrive souvent encore que les nations riches prêtent aux négocian[t]s des nations pauvres, soit en compte courant, soit par billet, soit par hypothèque, ou qu’elles prêtent au Gouvernement, pour se former des rentes viagères ou perpétuelles; mais quelle que soit l’importance de ces divers placemen[t]s, je ne crois pas qu’ils arrivent à égaler celui que fait sans s’en douter toute nation qui se livre au commerce étranger, et qui ne peut lui donner de l’activité, qu’en servant les autres de ses capitaux, et sa mettant sans cesse en avance vis-à-vis d’eux.

[Translation]

   However, this usual state of credit, which seems have evaded political speculators, is far from rare, and is the very rule of foreign trade. When the Dutch trade with the French in exports and imports, the former lend money to the latter, because the former put their capitals at the service of the latter during this period. Dutch trading houses have recently been established in Marseilles, the East, and Paris, and this is another loan the houses supply to France, because all the capitals they carry there activate French, not Dutch, commerce, though managed by the houses. Finally, when merchants of Amsterdam and London make shipment to French purchasers, it is always on credit on more or less long-term. Even though credit may be only on the term of three months, yet the nation is none the less indebted for that, because new shipment has been made and new credit given before it is redeemed. The rapidity with which these advances are incessantly acquired and renewed is the principal cause which has made it difficult to observe that a nation which purchases more foreign commodities than it sends back abroad constantly owes all excess of the purchase over the sale to foreign countries, no matter when the nation may determine to settle the account. Besides all these ways, bills of credit also come into being often from the process by which rich nations lend money to merchants of poor nations by current account, by bills, or by mortgage, or by which rich nations lend money to the government to be assured of lifetime or perpetual rent. However important these diverse investments may be, I do not believe that they can be equal to that which every nation unintentionally makes, who carries foreign trade, and who can only give it some activity by serving the others with its capitals and by being put incessantly in advance of them.

Friday, 29 May 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 08

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 197]

   Puisque les exportations et les importations, tant de numéraire que de marchandises, ne peuvent point se proportionner entr’elles, mais procèdent les unes et les autres de circonstances indépendantes, il faut bien que la balance du commerce se solde par des créances, l’étendue des échanges qu’on peut faire avec celles-ci étant absolument illimitée. Ce résultat, qui est la vérité même, ne laisse pas que de surprendre au premier abord, soit parce qu’un compte n’est rien moins que soldé par une créance, soit parce qu’on ne songe point que les nations sont fréquemment créancières ou débitrices les unes des autres.

[Translation]

   Since exports and imports of specie as well as of commodities cannot be proportional to each other, but respectively derive from independent circumstances, it is utterly necessary that the balance of trade should be settled by bills of credit, and that the extent of exchanges which can be made via bills of credit should be completely unlimited. Although it is true, this result cannot but be surprising at first sight, either because an account is nothing less than settled by a bill of credit, or because it is not imaginable that nations are frequently creditors or debtors by turns.

Thursday, 28 May 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 195-96]

   Cette différence qu’on nomme la balance du commerce, ne peut cependant point se solder au moyen du numéraire, car le besoin de celui-ci est déterminé d’une manière plus rigoureuse encore que celui de marchandises. Chaque nation doit en posséder comme nous l’avons vu, une quantité qui, multipliée par la vitesse de sa circulation, égale le momentum de ses autres capitaux; elle ne peut en avoir ni plus, ni moins: si la nation est vendeuse de l’excédant [excédent] de marchandises, et qu’on la paye en numéraire, après en avoir retenu pour son propre usage la portion nécessaire pour réparer ses monnoies [monnaies], et, si sa prospérité est croissante, pour rester en mesure avec cet accroissement, elle se hâtera de réexporter tout le reste, et les nations étrangères seront aussi bien ses débitrices qu’auparavant. Si au contraire la nation est acheteuse de l’excédant [excédent] des marchandises, si sa consommation d’objets destinés à son usagé surpasse sa production, à moins qu’elle ne soit propriétaire de mines, et que l’argent ne soit sa marchandise à elle, elle ne sauroit [saurait] se défaire de son numéraire sans qu’il lui revienne aussitôt de toutes parts; car dès qu’il renchérit chez elle, il faut bien qu’elle le rachète, ou avec des marchandises ou à crédit: aussi voyons-nous que les balancés défavorables, dont on a souvent entretenu les nations, n’ont jamais épuisé le numéraire d’aucune, à moins qu’on ne l’ait expulsé par la création d’un papier-monnoie [monnaie] (1).

