Friday, 27 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 07

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 104-08]

(7) Ceux qui ne sont pas familiarisés avec le langage algébrique, ne donnent aucune attention aux calculs qui leur sont présentés sous cette forme; ceux au contraire qui ont une fois pris l’habitude de considérer les idées et les nombres abstraitement, répugnent à voir faire des suppositions numériques, qui leur paroissent [paraissent] toujours invraisemblables ou inexactes: pour contenter les uns et les autres, je généraliserai dans cette note ce qui est exposé dans le texte et j’adopterai cette fois seulement le langage des sciences exactes; mais je le répète, ce ne sera que cette fois, car appliquer ce langage à une science qui n’est point exacte, c’est s’exposer à des erreurs continuelles. L’économie politique n’est point fondée uniquement sur le calcul, une foule d’observations morales qui ne peuvent être soumises au dernier, altèrent sans cesse les faits; vouloir en faire constamment abstraction, c’est pour le mathématicien supprimer au hasard des figures essentielles de chacune de ses équations.
   Appelons P. la production du travail national pendant l’année; N le salaire nécessaire antérieur auquel ce travail est dû. P–N sera le revenu. Que D soit la dépense, X la différence entre le salaire nécessaire antérieur, et celui avancé dans l’année courante, différence qui peut être ou nulle ou positive ou négative, en sorte que (N+X) sera ce dernier salaire. Enfin C représente les dettes ou créances sur l’étranger.
   Lorsqu’une nation n’a point de commerce extérieur, sa consommation est égales sa production: or cette consommation c’est D+(N+X). Or D+(N+X)=P. ou D=P–(N+X). Lorsqu’elle en a un, si elle emprunte des étrangers, sa consommation non-seulement égale sa production, mais elle comprend de plus l’emprunt qu’elle fait aux étrangers, en sorte que D–(I–N)=P+C. soit D=P+C–(N+X). Lorsqu’enfin la nation prête chaque année aux étrangers, il s’en faut de toute la valeur de ce prêt que sa consommation égale sa production; alors D+(N+X)+P–C, soit D=P–C–(N+X). D’où il résulte que l’état progressif ou rétrograde de la nation dépend toujours de l’évaluation de X ou de la différence entre le salaire nécessaire d’une année et celui de la suivante.
   Supposons d’abord que C est égal à X, et que l’un et l’autre sont le 1/10 de N. Nous aurons pour exposition du bilan de la première nation D=P–(11N/10), en sorte que sans commerce extérieur elle s’enrichira de la quantité N/10 chaque année, différence entre la quantité (P–N) son revenu, et P–(11N/10) sa dépense. Pour exposition du bilan de la seconde nation nous aurons D=P–N +N/10–N/10, soit D =P–N. en sorte que quoiqu’elle importe chaque année des marchandises des étrangers, au-delà de la valeur ses exportations, et qu’elle s’endette toujours plus vis-à-vis d’eux, elle sera cependant dans un état stationnaire, et ne s’appauvrira ni ne s’enrichira. Pour exposition du bilan de la troisième nation ou de la prêteuse, nous aurons D=P–N–2N/10 soit D=P–12N/10 ce celle-ci s’enrichira de N/5 chaque année, prêtant quantité N/10 aux étrangers et employant une quantité égale à augmenter le produit intérieur.
   Supposons ensuite C=N/20 et X=N/10 nous aurons pour exposition du bilan des trois nations,
   1.e D=P–11N/10
   2.e D=P+N/20–N–N/10 soit D=P–21N/20
   3.e D=P–N–N/10–N/20 soit D=P–23N/20
   En comparant D avec P–N qui est le revenu de toute nation, nous voyons que toutes trois s’enrichissent, mais inégalement.
   Supposons ensuite que C reste égal à N/20, mais que X=0, nous aurons pour bilan des trois nations,
   1.e D=P–N.
   2.e D=P–19N/20
   3.e D=P–21N/20
   En sorte que la première sera stationnaire, que la seconde se ruinera, et que la troisième s’enrichira.
   Supposons enfin que C restant égal à N/20, X soit une quantité négative égale à N/10, c’est-à-dire, que les trois nations diminuent d’un dixième la somm qu’elles destinent au salaire nécessaire; nous aurons pour exposition de leur bilan
   1.e D=P–9N/10
   2.e D=P–N–N/10–N/20 soit D=P–17N/20
   3.e D=P–N–N/10+N/20 soit D=P–19N/20
   En sorte que toutes trois se ruineront, mais non dans une progression également rapide.

[Translation]

(7) Those who are not familiar with the algebraic language pay no attention to calculations presented to them in that form. On the contrary, those who have once got accustomed to abstractly thinking of ideas and numbers are repugnant to seeing numerical examples, which always seem to them to be incredible or inexact. In order to satisfy both sorts of people, I will in this footnote generalise what is expounded in the text, and will adopt the language of exact sciences once and for all. But, repeatedly speaking, this language will nowhere else be used, since to apply the language to a non-exact science is to expose the reader to continual errors. Political economy is not founded exclusively on calculation, and a host of moral practices which cannot be subjected to calculation incessantly change circumstances. If you claim to count them out constantly, it is as if you told the mathematician to omit some essential figures at random from each of his equations.
   Let P represent the production of the national labour of the year, and N the previous necessary wages to which the nation owes the labour, and then P–N will be the revenue. And let D represent the expenditure, and X the difference between the previous necessary wages and those advanced in the current year (a difference which can be null, positive or negative), and then N+X will be the wages in the current year. Finally let C represent the external debt or credit.
   When a nation has no foreign trade, its consumption is equal to its production. This consumption is D+N+X, and D+N+X=P, or D=P–(N+X). When the nation carries on foreign trade, if it borrows from abroad, its consumption does not [1.106] only equal its production, but exceeds it by the loan it makes from foreign countries, so that D+N+X=P+C, that is, D=P+C– (N+X). Finally, when a nation supply loans to foreign countries every year, its consumption is less than its production in value by all the loans; then D+N+X=P–C, that is, D=P–C–(N+X). It follows from this that the progressive or retrogressive state of the nation always depends upon the evaluation of X or upon the difference between the necessary wages of a year and those of the following year.
   Let us suppose, first of all, that C is equal to X, and that both are a tenth of N. For exposition of the balance of the first nation we will have D=P–(11N/10), so that with no foreign trade the nation will be ascending by the quantity of N/10 every year, the difference between the quantity of its revenue (P–N) and its expenditure (P–11N/10). For exposition of the balance of the second nation we will have D=P–N+N/10–N/10, that is, D=P–N, so that, although the nation imports commodities from foreign countries every year above the value of its exports, and it always borrows more from them, yet it will be in a stationary state, and will be neither impoverished nor enriched. For exposition of the balance of the third nation or the debtor we will have D=P–N–2N/10, that is, D=P–12N/10, and the nation will be ascending by N/5 every year, lending the sum of N/10 to foreign countries, and employing the equal sum to increase the domestic produce.
   Let us suppose next that C=N/20 and that X=N/10, and for exposition of the balance of the three nations we will have:
   1st.D=P–11/10
   2nd.D=P+N/20–N–N/10, i.e. D=P–21N/20
   3rd.D=P–N–N/10–N/20, i.e. D=P–23N/20
   In comparison of D with P–C, which is the revenue of a whole nation, we see that all the three nations are ascending, but at different rates.
   Let us suppose next that C remains equal to N/20, but that X=0, and for exposition of the balance of the three nations we will have:
   1st.D=P–N
   2nd.D=P–19N/20
   3rd.D=P–21N/20
   Consequently the first nation will be stationary, the second declining, and the third ascending.
   Let us suppose finally that C remains equal to N/20, and that X is a negative value equal to N/10, namely, that the three diminish by a tenth the sum they allot for the necessary wages; for exposition of their balance we will have:
   1st.D=P–9N/10
   2nd. D=P–N–N/10–N/20, i.e. D=P–17N/20
   3rd.D=P–N–N/10+N/20, i.e. D=P–19N/20
   Consequently all three nations are declining, but at different rates.

Thursday, 26 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 06

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 101-02]

(6) Nous adoptons pour simplifier comme proportion constante du salaire nécessaire au produit brut qu’il donne, celle de 2 à 5. C’est d’après des calculs faits dans un pays où l’industrie n’est pas très perfectionnée que nous l’avons fixée ainsi; elle est certainement bien plus forte à Genève, et dans toutes les villes industrieuses et riches; un moindre salaire nécessaire y procure un plus grand produit brut.

[Translation]

(6) We assume, for simplification, that the proportion of the necessary wages to the gross produce from them is constantly 2 to 5. According to the calculation which has been made from a country where industry is not so improved, we have adopted the assumption. The proportion is certainly much lower in Geneva, and in all industrious and rich cities, where the smaller necessary wages procures the larger gross produce.

Wednesday, 25 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 96]

(5) Mr. Garnier (note XX. p. 181.) a remarqué avec raison que certaines professions improductives se distinguent par leur goût pour l’économie, que les domestiques particulièrement alimentent par leurs petits capitaux, fruits de leurs épargnes, une partie considérable du commerce des grandes villes. Ils appartiennent alors à la seconde classe de la société comme capitalistes, et à la cinquième comme valets; aussi leurs revenus sont-ils en partie directs, quant aux intérêts qu’ils perçoivent, et en partie indirects, quant aux gages qu’on leur paye.