[Translation]

   That difference which is called balance of trade cannot, however, be repaid by means of specie, because the need for specie is determined in a still more rigorous way than that for commodities. Every nation must, as we have seen, possess an amount of specie which, multiplied by the velocity of its circulation, is equal to the momentum of the other capitals of the nation. The amount of specie can have neither more nor less. Suppose that the nation is to sell surplus commodities and that other nations are to pay for them in specie before having reserved the necessary portion of their specie for its own use. If in growing prosperity, yet the nation will promptly re-export all the specie except the proportional portion to the growth, and the foreign nations will owe as much debt to the nation as before. Suppose, on the contrary, that the nation is to be purchase surplus commodities, and that the consumption of objects allotted for its use is over the production. Unless the nation has mines and unless money is a commodity to it, the nation could not send out specie without all the specie coming back to it. The reason is that it is utterly necessary that the nation should buy the specie back from abroad, either with commodities or on credit, as soon as it soars at home. Therefore, we see that the unfavourable balance, which nations have often experienced, does not exhausted specie of any nation, unless you have expelled it by creation of paper money (1).

Wednesday, 27 May 2009

Book 1, chapter 7, paragraph 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 194-95]

   Ces dernières peuvent être de valeur égale, plus grande, ou moindre, que celle des importations; si elle est égale, il n’y a point lieu à solder le compte, ni par du numéraire, ni par des créances; si elle est plus grande, cet excédant [excédent] ne pourra point cependant déterminer à importer un excédant [excédent] correspondant de marchandises pour l’intérieur, car le pays est suffisamment pourvu pour sa consommation; si l’on en importe pour faire passer à d’autres nations étrangères, on ne solde point ainsi la dette des étrangers, puisqu’on l’accroît d’une part, tandis qu’on la diminue de l’autre, et que l’excédant de l’exportation sur l’importation n’est point payé. Si au contraire la valeur des marchandises exportées est moindre, ce désavantage tient indubitablement à la foiblesse [faiblesse] de la production, laquelle se proportionne toujours aux capitaux qui ont mis les travailleurs en mouvement. Il ne dépend pas plus de la nation d’exporter davantage, qu’il ne dépend d’elle d’être plus riche: l’inégalité entre la valeur des marchandises importées et exportées, produit donc toujours une différence de compte, qui doit être soldée, ou par du numéraire, ou par des créances, pour ramener l’échange à l’égalité qui doit s’y trouver.

[Translation]

   The value of exports can be equal, superior, or inferior to that of imports. If the value is equal, it is not necessary to settle the account either in specie or by bills of credit. If it is superior, yet this surplus cannot lead the nation to import the more commodities for domestic consumption, because the country is sufficiently provided for its consumption. If you import commodities to transfer them from some other countries to still other countries, yet you do not repay the debt to foreign countries during this process, because you increase it on one hand, while you decrease it on the other hand, and because the surplus of exports over imports is not paid. If on the contrary the value of exported commodities is less, this deficit is attributed undoubtedly to the feebleness of production, which is always proportional to the capital which has employed labourers. It depends upon the nation not so much to export more as to be richer. The inequality between the value of imported and exported commodities makes therefore an imbalance of account, which must be repaid, either in specie or by bills of credit, in order to reduce exchange to parity which must be found there.