[Translation]

(5) Mr. Garnier (note 20. p. 181) noted with reason that certain unproductive professions are distinguished for their taste for economy, and, in particular, that domestic servants activate a considerable part of commerce of big cities by their small capital, or fruits of their savings. They belong then to the second class of the society like capitalists, and to the fifth class like valets; therefore, their revenue is partly direct, as to the interest they receive, and is partly indirect, as to the wages they receive.

Book 1, chapter 4, footnote 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 93]

(4) Les gens de lettres et les musiciens sont des ouvriers productifs lorsqu’ils publient leurs œuvres, car la valeur de leur travail doit se trouver réalisée dans celle de leur manuscrit: ils sont improductifs au contraire lorsqu’ils se contentent de donner des leçons, de réciter, ou d’exécuter leurs compositions. Les peintres sont dans tous les cas des ouvriers productifs.

[Translation]

(4) Men of letters and musicians are productive labourers when they publish their works, because the value of their labour should turn out to be realised in the form of manuscript: on the contrary, they are unproductive when they are content to deliver lectures, to recite, or to finish their composition. Painters are productive labourers in both cases.

Tuesday, 24 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 86]

(3) Voyez la note de la page 30. La subsistance des enfan[t]s de l’ouvrier doit être comprise dans son salaire nécessaire.

[Translation]

(3) See the footnote on page 30. The necessary wages of labourers must include the subsistence of their children.

Book 1, chapter 4, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 85-86]

(2) On s’étonnera peut-être que je calcule les revenus nationaux, avant de faire mention de deux autres espèces de capitaux que nous examinerons dans les deux chapitres suivan[t]s, le numéraire, et les créances ou le capital immatériel; mais ainsi que nous le verrons, le premier est absolument stérile, et ne produit point par soi-même d’accroissement de valeur ou de revenu; le second qui paroit [parait] bien donner aux particuliers une rente, n’en donne cependant point à l’État; le capital immatériel n’étant autre chose qu’un droit en participation au revenu du capital matériel; c’est donc uniquement dans l’accroissement du capital matériel et circulant que doit se trouver tout le revenu de la société.

[Translation]

(2) It may be surprising that I introduce the calculation of the national revenue before mentioning two other kinds of capital, which we will examine in the next two chapters; specie and credit or intangible capital. But the former is, as we will see it, completely sterile, and does not add to the value or the revenue by itself; the latter, even though it seems to bear a sort of rent to particular individuals, bears no rent to the state. The intangible capital is nothing but a sort of right to participation in distribution of the revenue borne by the tangible capital. Therefore it is exclusively to the increase of the tangible and circulating capital that we owe all the revenue of society.

Monday, 23 March 2009

Book 1, chapter 4, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 83-84]

(1) La dépense des individus n’est pas toujours accompagnée de la destruction immédiate des objets qu’ils destinent à leur consommation, les habits, les meubles, les équipages, s’usent plus ou moins lentement, mais ne cessent pas d’exister comme les denrées dès qu’on en fait usage. D’autres objets, comme la vaisselle, les tableaux, les bijoux, peuvent durer des siècles; dès le moment où le dernier acheteur les a destinés à son usage, ils ne font plus partie du capital circulant, et ne produisent plus de revenu; ils sont retranchés d’entre les capitaux pour passer dans le fonds destiné à la dépense. La prolongation de leur existence est cependant un avantage, les particuliers ou la nation qui font un pareil emploi de leur revenu, restent plus riches que ceux qui consomment le leur dans le luxe de la table: cette richesse improductive et non encore consommée augmente en tout tem[p]s l’aisance nationale, et dans les jours de calamité, c’est une ressource, puisqu’on peut l’échanger contre une richesse plus utile.

[Translation]

(1) The expenditure of individuals is not always accompanied by immediate disappearance of the objects they consume; clothes, furniture, and utensils are used for a more or less long time, and do not cease to exist like foods as soon as they are used. Other objects, such as dishes, paintings, jewellery, can last for some centuries. Hardly has an end buyer made use of them before they cease to serve as circulating capital and to produce revenue; they are subtracted from the capital to be a part of the stock appropriated for the expenditure. The prolongation of their life is, however, an advantage, because the individuals or the nation who employ their revenue in such a way remain richer than those who consume theirs in the form of luxurious foods. That wealth which is unproductive and not yet consumed always increases the national comfort, and it is a resource in the days of calamity, because it can be exchanged for a more useful commodity.